Societas Perfecta (« Société Parfaite » ou « Communauté Parfaite ») est le nom donné à l'une des philosophies politiques de l'Église catholique dans les domaines de l'ecclésiologie et du droit canonique

Origines La doctrine enseigne que l'Église est un groupe autosuffisant ou indépendant qui détient déjà toutes les ressources nécessaires et les conditions pour atteindre son but global qui est le salut universel de l'humanité. Historiquement elle a été utilisée de façon à améliorer la définition des relations Église-État.

Ses origines peuvent être retracées dans les écrits d'Aristote, qui a décrit le "Polis" comme étant un amalgame de plusieurs communautés urbainesPolitique (Aristote) La (ou les) Politique(s) d'Aristote. L'idée de la "communauté parfaite" était aussi présente dans la philosophie médiévale. En référence directe à Aristote, Thomas d'Aquin mentionne l'État "civitas" concernant la traduction de "civitas" en "État" voir Aroney, Nicholas, "Subsidiarity, Federalism and the Best Constitution : Thomas Aquinas on City, Province and Empire. "Law and Philosophy, Vol 26, p. 161-228, 2007 en tant que communauté parfaite "Communitas perfecta"Summa I-II q 90 a 3.

Durant le Siècle des Lumières, la doctrine de Societas Perfecta a été fortement affirmée afin de protéger l'Église contre les interventions séculières. Elle fut aussi mentionnée dans le Magistère du pape Pie IX et plus spécialement par Léon XIII dans son encyclique Immortale DeiEncyclique de Léon XIII, sur le site du Vatican, où il explique cet enseignement dans la relation à l'Église :

Societas Perfecta Les deux sociétés parfaites correspondent à deux forces, l'Église et l'État :

L'une est responsable des soins de dimension divine, l'autre de l'homme. Chacune est la plus élevée de son genre : chacune a certaines limites dans lesquelles elle évolue, des frontières qui sont apparues naturellement et dont le but de chacune des deux forces est démontréIbidem Paragraphe 857.

Jusqu'au concile Vatican II, la doctrine des deux sociétés parfaites de Léon XIII était tenue comme officielle dans les études théologiques. Au cours de ce concile, ainsi que dans le Codex Iuris Canonici (code de droit canonique), la doctrine n'est plus explicitement mentionnée. Dans la théologie "post-concilaire" de l'Église catholique moderne, elle a à peine un rôle quelconque. Son abandon a été quelque peu controversé. En tout cas, le Pape Paul VI l'a mentionné et résumé en 1969 dans son motu proprio concernant la bulle Sollicitudo omnium ecclesiarum sur le rôle du légat papal :

Source

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Ernst-Wolfgang Böckenförde, State - Society - The Church, in: Writings on the State - Society - Church III, Freiburg 1990, p. 113-211 Joseph Listl, Church and State in the recent Catholic Church Law, Berlin 1978

Liens externes

Sur la transformation du sens de l'appartenance à l'Église de CONGAR Yves L'autonomie ecclésiastique selon la legislation canonique actuelle de l'église Catholique et de l'église orthodoxe de Georgică Grigoriţă - google books

Articles connexes Mystici Corporis Christi Doctrine sociale de l'Église Anthropologie chrétienne

Catégorie:Doctrine et théologie catholiques Catégorie:Ecclésiologie Catégorie:Droit canonique