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thumb|alt=structure administrative de l'empire vers 400|Structure administrative de l'Empire romain à l'époque de la Notitia Dignitatum (env. 400)

Le Glossaire des titres et fonctions dans l’empire byzantin recense par ordre alphabétique les principaux titres et fonctions que l’on trouve dans les articles de Wikipédia consacrés à cet empire. Pour une description plus élaborée de chaque terme ou pour comprendre le rôle que chaque fonction jouait dans l’État (palatine, administrative, militaire, etc.), voir l’article « Liste de titres byzantins ». L’Église et l’État exerçant une influence politique importante, sont inclus un certain nombre de termes appartenant au domaine ecclésiastique. Sont également inclus quelques titres et fonctions utilisés dans l’empire ottoman susceptibles d’être fréquemment rencontrés dans les textes portant sur les relations entre les deux empires.

Dans l'empire byzantin, tout fonctionnaire porte à la fois un titre qui désigne l'emploi qu'il occupe en même temps qu'un autre, honorifique, indiquant son grade dans la hiérarchie impériale. Toutefois, il faut tenir compte qu’au cours des siècles, titres et fonctions ont considérablement évolué. Des fonctions très importantes à l’origine se vidèrent de leur contenu pour devenir de simples titres honorifiques, lesquels en se multipliant finirent par perdre leur prestige mais conservèrent leur importance puisque titres et fonctions déterminaient la préséance de chaque dignitaire à la cour impériale.

Bien qu’il puisse être difficile de distinguer entre titres et fonctions les uns et les autres étaient conférés de façon différente. Les fonctions étaient soumises à la délivrance d’un acte de nomination (διά λόγου), alors que les titres étaient conférés par l’octroi d’insignes (διά βραβειών – sens premier du mot « brevet »). Ainsi, le Kletorologion écrit par Philothéos en 899 distingue dix-huit titres À noter que le plus bas échelon, celui des προβάθμιος ou probathmios se subdivisait en deux catégories : στρατηλάτης ou stratèlatès et celui des άπό έπάρχων ou apo éparchon, portant ainsi le nombre à dix-neuf. allant de stratèlatès au bas de l’échelle à César. De la même façon, il regroupe les hauts fonctionnaires en sept catégories et leurs subordonnés en trois classes.

Dans ce glossaire, le premier terme de l’entrée désigne le titre ou la fonction tel qu’on le trouve généralement écrit avec l’alphabet latin (le « k » et le « c » étant fréquemment interchangeables); le deuxième, sa transcription française ou sa traduction s’il y a lieu; le troisième, sa graphie en alphabet grec byzantin. Les termes en caractères gras dans le corps d’un texte renvoient à des entrées complètes.

A

Abydikos (abydikos) [ἀβυδικός] : À l’origine désignait le fonctionnaire dirigeant la navigation sur l'Hellespont ; par la suite le terme prit un sens générique et s’appliqua à tout fonctionnaire régissant la navigation.

Agentes in rebus (agentes in rebus, « ceux qui agissent dans les choses ») [άγγελιαφόροι, « messagers » ou μαγιστριανοί, « hommes du maitre »] : Corps dépendant du magister officiorum créé probablement par Dioclétien et qui avait pour fonction de transporter les messages impériaux. Du au ils sont divisés en cinq classes et sont employés à des tâches très diverses: enquêtes policières, organisation des transports de troupes, contrôle des usagers de la poste impériales (dromos) Ils succédèrent aux frumentarii.

Ai dia brabeion axiai (dignitaires, « titre par brevet ») [αί διά βραβείων ἀξίαι] : Dans le Kletorologion, l’expression désigne les détenteurs de titres par opposition aux fonctionnaires. Outre les titres de césar, nobilissimus et curopalates, généralement réservés aux membres de la famille impériales, l’empereur pouvait conférer de nombreuses dignités non reliées à une fonction comme celle de patrice, créée par Constantin, réservée sous Zénon aux anciens consuls, mais ouverte à tous les illustrissimi par Justinen.

Ai dia logou axiai (fonctionnaires, : « titre par parole ») [αί διά λόγου ἀξίαι] : Dans le Kletorologion, l’expression désigne les fonctionnaires par opposition aux dignitaires (détenteurs de titres). Le terme όφφικιάλιοι (officiales) semble désigner les fonctionnaires des différents ministères à l’exception des ministres. Ainsi, le maitre des offices ou le comte des largesses sacrées, n’étaient pas considérés comme officiales.

Akolouthos (acolythe) [ἀκόλουθος] : À partir du , le commandant d’un contingent formé d’étrangers, tels les Varègues. Au , les akolouthoi s’occupèrent surtout de missions diplomatiques.

Akritai (akritai) [ἀκρίται, singular: akritēs, ἀκρίτης] : Civils et militaires qui défendaient les frontières orientales de l’empire byzantin. Dans l’empire de Nicée, le terme désigna les soldats défendant les passes du nord-ouest de l'Anatolie contre les Turcs seldjoukides.

Aktouarios (rapporteur) [ἀκτουάριος] : fonctionnaire dont les charges varièrent au cours des siècles. Sous la république, il était chargé de consigner les minutes des sessions du sénat. À la fin du Bas-empire, le terme désignait celui qui était chargé de distribuer les soldes et les provisions aux soldats. Au , il distribuait au nom de l’empereur les récompenses aux conducteurs de chariots victorieux. Au siècle suivant, le terme semble désigner un médecin (de la cour ?).

Allaximoi (allaximoi ) [ἀλλάξιμοι] : serviteurs du palais chargés de la garde-robe impériale.

Ameralios (amiral) [ἀμηράλιος] : terme populaire probablement emprunté aux Catalans () pour désigner le commandant de la flotte. Il était placé sous le megas doux et venait dans la hiérarchie de la cour entre le skouterios et l’epi ton deèseon.

Anagrapheus (anagraphe) [ἀναγραφεύς] : Fonctionnaire du Trésor, généralement rattaché à un thème, dont la fonction principale était la révision du cadastre et le mesurage des terres.

Anthrôpoi kaloi (hommes de bien): Principaux éléments de l'élite urbaine qui, entre les et , constituaient l'entourage du gouverneur (képhalè) de la ville.

Anthypatos (proconsul) [ἀνθύπατος] : À l’origine, le rang le plus élevé des gouverneurs de provinces. Devint une dignité sous Justinien. Sous Michel III, le titre fut étendu pour constituer une classe plus élevée que celle des patriciens et à laquelle seuls ces derniers pouvaient prétendre. Depuis les iconoclastes, son obtention est une condition nécessaire à l'exercice du pouvoir judiciaire par le stratège du thème. Les άνθύπατοι sont généralement désignés άνθύπατοι καί πατρίκιοι. Une variante, le titre de protanthypatos (premier des anthypatoi), fut créée au , mais les deux titres disparurent à la fin du .

Antigraphēs (antigraphès) [ἀντιγραφής] : Ancienne fonction ayant succédé au magister scriniorum. À l’origine sous l’autorité du magister officiorum, elle fut transférée après son abolition au questor sauf pour le magister libellorum qui fut placé sous l’autorité du o épi ton deèseon (ό ἀπί τών δεήσεων). Il y avait quatre titulaires au : (1) le magister memoriae avait la charge des décisions impériales faites sous forme de notes dans les marges ou au verso des documents qui lui étaient soumis; il répondait également aux pétitions; (2) le magister epistolarum répondait aux lettres émanant des puissances étrangères ou des villes de l’empire et examinait les questions posées par les fonctionnaires; (3) le magister libellorum répondait aux appels soumis à l’empereur concernant les jugements des cours de première instance ou des pétitions qui lui étaient adressées à la suite de tels jugements ; (4) le magister epistolarum Graecarum répondait aux lettres devant être écrites en grec ou aux lettres écrites en latin qui devaient être traduites en grec.

Antiprosopon (antiprosopon) [ἀντιπροσωπών] : Terme générique signifiant « député » ou « représentant ». La fonction était probablement identique à celle d’ek prosopou.

Apo eparchon (apoéparque) [ἀπό έπάρχων] : Titre honorifique à l’origine de haute distinction utilisé aux pour désigner entre autres les anciens préfets. Il perdit progressivement son importance et figure en fin de liste dans le Kletorologion

Apo hypaton : Titre honorifique; voir hypatos.

Apographeus (apographe) [ἀπογραφεύς] : Fonctionnaire du Trésor qui semble avoir remplacé l’anagrapheus au .

Apokrisiarios (apokrisiaire) [ἀποκρισιάριος] : Représentant d’un évêque ou d’un higoumène auprès d’autorités supérieures. La plus importante fonction des apokrisiaroi était de représenter les Églises de provinces à la cour impériale.

Apraktoi (latin : vacantes / honorarii) [ἄπρακτοι] : Titre s’appliquant aux personnages qui occupaient une fonction à seule fin honorifique par opposition aux empraktoi qui avaient la charge réelle de cette même fonction.

Archiepiskopos (archevêque) [ἀρχιεπίσκοπος] : À l’origine, titre employé pour désigner les sièges épiscopaux les plus importants de l’Empire : Rome, Constantinople, Alexandrie, Jérusalem et Antioche. Impliquant une certaine autonomie, le titre fut étendu aux chefs d’Églises autocéphales comme celle de Chypre ainsi qu’à d’autres évêques qui ne dépendaient pas nécessairement d’un métropolite.

Archimandrites (archimandrite) [ἀρχιμανδρίτης, de ἀρχι archi- « le plus élevé » et de μάνδρα mandra, « endroit clos » d’où « monastère »] : Higoumène senior administrant un monastère important ou supervisant plusieurs petits monastères. Certains archimandrites de monastères situés à Constantinople ou dans ses environs pouvaient jouer un rôle politique important.

Archon (archonte) [ἄρχων] : À l’origine, titre désignant un magistrat. Par la suite, le terme devint synonyme de megistanes et de dynatoi et indiquait que le titulaire était en contact avec le basileus. Aux et , il désigna plus spécialement les responsables des détachements maritimes locaux. Il s'appliquera bientôt à quiconque possédait une autorité publique. Dès la fin du , il désignera les élites locales et, au , il deviendra l'équivalent de pronoiaire.

Archon tēs charages (archon des charages) [ἄρχων τής χαραγής] : Fonctionnaire responsable de la Monnaie impériale, à tout le moins pour la production de pièces d’argent et de bronze.

Archontes ton ergodosion (archontes des ateliers) [Ἂρχοντες τών έργοδοσίων]. Fonctionnaire de l’empire byzantin qui dirigeait les ergodosia, c.a.d. les ateliers d’État où étaient produits les blattia, étoffes de soie teintes en pourpre et réservées à l’usage impérial (archon tou blattiou), de même que les joyaux impériaux (archon ton chrysochoeion). Ils appartenaient au personnel de l’eidikon.

Archontopoulos (archontopoulos) [ἀρχοντόπουλος] : Fonction créée par Alexis Comnène, signifiant « fils d’un archonte » et désignant les soldats, membres d’un corps d’élite formé d’orphelins de commandants militaires morts au combat.

Aristocratia (aristocratie) [ἀριστοκρατία]: Byzance connut trois genres d’aristocratie au cours de son histoire : terrienne, civile (fonctionnaires) et militaire. Essentiellement terrienne au départ, avec de larges domaines sur lesquels étaient établis des coloni ou paysans liés à la terre, elle se transforma progressivement en aristocratie militaire avec la création des thèmes lorsque les officiers reçurent des terres en remerciement de leurs services. À partir du , ces puissantes familles de dynatoi militaires entrèrent fréquemment en conflit avec les noblesses terriennes et de fonctionnaires civils.

Arithmos (voir Vigla)

Arkarios (archarios) [ἀρκάριος] : Dans le Bas-Empire, terme désignant des fonctionnaires subalternes du Trésor. Dans l’empire byzantin, l’archarios est un subalterne de l’orphanotrophos chargé d’opérations financières.

Armophulakes (armophilaques) [ἀρμοφύλακες] : Fonctionnaire ayant la charge de l’équipement militaire impérial

Asekretis (asecretis ou protoasecretis) [ἀσηκρήτις, du latin a secretis] : Fonctionnaires formant l’échelon supérieur des bureaux (sekreta) de la chancellerie. Plus tard appelé protasekretis ; au , le titre fut remplacé par celui de grammatikos.