Abdel Basset Sayda, né en 1956 à Amouda"Abdel Basset Sayda, nouveau chef du Conseil national syrien", Le Point, 10 juin 2012, est un universitaire, homme politique et dissident syrien d'origine kurde, cofondateur du Conseil national syrien et président de celui-ci du au . Il devient ensuite membre de la Coalition nationale des forces de l'opposition et de la révolution (CNFOR)L'opposition syrienne se réunit à Istanbul, Le Monde, 23 mai 2013.
Jeunesse et carrière
Ayant obtenu son doctorat de philosophie à l'université de Damas, il est « expert des civilisations anciennes » et auteur d'ouvrages sur la question kurde et la pensée arabe. Au début des années 1990, il est enseignant pendant trois ans à l'université en Libye avant de s'installer en Suède en 1994. Il est marié et père de cinq enfants« Abdel Basset Sayda succède à Burhan Ghalioun à la tête du Conseil national syrien », France 24, 10 juin 2012.
Opposition au régime Assad
Figure d'opposition au régime syrien de Hafez puis Bachar el-Assad, il n'appartient à aucun parti politique et milite secrètement dans le mouvement kurde syrien.
En 2011, il participe à la fondation du Conseil national syrien (CNS), une autorité politique de transition née lors du conflit syrien. Il devient également membre du bureau exécutif de l'organisation et chef du bureau des droits de l'homme.
En , il s'oppose durement à Burhan Ghalioun, alors président du CNS, lorsque celui-ci affirme qu'un Kurdistan syrien n'existe pas, Sayda rétorquant notamment que Ghalioun ne représente pas le CNS Kurds Wary of New Syrian Opposition Leader, Rudaw, 12 juin 2012.
Présidence du Conseil national syrien
Le , il est élu à la tête du Conseil national syrien, succédant à Burhan Ghalioun qui démissionne « après avoir été critiqué pour avoir laissé les Frères musulmans prendre une place trop importante au sein du CNS et pour le manque de coordination entre le CNS et les militants sur le terrain ». La guerre civile syrienne est alors en cours depuis treize mois. Sayda est considéré comme un modéré, et « comme un homme "conciliant", "honnête" et "indépendant" »"Syrie : le régime touche "à sa fin", selon le nouveau chef de l'opposition", Libération, 10 juin 2012.
Son élection a reçu un accueil mitigé de la part des forces politiques kurdes en Syrie. Si certaines, comme l'Union des forces démocratiques kurdes, l'ont vue d'un œil favorable, ce n'est pas le cas de l'Union démocratique affiliée au Parti des travailleurs du Kurdistan, dont le dirigeant Abdullah Öcalan a accusé Abdel Basset Sayda d'être un "agent des Turcs"Surprise à la tête de l’opposition, Courrier international d'après al-Hayat, 28 juin 2012, ni du Conseil national kurde.
Au sujet d'une éventuelle transition après un départ de Bachar el-Assad, il appelle ce dernier à laisser sa place au vice-président Farouk Al-Chareh en Syrie: l'ONU, inquiète d'un nouveau massacre, exige d'avoir accès à Haffé, Le Point, 12 juin 2012, avant d'envisager le mois suivant un gouvernement dirigé par un membre de l'Armée syrienne libre mais pas uniquement composé de révolutionnairesDivergences entre rebelles et opposants politiques sur l'avenir de la Syrie, Radio France International, 31 juillet 2012. Il critique la mise en place du Conseil pour la révolution syrienne dirigé par Haytham al-Maleh (ancien membre du Conseil national syrien), qui se veut un début de gouvernement de transition et qui « affaiblit l'oppositon » selon luiSyrie/transition: le chef du CNS contre toute précipitation, Ria Novosti, 2012.
Le , il accuse des factions kurdes, en particulier l'Union démocratique et le Conseil national kurde, de coopérer avec le régime de Bachar el-Assad pour s'emparer de territoires syriens kurdes Kurdish Liberation Movement in Syria Continues Despite Criticism, Rudaw, 26 juillet 2012.
Lors d'une conférence de presse à Abou Dabi le , il appelle les pays "frères" et "amis" de la Syrie à armer les rebelles, se prononce en faveur d'un procès de Bachar el-Assad, et remercie l'Arabie saoudite pour les fonds réunis par le pays à l'attention des rebellesSyrie : le chef du CNS appelle à armer les rebelles, Le Point, 29 juillet 2012.
Fin , il rencontre le président du Kurdistan irakien Massoud Barzani et d'autres leaders kurdes pour les convaincre de rejoindre le Conseil national syrien SNC head visits Iraqi Kurdistan, Al-Akhbar, 30 juillet 2012.
Le , il s'entretient avec l'ancien président de la République française Nicolas Sarkozy. Les deux hommes publient un communiqué commun dans lequel ils disent constater « la complète convergence de leurs analyses sur la gravité de la crise syrienne et sur la nécessité d'une action rapide de la communauté internationale pour éviter des massacres ». Ils conviennent par ailleurs « qu'il y a de grandes similitudes avec la crise libyenne »Syrie: Nicolas Sarkozy s'est entretenu avec le chef de l'opposition, L'Express, 8 août 2012.
Le , il appelle la communauté internationale à installer une zone de non-survol au-dessus des zones frontalières syriennesSyrie: le président du CNS réclame une zone de non-survol dans les régions frontalières, Le Nouvel Observateur, 12 août 2012.
Alors qu'il devait prendre fin le , le mandat de président d'Abdel Basset Sayda est finalement prolongé d'un mois en vue d'un renouvellement du CNSSyrie : le CNS va s'élargir et se réformer (porte-parole), L'Orient-Le Jour, 2 septembre 2012.
En , il assure que le nouveau gouvernement dirigé par le Conseil national syrien serait « équidistant de toutes les religions » et que la nouvelle Syrie serait « un pays civilisé, démocratique et pluraliste qui sera neutre en termes d'identité ethnique et religieuse »La nouvelle Syrie, "un pays civilisé, démocratique, pluraliste et neutre", promet le CNS, L'Orient-Le Jour, 21 septembre 2012.
En , accompagné de plusieurs membres du CNS, il se rend pour la première fois en Syrie depuis le début de la guerre civile, plus précisément dans les territoires libérés près de la frontière turque, dans l'optique d'un rapprochement avec l'Armée syrienne libreLe président du CNS s'est rendu pour la première fois en Syrie, Le Monde, 8 octobre 2012Visite en Syrie du chef du Conseil national syrien, selon les rebelles, Le Nouvel Observateur, 8 octobre 2012.
Le , il est remplacé à la présidence du CNS par Georges SabraGeorges Sabra, ancien communiste de confession chrétienne, président du CNS, Libération, 9 novembre 2012, mais reste au sein du bureau exécutif du mouvementUn chrétien remplace un kurde à la tête du Conseil national syrien, Ignace Leverrier pour Le Monde, 9 novembre 2012.
Au sein de la CNFOR et du bureau exécutif du CNS
Après son départ de la présidence de la CNS, il devient membre de la CNFOR.
En , il condamne les affrontements de Ras al Aïn qui opposent des groupes d’inspiration djihadiste ne reconnaissant pas l'autorité de l'Armée syrienne libre, à des miliciens et des membres des Unités de Défense Populaire issus du Parti de l’Union Démocratique (PYD), un mouvement affilié au Parti des travailleurs du Kurdistan dirigé par Abdullah ÖcalanAvant la réunion de Paris, la Coalition Nationale syrienne presse le pas, Ignace Leverrier pour Le Monde, 21 janvier 2013.
Il est de ceux qui exigent le départ de Bachar el-Assad avant de débuter toute négociation avec le régime.
Notes et références
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