L'Argentière-la-Bessée est une commune française située dans le département des Hautes-Alpes, dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Ses habitants sont appelés les Argentiérois.
Géographie
Localisation L'Argentière-la-Bessée est située à l'est du département des Hautes-Alpes.
Ses communes limitrophes sont :
Géologie, relief et hydrographie
Chef-lieu du canton de l'Argentiérois, recouvrant le pays des Écrins, situé aux confluents de la Gyronde, vallée de Vallouise, et du torrent du Fournel avec la Durance, à environ d'altitude.
Voies de communication et transports Voies routières La commune est traversée par la route nationale 94 reliant Gap à Briançon, ainsi que par la route départementale 994e donnant accès aux stations du pays des Écrins (Puy-Saint-Vincent, Pelvoux).
Le territoire communal est également traversé par les routes départementales 104a et 138a.
Transports ferroviaires La gare de L'Argentière-les Écrins, implantée sur la ligne de Veynes à Briançon, est desservie par les TER Provence-Alpes-Côte d'Azur reliant Marseille, Gap et Briançon ainsi que les Intercités de nuit de la ligne Austerlitz à Briançon.
Transports en commun La région Provence-Alpes-Côte d'Azur est compétente en matière de transports interurbains et scolaires. La communauté de communes du Pays des Écrins assure néanmoins un service scolaire interne à la commune, ainsi qu'une navette marché au départ des communes de l'intercommunalité..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Alpes du sud, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 850 à , minimale en été. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Vallouise-Pelvoux à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme Typologie Au , L'Argentière-la-Bessée est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de L'Argentière-la-Bessée, une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Briançon, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Zonages d'études Selon les zonages d'étude définis par l'Insee, L'Argentière-la-Bessée fait partie de la zone d'emploi de Briançon.
Elle est également la ville-centre d'un bassin de vie de huit communes..
L'unité urbaine de l'Argentière-la-Bessée ne comprend que cette commune..
Occupation des sols L'occupation des sols simplifiée de la commune est la suivante : espaces ouverts sans ou avec peu de végétation (38,5 %), milieux à végétation arbustive ou herbacée (32,1 %), forêts (23,9 %), zones urbanisées (2,2 %), prairies (2,1 %), zones agricoles hétérogènes (0,8 %), zones industrielles ou commerciales (0,5 %). Le tableau ci-dessous présente l'occupation des sols détaillée de la commune en 2018, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC).
+Occupation des sols en 2018 Type d’occupation Pourcentage Superficie (en hectares)Tissu urbain discontinu2,2 %141Zones industrielles ou commerciales et installations publiques0,5 %31Prairies et autres surfaces toujours en herbe2,1 %139Systèmes culturaux et parcellaires complexes0,1 %6Surfaces essentiellement agricoles interrompues par des espaces naturels importants0,7 %44Forêts de conifères23,9 %Pelouses et pâturages naturels19,4 %Forêt et végétation arbustive en mutation12,6 %820Roches nues24,6 %Végétation clairsemée13,9 %904Source : Corine Land Cover.
Planification de l'aménagement
Le plan local d'urbanisme a été approuvé par le conseil municipal le . Il remplace l'ancien plan d'occupation des sols arrêté en 1996..
Risques naturels et technologiques
La commune est soumise à plusieurs risques : avalanche, feu de forêt, inondation, mouvement de terrain, radon (potentiel élevé), séisme (zone de sismicité de niveau 4) et transport de matières dangereuses. Elle dispose d'un document d'information communal sur les risques majeurs (DICRIM) et d'un plan communal de sauvegarde.
La commune est exposée au risque inondation du fait du passage de la rivière Durance, lieu principal des inondations de plaine dans le département. En 1928, la crue du Fournel a endommagé les usines et la voie ferrée..
L'ensemble du département des Hautes-Alpes est concerné par le risque sismique, pour la commune de L'Argentière-la-Bessée, il s'élève au niveau 4 selon la classification probabiliste de 2010.. Le séisme le plus violent ressenti dans la commune a été ressenti le , avec une intensité de .
La commune est soumise à un plan de prévention de ce risque par lave torrentielle, mouvement de terrain, avalanche ou par crue torrentielle ou à montée rapide de cours d'eau, prescrit le et approuvé le .
Toponymie L'Argentière-la-Bessée depuis 1941, auparavant elle s'appelait simplement L'Argentière.
La mine de l'Argentière est signalée dès 1202 sous la forme de Castrum de Argenteria, « château des mines d'argent » ou « château de (l')Argentière »Toponymie de l'Argentière - Étymologie des noms de lieux - Château de L'Argentière ou Château d'Urgon..
La Bessée est un hameau proche de la mine, signalé sous la forme de La Bessa, La Bessaya, ou la Bezeta.
En occitan alpin, la commune se nomme L'Argentièra e la Beçaa.
L'Argentière, du fait de la présence de minerai d'argent (mine du Fournel) ; en occitan, argentèria signifie « mine d'argent ».
La Bessée (la Beçaa), féminin de bes, en occitan beç, généralement retranscrit Bez en français, du bas latin becia ou betia, vient de betz ou bès, nom celtique du bouleau, désignant un lieu où poussent des bouleaux., fréquent comme nom de lieux et de hameaux.
Histoire La commune est issue de la fusion en 1791 des anciennes communes de L'Argentière, sur la rive droite de la Durance, et de La Bessée, sur la rive gauche, sur la route de Briançon.
Sur le territoire de la commune, des fouilles ont découvert une villa romaine à ChampcellaBernard Amouretti, « Pourtant, la vallée de la Durance a toujours été un axe de passage », Direction de l'environnement, du développement durable et de l'agriculture, La Durance : lien de vie du territoire régional, Conseil régional PACA, p 27.
Le village de La Bessée thumb|Le village de La Bessée en 1930 Le village de La Bessée est connu depuis le , il a été érigé en paroisse le .
C'est dans ce village que se trouvaient les services administratifs, le juge, les notaires, le relais de poste et de diligence.
Cinq chanoines de la congrégation d'Oulx y desservaient un prieuré sous le vocable de Saint-Michel ; il semblerait que la maison adjacente à la sacristie de l'église actuelle fut le prieuré des chanoines d'Oulx. La chapelle Saint-Michel qui datait du Moyen Âge fut détruite au pour permettre l'édification d'une église plus grande.
Dans le registre historique rédigé par le curé Lagier de l'Argentière, ce dernier fait allusion à l'existence d'un monastère de religieuses installé à La Bessée Haute à là même époque que les chanoines d'Oulx, c'est-à-dire dès le . Mais le père Lagier ne précise pas de quelle congrégation il s'agissait ; la présence d'un couvent à La Bessée peut nous conduire à émettre une hypothèse sur l'étymologie de ce nom. Jusqu'au début du en effet, le nom de ce village s'écrivait L'Abessée ou L'Abbessé ; on retrouve cette écriture dans certains titres notariés, ainsi que dans le cadastre napoléonien. Ce nom pourrait donc provenir de la présence d'une abbaye de femmes dirigée par une mère supérieure, une abbesse.
D'autres ont avancé l'hypothèse que le nom de La Bessée venait de la présence de nombreux bouleaux appelés bessede ou bessedo ; il existe effectivement dans la région plusieurs lieux plantés de bouleaux appelés Les Besses, mais dans ce cas précis le terme est toujours au pluriel, de plus on dénombre peu de bouleaux à proximité du hameau.
Sur les limites du village et de Saint-Martin-de-Queyrières, existait le Pertuis Rostan, mur de rochers dans une faille duquel passait l'ancienne route. Pendant la plus grande partie du Moyen Âge, il servit de limite entre le Briançonnais et l'EmbrunaisPertuis-Rostan, sur vallouimages.com.
La commune de L'Argentière vignette|Stade de slalom de L'Argentière-la-Bessée.|alt= La commune doit son nom aux mines d'argent qui étaient exploitées dès l'époque médiévale sur son territoire. Proche de l'entrée de la vallée de la Vallouise, à la porte du parc national des Écrins, et dominé par des sommets calcaires, dont celui de Montbrison (). À l'ouest, le vallon du Fournel est un site réputé d'escalade sur cascades de glace.
La paroisse date du et a été fondée probablement par Oulx. Des documents de 1208, 1266 et 1276 mentionnent l'existence de l'église Saint-Apollinaire.
Elle faisait partie anciennement du fief des Rame et le très ancien château dont on voit encore les vestiges, dans une situation particulièrement forte, au-dessus du village, doit avoir été construit par cette famille princière. Elle devint le chef-lieu du mandement lorsque la ville de Rame fut ruinée par les crues de la Durance, son mandement fut divisé en deux, celui de Pallon et celui de l'Argentière.
En 1155, le Dauphin se fit concéder par l’empereur germanique Frédéric I Barberousse, les mines des gorges du Fournel et s'empara de l'Argentière, rattachant ce bourg au Briançonnais. Cette concession fut renouvelée en 1238.