thumb|right|Le camp de la Gestapo Neue Bremm (photographié de l'autre côté de la rue, vers 1942-1944) Neue Bremm était un camp de torture géré par la Gestapo de Sarrebruck, en Allemagne. Il s'agissait d'une située à la Brême d'Or (Spicheren), près de l'actuelle frontière française.
Il a été créé pour briser les prisonniers qui n'étaient pas destinés à l'extermination. La plupart des prisonniers y ont été détenus pendant quelques semaines seulement, mais pendant ce temps, ils ont été brisés puis envoyés dans des camps de concentration nazis comme Buchenwald.
Les camps de torture à court terme tels que celui de Neue Bremm étaient appelés Straflager. Des témoignages rapportent que la torture incluait la position accroupie pendant 6 à 8 heures par jour mais aussi la privation de nourriture ou de sommeil. Ces Straflager infligeaient les mêmes douleurs que dans les autres camps de concentration nazis, mais toutes concentrées sur quelques joursLusseyran, Jaques (1963). And There was Light.
Histoire thumb|upright=0.5|left|Obélisque commémoratif thumb|right|Nouveau camp de la Gestapo Bremm (vue aérienne d'août 1944, avec la carte)
1940-1943 : Le camp de Neue Bremm a été le premier camp de travail pour les étrangers et les travailleurs forcés puis il a été utilisé pour les prisonniers de guerre, en partie pour sortir les prisonniers de la prison de Sarrebruck. De à , les nazis parlaient d'une « prison de la police élargie ». Il sert alors de camp de transit pour les camps de concentration de Natzwiller-Struthof en Alsace, Dachau, Mauthausen, Buchenwald, Ravensbrück. Le camp a existé jusqu'à l'arrivée des troupes alliées pendant l'hiver 1944/45. Les prisonniers (entre autres Français, Soviétiques, Polonais et Anglais) ont été torturés, maltraités et certains tués. La plupart des prisonniers ont ensuite été transférés vers des camps de concentration. Le nombre de victimes est estimé à plusieurs centaines, le nombre total de prisonniers, à environ . Le personnel du camp allemand (certains faisant partie des SS) a été condamné en 1946 par le « tribunal général du gouvernement militaire de la zone d'occupation française» (procès de Rastatt) pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité, vols, abus de prisonniers, meurtres et homicides involontaires. Sur les 36 accusés, 14 ont été condamnés et exécutés par peloton d'exécution, dont le commandant du camp, le lieutenant--SS (Untersturmführer) et le chef des gardes, Fritz Schmoll et Karl Schmieden. Toutes les condamnations à mort ont été appliquéesYvelines Pendaries (1995), S. 155-164.
Personnalités emprisonnées Le camp pouvait accueillir environ 400 prisonniers, notamment français.
Rien que pour la France, on compte noms de prisonniers qui sont passés par ce lieu, parmi eux Stéphane Hessel, Simone Séailles, Jacques Bergier, Odette Capion-Branger, Georges Loustaunau-Lacau, Paul Daum, Yves Goussard, Mercedes Bernal, Bernard Cognet, Mme A.-M. G., Guy Halftermeyer, Max Heilbronn, Clémence Jacques, Emma Niederlender, Roger Vanovermeir., Andrée Gros, Georges Jouffron, Jeanne Albert, Georges Babel, Mathilde Meyer, Marthe Beyel, Yvette Lundy, Émile Karpp, Léonie Kieffer, Vasily P. Volodko, Raymond Reislinger, René QuenouilleGeorges Loustaunau-Lacau, Mémoires d'un Français rebelle, Robert Laffont, 1948. Récit de déportation dans ce camp, p.301, l'abbé François BassetGeorges Loustaunau-Lacau, Mémoires d'un Français rebelle, Robert Laffont, 1948. Récit de déportation dans ce camp, p.300 : "C'est enfin le tour des deux prêtres en soutane qui font partie du convoi, l'abbé Basset, le Père de Jabrun. Le premier, au visage d'une douceur poignante, n'est qu'un souffle...", le père Louis de JabrunGeorges Loustaunau-Lacau, Mémoires d'un Français rebelle, Robert Laffont, 1948. Récit de déportation dans ce camp, p.300 : "C'est enfin le tour des deux prêtres en soutane qui font partie du convoi, l'abbé Basset, le Père de Jabrun.", le père Jacques de Jésus ou encore Raymonde Guyon-Belot.
Mémoriaux thumb|right|Stèle en souvenir du camp de Neue Bremm
En 1947, un obélisque est érigé avec une plaque commémorative. Un autre monument a été construit en 1998. Un étang a été préservé, mais aucun bâtiment. À l'emplacement du camp des femmes se trouve aujourd'hui un hôtel (hôtel de la mémoire).
Bibliographie
Elisabeth Thalhofer, Neue Bremm Terrostätte der Gestapo, eine Erweitertes Polizeigefängnis und seine Täter 1943-1944 Walter Jacques. « La mémoire sens dessus dessous d'un camp de la Gestapo. Du Novotel de la Neue Bremm à l'Hotel der Erinnerung. » In: Communication et langages, n°149, 2006. Témoigner : Mises en scène, mises en textes. pp. 77-96. Les femmes déportées de France via le camp de NEUE BREMM, Mémoire vivante, n°61, Georges Loustaunau-Lacau, Mémoires d'un Français rebelle, Robert Laffont, 1948. Récit de déportation dans ce camp, pages 291-302.
Filmographie Judith Voelker, Les procès de Rastatt. Des criminels de guerre devant la justice française / Die Rastatter Prozesse. Kriegsverbrecher vor Gericht, Moving Story Productions/SWR/SR/Arte, 2020.
Références
Liens
plan du camp de Neue Bremm le camp de Neue Bremm liste d'ouvrages en allemand concernant le camp de Neue Bremm article encyclopédique concernant le camp de Neue Bremm témoignage sur le camp
Catégorie:Camp de concentration nazi en Allemagne Catégorie:Gestapo Catégorie:Architecture à Sarrebruck Catégorie:Torture en Allemagne