Lionel Beneyton, né le à Saint-Gilles (Belgique) et mort le à est un militaire et résistant français, compagnon de la Libération..

Biographie

Origines et formation Lionel Hubert Marie Henri Beneyton naît le à Saint-Gilles-les-Bruxelles (Belgique) où ses parents sont au service d'honneur du prince Victor Napoléon et de la princesse Clémentine de Belgique. Il est le filleul du maréchal Hubert Lyautey qui était un cousin issu de germains de son père.

Il passe son baccalauréat en 1938, décide de faire carrière dans la marine marchande et après une première année d'étude, embarque comme pilotin à bord du navire marchand le Sirius[Ce navire marchand hollandais devenu patrouilleur en 1939 pour épauler la défense de la colonie des Indes orientales néerlandaise sera coulé en 1942 pendant l'invasion japonaise]. Le périple dure six mois. En 1939 et 1940, il poursuit ses études à l'école d'hydrographie de Paimpol.

Carrière militaire et civile Le il entend le discours radiodiffusé du maréchal Pétain annonçant l'armistice et dès le lendemain, depuis Londres, la réponse du général de Gaulle dans son appel du 18 Juin 1940. Il décide de rallier l'Angleterre. Dans la soirée du , ayant trouvé un embarquement sur la goélette Manou« L'exode du yacht La Manou », extrait de la Revue de la France libre, , juin 1950 - Site de la Fondation de la France libremonument commémoratif à Paimpol avec une trentaine d'autres passagersLes témoignages varient sur le nombre de passagers embarqués. D'après les carnets de guerre de Lionel Beneyton, il semblerait que sur les quatre-vingts postulants effectivement présents au départ, un grand nombre se seraient désisté au dernier moment. Notamment parmi les élèves de l'école navale sur lesquels les familles pouvaient être amenées à exercer une certaine pression. (Archives familiale), il quitte Paimpol et atteint Plymouth le lendemain.

Lionel Beneyton s'engage dans les Forces françaises libres le . Il a 19 ans. On lui refuse l'aviation car il n'a pas de brevet de pilote et on l'affecte d'office au Génie. Il décline alorsD'après les carnets de guerre de Lionel Beneyton (Archives familiale), la proposition qui lui est faite de rejoindre une formation d'officier. Le il assiste au défilé de la de Légion étrangère, à peine débarquée de la bataille de Narvik en Norvège. Il décide de s'y faire muter et est enfin affecté comme deuxième classe à la de la DBLE.

Il quitte Liverpool le et participe à l'opération Menace sur Dakar qui est un échec, les forces françaises pétainiste refusant de se rallier et tirant sur les gaullistes. Il reçoit le baptême du feu lors des opérations de ralliement du Gabon puis débarque au Cameroun. Il combat en Érythrée contre l'armée italienne et participe à la victoire de Keren en ainsi qu'à la prise de Massaoua le suivant où il remplit plusieurs missions de liaison. Il combat ensuite lors de la campagne de Syrie et entre à Damas le . Nommé caporal en dans la compagnie du capitaine Pierre Messmer, il s'apprête à suivre des cours à Alep en Syrie pour devenir aspirant lorsqu'il apprend que son unité doit aller se battre en Libye. Il décide alors, malgré l'opposition de ses chefs, de renoncer à son cours pour partir combattre. Lors de la campagne de LibyeCampagne de Libye : La guerre de Libye, par Gabriel Brunet de Sairigné, Lionel Beneyton sert comme chef de chenillettes Bren Carrier. Il combat à Bir-Hakeim en mai et puis est promu caporal-chef à la bataille d'El Alamein puis sergent sur le piton de l'Himeimat () où sera tué le le lieutenant-colonel Dimitri Amilakvari, son chef d'unité. Il participe en avril et à la campagne de Tunisie, à la suite de quoi il est nommé aspirant, puis sous-lieutenant en .

Son unité est incorporée au sein de la française libre et il prend part à la campagne d'Italie d'avril à avant de débarquer en Provence à la mi-août 1944 dans le cadre de l'opération Dragoon. Chef de section antichars, Lionel Beneyton participe à la bataille des Vosges et reçoit ses galons de lieutenant en . Blessé par balle au bras et par éclat d'obus à la cuisse le , lors du retrait de vive force de Rossfeld encerclé, il est officiellement porté disparu auprès de sa familleDocument reçu par sa mère en date du 19 février 1945 (archives familiales). Fait prisonnier, il passe un mois à hôpital, et est immédiatement enfermé dans les locaux disciplinaires d'un stalag voisin où il reste périodiquement isolé en cellule en raison des tentatives d'évasion qu'il entreprend à peine guéri. Il refuse les marks alloués chaque mois aux officiers et toujours à l'isolement, ne bénéficie pas des colis de la Croix-Rouge. Devant l'avance alliée, il est transféré dans un camp près de Munich. À l'issue de ce long déplacement, partie à pied, partie en train, Lionel Beneyton, totalement épuisé, se retrouve à l'hôpital avec une broncho-pneumonie et est relégué avec les tuberculeux russes. Sauvé in extremis par l'arrivée des Alliés, il est évacué par un avion de l'armée américaine sur l'hôpital militaire de Mourmelon le Récit du stalag d'après le mémoire de proposition pour la croix de la Libération par le général Kœnig du 24 avril 1946 (archives familiales).

Il finit la guerre comme lieutenant et reste en poste jusqu'à fin 1946 à Baden-Baden, RFA, comme aide de camp du général Kœnig, gouverneur militaire de la zone française d'occupation en Allemagne. Rendu à la vie civile avec le grade de capitaine de réserve, il affronte le handicap d'avoir interrompu ses études à 19 ans.

De 1947 à 1949, il est secrétaire commercial aux Établissements J.J. Carnaud et Forges de Basse-Indre qui fabrique des emballages métalliques et pour lesquels il fait un séjour de huit mois aux États-Unis pour une visite d'étude de la (CCC) en vue d'une association et d'échange de brevets.

De 1950 à 1952, il est l'adjoint du directeur du Pool du Lin, présidé par Pierre Lebon, PDG de l'Union de banques à Paris. À l'initiative de celui-ci et du ministère des Anciens Combattants, il part en Libye pour définir les moyens d'assurer la conservation du cimetière militaire de Bir Hakeim laissé à l'abandon en plein désert. Il est finalement décidé de le transférer à Tobrouk.

De 1952 à 1953, il dirige la Société des Produits alimentaire Guillaume.

En 1953 et 1954, il fait un stage à l'Union de banques à Paris et est ensuite nommé directeur de la société Cointreau à Bruxelles ainsi que d'autres firmes associées. Il y reste jusqu'en 1963. Durant cette période, il est appelé aux fonctions d'administrateur de la Sovedi-Saar, société de distribution et outil commun de trois firmes françaises de spiritueux. Il en est ensuite nommé gérant et en 1963 il est le directeur des Sociétés Cointreau du Marché commun.

Il finit sa carrière en 1980 comme secrétaire général de la société Gazoline, dont l'achat par la société Elf dirigée alors par Albin Chalandon lui vaut une mise à la retraite anticipée.

Vie privée Lionel Beneyton est le père du comédien Yves Beneyton, né en 1946 en Allemagne.

Mort Lionel Beneyton meurt le dans le .

Distinctions par décret du attribué par Pierre Messmer pour le vingtième anniversaire des combats de Bir-Hakeim (précédemment chevalier par décret du ) par décret du 21 janvier 1946 (sur demande du général Kœnig et l'appui de Pierre Messmer deux jours avant le décret de fermeture de l'ordre)

(3 citations) par décret du avec agrafes "Erythrée", Bir-Hakeim", "Libye"

Notes et références

Voir aussi Articles connexes de Légion étrangère () Compagnon de la Libération

Liens externes

Site officiel de la Fondation de la France Libre

Catégorie:Lieutenant français Catégorie:Militaire de la 1re armée (France, 1944-1945) Catégorie:Militaire du corps expéditionnaire français en Italie Catégorie:Personnalité de la France libre Catégorie:Officier des Forces françaises libres (terrestres) Catégorie:Militaire des Forces françaises libres (terrestres) Catégorie:Officier de la Légion d'honneur Catégorie:Compagnon de la Libération Catégorie:Commandeur de l'ordre national du Mérite Catégorie:Titulaire de la croix de guerre 1939-1945 Catégorie:Titulaire de la médaille de la Résistance française avec rosette Catégorie:Titulaire de la médaille coloniale Catégorie:Naissance en décembre 1920 Catégorie:Naissance à Bruxelles au XXe siècle Catégorie:Décès en octobre 1992 Catégorie:Décès à 71 ans Catégorie:Décès à Paris