Gréoux-les-Bains est une commune française située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Ses habitants sont appelés les Gryséliens..
Géographie Le centre-ville est situé à d’altitude. Construite sur une butte, ses maisons occupent uniquement le versant sud.
La commune est située sur le cours du Verdon dont le confluent avec la Durance se trouve sur la commune de Saint-Paul-lès-Durance. Un barrage (le barrage de Gréoux) y a été établi sur le Verdon en amont de la ville, en 1967.
La commune est membre du parc naturel régional du Verdon.
vignette|gauche|alt=Carte élémentaire montrant les limites de la commune, les communes voisines, les zones de végétation et les routes|Gréoux-les-Bains et les communes voisines (Cliquez sur la carte pour accéder à une grande carte avec la légende).
Les communes limitrophes sont Valensole, Saint-Martin-de-Brômes, Esparron-de-Verdon, Saint-Julien-le-Montagnier et Vinon-sur-Verdon (département du Var), Corbières-en-Provence, Sainte-Tulle et Manosque.
Géologie
Relief
Hydrographie vignette|Bord du Verdon, près de Gréoux-les-Bains.
Gréoux-les-Bains est arrosée par le Verdon.
Environnement
La commune compte de bois et forêts, soit 63 % de sa superficie.
Le moustique tigre, probablement apporté involontairement par des touristes est présent à Gréoux-les-Bains. Il est susceptible de transmettre la dengue et le chikungunya.
Risques naturels et technologiques
Aucune des du département n'est en zone de risque sismique nul. Le canton de Valensole auquel appartient Gréoux-les-Bains est en zone 1b (sismicité faible) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques., et en (risque moyen) selon la classification probabiliste EC8 de 2011. La commune de Gréoux-les-Bains est également exposée à trois autres risques naturels : feu de forêt ; inondation ; mouvement de terrain : la commune est presque entièrement concernée par un aléa moyen à fort.
La commune de Gréoux-les-Bains est également exposée à plusieurs risques d'origine technologique : celui de transport de matières dangereuses par route et canalisations : les départementales et peuvent être empruntées par les transports routiers de marchandises dangereuses, un gazoduc transportant du gaz naturel traverse la commune et constitue donc un facteur de risque supplémentaire ; celui de rupture de barrage : en cas de rupture du barrage de Sainte-Croix, toute la vallée du Verdon serait menacée par l'onde de submersion.
Le plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) de la commune a été approuvé en 2006 pour les risques d'inondationet la commune dispose d'un Dicrim.
La commune a été l'objet de cinq arrêtés de catastrophe naturelle pour des inondations et des coulées de boue en 1986, 1987, 1994 et 2006, et pour des glissements de terrain en 1994. Les tremblements de terre fortement ressentis à Gréoux-les-Bains sont : le séisme du , d'une intensité ressentie de V sur l'échelle MSK (dormeurs réveillés, chutes d'objets). L'épicentre était à Gréoux même ; celui du , d'une intensité ressentie de III et demi et dont l'épicentre était situé en Italie.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est dans une zone de transition entre le climat de montagne et le climat méditerranéen et est dans la région climatique Provence, Languedoc-Roussillon, caractérisée par une pluviométrie faible en été, un très bon ensoleillement (), un été chaud (), un air très sec en été, sec en toutes saisons, des vents forts (fréquence de 40 à 50 % de vents > ) et peu de brouillards. Elle est en outre dans la zone H2d au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Vinon-sur-Verdon à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme Typologie Au , Gréoux-les-Bains est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Gréoux-les-Bains, une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Manosque, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (66,9 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (68,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (60,8 %), terres arables (21,4 %), zones agricoles hétérogènes (5,3 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (4,4 %), zones urbanisées (3,1 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (1,8 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (1,7 %), cultures permanentes (0,8 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (0,7 %)..
L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie
La localité apparaît pour la première fois dans les textes sous l’Empire romain (Nymphis Griselicis), nom qui devient Criseldis (963), de Gresols (1018). Il s’agirait du pluriel d’un nom romain, Chrysellus, selon Ernest Nègre, ou d’une référence à la roche gréseuse selon Charles Rostaing. suivi par le couple Fénié. Selon Charles Rostaing, le toponyme est probablement antérieur aux GauloisCharles Rostaing, « Toponymie d’origine pré-gauloise » in .. La forme Greols est apparue au . La commune se nomme Greols /ɡre'u(s)/ en occitan provençal. La forme /grews/ es une refection erronée, une mauvaise lecture, la tonique étant à la fin comme le confirment les attestations ci-dessus. Cela est conforme à la prononciation locale.
Le nom de la commune devient Gréoux-les-Bains en 1923.
Le nom du hameau d’Aurabelle, au sud du village, dans la vallée du Verdon, fait référence à l’oiseau auravela (casse-noix), ou avelanier ou encore nosier en occitan.
Histoire
De nombreuses traces d’occupation néolithique ont été retrouvées aux grottes de Saint-Sébastien, dont des fibules de culture de Hallstatt. La localité est connue dès l’Antiquité, sous le nom de Nymphis Griselius., en rapport avec les sources thermales (les nymphes sont les divinités des sources), aménagées en thermes par les Romainsfouilles de 1974, ..
Une motte castrale est élevée au (site d’Aurabelle). Les seigneurs du lieu sont, successivement, l’ordre des Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, les Glandevès du au , les d’Audiffred jusqu’à la Révolution française. Le prieuré de Saint-Pierre-hors-les-murs (situé à l’est du village, dans le quartier antique) dépend de l’abbaye de Montmajour. L’église paroissiale relevait de l’évêque de Riez, qui nommait le chapelain et percevait les revenus attachés à cette église.
La communauté d’Aurafrède (Aurafrigida au ), sur la rive gauche du Verdon, était indépendante. Elle formait également un fief distinct. Elle est fortement dépeuplée par la crise du (Peste noire et guerre de Cent Ans) et annexée par celle de Gréoux au De la même façon, la communauté de Rousset-lès-Gréoux, créée autour d’un prieuré (Saint-Pierre-de-Rousset) de l’abbaye de Montmajour et qui comptait en 1315, est elle aussi rattachée à Gréoux au . Une paroisse existait encore à la fin de l’Ancien Régime, qui recouvrait aussi une partie de Valensole, et dont le culte se tenait à l’église Sainte-Madeleine à Villedieu. vignette|Gréoux, le village et son château. La ville est pillée par les huguenots lors des guerres de religion. La baronnie médiévale est érigée en marquisat pour Jérôme d’Audiffred en 1702
Durant la Révolution, la commune compte une société patriotique, créée après la fin de 1792. En 1793, le château est désigné comme pouvant être démoli par les administrateurs du département, mais échappe à la destruction. Il est néanmoins pillé le par les royalistes entretenant l’agitation dans la région.
Le coup d'État du commis par Louis-Napoléon Bonaparte contre la Deuxième République provoque un soulèvement armé dans les Basses-Alpes, en défense de la Constitution. Après l’échec de l’insurrection, une sévère répression poursuit ceux qui se sont levés pour défendre la République : de Gréoux sont traduits devant la commission mixte, la majorité étant condamnés à la déportation en AlgérieHenri Joannet, Jean-Pierre Pinatel, « Arrestations-condamnations », 1851-Pour mémoire, Les Mées : Les Amis des Mées, 2001, 69..
Comme de nombreuses communes du département, Gréoux se dote d’une école bien avant les lois Jules Ferry : en 1863, elle en possède déjà une qui dispense une instruction primaire aux garçons, au chef-lieu.. La même instruction est donnée aux filles : c’est la loi Falloux (1851) qui impose l’ouverture d’une école de filles aux communes de plus de . La commune profite des subventions de la deuxième loi Duruy (1877) pour rénover son école.
thumb|Le second pont du Verdon datant des années 1950