La seigneurie de Valangin (de vallis angina car la ville s'élève dans l'étranglement de la vallée), qui jusqu'au se partageait entre le comté de Vaud et celui de Bargen, s'étendait sur le Val-de-Ruz pour la partie la plus importante, le vallon de La Sagne et la vallée de La Chaux-de-FondsHistoire de la Seigneurie de Valangin jusqu'à sa réunion à la Directe en 1592, page 3.
Histoire
Ce fief était, dans un premier temps, le chef-lieu d'une seigneurie appartenant à une famille du même nom. À partir de 1236 il relevait non seulement des comtes de Neuchâtel mais aussi de ceux de Montbéliard. Plusieurs actes en font foi, le premier de 1283Histoire de la Seigneurie de Valangin jusqu'à sa réunion à la Directe en 1592, page 28 : L'inventaire des archives de Montbéliard contient une lettre spécifiant "du sambedy avant la Saint-Luc 1282. Lettres comment Valangin est du fief de monseigneur à cause de Montbéliard. Scellées de deux scels"., au autre de 1317Histoire de la Seigneurie de Valangin jusqu'à sa réunion à la Directe en 1592, page 29 : Jean de Valangin, dit Jean d'Aarberg, se reconnait vassal de l'évêque de Bâle sauf pour la fidélité qu'il devait au comte de Montbéliard. et un dernier de 1333Histoire de la Seigneurie de Valangin jusqu'à sa réunion à la Directe en 1592, page 28 : Gérard de Valangin est appelé à rendre hommage à Jeanne de Montbéliard, fille du comte Henri de Montfaucon.. Valangin subissait donc une double vassalité. Thierry III de Montbéliard, descendant direct d'Amédée Ier de Montfaucon qui avait épousé une fille de Mangold de Fenis, remettait en 1234 en alleu à l'évêque de Bâle son château et sa ville de Blamont pour lui reprendre en fief. En 1300 l'évêque rendait Blamont au comte de Montbéliard en échange de Valangin, le résultat de ces transactions faisaient que Jean de Valangin se voyait vassal de Montbéliard et arrière-vassal de l'évêque de BâleHistoire de la Seigneurie de Valangin jusqu'à sa réunion à la Directe en 1592, pages 27 à 30.. Valangin était entré dans la famille de Neuchâtel par Ulrich III de Neuchâtel-Nidau qui la transmettait à ses fils Berthold de Neuchâtel-Strassberg et Ulrich IV de Neuchâtel-Aarberg. C'est ce dernier qui assurera la lignée de la maison transmettant ce domaine à son fils Jean de ValanginDictionnaire historique de la Suisse, seigneurie de Valangin..
La première lignée de seigneurs
Berthold de Valangin, (? - 1160), premier seigneur de Valangin connu. En 1136 il bâtit le château de Valangin et entreprend le défrichage des terres de Valangin en commençant par édifier le village de Fenin, dans le Val-de-Ruz, qui était plus proche de NeuchâtelHistoire de Neuchâtel et Valangin jusqu'à l'avénement de la maison de Prusse..
Mariage et succession : Son épouse est inconnue, il a : Eberhard qui suit, Nicolas, (? - 1175).
Eberhard de Valangin, (? - 1181), seigneur de Valangin à partir de 1161.
Mariage et succession : Son épouse est inconnue, il a : Gebardt qui suit, Thierry, (? - 1195), il a un fils nommé Renaud qui devient seigneur de Valangin après le décès de son oncle.
Gebardt de Valangin, (? - 1194), seigneur de Valangin, il décède sans descendance, ses terres reviennent à son neveu Renaud.
Renaud de Valangin, (? - 1232), seigneur de Valangin.
Mariage et succession : Son épouse est inconnue, il a Guillaume qui suit.
Guillaume de Valangin, (? - 1236), seigneur de Valangin. En 1232 il refuse de prêter l'hommage féodal à Berthold Ier de Neuchâtel pour la seigneurie de Valangin ce qui incite, en 1236, Berthold à venir à main armée forcer Guillaume à se reconnaître comme son vassal. Peu de temps après Guillaume décède sans enfants. Valangin revient donc aux comtes de Neuchâtel en la personne d'Ulrich IV de Neuchâtel-Aarberg, fils Ulrich III de Neuchâtel.
La Maison de Neuchâtel
Ulrich IV de Neuchâtel-Aarberg, (? - /79)Monuments de l'histoire de Neuchatel, Volume 2, Matile, page 1216.Manuel généalogique pour servir à l'histoire de la Suisse, 1908, p. 102-103., comte d'Aarberg, seigneur de Strassberg (qui était un château situé près de Büren an der Aare), d'Illens, d'Arconciel et de Valangin. Il est le fils d'Ulrich III de Neuchâtel-Nidau. Avant 1251 il échange avec son frère Berthold de Strassberg la seigneurie de Strassberg contre Valangin.
Mariage et succession : Il épouse Agnès (ou Agathe), dame de Montfaucon, fille de Thierry III de Montbéliard et d'Alix, fille de , de qui il a : Guillaume de Neuchâtel-Aarberg, (? - 1323), comte d'Aarberg, Jean qui suit, Ulrich, (? - 1329), co-seigneur d'Arberg et de Valangin, prévôt de Bâle, Thierry, (? - 1304), co-seigneur d'Arberg et de Valangin, Agnès, Marie.
Jean de Neuchâtel-Valangin, dit "Jean d'Aarberg", (? - 1331)Manuel généalogique pour servir à l'histoire de la Suisse, 1908, p. 102-103, 122-126.. Seigneur-comteDe par les titres de son père, Jean de Neuchâtel-Valangin dit "Jean d'Aarberg" utilise souvent le titre de comte. de Valangin de 1276 à 1331 en association avec ses frères Ulrich et Thierry qui décèderont avant lui, bailli d'Uri, de Schwyz et d'Unterwald en 1323 (ceux-ci seront les cantons fondateurs de la Suisse).
De par le jeu des héritages et des inféodations les comtes de Montbéliard et l'évêque de Bâle Pierre d'Aspelt avaient des droits sur Valangin. Quelques années après qu'il a succédé à son père, Jean et ses frères Ulrich et Thierry, tous deux co-seigneurs de Valangin, s'élèvent contre leur suzerain et parent Rodolphe IV de Neuchâtel. L'objet du litige est la volonté des trois frères, avec l'approbation de Rodolphe II de Neuchâtel-Nidau et de Guillaume de Neuchâtel-Aarberg, de remettre la suzeraineté de leur fief à l'évêque de Bâle afin de s'émanciper de la tutelle des Neuchâtel et à cette fin ils déclarent "que pour mieux se garder et maintenir, ils donnent leur forteresse que giet à Valangin, que l'on appelle la Nueveville, ensemble tous les biens et droitures et toutes appartenances, ainsi que les fossés l'ont enclose, en franc-alleu à l'évêque de Bâle et à son église". En désaccord total avec eux Rodolphe IV de Neuchâtel entreprend une expédition sur les terres de Valangin qui se traduira par la destruction de la ville de La Bonneville le Histoire de la Seigneurie de Valangin jusqu'à sa réunion à la Directe en 1592, pages 23 à 31..
Quelques années plus tard, sans doute lassé de ses querelles qui n'en finissaient plus, Jean se rapprochait de son suzerain le comte de Neuchâtel et en 1316 il s'alliait avec lui contre l'évêque de Bâle, alliance qu'il renouvellera en 1325Histoire de la Seigneurie de Valangin jusqu'à sa réunion à la Directe en 1592, page 37..
En 1326 il accorde des habergements (concession d'une terre) à des particuliersHistoire de la Seigneurie de Valangin jusqu'à sa réunion à la Directe en 1592, page 41., cet acte suit les concessions qu'il avait accordées en 1291 avec son frère Thierry à des habitants de Genève venus s'installer sur ses terres et qu'ils avaient accueillis en « franc-habergement », ces hommes et ses femmes allaient être à l'origine de trois villages : Genevey-sur-Saint-Martin, Les Geneveys-sur-Coffrane et Geneveys-sur-FontaineHistoire de la Seigneurie de Valangin jusqu'à sa réunion à la Directe en 1592, page 40..
Mariage et succession : Il épouse Jordane, fille de Pierre ou Rodolphe d'Oron, de qui il a : Gérard qui suit, Vauthier, (? - /49), prévôt de Moutier-Grandval, Isabelle, (? - 1351), elle épouse Herman de Cressier, (? - 1350) puis Jean de Gruyères, (? - ou /71), seigneur de Montsalvens et co-comte de Gruyère (il est le frère de Pierre IV de Gruyère), Béatrice (? - ), religieuse à Engelberg, Jacquette/Jacqueline (? - ?), religieuse à Engelberg.
Gérard de Neuchâtel-Valangin, dit "Gérard d'Aarberg", (? - Laupen ). Seigneur de Valangin, lieutenant général de la Haute-Montagne pour l'empereur Louis IV du Saint-Empire, c'est à ce titre qu'il est chargé, par l'empereur, de recouvrir sur les villes de Berne et de Soleure une somme de trois cents marcs d'argent. Devant le refus de ces deux villes, Girard, aidé de Rodolphe IV de Neuchâtel-Nidau, engage un combat contre Berne (Guerre de Laupen) où Girard est tué.
Mariage et succession : Il épouse le /30 Ursula, (? - vers 1367), fille de Marcuard/Marquard de Hasembourg (ou d'Asuel), de qui il a : Jean II qui suit, Jordane, (? - 1377), elle épouse Jean (ou Henmann) Huss d'Isenheim, (? - 1398).
Jean II de Neuchâtel-Valangin, (1334 - /1406). Comte d'Aarberg et seigneur de Valangin. Âgé de 5 ans, lors du décès de son père, il doit attendre ses 15 ans pour prendre possession de son héritage et en attendant est placé sous la tutelle de son oncle Louis Ier de Neuchâtel. Il accorde leurs franchises à Valangin en 1352 après avoir obtenu de nouvelles terres de la part de Louis Ier de Neuchâtel, puis à La Sagne dix ans plus tard. À la mort de Marguerite de Wolhusen, comtesse de Strassberg, en 1366, il reprend l'avouerie (charge de l'avoué : personne chargée de la protection et de la représentation juridique d'une institution ecclésiastique) et la cour de Russwyl.
Mariage et succession : Il épouse le Mahaut/Mathilde (? - 1410/12), fille de Thiébaud V de Neuchâtel-Bourgogne et de Jeanne de Chalon, de qui il a : Bernard, Guillaume qui suit, Jean, (? - 1453/55), Jeanne, elle épouse Othon de Stauffen, Marguerite, (? - 1427), elle épouse Guillaume de Montricher.
Guillaume de Neuchâtel-Valangin, (vers 1378 - /36).. Comte d'Aarberg et seigneur de Valangin. En 1401 il renouvelle le traité d'alliance fait avec la ville de Berne et en 1411 il rend l'hommage féodal à Conrad IV de Furstemberg, alors comte de Neuchâtel, c'est là son premier acte le plus important dans lequel il prend le titre de comte d'Aarberg.
Mariage et succession : Il épouse le Jeanne dame héritière de Beaufremont (1380 - 1436), fille de Philibert de Bauffremont et d'Agnès de Jonvelle, de qui il a : Jean III qui suit, Humbert, (? - 1417/27), Agnelette ou Annette, Marguerite, Isabelle, (? - 1442), chanoinesse de Seckingen.
D'une relation hors mariage il a Marguerite qui épouse Jean Ruchemant.
Jean III de Neuchâtel-Valangin, (vers 1410 - 1497). Seigneur de Valangin et d'Aarberg, baron de Bauffremont. Encore jeune à la mort de son père il vient en Franche-Comté finir son éducation. À la tête de ses seigneuries il confirme les franchises de Valangin et en accorde aux habitants des montagnes en 1464.
Pendant longtemps il ne peut entrer en possession de Bauffremont que le (prénom ?) Comte de Vaudémont, neveu de Pierre de Bauffremont (naissance/mort /père manquent) dernier du nom, lui dispute. Il faut une ordonnance de Charles VIII pour que le Jean III soit dédommagé de son préjudice. En 1443, à Dijon, il participe au Pas de l'Arbre Charlemagne (exercice de joute consistant à défendre un « pas » ou passage contre quiconque relève le défi) au cours duquel il concourt onze fois contre Louis de la Basine de Bermette. En 1452 il part pour Jérusalem en compagnie de Guillaume VII de Chalon-Arlay, quelques années avant sa mort il en fait le récit sur la requête du fils de GuillaumeHistoire de la Seigneurie de Valangin jusqu'à sa réunion à la Directe en 1592..
Mariage et succession : Il épouse en 1430 Louise, (? - 1478), fille de Jean de Neuchâtel-Vaumarcus et d'Antoinette de Bierre, de qui il a : Guillaume II qui suit, Claude qui suivra, Marie, elle épouse le Diétrich (ou Didier) de Thuillières-Montjoie (? - 1490), Jacobée/Jacqua/Jacquette, (? - 1455/70), elle épouse Adrien de Bubenberg (vers 1431/35 - /1506), seigneur de Spietz, Mannenberg, Strättlingen, ils eurent Dorothée, ( - /) qui épouse en 1470 Jean-Albert de Mulinen, (? - ), seigneur de Castellen, Rauhenstein et Schinznach, Catherine, (? - 1481), elle épouse en 1467 Pierre de Bauffremont, seigneur de Mirebeau, petit-fils de Philibert de Bauffremont Théobalde, (? - 1477), elle épouse Louis de Glérens, Isabelle, elle épouse Jean de Gruyère.
Guillaume II de Neuchâtel-Valangin, (? - 1475/83). Seigneur de Valangin et de Givry.