La côte de Coromandel est une portion du littoral de l'Inde baignée par le golfe du Bengale, dans l'océan Indien. Elle est située sur la frange sud-est de la péninsule indienne, entre le delta du fleuve Krishna au nord et la pointe Calimère au sud, constituant une partie du rivage des États et territoires de l'Andhra Pradesh, de Pondichéry et du Tamil Nadu. Son nom provient d'une francisation de Chola mandalam ( en tamoul, en sanscrit), c'est-à-dire « Pays des Chola » ou « Domaine des Chola ».

Géographie C'est dans l'ensemble une plaine monotone, entrecoupée par les deltas et les estuaires de quelques grands fleuves : le Krishna, la Kaveri, le Pennar, le Palar et le Ponnaiyar, qui prennent leur source dans les hauts plateaux des Ghats occidentaux (monts Sahyadri) pour les deux premiers, et le plateau du Deccan pour les suivants, et se déversent dans le Golfe du Bengale en traversant le Deccan. Les plaines aval de ces fleuves, extrêmement fertiles, sont cultivées depuis la plus haute antiquité. Les deltas des fleuves Krishna et Kaveri sont cultivés de manière intensive.

La côte est également réputée pour ses anciens ports : Masulipatnam, Paliacate (Pazhaverkadu), Madras, Sadras, Pondichéry, Gondelour, Porto Novo (Parangipettai), Tranquebar (Tharangambadi), Karikal, Nagour (Nagore) et Negapatam, qui desservent leurs régions respectives avec les bassins miniers du croissant de Chhattisgarh, de Golconde et de Kolar. Le relief peu accidenté de la région est favorable à l'expansion urbaine.

Histoire Cette côte, bien que fréquentée par les Européens depuis l'époque de l'empire romain, est d'une navigation dangereuse en particulier en période de mousson de l'est, soit d'octobre à décembre. Elle est décrite dans Le Livre de Marco Polo (1298) comme un pays très riche où l'on trouve des perles « très grosses et très belles ».

Ses ports, pratiquement tous d'origine artificielle n'offrent pas des abris sûrs. Cependant, au cours du premier millénaire de notre ère, elle connaît une grande activité et c'est depuis cette côte que les Tchola ont amorcé leur expansion vers Ceylan, la Malaisie et Java, auxquels est traditionnellement associée la mythique cité portuaire de Kaveri Poompattinam ou Puhâr, l'actuelle localité de Poompuhâr dans le district de Mayavaram. Les Pallavas ont également entretenus des relations commerciales maritimes avec l'Asie du Sud-Est, peut-être depuis le port de Mahâballipuram, dont on n'a pourtant pas retrouvé les installations portuaires.

Ptolémée aurait fait mention dans sa Géographie d'une partie de la côte sous le nom de Paralía Sōringôn ( ; « Côte des Cholas ») ou de Paralia Sorētôn (), où se trouve notamment Khabērìs empórion ou Chabērìs empórion () , qu'il situe sur l'estuaire de la Cauvery. De cette ville, l'œuvre littéraire tamoul classique du Silappatikaram raconte la présence d'une importante colonie prospère de Yavana ( en tamoul, en sanscrit), appellation locale des Romains et de tout étranger issu du monde méditerranéen ou du Proche-Orient.

Les Arabes et les Persans appelaient la côte de Coromandel Shuli mandal, Barr al Ṣūliyān ou Barr al Ṣhūliyān ( ; « Côte des Cholas »), ou simplement Al Shuliyan (). Ils y faisaient également référence avec le nom de Ma'bar (), correspondant plus largement à la côte orientale de l'Inde, située au franchissement du Cap Comorin et de l'île de Ceylan. Ibn Battûta désigne les commerçants hindous originaires de cette côte par al-Ṣūlīyun, desquels il affirme leur position prééminente dans le Port de Quilon (Kollam) au .

Au , les Portugais prennent pied dans la région avec l'établissement des comptoirs de Pulicat (), de Saint-Thomé de Méliapour () et de Negapatam ().

La côte de Coromandel fut le théâtre de rivalités entre puissances européennes pour le contrôle du commerce de l'Inde aux . Les Britanniques s'installent à Fort Saint-George (Madras) et Masulipatnam, les Hollandais à Pulicat (Fort Geldria) et Sadras, les Français à Pondichéry, Karikal et Nizampatnam tandis que les Danois font de Tranquebar leur comptoir. La Compagnie d'Ostende (Pays-Bas méridionaux) disposa également d'un comptoir sur la côte, à Cabelon (l'actuelle Covelong).

Au terme de la guerre de Sept Ans, les Britanniques finissent par établir leur suprématie ne laissant à la France que les enclaves de Pondichéry et de Karikal qu'elle conserve jusqu'en 1954.

De nombreux objets d'origine chinoise, comme des boîtes, des coffres ou des paravents, sont dits couverts de laque de Coromandel. W. de Kesel et G. Dhont, Coromandel lacquer screens, Snoeck-Ducaju & Zoon, Gand, 2002, 107 p. , malgré leur origine plus lointaine, car ces marchandises transitaient par les ports de cette côte.

Gouverneurs des Coromandel néerlandais 1608 - 1610 : Pieter Issack Eyloff 1610 - 1612 : Johan van Wesicke 1612 - 1615 : Wemmer van Berchem 1616 : Hans de Haze 1616 - 1617 : Samuel Kint 1617 - 1619 : Adolf Thomassen 1619 - 1620 : Hans de Haze 1620 - 1622 : Andries Soury 1622 - 1624 : Abraham van Uffelen 1624 - 1626 : Andries Soury 1626 - 1632 : Maerten Isbrantszoon 1632 : Arent Gardenijs 1633 - 1636 : Maerten Isbrantszoon 1636 - 1638 : Carel Reyniersz 1638 - 1643 : Arent Gardenijs 1643 - 1650 : Arnold Heussen 1650 - 1651 : Laurens Pit 1651 : Jacob de With 1652 - 1663 : Laurens Pit 1663 - 1665 : Cornelis Speelman 1665 - 1676 : Anthonie Paviljoen 1676 - 1679 : Jacques Caulier 1679 - 1681 : Willem Carel Hartsinck 1681 - 1686 : Jacob Joriszoon Pits 1686 - 1698 : Laurens Pits de jonge 1698 - 1705 : Dirk Coomans 1705 - 1710 : Johannes van Steelandt 1710 - 1716 : Daniel Bernard Guilliams 1716 - 1719 : Adriaan de Visscher 1719 - 1723 : Gerard van Westrenen 1723 - 1729 : Dirck van Cloon 1729 - 1733 : Adriaan Pla 1733 - 1737 : Elias Guillot 1738 - 1743 : Jacob Mossel 1743 - 1747 : Galenus Mersen 1747 - 1753 : Librecht Hooreman 1753 - 1758 : Steven Vermont 1758 - 1761 : Lubbert Jan van Eck 1761 - 1765 : Christiaan van Teylingen 1765 - 1773 : Pieter Haksteen 1773 - 1780 : Reynier van Vlissingen 1780 - 1784 : Britse bezetting 1784 - 1789 : Willem Blauwkamer 1790 - 1795 : Jacob Eilbracht 1795 - 1818 : Occupation britannique 1818 - 1824 : F.C. Regel 1824 - 1825 : Henry Francis von Söhsten

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie Sinnappah Arasaratnam, Merchants, companies and commerce on the Coromandel coast : 1650-1740, Oxford University Press, Delhi, Bombay, 1986, 407 p. Arvind Sinha, The politics of trade : Anglo-French commerce on the Coromandel Coast, 1763-1793, Manohar, New Delhi, 2002, 249 p. Alain Carayol, Inde : Malabar et Coromandel, Romain Pages éd., Sommières (Gard), 2002, 133 p. Jacques Dupuis, Madras et le nord du Coromandel : étude des conditions de la vie indienne dans un cadre géographique, Librairie d'Amérique et d'Orient Adrien-Maisonneuve, Paris, 1960, 590 p. (thèse de doctorat de Lettres) Alfred Martineau, Les cyclones à la côte Coromandel, Pondichéry, Paris, 1917, 96 p.

Filmographie Kattumaram, film documentaire de Jean-Luc Chevanne, Laboratoire Images et sons/Cultures et identifications Paris 8, 2003, 2 h (VHS) ; film tourné entre 1979 et 1991

Articles connexes Palempore Paliacate Madras Côte de Malabar Masula Arikamedu, site archéologique connu pour ses artéfacts romains parvenus par la route de la mer Rouge

Liens externes

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