est un opéra de chambre en 1 acte et 16 scènes, pour orchestre (quintette à cordes) et 2 solistes, composé en 2000 par Philip Glass, sur un livret de d'après la nouvelle de Franz Kafka, La Colonie pénitentiaire. C'est une commande du de Seattle. La première mondiale a eu lieu le Seattle's ACT Goes In the Penal Colony w/ Glass-Akalaitis World Premiere Aug. 31-Oct. 1 par Christine Ehren sur le site Playbill.com, sous la direction musicale d'Alan O. Johnson Notice biographique sur le site de la Frost School of Music, University of Miami et la mise en scène de JoAnne Akalaitis (ex-femme du compositeur), en coproduction Adapting the Horrors Of a Kafka Story To Suit Glass's Music (page 2) par JoAnne Akalaitis dans le New York Times du 10 juin 2001. avec le Court Theatre de l'Université de Chicago qui le joua à partir du jusqu'au de la même année In the Penal Colony sur le site du Court Theatre..

L’œuvre est ensuite jouée au Classic Stage Company Season Archive sur le site du Classic Stage Company. de New York (théâtre Off-Broadway) le Kafka's Pen? A Branding Iron par Ben Brantley dans le New York Times du 15 juin 2001. Colony Cruel And Unusual par Robert Dominguez dans le New York Daily News du 20 juin 2001., à l'Opéra national de Lyon le pour la première française Présentation et livret sur le site de l'Opéra national de Lyon. , au Théâtre des Arts de Rouen, à l'occasion du festival Automne en Normandie, le In the Penal Colony sur le site planet opera., à la Royal Opera House (Linbury Studio Theatre In the Penal Colony, Music Theatre Wales, Linbury Theatre par Michael Church dans le quotidien The Independent du 16 septembre 2010.) de Londres le pour la première anglaise Philip Glass: I'm drawn to Kafka's darkness par Ivan Hewett dans le Daily Telegraph du 12 septembre 2010. In the Penal Colony par Guy Dammann dans le Guardian du 19 septembre 2010. An experience In the Penal Colony par Anne Ozorio sur le site Opera Today, au Theater der Kunste de Zurich durant trois jours à partir du , à l'occasion d'un Philip Glass Festival, pour la première Suisse Programme du Festival Brochure du Zürcher Kammerorchester et au NIDA (Parade Playhouse) de Sydney le sous la direction de Huw Belling pour la première australienne Sydney Chamber Opera through a Glass darkly par Melissa Lesnie dans le magazine Limelight du 5 avril 2012. Redemption, through Glass, darkly par Peter McCallum dans le journal australien The Age du 9 avril 2012..

Conception

Fervent admirateur de la culture européenne, Philip Glass découvre La Colonie pénitentiaire de Kafka alors qu’il est encore étudiant à l’Université de Chicago ; plusieurs dizaines d’années s’écoulent avant qu’il ne se décide à franchir le pas et à en tirer un opéra:

Il propose alors l'idée à JoAnne Akalaitis:

Comme pour l'histoire, c'est lui qui a choisi l'équipe artistique et les interprètes principaux.

Argument

Un explorateur de grande valeur, dont on ne connaîtra pas le nom, visite une île éloignée constituant la colonie pénitentiaire d'un pays puissant (on ne saura pas lequel). Il est invité à participer à une exécution publique. Celle-ci est effectuée par un appareil étrange développé par le défunt commandant de l'île. L'appareil est manipulé par un officier de l'île. Le but est d'inscrire dans la chair le motif de la punition et après un spectacle sanglant, l'accusé meurt finalement. L'officier est un défenseur de l'appareil, malgré le nombre croissant de détracteurs, dont le nouveau commandant. Il espère que le voyageur sera impressionné par la machine et y sera favorable, ce qui ne sera pas du tout le cas. Quand l'officier remarque qu'il ne pourra pas convaincre son visiteur, il libère le condamné et prend sa place après quelques réarrangements. L'appareil se met en route et semble se soulever et s'accélérer. Le décès intervient beaucoup plus vite que d'ordinaire, l'appareil se détruit de lui-même Notes de dramaturgie par Richard Brunel (page 5) Brochure de l'Opéra de Rouen Haute-Normandie. .

Personnages

RôleType de voixDistribution à la création, Direction : Alan O. JohnsonL’Officierbaryton-basse Herbert PerryLe VisiteurténorJohn DuykersLe Soldatrôle parléSteven M. LevineLe Condamné rôle muetMatt SeidmanKafkarôle muetJose Gonzales

Structure

Prologue – Scène 1

Invité dans la colonie pénitentiaire pour assister à une procédure d’exécution, Le Visiteur exprime sa perplexité et son peu d’intérêt pour la machine utilisée. La personne même du Condamné, soumis « comme un chien », sans « volonté propre », le laisse dubitatif.

Scène 2 – Scène 3 – Scène 4

L’Officier chargé des exécutions annonce que tout sera bientôt prêt. Puis il décrit minutieusement la machine à exécuter les condamnés, mise au point par son maître, l’ancien commandant de la colonie pénitentiaire. La machine se compose de trois parties : le lit, la dessinatrice et la herse qui, avec ses aiguilles métalliques, grave dans la chair même du condamné la loi qu’il a enfreinte. Le Visiteur exprime son malaise : Le Condamné ignore la sentence et n’a pas la possibilité de se défendre. Le Visiteur ne remet pas en cause la validité de « mesures singulières » mais estime qu’il y faut des changements, promis par le nouveau commandant, inconcevables pour L’Officier.

Scène 5 – Scène 6

L’Officier, qui est aussi juge dans la colonie, expose sa conception de la justice : « la culpabilité ne fait jamais de doute », et son opiniâtre opposition aux idées du nouveau commandant. Il explique également que l’homme condamné s’est rendu coupable d’insubordination face à un supérieur. Puis il continue à décrire le fonctionnement de la machine, les aiguilles qui servent à écrire et celles qui projettent de l’eau pour évacuer le sang.

Scène 7 – Scène 8

L’Officier évoque encore tous les talents de l’ancien commandant – soldat, juge, ingénieur, chimiste, cuisinier, architecte, dessinateur... Il montre au Visiteur ses dessins servant de modèle aux gravures de la machine à tuer. Il poursuit sa description de l’exécution, fasciné : « Un spectacle qui pourrait vous séduire, vous tenter de le rejoindre, oui de le rejoindre sous la herse. » Le Condamné a été installé par un Soldat sur la machine. Mais une sangle attachant son poignet a rompu.

Scène 9 – Scène 10

L’Officier se plaint des restrictions budgétaires imposées par le nouveau commandant et qui ne lui permettent pas d’entretenir la machine comme il le faudrait. Se sentant extérieur à cette colonie pénitentiaire, Le Visiteur hésite à intervenir sur la justice qui y est rendue ; mais, en tout état de cause, il estime cette exécution injuste et inhumaine. Pourtant à la question de L’Officier sur cette méthode, il demeure neutre, arguant de son statut de simple observateur.

Scène 11

L’Officier évoque l’époque de l’ancien commandant, où les exécutions étaient suivies avec passion par la foule.

Scène 12 – Scène 13

L’Officier a compris que Le Visiteur est là pour cautionner les nouvelles mesures que souhaite prendre le nouveau commandant. Mais Le Visiteur louvoie et minimise son importance. L’Officier lui demande néanmoins de l’aider pour « préserver la tradition ».

Scène 14 – Scène 15

Le Visiteur refuse d’intervenir, bien que se disant touché par la « conviction sincère » de L’Officier . Celui-ci, n’ayant pas convaincu son interlocuteur, fait libérer Le Condamné et prend place lui-même sur la machine ; « si l’ancienne procédure doit être abolie, à sa place je n’agirais pas autrement » commente Le Visiteur .

Scène 16

L’Officier demande au Visiteur d’aller sur la tombe de l’ancien commandant, de regarder l’inscription qu’il a lui-même rédigée : « Ici repose l’ancien commandant. Ses partisans lui ont creusé et consacré cette tombe. Une prophétie affirme que d’ici quelque temps, le commandant ressuscitera et conduira ses partisans à la reconquête de la colonie. Ayez foi, espérez. » Puis il se prépare pour sa propre exécution : « Que la herse monte et descende, que les aiguilles dansent sur ma peau. » Mais la machine se détraque, L’Officier pousse un cri, une pointe lui a traversé la boîte crânienne.

Épilogue

Le Visiteur : « Je me suis forcé à regarder son visage, ses lèvres serrées, ses yeux ouverts, la même expression que de son vivant. Son regard était calme et convaincu malgré le long poinçon qui lui traversait le front. Il est clair qu’il n’a jamais trouvé dans la machine ce que tous les autres y avaient trouvé. Aucun signe de rédemption, aucun. » Il reprend le bateau pour quitter la colonie pénitentiaire.

Discographie

The Music Theater Wales Ensemble dirigé par Michael Rafferty, enregistré dans les Studios d’enregistrement Angel de Londres les 27 et . Orange Mountain Music (2012).

Références

Liens externes Historique des productions depuis 1965 sur le site officiel du ACT Theatre de Seattle. In the Penal Colony sur le site officiel du Sydney Chamber Opera. Présentation et livret sur le site de l'Opéra national de Lyon . In the Penal Colony Présentation sur le site de l'Opéra de Rouen Haute-Normandie . In the Penal Colony sur le site de l'Ircam. In the Penal Colony sur le site du compositeur.

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