La culture de la Birmanie, ou Myanmar, pays de l'Asie du Sud-Est continentale, désigne les pratiques culturelles observables de ses habitants (, estimation 2017), toutes ethnies confondues. En participent pour partie les diasporas ..

La culture birmane a été très influencée par le bouddhisme et celle du peuple Môn. Elle a aussi subi l'influence de la Chine, dans la mesure où le principal groupe ethnique de Birmanie, les Bamas ou Birmans, a migré vers le bassin de l'Irrawaddy depuis le Yunnan, dans le sud-ouest de la Chine. Le Birmanie partage aussi de nombreuses ressemblances culturelles avec d'autres pays d'Asie du Sud-Est. Plus récemment, l'occupation britannique et l'occidentalisation ont influencé certains aspects de la culture birmane, notamment la langue et l'éducation.

Langues et peuples Langues Langues en Birmanie, Langues de Birmanie Langue birmane

Le birman est une langue très sensible à l'âge des interlocuteurs. L'usage d'éléments honorifiques devant les noms personnels est la norme, et il est considéré comme grossier de ne pas en employer, à moins de connaître la personne depuis l'enfance ou la jeunesse, ou qu'elle soit un inférieur plus jeune. On s'adresse aux jeunes hommes par Maung ou Ko (frère) et aux plus âgés ou plus importants par U (oncle). De la même façon, les jeunes femmes sont appelées Ma (sœur) et les plus âgées ou plus importantes Daw (tante), quel que soit leur statut marital. 'Aunty' ou 'Uncle' sont aussi communément utilisés aujourd'hui. Les pronoms des première et deuxième personnes dépendent de l'interlocuteur et varient aussi selon son âge. On parle d'une façon plus respectueuse aux anciens et il existe un vocabulaire spécial pour s'adresser aux moines bouddhistes.

Peuples Groupes ethniques en Birmanie (> 135). La liste évolue, excluant les Rohingyas en 1982.

Traditions Religion vignette|Un groupe de fidèles à la pagode Shwedagon de Rangoun, lieu majeur du bouddhisme birman.

Religion en Birmanie (rubriques) Bouddhisme en Birmanie (80-89 %) Bouddhisme mahāyāna Bouddhisme vajrayāna Shinbyu (, 4 %), Persécution des musulmans en Birmanie, Rohingya Christianisme en Birmanie (4-6 %), (3 %) Convention baptiste du Myanmar () () Anglicanisme () (, 1 %) Orthodoxie, (, 1 %) (, , estimations) Judaïsme ( en 2002, pour 2500 vers 1930), Histoire des Juifs en Birmanie, Synagogue Musmeah Yeshua autres (dont animisme, religions chinoises, etc.) : 2-6 % (4-6 %), Nat (esprit)

La Birmanie est principalement un pays de bouddhisme theravada. Le bouddhisme a atteint le pays aux alentours de l'ère chrétienne et s'est mélangé avec l'hindouisme (également importé d'Inde) et l'animisme local. Les royaumes Pyu et Môn du premier millénaire étaient bouddhistes, mais les premiers birmans étaient animistes. Si l'on en croit l'histoire traditionnelle, le roi Anawrahta de Pagan a adopté le bouddhisme en 1056 avant d'attaquer le royaume môn de Thaton, dans le sud du pays, pour obtenir le Canon bouddhiste et des moines érudits. La tradition religieuse établie à cette date, et qui se prolonge jusqu'à aujourd'hui, est un syncrétisme de bouddhisme (de l'école theravada) avec des éléments animistes profondément enracinés, le culte des nats, et même des éléments d'hindouisme et du bouddhisme mahayana du nord de l'Inde.

L'islam a atteint la Birmanie vers le , mais il n'a jamais réussi à prendre pied au-delà de la côte de l'Arakan (actuel État d'Arakan), du Bangladesh au delta de l'Irrawaddy. La période coloniale a vu un grand afflux d'indiens musulmans (et hindous) à Rangoun et dans les grandes villes, et la majorité des mosquées de Rangoun doivent leur origine à ces immigrants.

vignette|Intérieur de la cathédrale catholique Sainte-Marie de Rangoun, la plus grande de Birmanie.

Le christianisme fut apporté dans le pays par les missionnaires européens au . Il n'a fait que très peu de progrès parmi les bouddhistes, mais a été largement adopté par des non bouddhistes tels que les Chin, les Karens et les Kachin. L'église catholique romaine, la convention baptiste birmane et les assemblées de dieu de Birmanie sont les trois principales dénominations chrétiennes de Birmanie. La Birmanie abrite la deuxième plus grande population de baptistes au monde après les États-Unis, résultat des missions américaines.

La contribution chinoise au mélange religieux birman a été faible, mais plusieurs temples traditionnels chinois ont été bâtis à Rangoun et dans les autres grandes villes au , à une époque où l'immigration chinoise massive était encouragée par les britanniques. Cette immigration a repris en masse vers 1990, mais ces nouveaux immigrants chinois semblent peu intéressés par la religion.

Certains peuples indigènes isolés dans des régions inaccessibles du pays pratiquent encore leurs traditions animistes.

La Birmanie reconnaît théoriquement la liberté religieuse, bien que les minorités religieuses (chrétienne et musulmane) soient l'objet de discriminations, particulièrement dans les campagnes. Des émeutes sporadiques entre bouddhistes et musulmans ne sont pas rares et les tensions entre les deux groupes sont élevées, surtout dans les grandes villes. En 2001, après la destruction par les talibans des Bouddhas de Bamiyan, des émeutes religieuses ont eu lieu dans les principales villes du pays, notamment Sittwe, Prome (Pyay), Taungû et Pégou (Bago). La politique nationaliste du régime actuel, le Bama san-gyin, qui considère le bouddhisme comme un élément-clé de la birmanité, introduit un biais systémique en termes de préférence dans les forces armées et les autres structures de l'état.

Pagodes et monastères vignette|Un bonze applique une feuille d'or sur le Bouddha Mahamuni (janvier 2010). Ce sont les sites les plus apparents de la culture birmane : la Birmanie a été appelée le , en raison de l'omniprésence des pagodes dans son paysage. Les quatre sites de pèlerinage bouddhistes les plus importants sont la pagode Shwedagon de Rangoun, le Bouddha Mahamuni de Mandalay, la pagode Kyaiktiyo (rocher d'or) dans l'État Môn et Pagan, ancienne capitale au bord de l'Irrawaddy, où des milliers de stupas et de temples se dressent en plus ou moins bon état depuis près d'un millénaire.

Les pagodes sont connues par leurs noms pâlis zedi () ou pahto (), mais sont aussi communément appelées hpaya (), synonyme de . Les monastères sont connus sous le nom de hpongyi kyaung (), hpongyi signifiant moine ; comme ils sont des lieux d'enseignement traditionnel, où les enfants de la campagne apprennent à lire et à écrire, notamment en pâli, langue des écritures bouddhiques, les écoles en sont venues à être aussi appelées kyaung () en birman.

Symboles Armoiries de la Birmanie Drapeau de la Birmanie Gba Majay Bma, hymne national de la Birmanie

Mythologie

Fêtes Fêtes traditionnelles vignette|Célébrations de Thingyan à Taunggyi en 2005.

Le calendrier traditionnel birman compte douze mois, chacun avec une fête. La plupart de ces fêtes sont liées au bouddhisme et dans chaque localité le paya pwè (fête de la pagode) est la plus importante.

La fête la plus connue est Thingyan, quatre jours de célébration de la nouvelle année lunaire. Elle précède le nouvel an birman, le premier jour du mois de Tagu, qui tombe à la mi-avril. Comme d'autres fêtes de nouvel an d'Asie du Sud-Est (Pimay, Songkran), c'est une fête de l'eau, où les gens s'arrosent les uns les autres. Thingyan a cependant une signification religieuse, marquant les jours où les bouddhistes doivent observer les huit préceptes du bouddhisme. Jours fériés publics + Fêtes et jours fériés Date Nom français Nom local Remarques Fête de l'Indépendance Lut Lat Yae Naih L'indépendance a été proclamée le . Fête de l'Union Pyi Daung Su Naih Fête en l'honneur d'Aung San, père de l'indépendance birmane. Durant les deux semaines précédentes, le drapeau birman va de ville en ville. Jour des Paysans Taung thu lai tha mah Naih En honneur à la ressource humaine majeure Jour des Forces Armées et de la Résistance Taw Hlan Yae Naih Célébré avec des défilés et des feux d'artifice. 13 -* Nouvel An Bouddhique Thingyan Songkran birman. Fête de l'eau. mai Fête du Travail A lote tha mah Naih Mai* Vesak Ka-sone Larh Pyae Naih Vesak - Anniversaire de Bouddha. Juin-Juillet* Fête du Commencement de Vassa Waso Lar Pyae Naih Vassa - Célébration du début du Carême bouddhique. Jour des Martyrs Ar Zar Ni Naih Souvenir des sept martyrs : Aung San et ses 6 collègues assassinés le . Octobre-Novembre* Fête de la fin de Vassa ou Pleine Lune de Thadingyut Thadingyut Larh-Pyae Naih Célébration de la fin du Carême bouddhique. On allume des bougies et on lâche des ballons lumineux. Octobre-Novembre* Pleine Lune de Tazaungmone Tazaungmone Larh-Pyae Naih Kathina * Fête nationale A-Myo-Thar Naih Dix jours après Kathina. En souvenir de l'exil du dernier roi, et des protestations estudiantines contre les Britanniques en 1928. Nouvel An Karen Kayin Hnit-Thit-Koo Noël Kha-Rit-Sa-Mut Naih (*) - pas de date fixe.

Société

Noms Nom birman Dénomination d'une personne en Birman

Comportement La société birmane est basée sur l’ana (), une notion sans équivalent en français. L'ana est caractérisé par l'hésitation, la réticence ou l'évitement à faire une action, basée sur la crainte qu'elle pourrait offenser quelqu'un ou faire perdre la face à quelqu'un, ou le mettre dans l'embarras . Il y a aussi le concept de hpon ( , du sanskrit bhaga), qui se traduit par . Il est utilisé pour expliquer les différences ethniques, socio-économiques et de genre dans la société . Le hpon renvoie à l'effet cumulatif des actions passées, l'idée que le pouvoir ou la position sociale sont dus à des mérites gagnés dans des vies antérieures. Cette idée est utilisée pour justifier le point de vue majoritaire, qui est que les femmes sont inférieures aux hommes, qui sont considérés comme ayant plus de hpon.

L'âge, encore vu comme synonyme d'expérience et de sagesse, est donc vénéré. Les parents et les professeurs ne le cèdent qu'aux Trois Joyaux ( yadana thoun ba), constituant avec eux les Cinq Bénédictions Sans limite ( ananda nga ba) ; on leur rend hommage (gadaw) à certaines périodes de l'année, comme à Thingyan (nouvel an bouddhique), au début et à la fin du carême bouddhique et, pour les parents, lorsqu'on se prépare à voyager. Les aînés sont servis les premiers aux repas et en leur absence une cuillerée de riz est d'abord mise de côté en signe de respect ( u cha) avant de servir les convives. Les jeunes évitent de s'asseoir plus haut que leurs aînés ou de passer devant eux, sauf si c'est inévitable, et ne le font dans ce cas que légèrement courbés. Les objets qu'on remet à un aîné le sont des deux mains. Les hommes assis sur une chaise peuvent croiser les jambes mais les femmes ne le font généralement pas.

Les enfants apprennent à ( kyeethu go yothei, ywedu go layza, ngethu go thana). Les parents sont considérés comme seuls responsables des actions de leurs enfants, comme le montrent les expressions mi ma hsonma, hpa ma hsonma (, discipliné ni par sa mère ni par son père) et ami youk tau hnoukkyan, ahpa youk tau ko amu-aya kyan (mauvais langage vient de mauvaise mère, mauvaises postures de mauvais père). À l'inverse, remercier un ami ou quelqu'un de la famille ne fait pas partie des coutumes birmanes.