, né le et mort le , a été un vice-amiral de la Marine impériale japonaise durant la Seconde Guerre mondiale. Comme commandant de la , il inflige aux Américains une retentissante défaite tactique à la bataille de Savo, en , au début de la campagne de Guadalcanal, mais on lui imputera la responsabilité de la défaite japonaise dans la campagne des îles Salomon, d'autant qu'il s'est montré critique quant aux objectifs de cette campagne. Il n'aura plus par la suite de commandement à la mer important.

Carrière

Avant la guerre du Pacifique

Gunichi Mikawa, diplômé en 1910 de l'Académie navale impériale du Japon dans la promotion, classé sur 148 élèves, embarque comme midship (Shōi Kōhosei) sur le croiseur cuirassé Asama et le pré dreadnought Satsuma. Comme enseigne de vaisseau (Shōi et Chūi) de 1911 à 1916, il embarque sur le croiseur de bataille alors tout récent Kongō, et le croiseur cuirassé Soya (ex-russe Varyag) puis il suit les cours de l'École de Canonnage et de l'École de Torpillage. Il embarque ensuite sur le croiseur cuirassé Aso (ex-russe Bayan), sur lequel, lors de la Première Guerre mondiale, il effectue une croisière vers la Chine, puis sur le destroyer de classe Sugi. Comme lieutenant de vaisseau de 1916 à 1922, il suit les premiers cours de l'École de Guerre navale, est officier de navigation du transport Seito, puis de à , en poste en France, il fait partie de la délégation japonaise pendant la préparation du Traité de Versailles. De retour au Japon, il embarque sur le croiseur de bataille Haruna, sur le croiseur léger Tatsuta, sur le croiseur-cuirassé, reclassé croiseur de bataille Ikoma et retrouve l'Aso. Comme capitaine de corvette de 1922 à 1926, officier d'état-major à Yokosuka, il achève sa formation à l'École de Guerre navale, puis, comme capitaine de frégate de 1926 à 1930, il est attaché à l'État-Major Général de la Marine, auprès du vice-amiral Abo, vice-ministre de la Marine et du vice-amiral Takarabe, Conseiller Naval, puis il fait partie de la délégation japonaise à la Conférence de Londres sur le désarmement naval en 1930, et est attaché naval auprès de l'ambassade du Japon en France. Capitaine de vaisseau, il est chef-instructeur à l'Académie Navale, puis il reçoit le commandement des croiseurs lourds Aoba, et Chokai, puis du cuirassé rapide .

Promu contre-amiral le , il devient chef d'état-major de la , puis fin 1937, chef du Bureau de l'État-Major Général de la Marine. Il reçoit fin 1939, le commandement de la Division de Croiseurs, et fin 1940 de la Division de Croiseurs. Promu vice-amiral le , il prend, en , le commandement de la Division de Cuirassés, qui est constituée des quatre cuirassés rapides de la .

De Pearl Harbor à Midway

Le vice -amiral Mikawa avec les cuirassés rapides et gagne les îles Kouriles, fin , pour constituer avec les croiseurs lourds Tone et Chikuma et le croiseur léger Abukuma la Force de Soutien de la Force de Frappe de la Flotte Aérienne, c'est-à-dire les grands porte-avions du vice-amiral Nagumo. Il appareille le , et escorte ces navires dont l'aviation embarquée va aller frapper la Flotte américaine du Pacifique à Pearl Harbor. Rentrée au Japon, fin décembre, la Force de Soutien repart d'Hashira-jima le , pour Truk, dans les îles Carolines accompagnant quatre grands porte-avions, pour couvrir l'attaque de Rabaul en Nouvelle-Bretagne et Kavieng, en Nouvelle-Irlande, du 20 au .

Après le bombardement de Darwin (), les deux cuirassés rapides vont participer à l'attaque de Java, fin février, puis ils retrouvent les deux autres cuirassés rapides de la Division de cuirassés (Kongō et Haruna) qui avaient été détachés auprès de la Flotte du vice-amiral Kondō, et avaient participé aux attaques contre Borneo, les Célèbes, et à la campagne des Indes orientales néerlandaises (Sumatra, Amboine, et Java). Les quatre cuirassés rapides aux ordres du vice-amiral Mikawa vont alors participer au raid sur Ceylan, du au , et c'est un appareil du Haruna qui va repérer le qui sera envoyé par le fond par l'aviation embarquée japonaise.

De retour au Japon, à Hashira-jima, à la fin avril, la Division de Cuirassés y reste jusqu'à la mi-mai. Elle ne participe donc pas à l'Opération Mo qui va donner lieu à la bataille de la mer de Corail, dans laquelle n'est engagée que la Division de Porte-avions. Pour l'opération Mi, c'est-à-dire l'attaque de l'île de Midway, les et vont encore une fois escorter les grands porte-avions, qui ont en charge la couverture éloignée de l'opération, tandis que le Kongō et le Haruna sont rattachés à la Flotte du vice-amiral Kondō qui doit assurer la couverture rapprochée de l'occupation de l'île. Quoique très proches du cœur de la bataille qui a opposé les porte-avions japonais et américains, le et Hiei ne subissent de la part de l'aviation embarquée américaine que des dégâts légers.

Devant Guadalcanal, à la bataille de Savo

Une réorganisation des forces navales japonaises a eu lieu à la mi-. La Division de cuirassés s'est trouvée réduite aux Kongō et Haruna, le vice-amiral Kurita en a reçu le commandement. Le et le ont constitué une nouvelle Division de Cuirassés, confiée au contre-amiral Abe. Le vice-amiral Mikawa a été nommé à la tête d'une Flotte, pour les Mers du Sud extérieures, créée par démembrement du secteur de la Flotte, dont le commandant était le vice-amiral Inoue, pour opérer au-delà des territoires confiés au Japon par mandat de la S.D.N, contre les territoires de Papouasie-Nouvelle-Guinée, confiés à l'Australie par mandat de la S.D.N ou sous protectorat britannique, comme les îles Salomon, ou pour la défense des Îles Gilbert, autre protectorat britannique occupé dès le début de la Guerre du Pacifique comme les territoires américains de Guam ou de Wake.

Le , à Truk, a eu lieu la passation des consignes avec le vice-amiral Inoue, qui avait eu la responsabilité de l'opération Mo, que la bataille de la mer de Corail a contribué à faire avorter. Le vice-amiral Mikawa a ensuite gagné Rabaul, où son Q.G. a été installé. Il avait sa marque sur le croiseur lourd Chōkai qui est allé mouiller près de Kavieng, où l'ont rejoint, fin juillet, les croiseurs des classes Furutaka et Aoba, qui composaient la Division de Croiseurs, aux ordres du contre-amiral Aritomo Gotō. vignette|gauche| L'approche de l'escadre du vice-amiral Mikawa, de Kavieng vers Savo, 7-9 août 1942 La prise de commandement du vice amiral Mikawa a été très vite suivie du coup d'éclat de la bataille de Savo. Les Japonais avaient débarqué, début mai, dans l'archipel des îles Salomon, dans le but de menacer les communications entre les îles Hawaï et l'Australie. Le , dès que les U.S. Marines eurent débarqué à Tulagi, sur l'île Florida, sous la protection de l' et à Guadalcanal sous la protection des et , les croiseurs de la Division ont quitté Kavieng, accompagnés de deux croiseurs légers, de destroyers et du Chōkai, sur lequel le vice-amiral Mikawa a embarqué à Rabaul, avant de mettre le cap sur Guadalcanal. Ils ont été repérés à plusieurs reprises. Dès leur sortie de Rabaul, des bombardiers australiens et un sous-marin () américain les ont signalés, mais leurs messages, parvenus tardivement, n'ont pas été pris en considération. Deux destroyers (, ), en position de piquets radar ont eu des contacts, visuel pour le premier, radar pour le second, mais leurs messages ne sont pas parvenus et les croiseurs japonais, dont l'image radar était brouillée par l'île de Savo, leur ont finalement échappé. Enfin, l' les a repérés, mais sa radio était en panne. L'alerte a été donnée par le destroyer alors que l'attaque japonaise avait commencé. vignette|Éclairé par les croiseurs japonais, l'USS Quincy (CA-39) est en train de couler Les croiseurs qui se trouvaient au sud de l'île de Savo, le et l', ont été très gravement endommagés, le premier a dû être achevé le lendemain, et le second a eu l'avant emporté. Les croiseurs japonais abattirent au nord et ont alors envoyé par le fond les trois croiseurs lourds américains , et , tandis que le croiseur léger Yūbari avariait l'. Seul le Chokai a été touché dans sa batterie avant. Ignorant que les porte-avions américains avaient été retirés du secteur, le vice-amiral Mikawa, craignant les attaques aériennes sur son chemin de retour, mit le cap sans délai vers sa base, sans attaquer les navires de transports américains, qui étaient mouillés devant Lunga Point, à une vingtaine de nautiques dans le sud-est, ce qui lui sera reproché ultérieurement. Mais pour les grands bâtiments de surface japonais, le danger ne venait pas que du ciel: le lendemain, c'est le sous-marin qui a torpillé le Kako, à proximité de Kavieng.

Le propos officiel de l'amiral Yamamoto au vice-amiral Mikawa : « J'apprécie le courage et la ténacité de tous les hommes de votre organisation. J'attends de vous que vous prolongiez vos exploits et que vous fassiez tout ce qui est dans votre pouvoir pour soutenir les troupes au sol de l'armée impériale maintenant engagées dans une lutte désespérée » indiquait clairement que la mission de la Flotte ne correspondait pas à une mission stratégique de la Marine, mais était d'apporter un soutien tactique aux forces terrestres.

Au cours de la campagne de Guadalcanal et des îles Salomon ,

Les Marines qui avaient occupé dès le le terrain d'aviation dont la construction avait été entreprise par les Japonais, près de la pointe Lunga, vont le mettre en état de défense contre les attaques des premiers renforts prélevés dans les effectifs de la Armée japonaise, qui opérait en Nouvelle-Guinée.vignette|Les porte-avions américains, ici les Wasp, Saratoga et Enterprise, assurant la couverture aérienne de Guadalcanal le 12 août 1942 Rebaptisé Henderson Field, du nom de Lofton R. Henderson, un officier aviateur du Corps des Marines tué à Midway, ce terrain, dont le nom de code a été “Cactus”, est opérationnel dès le . Il va contribuer à donner aux Américains la supériorité aérienne, de jour, sur la zone. Les chasseurs qui y ont été basés, souvent renseignés par des observateurs côtiers australiens sur l'île voisine de Bougainville, attaquaient les avions venant de Rabaul, à , et les chasseurs-bombardiers obligeaient les Japonais à acheminer leurs renforts, avec des navires assez rapides pour entrer et sortir hors de la zone d'action de la “Cactus Air Force”, au cours de la même nuit. Une première attaque terrestre d'importance contre Henderson Field échoua le (Bataille de Tenaru).

La bataille des Salomon orientales et la bataille du cap Espérance vignette|gauche|L'USS Enterprise en feu à la bataille des Salomon orientales, le 24 août 1942 Fin août, les quatre croiseurs lourds de la Flotte se joignent à la Flotte du vice-amiral Kondō et à la Flotte du vice-amiral Nagumo, alignant deux cuirassés et trois porte-avions, qui vont accompagner un petit convoi de troupes escorté par les forces légères du contre-amiral Tanaka. Mais il s'agit également de rechercher le contact avec les forces navales du secteur du Pacifique Sud qui assurent la couverture éloignée des troupes américaines à Guadalcanal. À la bataille des Salomon orientales (), le résultat est indécis, le porte-avions léger Ryujo est coulé, mais l' est endommagé et doit partir en réparations pour plusieurs mois. Cependant le convoi de renforts de troupes japonais a dû se détourner vers les îlots Shortland.

La Division de Croiseurs continue dans les jours suivants à assurer la couverture des renforcements en troupes et en matériels, depuis Rabaul, ou les îlots Shortland, de nuit, ce que la presse américaine a appelé le “Tokyo Express”. Les hydravions des croiseurs bombardent les pistes d'Henderson Field. Pendant ce temps, les sous-marins japonais vont marquer des points contre les grands bâtiments américains. Le , l' est torpillé et doit partir en réparations, le , l' , torpillé, prend feu et doit être abandonné, le cuirassé , qui avait montré la puissance de son artillerie anti-aérienne, torpillé, a dû aller se faire réparer à Pearl-Harbor.