Montmaur est une commune française située dans le département des Hautes-Alpes dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Elle est peuplée d'un peu plus de 500 habitants (les Montmaurins).
Montmaur est située à 15 kilomètres de Gap, préfecture et principale ville du département, et à 5 kilomètres à l'est de Veynes auxquelles elle est reliée par la RD994. Sa population est concentrée dans la vallée formée par le Petit Buëch mais son territoire comprend également des zones de moyenne et haute montagne situés sur les contreforts sud du massif du Dévoluy (montagne d'Aurouze). Le pic de Bure (2709 mètres) constitue le point culminant de la commune. Montmaur fait partie de la communauté de communes Buëch Dévoluy.
Géographie
La commune de Montmaur d'une superficie de (4877 hectares) est située dans une région montagneuse qui occupe les contreforts sud du massif du Dévoluy. Sa partie basse est une vallée alluviale située à une altitude de 850 mètres et de forme triangulaire qui a été creusée et élargie par les retraits et avancées successives d'une langue du glacier de la Durance lors du maximum de la glaciation de Würm et qui est occupée par le Petit Buëch (un affluent de la Durance) ..
Les trois quarts du territoire sont situés sur le flanc sud de la Montagne d'Aurouze et comprennent une partie du plateau de Bure qui constitue sa partie sommitale. Cette dernière culmine au pic de Bure qui avec ses 2709 mètres constitue le point le plus élevé de la commune. Le relief de cette montagne calcaire est très marqué avec de nombreuses combes et vallées qui entaillent profondément le massif. Les versants présentent des pentes fortes entrecoupées par des barres rocheuses. Le territoire de la commune est délimité au sud par le cours du Petit-Buëch (orienté est-ouest). La limite orientale est formée par la vallée de la Sigouste qui a modelé dans sa partie amont un vaste cirque rocheux comprenant des éboulis et des falaises abruptes en bordure du plateau de Bure et creuse dans sa partie aval une gorge profonde. La limite ouest est occupée par La Béoux qui forme une vallée large de 200 mètres presque entièrement occupée par son cours. La plaine du petit-Buëch est propice aux cultures tandis que les pentes du Dévoluy dominent le village sont boisées (forêt des Sauvas) avec quelques surfaces d'alpage (hameau de La Montagne). Le haut de la montagne d'Aurouze, en particulier le plateau de Bure, est pratiquement dépourvu de végétation.
Hydrologie
Le territoire de la commune fait partie dans son intégralité du bassin versant du Petit Buëch. Cette rivière prend sa source dans le vallée de Chaudun sur le territoire de la commune de Gap et pénètre dans la commune après avoir parcouru une vingtaine de kilomètres et drainé environ 100 km². Elle traverse la commune d'est en ouest et durant cette traversée elle reçoit les eaux de plusieurs affluents. Ceux-ci sont d'amont en aval : Le torrent de Sigaud (rive gauche) le ruisseau du Ruissan en rive droite draine le quart sud-est de la forêt domaniale des Sauvas. La superficie de son bassin versant est de 14 km² dont 11 km² pour le Rif de l'Arc et 2,5 km² pour le ravin de la Mèque. le torrent de la Sigouste (rive droite) draine la partie méridionale du plateau de Bure et est alimenté par une multitude de combes et de ravines. Il prend sa source à une altitude 1350 mètres. le ruisseau du Rif Lauzon (rive droite) prend sa source au col de Caspardon en bordure de la forêt domaniale des Sauvas. Le torrent de la Béoux (rive droite) qui avec un bassin versant de 63 km² dans le massif du Dévoluy est le plus important de ces affluents.
Le régime de tous les cours d'eau est pluvio-nival avec un étiage marqué en aout-septembre et en janvier-février et une période de hautes eaux en avril-mai (fonte des neiges) et en octobre-décembre (précipitations). Les crues les plus importantes interviennent en automne. Le débit moyen du Petit-Buëch est de 20m³/s mais il a dépassé en période de crue les 300 m³/s en aval du confluent avec la Béoux.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Alpes du sud, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 850 à , minimale en été. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de La Faurie à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme
Le cœur historique du village de Montmaur, adossé aux premiers contreforts du massif du Dévoluy, est tourné vers le sud et surveille la vallée du Petit Buëch. Il comprend le château de Montmaur édifié au et classé monument historique. Le bâti plus récent, composé uniquement d'habitations individuelles, a été édifié le long des deux axes routiers desservant la commune (RD937a et RD320). Plusieurs hameaux et lotissements complètent l'habitat : une zone pavillonnaire dans le quartier du Boutariq, une autre à l'extrémité est de la commune, le hameau de La Montagne situé le vallon du Rif Lauzon à 2,5 kilomètres au nord du village et celui de La Plaine dans la plaine du Petit Buëch. Il existe par ailleurs des maisons isolées dispersées jusqu'en moyenne montagne.
Typologie
Au , Montmaur est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Gap, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols vignette|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (86,2 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (83,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (50,1 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (18,9 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (17,2 %), zones agricoles hétérogènes (8,8 %), prairies (3,9 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (0,5 %), mines, décharges et chantiers (0,5 %)..
L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)..
Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous la forme latine Monsmaurus en 1120. Il appartient à toute une série de toponymes en Mont- au sens ancien de « colline », moderne « mont », éventuellement « montagne ».
En outre, les noms en Mont- sont souvent suivis d'une épithète indiquant la couleur. L'adjectif maur (occitan), mor (ancien français) avait autrefois le sens de « noir ». Le sens global est donc celui de « mont noir ». Homonymie avec Montmort (Marne, Mons Maurus en 1042)
Les types Montner « mont noir », Monblanc, , Montrouge, Montvert, Montauban, etc. sont construits selon le même principe.
Histoire
Entre histoire et légende : la possible présence sarrasine La légende veut que le village doive son nom aux Maures, or il n'en est rien (voir rubrique Toponymie). Il contient d'ailleurs une tour appelée, à tort ou à raison, Tour sarrasine.
Sur ce sujet controversé, il est prudent de se réfugier derrière l'autorité de Joseph Roman, auteur en 1887 d'un Tableau historique des Hautes AlpesTableau historique des Hautes Alpes.. Il écrit : .
Pour Gustave Le Bon, l'origine sarrasine ne fait aucun doute :
.
Seigneurs de Montmaur Solidement adossée à la montagne d'Aurouze, dotée, en ses hameaux, d'une vue sur les vallées voisines, Montmaur offre des possibilités militaires qui attirent des lignées de seigneurs hauts en couleur aux biographies souvent peu édifiantes. Les châteaux se succèdent, et celui que l'on visite aujourd'hui n'est pas le premier, comme en témoigne la présence de la tour en ruine dite sarrasine.
Dès 1265 Montmaur est qualifiée de baronnie ; elle était la quatrième parmi les quatre grandes baronnies anciennes du Dauphiné, dont les titulaires avaient le privilège de siéger aux états provinciaux en tête du corps de la noblesse. Les barons de Montmaur avaient la charge héréditaire de grands veneurs du Dauphiné.
Guillaume Artaud, seigneur de Saint-André-en Beauchêne, eut de Béatrix de la Roche, dame de Trets, fille de Sibille, dame de Trets et du Revest et de Raimond de Montauban, Raymond de Montauban, viguier de Marseille (1352-1353)Gérin-Ricard, Actes, .. Béatrix institua, par testament du ibid, ., ses fils Dragonet et Raymond de Montauban ses héritiers. Raymond devint seigneur de Trets, de Montmaur et du Revest.
Chronologie Du 9 au , Humbert II séjourne à Montmaur. 1300 : les soldats de Raymond de Turenne, révoltés contre le comte de Provence, dévalisent, à Montmaur, des marchands piémontais. 1405 : Geoffroy le Meingre, dit Boucicaut, gouverneur du Dauphiné, veut restreindre le droit de chasse du baron de Montmaur, et, pour avoir raison de sa résistance, fait le siège de son château. Les seigneurs du Gapençais prennent les armes et forcent le gouverneur à se retirer. 1756 : Montmaur ravagée par un incendie. 1786 : Montmaur ravagée par une épidémie.
Guerres de Religion et persécution des protestants
Guillaume Farel, de Gap à Genève Montmaur et ses environs immédiats (Gap, Furmeyer, Veynes) constitue un très haut lieu de la Réforme.
Le théologien réformateur Guillaume Farel, est originaire de Gap. Parti étudier la théologie à Paris à l'âge de vingt ans, il fréquente des théologiens dissidents, puis le cénacle de Meaux, qui se propose d'améliorer l'étude de la Bible sans pour autant, au départ, chercher à rompre avec l'Église catholique romaine. À cette époque, le nom de Luther est inconnu. Il s'agit de cercles purement français qui n'imitent personne.