Saint-Maime est une commune française, située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Le nom de ses habitants est Saint-Maimois.

Géographie thumb|left|alt= Carte élémentaire montrant les limites de la commune, les communes voisines, les zones de végétation et les routes|Saint-Maime et les communes voisines (Cliquez sur la carte pour accéder à une grande carte avec la légende). Le village est situé sur un éperon rocheux (calcaire gréseux) à d’altitude, son site est inscrit.

Les communes limitrophes de Saint-Maime sont Forcalquier, Villeneuve, Volx, Dauphin et Mane.

thumb|Le territoire du Parc naturel régional du Luberon La commune est située dans le parc naturel régional du Luberon. La commune est l'un des soixante-dix-sept membres du parc naturel régional du Luberon, parc qui s'étend, de Cavaillon à l'ouest jusqu'à la Durance à l'est, sur deux départements et quatre-vingt-cinq communes et hectares. Vers le sud, le Luberon domine le bassin de la Durance et le pays d'Aigues.

Géologie

thumb|Massif des Alpes et localisation des Préalpes de Digne

Voies de communication et transports Voies routières

Services autocars Lignes régionales, réseau Zou ! Saint-Maime est desservie par : 1 ligne EXPRESS : +LigneTracé Marseille ↔ Manosque ↔ Saint-Maime ↔ Forcalquier 2 lignes de PROXIMITÉ : +LigneTracé Banon ↔ Saint-Michel-l'Observatoire ↔ Saint-Maime ↔ Manosque Forcalquier ↔ Saint-Maime ↔ Manosque

Environnement

vignette|gauche|Limite marquée entre l’implantation du chêne pubescent et du chêne vert à la suite d'un incendie en 1968 sur une colline proche de Saint-Maime (commune de Villeneuve).|alt=

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Provence, Languedoc-Roussillon, caractérisée par une pluviométrie faible en été, un très bon ensoleillement (), un été chaud (), un air très sec en été, sec en toutes saisons, des vents forts (fréquence de 40 à 50 % de vents > ) et peu de brouillards. Elle est en outre dans la zone H2d au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Dauphin à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Risques naturels et technologiques

Aucune des 200 communes du département n'est en zone de risque sismique nul. Le canton de Forcalquier auquel appartient Saint-Maime est en zone 1b (sismicité faible) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques, et en zone 4 (risque moyen) selon la classification probabiliste EC8 de 2011. La commune de Saint-Maime est également exposée à trois autres risques naturels : feu de forêt, inondation, mouvement de terrain : la commune est presque entièrement concernée par un aléa moyen à fort.

La commune de Saint-Maime est de plus exposée à plusieurs risques d’origine technologique : celui de transport de matières dangereuses par route. La départementale peut être empruntée par les transports routiers de marchandises dangereuses ; risque de rupture de barrage : une partie de la commune se trouverait inondée par l’onde de submersion en cas de rupture du barrage de la Laye ; la commune est incluse, selon le ministère de l’Environnement, dans la zone de risque des installations souterraines de Géosel-Géométhane, mais pas selon la préfecture.

Le plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) de la commune a été approuvé en 2007 pour les risques d’inondation, de mouvement de terrain et de séisme et le Dicrim date de 2013.

La commune a été l’objet de plusieurs arrêtés de catastrophe naturelle : pour des inondations et des coulées de boue en 1986, 1987 et 1994, pour des mouvements de terrain dus à la sécheresses en 1997. Le , la rupture d’une conduite de naphta sur le site de Géosel a conduit à l’évacuation de quelques centaines de personnes au hameau du Foulon et au lotissement des Adrets (voir article Géosel).

Toponymie Le nom du village apparaît pour la première fois en 1018-1032 (Sancti Maximo), d’après le nom de saint Maxime de Riez, évêque de Riez, patron de l'église paroissiale, sous sa forme occitane, qui a évolué vers Saint-Maime par la suite.

Urbanisme Typologie Au , Saint-Maime est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Manosque, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (59,7 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (59,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (43,9 %), terres arables (17,3 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (15,8 %), zones agricoles hétérogènes (15,2 %), zones urbanisées (7,9 %)..

L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Économie Revenus de la population et fiscalité En 2008, le revenu fiscal médian par ménage était de , ce qui plaçait Saint-Maime au parmi les communes de plus de 50 ménages en métropole.

Agriculture et élevage

Les agriculteurs de la commune de Saint-Maime ont droit à trois labels appellation d'origine contrôlée (AOC) (huile d'olive de Provence AOC, huile d'olive de Haute-Provence AOC et banon) et à neuf labels indication géographique protégée (IGP) (pommes des Alpes de Haute-Durance, miel de Provence, agneau de Sisteron). Cependant, la vigne, qui était cultivée pour l’autoconsommation et le marché de Forcalquier jusqu’au milieu du , n’est présente dans la commune que sur des surfaces résiduelles.

La culture de l’olivier est pratiquée dans la commune depuis des siècles, tout en étant limitée à des surfaces restreintes. Le terroir de la commune se situe en effet à la limite altitudinale de l’arbre, qui ne peut que difficilement être exploité au-delà des . Actuellement, l’oliveraie compte moins de .

Histoire

Antiquité

Dans l’Antiquité, le territoire de Saint-Maime fait partie de celui des Sogiontiques (Sogiontii), dont le territoire s’étend du sud des Baronnies à la Durance. Les Sogiontiques sont fédérés aux Voconces, et après la conquête romaine, ils sont rattachés avec eux à la province romaine de Narbonnaise. Au , ils sont détachés des Voconces et forment une civitas distincte, avec pour capitale Segustero (Sisteron). Une nécropole antique a été découverte au quartier Saint-Claire, contenant .

Moyen Âge et Ancien Régime

Alors que le sud-est de la Gaule était une terre burgonde, le roi des Ostrogoths Théodoric le Grand fait la conquête de la région entre la Durance, le Rhône et l’Isère en 510. La commune dépend donc brièvement à nouveau de l’Italie, jusqu’en 526. En effet, pour se réconcilier avec le roi burgonde Gondemar III, la régente ostrogothe Amalasonthe lui rend ce territoire.

Saint-Maime est signalé pour la première fois dans les chartes dans le premier tiers du . Selon la légende, les quatre reines de Forcalquier, filles de Raimond Bérenger V, y auraient été élevées. Le comte de Forcalquier y résidait régulièrement. Il en fait don aux Hospitaliers de Saint-Jean en 1168.

Le fief de Saint-Maime relevait du comté de Forcalquier au . Lorsque ce comté perd son indépendance en 1209, à la mort de Guillaume II, un de ses neveux, Guillaume de Sabran tente de le relever. Après une lutte de dix ans, il passe un accord à Meyrargues le avec Raimond Bérenger IV, comte de Provence et lui aussi héritier du comté de Forcalquier. Par cet accord, la moitié sud du comté, dont Saint-Maime, lui est donnée. Guillaume de Sabran conserve sa moitié de comté jusqu'à sa mort, vers 1250. Les seigneurs de Saint-Maime et les « prud'hommes » de la communauté avaient été parmi les premiers à se rallier à son rivalMariacristina Varano, Espace religieux et espace politique en pays provençal au Moyen Âge (). L'exemple de Forcalquier et de sa région, thèse soutenue à l'université d'Aix-Marseille I, 2011, 485-486..

La communauté relevait de la viguerie de Forcalquier. Enfin, la paroisse ne relevait d’aucune autorité jusqu’au au moins, ce qui cesse au : le chapitre de Forcalquier nomme un prieur à Saint-Maime et perçoit les redevances attachées à l’église.

Le fief est rattaché à la vicomté de Reillanne (1373), puis au marquisat d’Oraison (1588). Il appartient aux familles d’Agoult (), puis aux d’Albertas ().

Révolution française

Durant la Révolution, la commune compte une société patriotique, créée après la fin de 1792. Pour suivre le décret de la Convention du 25 vendémiaire an II invitant les communes ayant des noms pouvant rappeler les souvenirs de la royauté, de la féodalité ou des superstitions, à les remplacer par d'autres dénominations, la commune change de nom pour Montroc ou Mont-Libre, selon les sources.

De la chute du Premier Empire à nos jours

vignette|Monument aux morts de la Première Guerre mondiale. Le coup d'État du 2 décembre 1851 commis par Louis-Napoléon Bonaparte contre la Deuxième République provoque un soulèvement armé dans les Basses-Alpes, en défense de la Constitution. Après l’échec de l’insurrection, une sévère répression poursuit ceux qui se sont levés pour défendre la République : 8 habitants de Saint-Maime sont traduits devant la commission mixte, la peine la plus courante étant la déportation en AlgérieHenri Joannet, Jean-Pierre Pinatel, « Arrestations-condamnations », 1851-Pour mémoire, Les Mées : Les Amis des Mées, 2001, 71..