La campagne de Keelung (-) est une campagne militaire menée par les forces françaises de l'escadre d'Extrême-Orient et du Corps expéditionnaire du Tonkin au nord de Formose (Taïwan) pendant la guerre franco-chinoise.

Échec du débarquement d'août 1884 Au matin du , après le rejet de l'ultimatum français par les Chinois de leur remettre leurs défenses côtières, La Galissonnière , le Villars et le Lutin engagent et mettent hors de service les trois batteries côtières de Keelung. Dans l'après-midi, l'amiral Lespès met à terre un bataillon de l'infanterie de marine pour occuper Keelung et les mines de charbon de Pei-tao, mais l'arrivée de nombreuses troupes chinoises menées par Liu Ming-ch'uan oblige les Français à battre en retraite et à réembarquer le . Les pertes humaines françaises dans cette opération infructueuse sont de 2 morts et 11 blessées. Les Chinois ont subi des pertes manifestement plus lourdes.

Prise de Keelung En , l'amiral Courbet dispose d'un corps expéditionnaire de : le régiment de marche du lieutenant-colonel Bertaux-Levillain formé de trois bataillons de l'infanterie de marine et de trois batteries d'artillerieLe bataillon Ber est composé des , , et du R.I.Ma (capitaines Casse, Marty, Carré et Melse). Le bataillon Lacroix est composé des , , et du R.I.Ma (capitaines Bauche, Thirion, Leverger et Onffroy de la Rozière). Le bataillon Lange est composé des , , et du R.I.Ma (capitaines Amouroux, Bertin, Cramoisy et Le Boulaire). L'infanterie est appuyée par la d'artillerie de marine (capitaine de Champglen) et par la du d'artillerie (lieutenant Naud). Les 4 canons revolver Hotchkiss sont commandés par le lieutenant de vaisseau Barry.. Le , les marsouins prennent le port. Incapables d'avancer au-delà de cette tête de pont, ils doivent faire face à la contre-attaque, à l'intérieur de Keelung, menée par des forces chinoises supérieures en nombre commandées par le commissaire impérial Liu Ming-ch'uan.

Opérations de et En et , le choléra et la typhoïde affectent le corps expéditionnaire français, alors que des renforts pour l'armée chinoise sont envoyées à Formose via les îles Pescadores, portant ces forces à à la fin de la guerre.

Offensives de et Début , le corps expéditionnaire a été considérablement renforcé avec deux bataillons d'infanterie, portant son effectif à environ . Quatre des six compagnies du du de tirailleurs algériens (chef de bataillon Fontebride) sont arrivées dans Keelung le et les quatre compagnies du du étranger d'infanterie (chef de bataillon Vitalis) débarquent le Le du R.T.A. est composé des , , et (capitaines Pénasse, de Fradel, Michaud et Bernhart). Les officiers commandant les compagnies de la Légion sont les capitaines du Marais, Césari et Lebigot et le lieutenant Jannet.. On a donné le commandement du corps expéditionnaire renforcé au lieutenant-colonel Jacques Duchesne. À la fin et début , les Français remportent deux victoires tactiques impressionnantes contre leurs assiégeants chinois, mais ils ne sont pas assez nombreux pour exploiter ces victoires.

Fin de la campagne La campagne de Keelung prend fin en ; elle s'achève par un statu quo stratégique et tactique. À l'époque, cette campagne est critiquée par l'amiral Courbet, le commandant de l'escadre d'Extrême-Orient, comme étant stratégiquement inutile et ayant causé une division des forces navales françaises.

Décoration FORMOSE 1885 est inscrit sur le drapeau des régiments cités lors de cette bataille.

Souvenir Les morts français du conflit sont enterrés au cimetière militaire français de Keelung. Des cérémonies d'hommage y ont lieu deux fois par an...

La campagne serait encore étudiée par le commandement militaire taïwanais pour ses leçons sur la défense de l'île.

Notes et références

Voir aussi Sources et bibliographie En français

Arsène Donada--Vidal, « Le gage, la cage et la gageure, l'expédition française de Formose (1884-1885) », Thèse d'École nationale des chartes, 2025,

Ernest Picard-Destelan, Annam et Tonkin : Notes de voyage d'un marin, Paris, 1892

S. Ferrero, Formose, vue par un marin français du , Paris, 2005 Huard, La guerre du Tonkin, Paris, 1887 Maurice Loir, L'escadre de l'amiral Courbet, Paris, 1886 Maurice Rollet de l'Isle, Au Tonkin et dans les mers de Chine, Paris, 1886, Auguste Thomazi, La conquête de l'Indochine, Paris, 1934 R. Vienet, « Devant le champ de bataille de Mawei (Chine) », dans La Géographie, n°1525, , p. 31–53

En anglais

J. Rawlinson, China's Struggle for Naval Development, 1839–1895, Harvard, 1967 R. Wright, The Chinese Steam Navy, 1862–1945, Londres, 2001

Lung Chang [龍章], Yueh-nan yu Chung-fa chan-cheng [越南與中法戰爭, Vietnam and the Sino-French War] (Taipei, 1993)

Articles connexes Guerre franco-chinoise Histoire de la marine française

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