Chorges est une commune française située dans le département des Hautes-Alpes, à égale distance des villes de Gap et d’Embrun (20 km) dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Ses habitants sont appelés les Caturiges.
La commune est labellisée Village étape depuis 2018.
Géographie Localisation Le village se trouve entre le lac de Serre-Ponçon au sud-est et le site NATURA 2000 « Piolit-Pic de Chabrières » côté nord, site de moyenne montagne qui englobe le vaste versant sud, sous la ligne de la crête joignant le sommet du Piolit () au pic de Chabrières (), ainsi que le revers nord-ouest de la forêt du Sapet. Au sud de la commune se trouve le relief de moyenne montagne de Serre Cocu qui s'élève à .
Neuf communes sont limitrophes de Chorges (colonne « Cap » utilisée pour placer les communes limitrophes). :
Environnement
Marais de Chorges Le marais de Chorges est une zone humide de 70 hectares, longtemps exploitée à des fins agricoles.
Ce dernier se compose d’une grande roselière, de prairies naturelles et de bosquets de saules. Inscrit comme ZINEFF de type I depuis 2003 (zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique). Il s'agit d'un secteur de grand intérêt biologique et écologique abritant plusieurs espèces animales ainsi que végétales, il s'agit d'un enjeu de préservation des biotopes concernés pour la protection de sa faune et flore.
Une partie du marais, soit 14 hectares, a été classée en Arrêté Préfectoral de Protection de Biotope (APPB) en 2005. Quelques centaines d'espèces différentes ont pu y être observées, notamment certaines espèces protégées ou présentant un enjeu de conservation fort, dont le campagnol amphibie (espèce protégée au niveau national) et l’Azuré de la sanguisorbe, papillon protégé.
Aujourd’hui, environ 70 % de la superficie du site reste dévolue à l’agriculture.
Hydrographie La commune est arrosée par plusieurs torrents qui coulent du nord au sud le long des pentes du Piolit, des Parias et du Pic de Chabrières, et se dirigent vers la vallée de la Durance. À l'ouest, le torrent des Réallons et le torrent du Dévezet (ce dernier suivant la limite entre les communes de Chorges et de la Bâtie-Neuve) se jettent dans l'Avance, qui prend sa source tout près de la ville de Chorges et s'éloigne vers le sud-ouest.. Au centre, le torrent des Moulettes, dont le cours inférieur est noyé sous les eaux du lac de Serre-Ponçon. (baie des Moulettes, ou de Chanteloube). À l'est, c'est le torrent de Marasse qui sépare Chorges de Prunières..
Le lac de Serre-Ponçon baigne la commune au sud-est sur plusieurs kilomètres, selon un profil très découpé dans un relief relativement accusé. Toute la baie des Moulettes, ou de Chanteloube, ainsi que la moitié de la baie Saint-Michel dépendent de la commune de Chorges.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Alpes du sud, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 850 à , minimale en été. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Saint-Jean-Saint-Nicolas à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Voies de communication et transports Voies routières La ville de Chorges est traversée par la route nationale 94 reliant Gap à Embrun et Briançon.
Les principales routes départementales sur la commune de Chorges sont : la RD 3 qui relie Chorges à Rousset par le col Lebraut ( d'altitude) et le belvédère du barrage de Serre-Ponçon (et les Hyvans par l'embranchement RD 403) ; la RD 9 qui relie Chorges à Réallon (et Prunières par la RD 109) ; la RD 203 vers le hameau du Fein et le col Lebraut, avec embranchement (RD 303) vers le mont Colombis.
Transport ferroviaire La ville possède une gare ferroviaire, desservie par les TER à destination de Briançon d'une part, de Gap et au-delà vers Marseille, Valence ou Grenoble d'autre part. Une desserte est assurée vers et de Paris-Austerlitz par train de nuit.
La ligne qui devait relier Chorges à Barcelonnette, inachevée, a été noyée de Chanteloube à Ubaye par la retenue de Serre-Ponçon. Le viaduc de Chanteloube est resté.
Urbanisme Typologie Au , Chorges est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Chorges, une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Gap, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
La commune, bordée par un plan d’eau intérieur d’une superficie supérieure à , le lac de Serre-Ponçon, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d’urbanisme le prévoit..
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (56,5 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (58,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (26,9 %), forêts (24,6 %), terres arables (15,1 %), zones agricoles hétérogènes (10,5 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (7,1 %), prairies (6 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (5,1 %), zones urbanisées (2,6 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (1,6 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (0,7 %)..
L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Le nom de la localité est cité sous la forme CaturigomagusSur les Gobelets de Vicarello et sur la Table de Peutinger. Ce toponyme est, sans contestation possible, d'origine celtique. Des racines gauloises Cat, Catu (« combat ») avec Ri, Rigo, (« roi ») et Mag (« plaine, champ ou marché »)Louis Revon, Aimé Constantin (i.e. Claude Aimé), Gustave Maillard - 2004 - Revue savoisienne - Volume 144 - Page 192., signifiant le « champ de combat du roi (des Caturiges) ».
Chòrjas en occitan alpin.
Histoire vignette|Chorges au illustrée par Alexandre Debelle (1805-1897). Les guerriers du petit peuple celte de la vallée de la Durance près d'Embrun sont appelés Caturiges par Jules César dans le De Bello GallicoAntoine-Augustin Bruzen de La Martinière, Le grand dictionnaire geographique, historique et critique, tome 2, , Chez les libraires associés, Paris, 1768 (lire en ligne), qui raconte comment ils attaquent ses armées dans tous les passages des montagnes. Les Caturiges sont cités sur l'arc de triomphe d'Auguste érigé après la défaîte gauloise à Suse, en Italie. La tribu gauloise est également désignée sur deux des monuments trouvés à Chorges (dont celui dit "Pierre de Néron") comme Civit. Catur., abréviation pour Civitas Caturigomagus, la cité des Caturiges, devenue aujourd'hui Chorges. Références : EDCS-09302654 (inscription du 3ème siècle) ; EDCS-09302654 (inscription datée de 284-305). Signalons au passage que l'état actuel du déchiffrement de ces inscriptions ne confirme aucune hypothétique allusion à Néron...
La Via Cottia, voie romaine qui relie Rome à Arles en passant par Turin et Suze, qui évite le passage par les turbulentes peuplades celtes qui gênent le passage des Alpes plus au sud, passe au nord de l'agglomération actuelle, sur le plateau. Le vicus (bourg), dit aussi magos, se développe à côté.
Selon Pline, les Cathorigorois jouissent des privilèges latins, ce qui n’est pas le cas de la plupart des gallo-romains. Au , la cité gallo-romaine est la capitale du Pagus Rigomagensis, qui appartient à la province des Alpes maritimes selon la Notitia Galliarum . En 450, le vicus celte de Caturigomagus est élevé au rang de cité. La civitas de Chorges englobe probablement la vallée de l'Ubaye.
Chorges devient alors la capitale d’un évêché dépendant de l'archidiocèse d'Embrun, supprimé vers 480 à l’époque de l’installation des Burgondes. Les actes de saint Pelade, évêque métropolitain d'Embrun, nous apprennent qu'il est venu à Chorges en 514 pour inaugurer un nouveau templumRoland Moncho, A propos du « mallus » de la centaine en Provence. Quelques exemples de localisation possible : Mallemort et Malmont - Malemort (un quartier de Chorges), , dans Provence historique, tome 13, fascicule 62, 1963 (lire en ligne). Une bulle papale datée de 1057, adressée par Victor II à l'archevêque d'Embrun cite encore l'évêché de Rigomagensium.
Aux , l’Embrunais dépend d'un administrateur. Chorges est indépendante d’Embrun et possède sa châtellenie et son tribunal ou Cour commune. Mais avant 1077, la bourgade est détruite par une guerre, selon Joseph Roman. L’acte qui parle de la reconstruction, qui va durer un siècle, évoque peut-être des ruines datant des guerres contre les Sarrasins.
Entre 1080 et 1083, Chorges est le centre d'un conflit opposant les moines de Sainte-Marie-Saint-Victor, dépendant de l'abbaye Saint-Victor de Marseille, et les chevaliers qui leur disputent des terres. Ces événements sont rapportés par les cartulaires de Saint-Victor qui ont fait l'objet d'un réexamen récent par Florian Mazel.