Pontis est une commune française située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Le nom de ses habitants est Pontisois ou Pontissois.

Géographie thumb|left|alt= Carte élémentaire montrant les limites de la commune, les communes voisines, les zones de végétation et les routes|Pontis et les communes voisines (Cliquez sur la carte pour accéder à une grande carte avec la légende).

Situation

Pontis est situé à l'extrémité ouest du massif du Parpaillon, sur les pentes du pic de Morgon, ou Grand Morgon (altitude ), qui en est le point le plus haut. La commune s'étale du nord au sud, à cheval sur un épaulement. Elle touche au nord et au sud le lac de Serre-Ponçon, et sépare le Sauze-du-Lac de son ancien chef-lieu de canton Savines-le-Lac, tous deux situés dans le département des Hautes-Alpes.

Le chef-lieu est situé à d’altitude, sur un replat dominant toute la partie ouest du lac de Serre-Ponçon. Plus au sud, la route passe le col de Pontis et redescend en direction de la vallée de l'Ubaye jusqu'au hameau dit l'Adroit de Pontis (adroit pour adret, versant bien exposé). De ce côté, la commune est limitrophe de l'ancienne commune d'Ubaye, fusionnée avec le Lauzet en 1959 lors de la mise en eau du barrage.

Les communes limitrophes de Pontis sont : Le Lauzet-Ubaye ; Le Sauze-du-Lac ; Chorges ; Prunières ; Savines-le-Lac ; Crots.

Seule la commune du Lauzet-Ubaye se trouve comme Pontis dans les Alpes-de-Haute-Provence ; les quatre autres communes sont dans les Hautes-Alpes. De plus la ligne de contact de Pontis avec Chorges et Prunières est située sur le lac de Serre-Ponçon ; aucun lien terrestre direct n'existe.

Relief

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Alpes du sud, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 850 à , minimale en été. Elle est en outre dans la zone H2d au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Montclar à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Hameaux

La commune n’a pas de village-centre, et les habitants sont éclatés entre huit hameaux : l’Adroit de Pontis ; les Hugues ; les Chappas ; Fontbelle / Antelme ; les Notaires ; les Chevalliers ; les Sartres ; l’Église.

Environnement

La commune compte de bois et forêts, soit 39 % de sa superficie.

Risques naturels et technologiques

Aucune des 200 communes du département n'est en zone de risque sismique nul. Le canton du Lauzet-Ubaye auquel appartient Pontis est en zone 1b (sismicité faible) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques., et en zone 4 (risque moyen) selon la classification probabiliste EC8 de 2011. La commune de Pontis est également exposée à trois autres risques naturels : feu de forêt, inondation, mouvement de terrain.

La commune de Pontis est de plus exposée à un risque d’origine technologique, celui de transport de matières dangereuses par route. La départementale peut être empruntée par les transports routiers de marchandises dangereuses.

Aucun plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) n’existe pour la commune et le Dicrim n’existe pas non plus.

Dans la liste qui suit, figurent les tremblements de terre fortement ressentis dans la commune. Ils dépassent une intensité macro-sismique ressentie de V sur l’échelle MSK (dormeurs réveillés, chutes d’objets). Les intensités indiquées sont celles ressenties dans la commune, l’intensité peut être plus forte à l’épicentre : le séisme du , d’une intensité ressentie à Pontis de V et demi et dont l’épicentre était situé à Guillestre, le séisme du , avec une intensité ressentie de V et Le Lauzet-Ubaye pour épicentre.

Toponymie Pontis, dérivé de l’occitan pountis, désigne un pont sur un ruisseau, § 25539, .

Pontis se dit Pountis en valéian.

Urbanisme Typologie Au , Pontis est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction d'Embrun, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

La commune, bordée par un plan d’eau intérieur d’une superficie supérieure à , le lac de Serre-Ponçon, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d’urbanisme le prévoit..

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (76,7 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (76,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (53,7 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (16,2 %), zones agricoles hétérogènes (10,1 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (9,4 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (6,8 %), prairies (3,9 %)..

L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Économie

Aperçu général

En 2009, la population active s’élevait à 34 personnes, sans aucun chômeur.. Ces travailleurs sont majoritairement salariés (21 sur 34) et travaillent majoritairement hors de la commune (22 actifs sur 34).

Agriculture

Fin 2010, le secteur primaire (agriculture, sylviculture, pêche) comptait six établissements actifs au sens de l’Insee (exploitants non professionnels inclus) et aucun emploi salarié.

Le nombre d’exploitations professionnelles, selon l’enquête Agreste du ministère de l’Agriculture, est de huit en 2010. Il était de sept en 2000, de 11 en 1988. , ces exploitants sont essentiellement tournés vers l’élevage ovin. De 1988 à 2000, la surface agricole utile (SAU) a fortement augmenté, de 210 à . La SAU a légèrement diminué lors de la dernière décennie, mais reste à un niveau élevé, à .

Artisanat et industrie Fin 2010, le secteur secondaire (industrie et construction) comptait un seul établissement, employant un salarié.

Activités de service

Fin 2010, le secteur tertiaire (commerces, services) comptait huit établissements (avec cinq emplois salariés), auxquels s’ajoutent l’unique établissement du secteur administratif (regroupé avec le secteur sanitaire et social et l’enseignement), sans aucun salarié.

D'après l’Observatoire départemental du tourisme, la fonction touristique est très importante pour la commune, avec plus de cinq touristes accueillis par habitant.. Plusieurs structures d’hébergement à finalité touristique existent dans la commune : deux campings classés (un avec une seule étoile, l’autre avec deux étoiles) et avec une capacité de 140 emplacements, et une aire naturelle de camping ; des meublés labellisés ; un seul hébergement collectif, un gîte.

Les résidences secondaires apportent un complément intéressant à la capacité d’accueil : au nombre de 51, elles représentent plus de la moitié des logements. Parmi les résidences secondaires, six possèdent plus d’un logement.

Histoire

Pontis apparaît pour la première fois dans les chartes en 1147. La seigneurie appartient à la famille de Pontis du au , puis passe aux Revillasc jusqu’à la Révolution, . Un péage était établi sur la route qui faisait communiquer la vallée de l’Ubaye avec la route d’EmbrunLucien Stouff, « Ports, routes et foires du », dans .. La communauté relevait de la baillie de Seyne.

Au début du , Pontis était disputé entre le Dauphiné et la Provence, et ses habitants étaient soumis aux impositions de l'une et l'autre provinces. Le , Louis de Pontis, fils cadet de la famille seigneuriale, entré au service du roi Louis XIII, organisa un accueil solennel du roi lors de son passage au pont de Savines. Le roi, touché par cette sollicitude inattendue, délia la communauté de Pontis de ses obligations vis-à-vis du Dauphiné.

La départementalisation de 1790 entérina l'état de fait en plaçant la commune de Pontis dans les Basses-Alpes (aujourd'hui Alpes-de-Haute-Provence), et ses voisines le Sauze et Savines dans les Hautes-Alpes.

Comme de nombreuses communes du département, Pontis se dote d’écoles bien avant les lois Jules Ferry : en 1863, elle compte déjà deux écoles dispensant une instruction primaire aux garçons, situées au village et à l’Adroit de Pontis.. Aucune école n’est ouverte pour les filles, la loi Falloux (1851) n’imposant l’ouverture d’une école de filles que dans les communes de plus de 800 habitants. La deuxième loi Duruy (1877) permet à la municipalité, grâce aux subventions de l’État, de rénover l’école du chef-lieu.

Dix habitants de Pontis sont tués durant la Première Guerre mondialeS. A., « Sylvie Jaubert rend hommage aux disparus », La Provence, 10 janvier 2014, 11..

En , le camp de Fontbelle est établi à Pontis pour les et spéciales de travailleurs militaires. Y étaient internées les personnes de nationalité française jugées dangereuses pour la sécurité nationale, et elles étaient soumises au travail forcé. Le camp établi sous la Troisième République est fermé par le régime de Vichy qui ne libère pas les prisonniers mais les transfère au centre de séjour surveillé de Fort Barraux.

Jusqu’au milieu du , la vigne était cultivée à Pontis, uniquement pour l’autoconsommation. .

Héraldique