thumb|Port des Minimes (plaisance) de La Rochelle

Le nautisme en France désigne l'ensemble des activités de navigation de loisir et sport sur l'eau en France ; notamment la navigation de plaisance ou sport à la voile ou au moteur, les sports de rame (aviron) ou de pagaie (canoë-kayak) et les sports de glisse sur l'eau (surf, planche à voile, kitesurf…).

Ces activités sont apparues en France au , avec l'influence de pratiques britanniques et étrangères, puis se sont fortement développées au , avec l'augmentation des loisirs populaires. Ces activités sont aujourd'hui fortement contrôlées par l'État ; elles concernent environ 9 millions de pratiquants occasionnels, bateaux et représentent un secteur économique de plus de 4 milliards d'euros annuels.

Histoire Avant le , les plages, étendues d'eau et rivières étaient considérés en France métropolitaineNote : L'histoire des pratiques nautiques est différente pour les territoires d'Outre-mer et anciennes colonies. Les populations autochtones étaient généralement rurales avec très peu d'activités de loisirs aquatiques ; le littoral est devenu un espace de loisir et sport principalement pour la bourgeoisie, les métropolitains résidents et les touristes. Pour les Antilles françaises, la Guadeloupe et la Martinique lire par exemple Michel Desse, « La plage : reflet des fractures sociales et ethniques aux Antilles », Études caribéennes, 2006 Consulter en ligne comme un environnement inhospitalier et mortellement dangereux pour l'homme, peu attirant ou propice aux activités de plaisir et de détente. Les personnes pratiquant la natation (sachant nager) étaient très rares — faute de désir, utilité et temps pour cette pratique — même parmi les populations littorales et les marinsVoir Usages corporels et pratiques sportives....

Émergence des stations balnéaires (fin ) Vers 1800 apparaissent en France les premières stations balnéaires, à l'imitation des pratiques de l’aristocratie et de la bourgeoisie britannique (depuis ). Cette nouvelle mode bourgeoise pour les bains de mer est soutenue par des considérations hygiéniques et par l'émergence de nouvelles pratiques de loisirs et de tourisme.

Avec le développement des moyens de transports, cette mode des bains de mer (et de la thalassothérapie) se développe ensuite à la fin du . La population bourgeoise, puis populaire avec l'apparition des congés payés, s'initie progressivement à la natation et à la baignade, rendant possible l'acceptation d'autres activités nautiques.

Premiers clubs et fêtes nautiques () vignette|left|Guidon de la SRH

À l'imitation des pratiques britanniques du yachting ( mais surtout à partir du milieu ) et de l'aviron, apparaissent en France au une pratique de la voile de plaisance, des régates de voilier et de barque, des fêtes nautiques et des clubs nautiques. Les premières sociétés nautiques apparaissent en France à l'initiative de l'aristocratie et de la bourgeoisie maritime, et l'admission dans celles-ci reste très fermée. Le premier club est la Société des Régates du Havre (1840), qui fait suite aux régates organisées dès 1838. Très rapidement, des compétitions distinctes séparent les pratiquants issus de la bourgeoisie (yachts luxueux) et les professionnels de la mer (marin-pêcheurs).

À la fin du , les pratiques nautiques se démocratisent avec l'accès des classes populaires à la voile légère (construction industrielle) et la constitution de nombreux « clubs » et « écoles » nautiques, destinés à la pratique de la voile ou de l'aviron.

Au , les pratiques se diversifient, avec l'introduction de nouvelles embarcations : canoë, kayak, surf, planche à voile, bateau à moteur et ski nautique, surf, moto des mers. À la fin du apparaissent de manière importante des pratiques non sportives, éloignées de l'intérêt de la compétition, souvent désignées comme des pratiques de loisir ou « de plein air » ou de « nature ».

Acculturation et pratiques indigènes thumb| Hawaiki nui va'a, compétition internationale de pirogues dans le lagon de Bora-Bora (Polynésie française) en 2007.

Dans les colonies françaises, le processus d'acculturation des peuples autochtones favorise l'organisation de fêtes et compétitions nautiques, inspirées par les pratiques et les embarcations traditionnelles de ces régions. À l'exemple des courses de pirogues d'Afrique ou Polynésie, ces pratiques de navigation sur l'eau sont peu à peu intégrées aux pratiques culturelles et aux codifications sportives en France (disciplines du canoë-kayak, organisation de compétitions).

De la même manière, de nouvelles pratiques américaines ou britanniques sont reprises, elles-mêmes inspirées de pratiques et embarcations indigènes : canoë des Amérindiens, kayak des Inuits, émergence du canot-camping au Canada, culture du surf des Hawaïens, etc.

Pratiques de masse Au émergent de nouvelles disponibilités pour les loisirs et les pratiques sportives, avec l'augmentation du temps libre disponible, l'amélioration des conditions de vie et des moyens de transport…

En 1936, l'instauration des congés payés en France a facilité l'accès des masses populaires au tourisme (tourisme de masse), aux sports et à toutes les activités de loisir. De même le nautisme a bénéficié de la diversité des activités sportives scolaires.

Institutionnalisation des pratiques sportives (1945-) La pratique sportive est fortement contrôlée par l'État français à partir des années 1945-1950, avec la mise en place de fédérations sportives délégataires de l'administration de la jeunesse et des sports. Les groupements sportifs ne sont pas libres de s'administrer comme bon leur semble. Pour l'État, la pratique sportive relève d'un effort patriotique (victoires dans les compétitions internationales) et d'un contrôle social de la population. Ces fédérations sont ainsi détentrices de divers pouvoirs réglementaires exclusifs et de prérogatives sportives, comme la détermination des niveaux, l'organisation des compétitions, la réglementation des pratiques (sécurité, conditions légales), le contrôle de l'enseignement (brevet d'État, labels, dénomination « école de voile »)Voir Claude Lafabrègue, « Transformer son organisation pour conserver sa mission », Socio-logos. Revue de l'association française de sociologie, , 2013. Consulter en ligne…

Ces fédérations, à l'origine focalisées sur le recrutement massif pour la compétition (régates) et l'émulation vers le haut-niveau sportif (1950-1985), doivent composer avec des structures locales (clubs, écoles de voile, municipalités) aux intérêts variés et parfois incompatibles : promotion des aspects socio-culturels (initiation des jeunes et des défavorisés, activité scolaire, conservation du patrimoine historique), clubs fermés de propriétaires (« entre soi »), organisations à visée commerciale (service au client, tourisme), apparitions des sports de glisse, valeurs d'écologisme et éthique (rejet du marketing) des pratiques de pleine nature...

De même, les pratiques nautiques hors de l'encadrement des structures (clubs) n'a cessé de progresser depuis une trentaine d'années, avec pour certaines activités une proportion très faible de pratiquants licenciés auprès d'une fédération.

À partir des années 1980 et 1990, par décisions du gouvernement, la majorité des pratiques et associations indépendantes, autonomes ou « extra-sportives » ont été intégrées à des fédérations délégataires de l'État (à l'exemple de la planche à voile, finalement intégrée à la fédération de voile). Confronté à l'échec du recrutement sportif massif par l'intermédiaire des clubs et écoles, et aux nouvelles tendances extra-sportives, les fédérations ont été forcées d'évoluer en diversifiant leurs missions et objectifs.

En parallèle, les directions de fédérations et beaucoup de structures locales (clubs), traditionnellement basées sur le bénévolat saisonnier, se sont progressivement professionnalisées : avec une valorisation des méthodes professionnelles (gestion, enseignement), diverses solutions d'emploi permanent pour les postes d'encadrement (plan Sport-Emploi, subventions des collectivités, allègements des cotisations patronales…) et diverses stratégies économiques (diversification des offres, sponsoring).

Les pratiques actuelles Aviron L’aviron se structure en France métropolitaine dès les années 1830-1840 avec la création des premières sociétés nautiques (Le Havre, Rouen, Paris). La Fédération Française des Sociétés d’Aviron (FFSA) est fondée en 1890, suivie de la FISA (fédération internationale) en 1892. Le sport connaît un âge d’or au début du XXᵉ siècle, marqué par des succès olympiques et l’émergence de clubs emblématiques. Aujourd’hui, la Fédération française d'aviron (FFA) compte plus de 400 clubs et environ 35 000 licenciés, avec une pratique diversifiée (rivière, mer, indoor, handisport). L’aviron reste un sport complet, accessible à tous, et la France organise régulièrement des compétitions internationales.

Palmarès olympique La France a remporté de nombreuses médailles olympiques en aviron depuis les premiers Jeux modernes, avec des succès marquants comme les médailles d’or en deux barré (1900, 1924), en deux sans barreur (2000, 2012), ou encore en quatre de couple (2016, 2020). Les rameurs français, hommes et femmes, se distinguent régulièrement sur la scène internationale, confirmant l’excellence de la filière française.

Voile

Canoë-kayak En France métropolitaine, la pratique de sport ou loisir avec des embarcations à pagaie, telles que le canoë, le kayak et la pirogue, débute à la fin du . Ces activités variées, tant de loisir que de sport, sont désignées (à partir du milieu du ) comme du canoë-kayak, que ce soit en eaux vives, en eaux calmes et en mer. L'activité est régie au niveau national par la Fédération française de canoë-kayak (FFCK), qui fédère environ 700 clubs locaux.

Planche à voile et funboard thumb| Pratiquant de funboard Créé aux États-Unis dans les années 1960, la planche à voile est introduite en France dans les années 1970, et devient très populaire à partir des années 1980 . Dans les années 1980, l'émergence de la pratique très technique du funboard (vague, slalom), médiatisée comme sport extrême et sport de glisse spectaculaire, participe à la popularité de la pratique de loisir sur les plages ; pratiquants dans les années 1980.

La pratique de la planche à voile et du funboard était initialement indépendante des instances sportives nationales. Elle est ensuite intégrée à la Fédération française de voile, avec des programmes d'initiation et compétition (préparation du circuit mondial et olympique) — ainsi qu'à la Fédération française de vol libre pour certaines compétitions de funboard. La pratique « loisir » de la planche à voile diminue fortement à partir des années 1990, puis elle est concurrencée à partir du début des années 2000 par l'émergence du kitesurf.

Surf et disciplines associées Originaire de Polynésie (longboard), la pratique du surf a été importée aux États-Unis avant d'arriver en France, dans les années 1960 (?). La pratique est gérée par la Fédération française de surf créée en 1964, qui organise, développe et réglemente la pratique et les compétitions nationales de surf et des disciplines associées : bodyboard, le skimboard, le kneeboard, bodysurf.

Pratique de vague également, les pratiques émergentes du kayak surf et wave-ski sont gérées par la Fédération de canoë-kayak.

Kitesurf La pratique du kitesurf débute en France vers 1998. Le premier championnat international a lieu en 2000 et le premier championnat français (freestyle) a lieu en 2001. En 2011, la pratique rassemblait 13000 licenciés à la Fédération française de vol libre et entre 25000 et 30000 pratiquants en France.

Motonautisme

thumb| Yachts à moteur, à quai à Saint-Tropez, 2008

Ski nautique