vignette|alt=Léon qui réforma les Excubites| réforma les Excubites pour remplacer les Scholes et pour contrer le magister militum Aspar et l'influence des Germains dans l'armée.
Les Excubites ( ou , « ceux qui sortent du lit », « les sentinelles » ; en grec ancien : ou ) étaient une unité palatine dont les origines remontent à Tibère mais qui furent réformés vers 460 pour servir de garde personnelle aux premiers empereurs byzantins. Leurs commandants acquirent rapidement une grande influence et donnèrent à l’Empire byzantin plusieurs empereurs au . Si les Excubites disparaissent progressivement des annales vers la fin du , ils furent reformés vers le milieu du et devinrent un tagma d’élite formant le noyau professionnel de l’armée byzantine. On les mentionne pour la dernière fois en 1081.
Historique
Régulièrement, la création du corps des ExcubitesOn trouve parfois, par exemple chez Bréhier, la traduction « excubiteurs ». est attribuée à l’empereur () vers l’année 460 pour remplacer les Scholes, troupe d’élite à l’origine ne servant plus sous Justin et Justinien que lors des parades militaires.. Au nombre de 300 hommes, ils étaient surtout recrutés parmi les Isauriens, énergiques et belliqueux, pour contrebalancer l’influence du magister militum Aspar et de l’importante composante germanique au sein de l’armée romaine d’Orient.... Dans un article de 2005, Brian Croke a remis en cause cette chronologie, soulignant que l'unité semble être créée par Tibère mais qu'elle est profondément restructurée par Léon, qui en fixe l'effectif et lui confie la mission de la garde des accès au Palais.
Contrairement aux autres régiments des Scholae Palatinae, qui servaient au palais sous le commandement du magister officiorum et finirent par ne plus servir qu’aux parades militaires, les Excubites conservèrent longtemps leur capacité de troupes d’élite.... Contrairement aux Scholes qui étaient stationnés un peu partout en Thrace et en Bythinie, les Excubites étaient cantonnés au palais impérial et formaient pratiquement au la seule garnison de Constantinople. Leur statut privilégié permettait tant aux officiers qu'aux simples soldats d’être chargés d'affectations spéciales, y compris diverses missions diplomatiques..
Le régiment était commandé par le « comte des Excubites » (en latin : ; en grec : ), lequel, en raison de sa proximité avec l’empereur, devint un fonctionnaire très important aux .. Cette position, dont on trouve trace jusqu’aux environs de l’an 680, était traditionnellement réservée à de proches parents de la famille impériale et faisait souvent de son titulaire un héritier présomptif.. C’est ainsi que, grâce à l’appui de ses hommes, (), qui occupait ce poste lors de la mort d’, put accéder au trône.. De la même façon, c’est grâce aux Excubites que () put accéder au trône sans contestation ; le comte d’alors, Tibère, était un ami personnel qui avait été nommé à ce poste grâce à l’intervention de Justin. Tibère fut le bras droit de l’empereur pendant tout son règne et lui succéda sous le nom de ()... Encore une fois, ce fut son propre comes excubitorum, Maurice (), qui lui succéda.. Pendant le règne de Maurice, le poste fut détenu par son beau-frère, Philippicos, et sous Phocas () par Priscus. Toutefois, les intrigues de personnages comme Priscus ou celles de Valentin, usurpateur en puissance au début des , firent en sorte que cette position fut progressivement dépouillée de ses trop grands pouvoirs et finit par disparaitre temporairement dans la dernière moitié du ..
Après un intervalle allant de la fin du , les Excubites réapparaissent dans les sources sous le commandement cette fois du « domestique des Excubites » (), en tant que l’un des tagmata impériaux, l’armée centrale d’élite créée par ().. Dans leurs nouvelles fonctions, les Excubites ne servaient plus de gardes au palais impérial, mais étaient activement engagés dans les campagnes militaires. À l’époque, ils servaient également de contrepoids aux armées thématiques, unités populaires et territoriales, mobilisables pour la défense des provinces, tout en constituant un instrument privilégié dans la mise en œuvre de la politique iconoclaste de Constantin V. Leur loyauté était telle que la régente Irène, iconodule, dut les désarmer de force en 786..
À l’origine, les domestiques étaient des dignitaires de rang peu élevé. Simples spatharioi, ils étaient moins susceptibles de menacer le pouvoir impérial. Toutefois, leur importance ne cessa de croître. Alors que dans le Taktikon Uspensky (vers 842), le domestique des Excubites vient après les strategoi des armées thématiques, on le retrouve dans le Klētorologion de 899 devançant ceux-ci et venant même avant l’éparque de Constantinople. Au cours de cette même période, le titre fut élevé à celui de prōtosphatharios et même de patrikios sous ().... Le plus illustre des domestiques des Excubites de l’époque fut () dont les partisans renversèrent l’empereur pour installer leur commandant sur le trône.. Dans la deuxième moitié du , probablement sous (), le régiment, tout comme les autres tagmata, fut scindé en deux unités, l’une stationnée en Occident, l’autre en Orient, chacune ayant son propre domestique..
À l’instar de presque tous les autres tagmata, celui des Excubites ne put survivre aux grands bouleversements qui marquèrent la fin du , alors que les invasions étrangères et les guerres civiles incessantes détruisirent presque entièrement l’armée byzantine. La dernière mention des Excubites se trouve sous la plume d’Anne Comnène où on les voit prendre part dans l’Alexiade à la bataille de Dyrrachium en 1081 sous Constantin Opos.... Ils furent supprimés la même année par qui confia la garde du palais aux Varègues, dont la loyauté était à toute épreuve..
Structures
On ne connait pas la structure interne du régiment des Excubites. On sait toutefois qu’il s’agissait d’une unité de cavalerie dont les officiers étaient appelés scribones. Selon Warren Treadgold, ceux-ci auraient joué un rôle similaire à celui des décurions de cavalerie, chacun commandant une troupe de ; toutefois, selon John B. Bury, les scribones, quoique associés aux Excubites, seraient demeurés un corps indépendant..
Une fois reformé et devenu un tagma, le régiment (connu sous son nom collectif ou ) avait une structure similaire, à peu de chose près, à celle des autres tagmata. Le domestique était assisté d’un topotērētēs (en grec : , « celui qui remplace » ou « lieutenant ») et d’un chartoularios (en grec : , « secrétaire »). Le régiment lui-même était divisé au moins en dix-huit banda, chacune probablement commandée par un skribōn (en grec : ).. À leur tour, celles-ci étaient subdivisées en sous-unités dirigées par un drakonarios (en grec : , dérivé du latin tardif draconarius) et incluait trois catégories de porte-étendards qui jouaient le rôle d’officiers juniors : les skeuophoroi (en grec : , « porte-étendards »), les signophoroi (en grec : , « ceux qui font les signaux ») et les sinatores (en grec : , du latin tardif, sénateur, titre alors fortement dévalué)... Il y avait également des mandatores (en grec : , des messagers) sous un prōtomandatōr, dont certains étaient appelés également legatarioi (en grec : ).
On ne peut déterminer avec précision le nombre d’hommes que comprenait le tagma ou ses sous-divisions ; comme pour les autres tagmata, les historiens divergent à ce sujet. S’appuyant sur les listes d’officiers et les comptes-rendus des géographes arabes Ibn Khurdādhbah et Qudāmah, l’historien Warren Treadgold soutient qu’il s’élevait à environ , chiffre qui fut porté à dans le cas des Scholes et des Excubites lors de la division des régiments au .. D’autres historiens, dont John Haldon, ont revu ces estimations et les établissent à environ pour chaque tagma..
Notes et références Notes
Références
Bibliographie . . .
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Catégorie:Histoire de l'Empire byzantin Catégorie:Unité ou formation militaire de l'Empire byzantin Catégorie:Armée byzantine du haut Moyen Âge Catégorie:Unité ou formation militaire créée au Ve siècle