La tête d'apôtre est une huile sur toile peinte par Diego Vélasquez vers 1619 – 1620 et recoupée sur ses bords. Il a été pensé que la toile pouvait avoir fait partie d'une série « apôtres » peint par Vélasquez à Séville, et dont ferait partie le Saint Thomas du musée des beaux-arts d'Orléans et le Saint Paul du musée national d'art de Catalogne (Barcelone). Le tableau fut connu à partir de 1914, alors qu'il était propriété du marquis de Casa Torres, et déjà attribué à Vélasquez. En il fut mis en vente à Madrid pour un prix supérieur à deux millions d'euros, mais ne trouva pas preneur. En 2006 il fut acquis par le musée du Prado qui le laisse en dépôt au Musée des beaux-arts de Séville.
Attribution Antonio Ponz dans son Voyage en Espagne (1772) mentionna, dans une pièce contiguë au prieuré de la chartreuse de Séville « diverses peintures d'apôtres, qui si elles sont de Vélasquez comme ils l'affirment là-bas, pourrait avoir été peintes à ses débutsCorpus velazqueño, t. II, pág. 636. ». Bien que Ponz n'aille pas jusqu'à attribuer les toiles à Vélasquez, plusieurs tentatives ont été réalisées pour mettre ces peintures en relation avec les trois apôtres conservés et avec un « Saint Simon » disparu depuis 1951, et attribué par José Lopez-Rey à l'école de Vélasquez.
Cependant, le silence de Francisco Pacheco sur ces peintures lors de sa visite de la chartreuse de Séville en 1632 laisse planer un doute sur cette attributionVelázquez y Sevilla (Manuela Mena), pág. 202..
Deux autres toiles « qui représente chacune un apôtre » étaient attribuées à Vélasquez par un inventaire de 1786 des peintures du couvent de San Hermenegildo de Madrid. L'inventaire était destiné à une vente, et il n'a pas été possible de lier ces œuvres avec aucune des toiles qui nous sont parvenuesCorpus velazqueño, t. II, pág. 654..
Malgré l'absence d'informations avant 1914, Alfonso E. Pérez Sánchez affirme que , bien que pour lui ça n'enlève rien des doutes sur cette attribution que certains critiques De Herrera a Velázquez, pág. 242.. Parmi eux se trouve José López-Rey qui après l'avoir accepté la prend avec des réserves à cause de son mauvais état de conservation, même s'il observe certaines ressemblances entre cette tête – qu'il dit être, avec réserve, Saint Paul – et certaines têtes peintes pour Vicente Carducho, par exemple la toile au dessin un peu plus fouillé Saint Bruno refusant la mitre que lui offre le pape Urbain II (musée du Prado)López-Rey, pág. 38..
Le nettoyage qu'il subit lors de sa mise ne vente en 2003 permit de vérifier que, malgré tout, son état de conservation – hormis le recoupage réalisé à une date inconnue – est bon, avec seulement quelques éclats perdus au niveau des vêtements.
Description Le peintre se servit d'une préparation brun sombre, typique des productions sévillanes du jeune Vélasquez, et le modelé sec du visage, avec quelques touches de lumières sur la peau, contraste avec le traitement fluide de la barbe blanche ; technique qu'il avait déjà utilisée dans d'autres toiles de cette époque. Cette ressemblance est particulièrement notable avec le Saint Paul de Barcelone, dont il semble reprendre le modèle inversé. Après avoir été achetée par le Musée du Prado, la toile figura dans l'exposition Les fables de Vélasquez (2007, n°5), où fut réaffirmée la paternité de Vélasquez pour la qualité de la peinture .
La tête a certaines ressemblances avec une gravure de Werner van den Valckert – d'après Benito Navarrete – dans sa représentation de PlatonDe Herrera a Velázquez, pág. 242. Pour Pérez Sánchez, auteur de la fiche de cette exposition, «le regard pénétrant et le ton mélancolique » conviendrait plus à un philosophe qu'à un apôtre ; dans tous les cas il est impossible de déterminer où était la volonté de l'artiste avec une toile réduite au seul buste..
Références
Bibliographie
Liens externes
Catégorie:Tableau de Diego Vélasquez Catégorie:Tableau des années 1610 Catégorie:Tableau des années 1620 Catégorie:Portrait d'homme du XVIIe siècle Catégorie:Apôtres dans la peinture Catégorie:Œuvre de Diego Vélasquez au musée du Prado Catégorie:Œuvre conservée au musée des Beaux-Arts de Séville