L’aérodrome de Futuna Pointe Vele est un aérodrome français situé sur l'île de Futuna dans la collectivité d'outre-mer de Wallis-et-Futuna, Il se trouve dans le village de Vele au sein du royaume coutumier d'Alo. Il est composé d'une seule piste en herbe inaugurée en 1970, bitumée en 1987 et revêtue d'asphalte en 2008.
L'unique liaison aérienne relie Futuna à Wallis (aéroport de Wallis-Hihifo). La ligne est exploitée par l'Union de transports aériens à partir de 1970, puis par Air Calédonie, puis confiée à Aircalin à partir de 1987, avec un puis deux avions Twin Otter, qui peuvent décoller et atterrir uniquement de jour et dans de bonnes conditions météo. Chaque vol transporte une douzaine de passagers maximum. La liaison aérienne est notamment empruntée par les élèves futuniens étudiant à Wallis, les pèlerins se rendant à Futuna au sanctuaire de Pierre Chanel, ainsi que par les Futuniens résidant en Nouvelle-Calédonie. Les évacuations sanitaires aériennes sont également nombreuses. Le prix des billets (fixé par l'Assemblée territoriale) ne permettant pas de couvrir les coûts d'exploitation, la ligne est déficitaire depuis son inauguration. En conséquence, une subvention d'équilibre est versée chaque année par l’État français et la collectivité à la compagnie aérienne.
Le vent, les avaries techniques ou le manque de personnel entraînent régulièrement des annulations de vol, bloquant les passagers pendant plusieurs jours sur place. Des projets d'agrandissement de la piste, qui permettrait d'y faire atterrir un avion ATR 42, sont en discussion depuis la fin des années 2010, mais sont entravés par l'opposition des familles résidant aux abords de la piste.
Histoire
Contexte Montagneuse et dépourvue de lagon, Futuna est une île très difficile d'accès. Seule l'anse de Sigave permet un accès aux navires par temps calme. Elle est donc historiquement isolée des autres îles et territoires voisins (Wallis, Tonga, Fidji). Après la conversion au catholicisme des habitants dans les années 1840, l'île est rattachée à Wallis dans le protectorat de Wallis-et-Futuna en 1888. Futuna est délaissée pendant la Seconde Guerre mondiale : alors que Wallis est investie par l'armée américaine, qui y construit de nombreuses infrastructures (notamment le futur aéroport de Wallis-Hihifo), Futuna reste à l'écart. Une importante émigration de travail vers la Nouvelle-Calédonie se renforce à partir des .
En 1961, Wallis-et-Futuna devient un territoire d'outre-mer français. Les services publics et les infrastructures se développent, et les premiers fonctionnaires métropolitains arrivent à Futuna. Pour Claire Moyse-Faurie et Frédéric Angleviel, c'est leur présence qui entraîne la mise en place d'une desserte aérienne. Jusque-là, le ravitaillement de Futuna par avion s'effectue en larguant un sac de courrier et de vivres sur le plateau de Mauga, descendus à dos d'homme.
Une liaison maritime existe dans les , assurée par la Compagnie Wallisienne de Navigation, entre Nouméa, Fidji, Wallis et Futuna. Un cargo transporte à la fois des passagers, des marchandises, des hydrocarbures et quelques produits exportés. Toutefois, la fréquence est faible (une fois par mois) et le nombre de places est insuffisant lors des grandes fêtes coutumières ou pèlerinages qui voient se déplacer de nombreux Futuniens et Wallisiens.
Années 1970-1980 La piste d'atterrissage est créée vers 1968 dans le village de Vele, dans le royaume coutumier d'Alo, seul endroit pouvant accueillir un aérodrome sur cette l'île très montagneuse. La piste, en herbe, est officiellement inaugurée le . Elle mesure alors . La liaison aérienne entre Futuna et Wallis est subventionnée par l’État français.
La construction de la piste entraîne la disparition d'un site archéologique où des poteries sont trouvées par Bruce Biggs en 1974. vignette|De la création de l'aérodrome jusqu'en 1986, un Britten-Norman Islander (image d'illustration) est utilisé pour relier Futuna à Wallis. À partir de 1969 ou de selon les sources, la liaison avec Wallis est assurée par un appareil Britten-Norman islander (BN-2 huit places) par l'Union de transports aériens, à raison de trois rotations par semaine. En 1983, Air Calédonie exploite la ligne, qui est empruntée par . Dans les , la fréquentation avoisine par an. C'est trois fois plus que le nombre de passagers par voie maritime.
En 1984, Jean-François Dupon juge que .
Un Twin Otter, le Ville de Paris, est cédé par la France à la collectivité de Wallis-et-Futuna en 1986 pour la desserte de et vers Futuna, à la suite de la visite de Jacques Chirac, alors maire de Paris, sur le territoire. En 1987, la piste de l'aérodrome est bitumée. La même année, la compagnie Air Calédonie International (Aircalin) est chargée de l'exploitation de la ligne vers Wallis. En 1997, la desserte maritime prenant fin, l'aérodrome de Futuna devient l'unique point d'entrée et de départ pour les passagers.
Années 2000 vignette|Le DHC-6 Twin Otter "Ville de Paris" à l'aéroport de Wallis-Hihifo en 2017. En 2000, la piste en herbe est balisée. En 2002, les liaisons aériennes passent de cinq aller-retours par semaine entre Wallis et Futuna à huit aller-retours, sans compter les évacuations sanitaires.
Le Service d’État de l’Aviation Civile (SEAC) de Wallis-et-Futuna est créé en et gère les aérodromes du territoire ; jusqu'à cette date, c'est le SEAC de Nouvelle-Calédonie qui s'en charge.vignette|L'ATR 42-500 F-OIPI de la compagnie Air Calédonie à l'aéroport de Magenta. Un projet d'agrandissement de la piste de l'aérodrome de Futuna pour y faire atterrir ce type d'appareil est en discussion depuis les années 2010. D'importants travaux ont lieu en 2008 : la piste est allongée à et dotée d'un revêtement. La salle d’attente est également rénovée. L'objectif est de permettre à des avions plus grands, les ATR 42, d'y atterrir. Un tel appareil pourrait transporter jusqu'à quarante passagers entre Wallis et Futuna. Les riverains vivant à proximité sont en partie relogés à l'occasion des travaux, même si plusieurs familles habitent encore à une trentaine de mètres de la piste. En conséquence, la piste n'est pas homologuée et les Twin Otter restent de mise. La relocalisation des quelques familles vivant aux abords de la piste est de nouveau étudiée dix ans plus tard. Cette solution est rejetée par les riverains en 2017, 2020 puis en 2021, suscitant la désapprobation de la population futunienne. Le droit coutumier en vigueur à Wallis-et-Futuna concernant le foncier exclut toute propriété privée, ce qui interdit l'expropriation ou le rachat des terres. Les habitants ne peuvent donc pas être expulsés de leurs habitations.
En 2008, un deuxième Twin Otter, le , est loué par Aircalin, afin d'assurer le service en cas de panne de l'autre appareil. Cette même année, une nouvelle règlementation rend obligatoire la présence à bord d'un canot de sauvetage, ce qui réduit le nombre de passagers pouvant embarquer dans l'avion.
Durant sa visite sur le territoire en 2016, le président de la République française François Hollande annonce l'ouverture d'une liaison aérienne directe entre Futuna et Fidji par Fiji Airways. Cette liaison n'est toujours pas assurée.
En 2018, après dix ans de service, un des anciens Twin Otter opérés par Aircalin, le , est remplacé par un nouveau Twin Otter 400, le F-Ovea. En 2020, le Ville de Paris est envoyé en Suisse pour des travaux de rénovation et de modernisation financés par le territoire () ; il revient sur le territoire huit mois plus tard.
En raison de la pandémie de Covid-19 à Wallis-et-Futuna, l'administration supérieure décide de suspendre tous les vols au départ et à l'arrivée de Wallis le , et les vols intérieurs sont suspendus sauf motif impérieux. Un mois plus tard, alors que le coronavirus ne circule pas, le , l'administration lève les principales restrictions, ce qui permet la reprise des vols inter-îles. L'aéroport de Futuna connaît une baisse de 11 % de sa fréquentation par rapport à 2019, ce qui est bien plus faible que pour la majorité des aéroports français. La baisse est cependant davantage marquée en 2021, avec , ce qui représente 67,6 % du trafic de 2019.
Liaison Futuna-Wallis vignette|Embarquement de passagers pour Futuna à bord du Manulele à l'aéroport de Wallis Hihifo en .
L'aérodrome est sous la tutelle administrative et technique du service d’État de l'aviation civile à Wallis-et-Futuna depuis 2006 ; il est exploité par le service territorial des travaux publics (STP). vignette|Décollage depuis l'aérodrome de Futuna en 2017. L'unique liaison aérienne se fait vers l'île de Wallis (aéroport de Wallis-Hihifo), d'où partent les vols vers la Nouvelle-Calédonie (aéroport de Nouméa-La Tontouta). Elle est assurée par la compagnie Aircalin depuis 1987. Il s'agit de l'unique moyen de transport régulier entre Futuna et Wallis, la desserte maritime de passagers s'étant arrêtée en 1997. La ligne est empruntée par les élèves futuniens étudiant à Wallis ( par an à la fin des ), les pèlerins venant au sanctuaire de Pierre Chanel à Poi, les évacuations sanitaires ou les Futuniens résidant en Nouvelle-Calédonie. Le tourisme est très peu présent.
Les vols transportent les passagers, les évacuations sanitaires, le fret et le courrier. Ils sont réalisés par deux Havilland Canada DHC-6 Twin Otter 300, le (jusqu'en 2018) et le Ville de Paris. Chaque appareil a une capacité d'une douzaine de passagers, emportant chacun maximum de bagages. Parce que l'avion doit emporter ses réserves de carburant pour aller à Futuna, il peut embarquer seulement douze passagers à Wallis, mais quatorze en rentrant de Futuna. Afin de ne pas dépasser la capacité de charge opérationnelle de l'avion, les passagers sont pesés avec leurs bagages avant d'embarquer. Le fret représente une part très marginale du poids emporté ( par vol en 2006). Les évacuations sanitaires sont réalisées par Aircalin, mais aussi par Air Alizée et, ponctuellement, par des Casa CN-235 de l'armée française.
En 2018, les deux avions utilisés ont 42 et . En dépit du faible nombre d'heures de vol par jour (environ trois heures et demie), il est nécessaire d'avoir deux appareils, car ils (les règles des autres territoires polynésiens voisins de Wallis-et-Futuna n'étant pas les mêmes que les règlementations européennes). Quand ils ne volent pas, les deux appareils sont abrités dans des hangars situés sur l'aéroport de Wallis-Hihifo.
Trafic
En 1978, l'aéroport a vu transiter
En 1983, l'aéroport a vu transiter . En 2001, l'aéroport a vu transiter En 2002, l'aéroport a vu transiter En 2003, l'aéroport a vu transiter En 2004, l'aéroport a vu transiter
En 2009, l'aérodrome a vu transiter , de fret et d’envois postaux via commerciaux.
En 2010, le trafic était de , de fret et de poste via un total de commerciaux, en diminution par rapport à l'année précédente.
En 2017, le trafic est de , de fret au total, pour commerciaux, soit environ dix passagers par vol (compte tenu de la taille réduite de l'avion).
Financement
Subvention L'aérodrome de Futuna Pointe Vele appartient au territoire (puis à la collectivité d'outre-mer à partir de 2003) de Wallis-et-Futuna. En 2019, le coût de fonctionnement de l'aérodrome s'élève à par an.
Les vols ne sont pas suffisamment nombreux entre Futuna et Wallis pour assurer la rentabilité de la ligne : entre 1975 et 1983, le déficit budgétaire de la ligne est multiplié par trois, atteignant . À cette époque, le coût d'un billet Futuna-Wallis est six fois plus élevé pour l'avion que pour le bateau, et l'économie futunienne, largement tournée vers l'agriculture vivrière, est faiblement monétarisée, ce qui rend les déplacements inter-îles peu accessibles pour la population.