Tallard (Talar en provençal alpin) est une commune française située dans le département des Hautes-Alpes, dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Ses habitants sont appelés les Tallardiens.

Géographie Localisation La commune est située à au sud de Gap, au bord de la Durance, au point où celle-ci, sortant d'une série de défilés creusés dans les marnes, s'oriente progressivement vers le sud pour aborder une zone moins encaissée, où les cultures s'étendent dans la plaine alluviale, de part et d'autre de la rivière, jusqu'à Sisteron. Cette situation en fait une place de contrôle naturelle des circulations venant du sud.

Sur tout le cours de la Durance, Tallard est une des rares communes dont le territoire est situé de part et d'autre de la rivière. La commune est cependant beaucoup plus étendue sur la rive droite, zone de basses collines arrosée par le Rousine, petit affluent de la Durance qui conflue à la pointe sud de la commune.

À Tallard même, la Durance est particulièrement calme, régulée par le barrage de Serre-Ponçon, situé à une vingtaine de kilomètres en amont, et délestée de la majeure partie de son débit par le canal de Ventavon, dont la prise est juste au-dessus de Tallard, et surtout par le grand canal EDF, souterrain depuis Rochebrune, qui se jette dans la Durance juste au sud du village.

Communes limitrophes

Huit communes sont limitrophes de Tallard, dont deux appartenant au département limitrophe des Alpes-de-Haute-Provence :

Voies de communication et transports Tallard est située à la jonction de deux axes majeurs de desserte de la région : la route nationale 85 venant de Grenoble par Gap, prolongée au sud par l'autoroute A51 vers Sisteron et Marseille, et la départementale 942, qui draine les circulations en provenance de l'Ubaye (Barcelonnette) et de la haute Durance (vers Briançon), traverse le village de Tallard, et rejoint la peu avant l'entrée de l'autoroute.

Le territoire communal est également traversé par les routes départementales 45 (vers Châteauvieux), 46 (reliant le centre-ville à Neffes et à Gap vers l'ouest, puis de la à Curbans à l'est de la commune, en direction du sud), 346, et à l'ouest de la les vers Fouillouse et 219 vers Sigoyer.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Alpes du sud, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 850 à , minimale en été. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique installée sur la commune est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Urbanisme Typologie Au , Tallard est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Tallard, une agglomération intra-départementale dont elle est ville-centre.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Gap, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (58,9 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (61,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (31,3 %), forêts (23,6 %), terres arables (22,1 %), zones urbanisées (5,9 %), cultures permanentes (5,5 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (5,2 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (3,6 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (2,8 %)..

L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Talarno et Talarnum en 739, Tallardum en 1271Ernest Nègre - Toponymie générale de la France - page 131 - ..

Talard en occitan.

Du gaulois talo, signifiant « front », et qui a donné le français « talus » ou du gaulois « talla », signifiant « terre », ce nom pouvait signifier « terre haute », en référence à sa situation géographique d'alors, sur le flanc de la colline au nord du village actuelTallard, cité pour la 1ère fois dans une charte du VIIème.

Histoire vignette|Château de Tallard. Préhistoire On a retrouvé au un dolmen près de l’aérodrome, dont une des pierres est exposée au Musée départemental de Gap. Ce qui témoigne d’une population présente dès la fin de la préhistoire.

Antiquité

Moyen Âge Entre le et le , les Sarrasins venus de Provence étaient redoutés pour piller et saccager sur leur passage. Après de nombreuses exactions, dont l'attaque de Mayeul de Cluny, en 974, ces Sarrasins furent décimés par Guillaume de Provence, et chassés définitivement de la région.

Sous le règne des princes d’Orange, les Tallardiens descendent dans la vallée et élevèrent une tour en bois en haut d'une butte, tour de défense, sous laquelle la population se réfugia peu à peu, pour se protéger mais aussi pour son côté pratique en matière de commerce. C'est plus tard l’emplacement du châteauLe Vieux Bourg de Tallard.

À partir du , Tallard se protège des brigands et des voleurs en élevant des remparts, dont on peut voir encore les traces. Le Reynaudia (ruisseau qui vient du nord) encercle les remparts et des portes qui venaient s'appuyer contre les murailles permettaient de pénétrer dans le village. L'entrée se faisait à la Porte Belle, dont demeure la maison du gardien. C'est lui qui autorisait ou interdisait le droit de passage dans le villageTallard, Histoire.

Les princes d’Orange accordent une charte de liberté aux Tallardiens en 1209. Les Tallardiens gardent les clés de la ville. Dans la guerre de l’Union d'Aix, son successeur Louis de Trians se rallie aux Angevins en 1385, après la mort de Louis (note 55)..

Les Hospitaliers

En 1215, Tiburge, veuve du prince d’Orange et son neveu vendent tous les droits et la seigneurie de Tallard aux Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem qui pratiquent la charité, en tant qu'ordre militaire et religieuxChâteau de Tallard. Les moines-soldats protègent les pèlerins et les voyageurs. Leur commanderie siège pendant Notice historique sur l'ancienne communauté de Tallard. En 1326, les Hospitaliers échangent Tallard contre le comté d'Alife (royaume de Naples). Arnaud de Trian, neveu du pape Jean XXII et jusque-là comte d'Alife, devient donc à partir de cette date, vicomte de Tallard..

Le château Arnaud de Trian (1280-1350) fut le premier seigneur de Tallard. Il va créer une imposante forteresse, avec l’édifice préexistant à savoir le corps de logis seigneurial flanqué de tours notamment du donjon. Sa petite-fille Anne de Trians, seule héritière, épousa en 1375 Antoine de Sassenage. Ils deviendront les nouveaux seigneurs de Tallard. Leur fille unique, Françoise, épousera en 1439 Antoine de Clermont, issu d'une grande famille du Dauphiné. vignette|Le château de Tallard au illustré par Alexandre Debelle (1805-1897). Héritier du château, Bernardin de Clermont (1440-1522), qui épousa la riche héritière Anne de Husson-Tonnerre en 1496, va agrandir le château en y ajoutant la salle des corps de garde, la chapelle seigneuriale, le châtelet d’entrée, le parc de la Garenne et les écuries du château qu’il va faire construire en dehors du château, dans le village médiéval, par manque de place. Durant les guerres de Religion, les Clermont s’exilent ; le château est mis sous la gouvernance de Bonne d’Auriac.

Après avoir été la cible de de combat, le château a été affaibli. En 1600, Catherine de Bonne d’Auriac (1550-1636) racheta le château, puis son fils Camille d'Hostun (1652-1728), héritier par sa mère, va en être le nouveau propriétaire. Il est maréchal de France sous Louis XIV et n’est pas souvent présent au château. En 1692 le Duc de Savoie, ennemi de Louis XIV, attaqua le château et le village avec ses troupes ; le château va être quasiment détruit et sera laissé à l’abandon jusqu’en 1897, où Joseph Roman, un historien archéologue, le racheta. Il va classer la chapelle Monument historique, va mettre une toiture d'appoint sur la salle du corps de garde pour éviter qu’elle ne s’abîme, et va reboiser le parc de la Garenne.

En 1927, Blanche de Clermont Tonnerre, qui passait dans les Alpes, apprend que ce château appartenait à ses aïeux et le racheta. Elle s’installe à Tallard avec sa petite-nièce, Marie-Christine de Bourbon Sicile. À sa mort en 1944, sa nièce hérite mais elle n’a que et elle est éduquée ailleurs. Dans les années 1950, le prêtre Richard Duchamblo demeurant à Tallard, soucieux du patrimoine de la ville, décide de sauver le château ; il retrouve la petite-nièce de Blanche de Clermont Tonnerre. Il faudra attendre sa majorité () pour que la commune rachète le château en 1957.

À compte de cette date, des restaurations sont entreprisesLes Travaux de restauration du château de Tallard (1986-1988), Alain Tillier, Bulletin de la Société d'études des Hautes-Alpes, 1990, imprimerie Louis-Jean 1961 : la toiture de la salle du corps de garde est refaiteRéfection de la couverture du « Corps de Garde », Pierre Lotte, Imprimerie Ribaud Frères,1962 ; 1964 : restauration de la chapelle Saint-JeanLa Chapelle du Château de Talalrd, Jean-Claude Rochette et Jean-Yves Bourdeaux, Imprimerie Ribaud frères, 1966 ; 1968 : consolidation du cœur du logis seigneurial, puis classement de l'ensemble du château en 1969 ; 1988 : restauration de la tour des escaliers ; 1999 : restauration des courtines ; 2012 : début des travaux de restauration de la salle souterraine à la salle des gardes.

Le village