Le soufflet à bouche est le plus élémentaire des soufflets : un tube de bois ou de métal dans lequel on souffle pour attiser le feu.
Terminologie Étant donné son ancienneté et son universalité, le soufflet à bouche est désigné par de multiples termes, selon sa situation géographique et ses variations matérielles : canabuseHaust Jean. Étymologies wallonnes et françaises. In : Revue belge de philologie et d'histoire. Tome 1 fasc. 3, 1922. pp. 449. Consulter en ligne. ou sarbacane, ou soufflette (en wallon, soflète, sofla, soffletteBibliothèque de la Faculté de philosophie et lettres de l'Université de Liège. Les Belles Lettres, 1962.), ou diable, ou souflet à canon, ou bouffadou (Occitanie)Catherine Arminjon, Nicole Blondel. Objets civils domestiques : principes d'analyse scientifique, vocabulaire ; Ministère de la Culture, Inventaire Général des Monuments et des Richesses Artistiques de la France, 1984., ou chalumeau, cette liste n’est pas exhaustive.
Le soufflet à bouche peut aussi désigner une catégorie d'outils scientifiques qu'on appelle tube de soufflage ou chalumeau (en anglais blowpipe) : cet instrument projette une flamme stable contre la surface d'un minéral et permet ainsi de révéler la présence de certains métaux au-delà de la gangue de terre et d'oxydes qui les recouvre. Redécouvert par Berzelius, l'ingénieur suédois Swab en popularise l'usage parmi les géologues et les chimistes à partir de 1740 : ainsi, Antoine Lavoisier, Edward Daniel Clarke, Robert Hare, Axel Fredrik Cronstedt et Goldsworthy Gurney découvrent par expérimentation le rôle de l'oxygène et de l'hydrogène comme comburants pour augmenter l'action du feu dans les opérations de transformation chimiques, notamment dans l'analyse des minéraux
Description Le soufflet à bouche est constitué d'un long tube en fer ou en bois d'un mètre environ, ou quelquefois par un canon de fusil sans culasse. On souffle à une extrémité, dont la forme est éventuellement aménagée, comme pour une trompette, pour recevoir les lèvres. L'autre extrémité est plongée dans les braises de l'âtre. Le soufflet peut se terminer par une pointe, une fourche ou une spatule et combiner la fonction de soufflet avec celle de fourche d'âtre, de pelle ou de pincettes. C'est donc à ce type, amélioré par sa combinaison avec la fourchette à feu qu'appartiennent les « grappins » maconnaisSuzanne Tardieu. La vie domestique dans le Mâconnais rural préindustriel. Institut d'ethnologie, 1964..
L'origine de l'objet est très ancienne. Certaines représentations égyptiennes le montrent : on voit en effet sur un fourneau dans l'une des tombes de Gournah à Thèbes « un vase au travers duquel paraît suinter un liquide et un personnage debout auprès du fourneau est occupé à activer le feu au moyen d'un soufflet à bouche ou chalumeauMémoires de la Société Nationale des Antiquaires de France, Volume 22 Société Nationale des Antiquaires de France. Soc., 1855. Consulter en ligne. ». Les Égyptiens se servent du roseau pour faire des flûtes, des flèches, des treillages, des tubes à l'usage des soufflets de forgeLoret, Victor. La flore pharaonique d'après les documents hiéroglyphiques et les spécimens découverts dans les tombes, 1859-1946. Paris, E. Leroux, Consulter en ligne.. La technique pourrait aussi être utilisée à l'âge du bronze, dans les Bouches-du-Rhône, pour les travaux de métallurgieThibault Lachenal. Tuyère, buse de soufflet ou de chalumeau ? Élément céramique lié à la métallurgie du Bronze ancien découvert à Velaux (Bouches-du-Rhône). Consulter en ligne..
Voir aussi Articles connexes Bouffadou Soufflet (outil) Tisonnier Canne de verrier sarbacane Notes et références
Catégorie:Accessoire de foyer Catégorie:Outil Catégorie:Appareil de ventilation Catégorie:Air comprimé