La famille du Plantadis est une famille noble française originaire de la Marche. Elle se divisa en plusieurs branches dont l'une, établie dès le à Aubusson dans l'actuelle Creuse, en Nouvelle-Aquitaine, s'allia avec des familles de maîtres tapissiers de cette ville et dirigea elle-même des de tapisserie. Cette famille s'éteignit à la fin du .

Origine La Généalogie de la maison du Plantadis, dans la Marche et en Auvergne a été rédigée au par l'historiographe Ambroise Tardieu.

Cette famille de noblesse d'extraction tirerait son origine d'un fief appelé Le Plantadis qui existait à Saint-Agnant-près-Crocq, dans l'actuelle Creuse.

La filiation suivie par Tardieu commence avec Pierre du Plantadis, co-seigneur du Bost, marié vers 1470 à Marie de Lestrange.

vignette|Château du Bost, à Magnat-l'Étrange.

Le château du Bost, à Magnat-l'Étrange, construit par Hugues et Laurent du Plantadis., serait le berceau historique de la famille du Plantadis que l'on retrouve, deux siècles plus tard, à Mérinchal Ambroise Tardieu, Généalogie de la maison du Plantadis, dans la Marche et en Auvergne, Impr. de C. Desrosiers, 1882..

Sur l'authenticité de la noblesse des Plantadis, Jean-Baptiste Bouillet, dans son Nobiliaire d'Auvergne (1847), relève l'ancienneté de cette famille et met en avant ses alliances avec de vieilles familles nobles d'Auvergne telles que, par exemple, les familles Motier de La Fayette ou BosredonExtraction chevaleresque 1344, Auvergne, ANF-1978.. L'abbé Nadaud, dans son Nobiliaire de la généralité de Limoges (1856), fait état d'un Plantadis qualifié de chevalier en 1238. Par ailleurs, un Plantadis était seigneur et propriétaire d'un château en 1290, à Auriat.

Un universitaire contemporain, Pierre Charbonnier, apporte néanmoins des correctifs quant à l'ancienneté de la noblesse des Plantadis. Dans Une autre France : la seigneurie rurale en Basse Auvergne, du au , il écrit en effet : « On a admis que la famille du Plantadis était une famille d'officiers enrichis. Tardieu avait prétendu trouver de lointaines origines nobles à la famille du Plantadis (... ). Mais il semble s’agir d’une famille roturière qui s’élève socialement et qui crée au une seigneurie. »Pierre Charbonnier, Une autre France : la seigneurie rurale en Basse Auvergne, du au siècle, Clermont-Ferrand : Institut d'études du Massif central, 1980, p. 1235.

Cette famille s'éteignit à la fin du Revue de l'art chrétien, 1883, vol. 26, p. 579..

Personnalités Parmi les personnalités de cette famille, on trouve des seigneurs, des militaires, des officiersCette famille a donné un certain nombre d'officiers, comme le vice-sénéchal décrit par l'intendant de Moulins dans son procès-verbal de la généralité de Moulins dressé en 1686 : Le vice-sénéchal de Guéret se nomme Plantadis. C'est un homme vif, alerte, toujours prêt à monter à cheval. Il a sous lui un assesseur, un procureur du roi, un greffier, un commissaire à faire les montres et dix archers. C'est la compagnie que j'ai trouvée la mieux dans l'ordre et où l'officier soit le plus appliqué. Il m'a représenté que son ressort est d'une grande étendue, dans des pays fort rudes et difficiles, et qu'il aurait besoin d'une augmentation de dix archers. Il m'a proposé de lever les charges et d'en payer jusqu'à six mille livres ; et si le conseil écoutait sa proposition, je saurais placer ces officiers en des lieux très utiles pour le service du roi et l'intérêt des peuples. (Moulins, Librairie historique du Bourbonnais, 1892)., des religieuses...

Pierre du Plantadis, co-seigneur du Bost. Premier auteur de la filiation suivie de la famille, mort après 1490. Selon Tardieu, il servit dans les armées du roi Louis XI. Antoine du Plantadis, docteur en droit, lieutenant général du comté de la Marche (de 1581 à 1588), conseiller du roi et de la reine Élisabeth d'Autriche sous Charles IX, maître des requêtes ordinaires du roi, député de la Marche aux États généraux de 1588-1589. Jean du Plantadis, écuyer, seigneur de Jouhet, de Luchat et de Boisfranc, élu en l'élection de la Marche (1605-1606). Avant sa mort, il fut président de l'élection de la Marche. Il épousa Jeanne Tixier qui résidait au château de Jouhet et qui disparut après 1656. Guy du Plantadis, licencié en lois, nommé, par le roi Henri II et la reine douairière Isabelle, châtelain d'Aubusson (1550-1566)Archives départementales de la Creuse (Série E - Famille) et Tardieu. Ces deux sources indiquent que plusieurs Plantadis furent châtelains d'Aubusson. puis d'Ahun (1566-1583) et de Chénérailles (1583). Son frère, Laurent du Plantadis, est le grand-père de François Morin d'Arfeuille, officier tué le lors de la bataille de la Peene, comme indiqué par François-Alexandre Aubert de La Chesnaye Des Bois. Jean du Plantadis, maître des requêtes et chef du conseil de la reine Louise de Lorraine, marié vers 1580 à Antoinette Babou de La Bourdaisière, fille de Jean Babou, comte de Sagonne, grand-bailli de Touraine et grand maître de l'artillerie de France (1567)C. Maubois 19.04.2009 : Nobiliaire du Berry : les Babou.. Antoinette Babou de La Bourdaisière était la nièce du cardinal de La Bourdaisière ainsi que la tante de la "presque reine", Gabrielle d'Estrées, célèbre maîtresse et favorite d'Henri IV. Guy du Plantadis, seigneur du Baneix, se prépare à devenir lieutenant-général de la Marche quand il succombe à une infection, à Paris, en . Il est inhumé en l'église Saint-Jacques-la-Boucherie. Jean Charles du Plantadis, écuyer, né en 1663, seigneur de La Vernède, mousquetaire du roi sous Louis XIV, vers 1700, capitaine puis lieutenant-colonel dans le régiment du Vexin en 1705. Alix du Plantadis, religieuse bénédictine au couvent de Pontgibaud où elle mourut le . Magdeleine du Plantadis, nommée en 1614, par brevet du roi, abbesse du monastère de Sainte-Claire à Clermont qu'elle gouverna jusqu'en 1644. Elle est au centre du violent conflit qui oppose Joachim d'Estaing, alors évêque de Clermont, aux pères cordeliers de Bourgogne. L'abbesse est déposée par les pères cordeliers pour avoir pris le parti de l'évêque de Clermont. Elle est ensuite rapidement rétablie dans ses fonctions. À Felletin, elle fonde un couvent de Clarisses. D'autres membres de la famille du Plantadis apparaissent dans divers textes. Il en va ainsi de mademoiselle du Plantadis que madame de Maintenon évoque dans sa correspondance, dans le cadre de la maison royale de Saint-Louis, et à qui elle alloue une pension de cent-cinquante livres. Enfin, le baron Jean-Baptiste Dalesme est un membre notable d'une branche ancienne installée dans l'actuelle Haute-Vienne, et qui a longtemps été connue sous le nom de Dalesme de Plantadis.

Armes et devise thumb|right|92px|Armes des Plantadis.

thumb|left|78px|Armes d'Aubusson.

Blason : D’argent au chêne de sinople glanté d’or, au chef d’azur chargé d’un croissant d’argent accosté de deux étoiles d’or

Les armes des Plantadis ont été enregistrées en 1696, dans l'Armorial général de France dressé par Charles d'Hozier à la suite de l'édit royal rendu cette même année par Louis XIVCes armes sont également décrites dans le Grand Armorial de France d'Henri Jougla de Morenas.. Elles se voient sur la porte d’entrée du château du Bost avec la date - incertaine - de 1379. Pour certains auteurs, les armes de la ville d'Aubusson seraient difficiles à distinguer de celles des PlantadisDans un article intitulé Les Armes de la Ville d'Aubusson, De Chaumont précise : Une confusion devait fatalement s'établir entre les armes de la ville et celles de la famille du Plantadis. M.S.S.N.A.C., 1922 (BNF, Gallica)..

Ce blason est similaire à celui de la famille Castanier d’Auriac tel qu'il apparait dans l' Église Sainte-Cécile de Cuxac-Cabardès et qui se lit "d’argent au châtaignier de sinople, fruité d’or sur un tertre du premier, au chef d’azur chargé d’un croissant d’argent montant, accosté de deux étoiles d’or."

Devise : Fructum dabit in tempore suo Traduction et origine : il donne son fruit en sa saison, psaume 1 du livre des Psaumes.

Seigneuries Liste non exhaustive des seigneuries détenues par la famille du Plantadis en pays marchois : Boisfranc, Chaumes, Cherboucheix, Fernoël, Jouhet, La Gorse, La Mothe, La Vernède, Le Baneix, Le Bost, Le Leyrit, Le Reymondet, Luchat, Mérinchal, Paneyreix, Saint-Alvard, Sermur...

Généalogie La généalogie des Plantadis est donnée par Ambroise Tardieu. Pour l'essentiel, la famille du Plantadis compta trois branches clairement identifiées : Branche aînée du Bost et de La Vernède, du au . Branche d'Ussel, du au . Branche cadette d'Aubusson, du au .

C'est à la fin du , avec Léon Léonard du Plantadis, dernier membre de la branche cadette d'Aubusson, que s'acheva l'histoire de la famille du Plantadis.

Branche aînée du Bost et de La Vernède Dans le monde rural d'alors, la branche aînée des Plantadis se caractérise par la multiplicité des seigneuries détenues à la campagne, essentiellement aux alentours d'Aubusson. Cependant, certains membres de cette branche ont habité à Aubusson même, comme Guy du Plantadis, châtelain d'Aubusson de 1550 à 1566.

thumb|right|Aubusson, l'actuel pont de la Terrade.

Guy du Plantadis possédait une demeure dans cette ville, près de l'ancien pont de la Terrade.

Pierre du Plantadis, co-seigneur du Bost, vivant en 1490, marié à Marie de Lestrange. Durand du Plantadis, co-seigneur du Bost, vivant en 1495, épouse Jeanne de Bonneval, d'une famille de noblesse chevaleresque qui sera admise aux Honneurs de la Cour sous Louis XVI. Jeanne de Bonneval est la petite-fille de Mathieu de Foix, comte de Comminges. Elle est également l'arrière-petite-fille de Jean de Bonneval, tué lors de la bataille d'Azincourt. Gabriel du Plantadis, seigneur du Bost et du Leyrit, de La Gorse, du Baneix, de Fernoël et de Chaumes en partie, résidait à Magnat en 1534. Il épouse Magdeleine de Melhonnel, fille de Pierre de Melhonnel, seigneur de Saint-Pardoux. Gabriel du Plantadis meurt en 1560. L'un de ses fils, Jean, est tué au siège d'Amiens. Par ailleurs, Gabriel du Plantadis et Magdeleine de Melhonnel sont des ancêtres au treizième degré d'Antoine de Saint-Exupéry... Louis du Plantadis († 1586), écuyer, seigneur du Leyrit et de Mérinchal, gendarme au service des ducs de Longueville. Au , un gendarme est un noble qui est cavalier dans les troupes d'élite. Louis du Plantadis épouse en 1556 Anne de La Rochebriant ; il épouse en secondes noces, en 1570, Anne de Bosredon. Antoine du Plantadis, écuyer, seigneur de La Vernède (à Mérinchal), épouse Gilberte de La Souche le . Gabriel du Plantadis quitte Mérinchal, et il s'installe à Aubusson où il épouse le Gabrielle de Vitract, fille d'un riche maître tapissier de cette ville.

Branche d'Ussel Martin du Plantadis, fils de Gabriel du Plantadis et de Magdeleine de Melhonnel, est seigneur de Cherboucheix (à Magnat-l'Étrange). Il est l'auteur de la branche installée à Ussel, et au moins trois de ses descendants occuperont la fonction de lieutenant-général du duché de Ventadour.

Pierre du Plantadis, seigneur de Cherboucheix, lieutenant-général du duché de Ventadour (1629).

Étienne du Plantadis (1633-1680), avocat, lieutenant-général du duché de Ventadour (1654-1680).

Étienne du Plantadis est lieutenant-général du duché de Ventadour, de 1757 à 1772. Sa fille, Louise du Plantadis, est la belle-sœur du révolutionnaire Jacques Brival qui vota la mort du roi dans les plus brefs délais, au procès de Louis XVI en . Secrétaire suppléant de la Convention, le 9-Thermidor () il signa le décret d'accusation de Robespierre.

La branche d'Ussel s'est éteinte en 1772. Des Plantadis étaient cependant installés à Tulle où ils furent, un temps, propriétaires de la maison Loyac. C'est à cette branche (qui appartenait à la noblesse de robe) qu'est à rattacher Johannès Plantadis (1864-1922) qui participa à la renaissance culturelle du Limousin.

Branche cadette d'Aubusson