Vergons est une commune française, située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Elle s’étend de part et d’autre du col de Toutes Aures, situé à d’altitude, emprunté par la route nationale 202.

Les deux entrées du village sont marquées par des chapelles : venant de Digne-les-Bains, on aperçoit la petite chapelle Saint-Ferréol perchée sur un roc dominant la route ; venant de Nice, c’est la chapelle romane Notre-Dame-de-Valvert qui se remarque, au milieu du cimetière de Vergons dans un pré et signalée comme remarquable par plusieurs auteurs.

Le nom de ses habitants est Vergonais.

Géographie Localisation thumb|left|alt= Carte élémentaire montrant les limites de la commune, les communes voisines, les zones de végétation et les routes|Vergons et les communes voisines (Cliquez sur la carte pour accéder à une grande carte avec la légende).

Le village de Vergons est situé sur la route nationale 202, entre Saint-André-les-Alpes et Entrevaux, à d’altitude.

La commune est à cheval sur le col de Toutes Aures.

Les communes limitrophes de Vergons sont Saint-Julien-du-Verdon, Angles, Allons, Annot, Ubraye, Soleilhas et Demandolx.

Hameaux l’Iscle de Vergons.

Géologie et relief

Son territoire comporte plusieurs points remarquables : la clue de Riou ; le pic de Chamatte () ; le sommet de la Bernarde () ;

Le périmètre de protection de la Réserve naturelle géologique de Haute-Provence couvre également la commune de Vergons.

Voies de communications et transports Voies routières La commune est traversée par la N 202. Plusieurs pont facilitent l'accès routier.

Transports en commun Transport en Provence-Alpes-Côte d'Azur

Environnement La commune compte de bois et forêts.

Risques naturels et technologiques

La commune de Vergons est exposée à trois risques naturels : avalanche ; feu de forêt ; inondation ; mouvement de terrain : plusieurs versants de la commune sont concernés par un aléa moyen à fort.

La commune de Vergons est de plus exposée à un risque d’origine technologique, celui de transport de matières dangereuses par route. La route nationale 202 peut être empruntée par les transports routiers de marchandises dangereuses.

Aucun plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) n’existe pour la commune et le Dicrim n’existe pas.

Sismicité Aucune des 200 communes du département n'est en zone de risque sismique nul. Le canton d'Annot auquel appartient Vergons est en zone 1b (sismicité faible) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques., et en zone 4 (risque moyen) selon la classification probabiliste EC8 de 2011.

Hydrographie Cours d'eau sur la commune ou à son avalL'eau dans la commune : rivière le riou, torrents d'angles, la galange, ravins des sambucs, de pra-martin, de la coueste, de la fouent de claude, des crotes, du gabre, du sil, de chambiéres.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Alpes du sud, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 850 à , minimale en été. Elle est en outre dans la zone H2d au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de La Mure-Argens à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Toponymie Selon Ernest Nègre, le nom de la commune (Villa Virgonis en 814, de Vergons en 1174) vient du nom pluriel occitan vergoun, qui désigne une baguette d’osier, avec un sens général de baguette de bois, en référence aux bois de la montagne de Chamatte.

Honoré Bouche, Charles Rostaing et le couple des Fénié avancent que Vergons dériverait du nom du peuple gaulois des Vergunni, cité sur le Trophée de la Turbie..

Urbanisme Typologie Au , Vergons est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (93,2 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (94,6 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (61,8 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (18,2 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (13,2 %), zones agricoles hétérogènes (6,8 %)..

L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=2.1|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|<center>Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Économie

Agriculture

Culture de céréales, de légumineuses et de graines oléagineuses. Élevage d'ovins et de caprins. Culture de légumes, de melons, de racines et de tubercules. Élevage d'ovins et de caprins

Tourisme Hébergements et restauration à Annot, Saint-Julien-du-VerdonLe cadre de vie des Territoires.

Commerces et services Commerces et services de proximité à Saint-André-les-Alpes, CastellaneToutes les entreprises de la commune et celles proches.

Histoire

Antiquité Il est possible que le territoire de Vergons ait été occupé par le peuple gaulois des Vergunni, l'autre possibilité étant que les Vergunni soient rattachés au peuple voisin des Suetrii occupant la moyenne vallée du Verdon (rivière). La conquête romaine se fait entre 23 et 13 av. J.-C.Guy Barruol, Les peuples préromains du Sud-Est de la Gaule : étude de géographie historique, Paris, Éd. de Boccard, 1969, Revue archéologique de Narbonnaise (RAN), Suppléments 1. 379.

Selon l’abbé Féraud, érudit du , est détruite par l'éboulement d’un pan du Chamatte (cette affirmation est à prendre avec circonspection).

En 1830, environ de pièces de bronze ont été découvertes dans un pot.

Du Moyen Âge à la Révolution française : paroisse... L’abbaye Saint-Victor de Marseille détenait des fermes à Vergons au début du , selon le polyptyque de Wadalde, lorsque la localité apparaît dans les chartes en 814 (villa Vergonis).. Le territoire de la commune dépend ensuite des abbayes des Baux et de Lérins, qui y établit un prieuré au , réuni à celui d’Angles en 1454. En 1245, l’évêque de Senez Sigismond abandonne à l’abbaye la part des dîmes qu’il percevait sur le village.

Au , la paroisse est transférée à l’église Saint-Ferréol. Pendant les guerres de religion, cette église est détruite et c’est Saint-Sébastien qui prend le relais.

fief... Parmi les seigneurs connus, en 1309, Guillaume de Roumoules est signalé comme seigneur de Vergons et d’autres lieux (de Roumoules, de Beaujeu, de Bédéjun, de Bras-d'Asse, d’Entrages, de Majastres, et d’Estoublon). Au , le fief passe aux d’Agoult, puis aux Rabasse qui le détiennent pendant les , et enfin aux Glandevès qui le conservent jusqu’à la Révolution.

et communauté vignette|droite|285px|Berger et son troupeau passant à côté de la chapelle romane de Notre-Dame-de-Valvert. La communauté relevait de la viguerie de Castellane. Après la grande crise des , la population redémarre grâce à l’élevage du mouton : à la fin du , le troupeau communautaire compte plus de têtes, équivalent à celui de Castellane. La croissance démographique impose de réduire la taille du troupeau afin de libérer des terres cultivables, et à la veille de la Révolution, le troupeau du village ne représente plus que 60 % environ de son niveau maximal.. Durant les trois siècles qui séparent la fin du Moyen Âge de la Révolution, la communauté est en lutte constante pour préserver un équilibre entre cultures, élevage et préservation du milieu (bois et terres en pentes) garant de la subsistance future. À partir du , des officiers, les banniers (de ban), sont nommés afin de surveiller les biens communaux (le défens) et d’empêcher le bétail d’y paître ; ils collaborent avec un chevrier, un saumalayre (qui surveille les ânes) et un campier.

Au milieu du , la communauté est sommée de vendre ses fours et ses moulins pour rembourser les dettes engagées lors des guerres de Religion. Cela ne suffisant pas, la communauté doit faire mettre en culture les défens et terres communales dans le dernier tiers du (elle possédait ). Les conséquences se font sentir à partir de 1701 : à chaque orage ou saison pluvieuse marquée, les torrents dévalent les pentes, érodent les montagnes, puis inondent et engravent les terres cultivables. Recouvertes parfois d’un mètre de graviers, elles deviennent incultes (« irréparables »). Georges Pichard relie directement l’ampleur de ces engravements à l’introduction du capitalisme rural : les créanciers et les seigneurs ont réclamé des paiements en monnaie et pas en nature, ce qui a forcé la communauté à obtenir des ressources monétaires, ce qu’elle a fait par arrentement de ses communaux.

Période contemporaine Au , la commune connaît une certaine activité industrielle grâce au tissage de la laine. La fabrique est créée au début des années 1830 par Gibert, sur le modèle de la fabrique Honnorat de Saint-André-de-Méouilles. Cette activité ne s’est pas prolongée au-delà du Second Empire.

La Révolution et l’Empire apportent nombre d’améliorations, dont une imposition foncière égale pour tous, et proportionnelle à la valeur des biens de chacun. Afin de la mettre en place sur des bases précises, la levée d’un cadastre est décidée. La loi de finances du 15 septembre 1807 précise ses modalités, mais sa réalisation est longue à mettre en œuvre, les fonctionnaires du cadastre traitant les communes par groupes géographiques successifs. Ce n’est qu’en 1830 que le cadastre dit napoléonien de Vergons est achevéAlexeï Laurent, « Paysages ruraux de la première moitié du dans le sud-est des Basses-Alpes », in Jean-Christophe Labadie (directeur éditorial), La matière et le bâti en Haute-Provence, , actes de la première Journée d'études d'histoire de la Haute-Provence, Digne, 13 octobre 2012. Digne-les-Bains : Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, 2013. , 10..