Saint-Léon est une commune française située dans le département de l'Allier, en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Géographie

Dernier contrefort au nord du Massif central, le puy Saint-Ambroise est situé à l'extrémité nord des monts de la Madeleine et culmine à l'altitude de ; il offre une vue sur 7 départements (Cher, Nièvre, Saône-et-Loire, Loire, Rhône, Puy-de-Dôme et Allier). Selon les cartes du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), le sol de la commune est constitué de roches datant de l'époque carbonifère, il y a 300 millions d'années. Les plus anciens volcans du Massif central étant apparus il y a 65 millions d'années, le puy Saint-Ambroise doit plus son nom à l'ancien français pui (colline ou hauteur), venant du latin podium qu'à une montée magmatique.

La commune se trouve dans les Basses Marches du Bourbonnais.

Six communes sont limitrophes de Saint-LéonGéoportail (consulté le 21 novembre 2016). :

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Centre et contreforts nord du Massif Central, caractérisée par un air sec en été et un bon ensoleillement. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique installée sur la commune est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Urbanisme Typologie Au , Saint-Léon est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (82,9 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (84,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (68,3 %), forêts (14,9 %), zones agricoles hétérogènes (8,1 %), terres arables (6,6 %), zones urbanisées (2,2 %)..

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l'évolution dans le temps de l'occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran..

Histoire Voisine de quatre kilomètres de Châtelperron, où se trouvait une fabrique de silex taillé et qui a donné son nom à la période castelperronienne, Saint-Léon n'a pas gardé de trace de la préhistoire néolithique ( ), si ce n'est quelques objets taillés.

Au Moyen Âge et pendant l'Ancien Régime Un petit prieuré roman s'établit en haut du puy Saint-Ambroise aux environs du avec une communauté de moines. Ces moines défrichèrent la forêt de chênes au sommet du puy pour construire le prieuré. Ils cultivèrent la vigne (qu'ils faisaient venir de Bourgogne) sur les pentes, plantèrent des noyers, eurent des troupeaux. Au , le prieuré est sous la dépendance de l'abbaye de Mozat. Au cours du , l'abbaye-mère de Mozat ayant accepté de passer dans le giron de l'abbaye de Cluny, les moines du prieuré Saint-Ambroise-des-Monts (ancien nom du prieuré) durent se plier à la règle de saint Benoît. Au cours des siècles, cette communauté s'enrichit de nombreuses propriétés et devint prospère, jusqu'à sa disparition à la Révolution.

Une foire à « la Montagne » avait lieu au sommet du puy Saint-Ambroise une fois par an, le lendemain de l'Ascension, attirant plusieurs centaines de marchands. Elle fut abandonnée à la fin du , après de présence.

Au , la paroisse est constituée de cinq fiefs : celui du prieuré du puy Saint-Ambroise, administré par le prieur Jean-Charles Marcotte, celui de la Faye appartenant à François Jacob, bourgeois à Saint-Léon, celui de Chailloux, dont a hérité le sieur Préveraud vivant au Donjon, celui de Coulon appartenant au sieur Deguet, bourgeois à Saint-Léon, et celui dont a hérité le marquis Desgouttes, résidant à MoulinsA.D. de l'Allier, Sommier des fiefs du duché du Bourbonnais, volume second, p. 140..

En 1722, la paroisse de Saint-Léon comptait 77 feux ou foyers (en comparaison, 84 feux pour Liernolles) pour 193 personnes qui étaient sujettes à l'impôt, la taille (152 à Liernolles) ; les terres étaient utilisées pour le seigle, la vigne, le pacage et le boisA.D. de l'Allier, État sommaire de la généralité de Moulins, 1722..

La fin des Temps modernes et le début de l'époque contemporaine : la démocratie au village

La Révolution de 1789 La paroisse de Saint-Léon devient une commune. La loi du 14 décembre 1789 votée par les députés de l'Assemblée nationale constituante démocratise la vie locale : la commune, le district (du Donjon, pour Saint-Léon) et le département sont créés pour être dirigés par des personnes élues ; les électeurs sont les hommes, citoyens actifs, c'est-à-dire des contribuables payant une contribution égale au moins à trois journées de travail ; aux côtés des anciens notables, de nouveaux s'affirment au niveau communal, départemental, voire national.

Le premier maire fut Benoît Crouzier au sein d'un conseil général composé notamment de trois officiers municipaux (MM Calmin, Chalmoux, Chassot) et d'un procureur (M. Lachaud) ; maître Crouzier décède, à 70 ans, le 4 août 1791Registre des baptêmes (p.562), commune de Saint-Léon, A.D. de l'Allier. Le registre des baptêmes, mariages, sépultures est toujours tenu par Roux, curé de la paroisse Saint-Léon.

Le 7 novembre 1792, le maire Blaise Talon, sous l'autorité du district, enregistre son premier acte d'état civil républicain, sur le registre récupéré "en la maison du ministre du culte catholique"Registre des naissances, mariages, décès (), commune de Saint-Léon, A.D. de l'Allier. La République laïque se met en place.

Le 15 décembre 1792, c'est Jean Vayolle, maître boulanger, qui s'occupe de l'état civil, comme membre du conseil général de la commune ; il est remplacé un temps, fin 1795, par l'adjoint Benoît Crouzier, fermier à la Douare, "substitut de l'agent municipal" ; Jean Vayolle reprend cette fonction jusqu'en 1805, année de son décès. C'est alors le maire, Meilheurat qui tient l'état civil jusqu'en 1813. Depuis l'arrivée au pouvoir de Napoléon Bonaparte, les maires sont désignés par le représentant de l’État, pour Saint-Léon, le sous-préfet de l'arrondissement de La Palisse.

Du 7 décembre 1793 au 30 août 1795, les actes de l'état civil ont porté le nouveau nom de la commune : Puy la Montagne, du district du Val libre ; la laïcisation de cette France républicaine était à son paroxysme.

Un député de la nation, originaire de Saint-Léon : le Conventionnel Beauchamp (1761-1842)

Joseph Beauchamp est né le à Jonzy, une paroisse du Brionnais, à l'est du Bourbonnais ; ses parents sont « bourgeois » selon l'enregistrement du baptême fait par le prêtre BeauchampRegistre des baptêmes, paroisse de Jonzy, A.D. de la Saône et Loire ; un autre fils naît en 1773 (il décèdera à Saint-Léon en 1852). La famille est apparentée avec le secrétaire de l'Archevêché de Lyon et avec la famille Préveraud, propriétaire sur les paroisses de Montaiguët et le Donjon. Les Beauchamp possèdent entre autres une propriété à Monétay.

Joseph Beauchamp en , vit au Donjon où il exerce la fonction de juge du tribunal du district ; il est l'un de ces notables ayant profité de la Révolution. Le , à Saint-Léon, il se marie à avec Gilberte Jacob, fille d'un grand propriétaire de la commune ; les deux pères sont déjà décédésRegistre des mariages (), commune de Saint-Léon, A.D. de l'Allier.. Le couple s'installe dans la propriété de Rezoles, où naît le , leur fils Philibert.

Le , à Paris, à la suite de l'attaque du château des Tuileries par le peuple de Paris, aidé de certains fédérés venus de tout le pays, le roi Louis XVI et sa famille sont mis en prison ; des élections sont organisées pour désigner une nouvelle assemblée : doivent être élus au suffrage universel (les hommes de moins de , les femmes, les domestiques et les individus non domiciliés et sans revenus sont exclus du vote). Le , les électeurs de chaque commune désignent des délégués qui, pour le département, se réunissent au Donjon, le , afin d'élire parmi eux, sept députés. Joseph Beauchamp est élu en ; à , il est le plus jeune ; avec lui, sont désignés un imprimeur de Moulins, un avocat de Vichy, un autre de Montluçon, un notaire de Saint-Pourçain-sur-Sioule, un autre de Bourbon-l'Archambault et un administrateur de Montmarault.. L'après-midi du jeudi , à Paris, sont déjà présents et forment la Convention nationale; c'est la naissance de la en France.

Les 16 et , à la Convention, lors du vote de la peine à infliger à l'ex-roi reconnu coupable de trahison, quatre députés de l'Allier votent la mort immédiate, un vote la mort avec sursis, un s'abstient et Beauchamp est « absent ». ; c'est-à-dire qu'il a été envoyé en mission dans le pays, au nom de la Convention, comme .. Le , Joseph Beauchamp est élu au Comité des décrets de la Convention, mais le , il adresse une lettre à la Convention, demandant un congé d'un mois : Cette demande de congé lui est refusée, car en Vendée, débute la guerre civile et qu'ailleurs des révoltes éclatent après l'arrestation des députés Girondins à la Convention..

Le , son mandat s'achève et il est désigné pour rejoindre la nouvelle assemblée, le Conseil des Cinq-Cents ; il refuse ; il ne l'intégrera qu'à la suite du vote des électeurs en , pour quelques mois et jouera un rôle politique pendant le Premier Empire.

Un citoyen de Saint-Léon dans les armées de la République puis de Napoléon