Un influenceur ou une influenceuse, dans la culture numérique et plus particulièrement d'Internet et des plateformes de contenu et de réseaux sociaux, est une personne qui, par son statut, sa position ou son exposition médiatique, s'estime capable d'agir comme relais d'opinion influençant les habitudes de consommation parfois dans un but de manipulation à visée mercatiqueRepresa M., « Les influenceurs, nouveaux gourous du digital », L'Express, ..
Dans ce dernier cas, l'influenceur est sollicité par une ou plusieurs marques, les entreprises ou autres entités pour faire passer des messages à sa communauté d'abonnés, de suiveurs (en anglais : followers) et d'approbateurs (en anglais : likers), ceci dans le cadre d'actions publicitaires plus ou moins clairement annoncées par l'influenceur. L'influenceur travaille surtout sur les réseaux sociaux ; il influence (d'où son nom) son public via ses comptes Facebook, Instagram, TikTok (en Occident) ou encore en tant que vidéaste web sur une plateforme de vidéos en ligne populaire, telle que YouTube dans le monde occidentalInfluenceurs, définition, suremarketing.fr. L'influenceur, qui se présente souvent comme « créateur de contenu multimédia » se met en scène pour promouvoir des produits, lieux, biens ou services ; il décrit, écrit et partage son quotidien avec sa communauté via différents supports : articles de blog, publications Instagram, vidéos YouTube, stories ou encore vidéos ou photos Snapchat. Il se fait intermédiaire entre les entreprises et leurs potentiels clientsRevel C., « Diplomatie économique multilatérale et influence », Géoéconomie, , , , 2011..
Définition et cadre juridique
Selon Larousse, un influenceur est une
Cadre juridique en France
En France, les pouvoirs publics ont souhaité remédier aux principaux problèmes de la profession (manque de transparence sur la publicité, manque d'organisation de la profession, pratiques douteuses concernant notamment la chirurgie esthétique) grâce à une proposition de loi examinée au parlement en 2023... Ainsi une proposition de loi transpartisane portée par le député Renaissance Stéphane Vojetta et le député socialiste Arthur Delaporte a été adoptée à l'unanimité en première lecture à l'Assemblée nationale fin .
Définitivement adoptée, la loi française 2023-451 du Elle est modifiée par une ordonnance du modifiant la loi n° 2023-451 du 9 juin 2023 visant à encadrer l'influence commerciale et à lutter contre les dérives des influenceurs sur les réseaux sociaux., afin d'harmoniser certaines dispositions avec les directives européennes sur le commerce en ligne. Le décret 2025-1137 du précise le seuil financier à partir duquel un contrat doit être formalisé par écrit.
Histoire Enzo D'Armenio, dans Essais critiques sur les dispositifs médiatiques contemporains (2021), défend l'hypothèse que l'avènement des réseaux sociaux en ligne a fait émerger une nouvelle économie de la connaissance et des valeurs, fondée sur l'influence par les pairs et l’appréciation collective. Les influenceurs en sont des , médiateurs entre l'entreprise et la communauté de l'influenceur..
Vanessa Bouchara et Adèle Maier (avocates au Barreau de Paris) notent (en 2022) que ; suivis par des milliers à parfois plusieurs millions d'abonnés . Ceci confère aux influenceurs des devoirs et responsabilités particulières, auxquelles ils ont rarement été préparés, notamment en termes de fiscalité et de respect des lois sur la publicité.
Blogueur Avec le développement d'internet, apparaît le blog, parfois appelé cybercarnet ou bloc-notes. C'est un type de site web – ou une partie d'un site web – utilisé pour la publication périodique et régulière d'articles personnels, généralement succincts, rendant compte d'une actualité autour d'un sujet donné ou d'une profession. À la manière d'un journal intime, ces articles ou « billets » sont généralement datés, signés et se succèdent dans un ordre antéchronologique, c'est-à-dire du plus récent au plus ancien.
Au printemps 2011, dénombrait au moins 156 millions de blogs et pas moins d'un million de nouveaux articles de blog publiés chaque jourChiffres obtenus grâce au site Blogpulse, consulté le 18 février 2011..
Un blogueur a le loisir de mélanger textes, hypertextes et éléments multimédias (image, son, vidéo, applet) dans ses billets ; il peut aussi répondre aux questions des éventuels lecteurs-souscriveurs (littéralement, « écrivant dessous »), car chaque visiteur d'un blog peut laisser des commentaires sur le blog lui-même, ou bien contacter le blogueur par courrier électronique Evelyne Broudoux, Philippe Bootz, Jean Clément, Sylvie Grésillaud, Hervé Le Crosnier et al., « Auctorialité : production, réception et publication de documents numériques », La redocumentarisation du monde, rapport PSI Pédauque, 2005.
Réseaux sociaux La société Facebook et les fabricants de téléphones portables s'accordent pour développer le réseau social sur téléphone portable, avant l'arrivée d'Internet sur les smartphones.. Avec l'essor des téléphones portables de type smartphone, les sociétés de réseaux sociaux deviennent omniprésentes, créant la place pour des influenceurs numériques.
De blogueur influent à influenceur Apparu en 2006, l'émergence de blogueur influent n'a pas de définition précise, l'importance d'une audience étant souvent très relative. Un contributeur se voit parfois considéré comme « influenceur » sur Snapchat ou Instagram à partir de ; mais il faut, au moins, pour commencer à obtenir un peu de revenu et pour réellement commencer à gagner l'équivalent d'un salaire d'approximativement par mois ou quelques centaines d'euros par publication. Avec un million d'abonnés, une unique publication Instagram peut se monnayer . Le concept a pourtant eu son importance, les agences publicitaires tentant de dénicher les blogueurs les plus influents afin de leur proposer d'écrire des articles sponsorisés. Ce phénomène a conduit à l'apparition des premiers blogueurs professionnels.. L'Obs précise qu' ; le nombre d'abonnés n'est donc pas l'unique critère, le , mais également celui qui amène un contenu pertinent.
En 2006, le journal Le Monde publie une liste des quinze blogueurs leaders d'opinion sur la toile parmi lesquels Maître Eolas, Loïc Le Meur, Laurent Gloaguen, Tristan Nitot et Étienne Chouard.
Avec le déclin relatif des blogues au profit des réseaux sociaux, le titre de blogueur s'est généralisé sous le vocable « influenceur ».. ou relais d'opinion ; cette tendance apparait au milieu des années 2010.
En 2019, Emery Doligé sort un livre sur le sujet : T'ar ta gueule à la récré (Confessions d'un influenceur), aux éditions Mareuil...
Une influenceuse virtuelle française, en 3D, est dotée d'un compte sur Instagram depuis le printemps 2021..
Influenceurs et intelligence artificielle Dans une société de l'information qui, selon Venkatesh Shankar, évolue vers une société de plus en plus pilotée par des algorithmes, depuis le milieu des années 2010 environ, le monde du marketing de l'influence (puis de la publicité en ligne) qui utilise les influenceurs ont beaucoup et rapidement évolué, au point de faire craindre à certains des évolutions dystopiques.
Les acteurs de la publicité et plus largement du « marché de l'influence » des consommateurs (estimé en 2022 à 15 milliards de dollars) sont de plus en plus assisté par l'IA (Intelligence artificielle), et certains cherchent à tirer encore davantage parti de l'IA.
Sean Sands, Colin L. Campbell et ses collègues, en , ont publié une étude sur la manière dont les consommateurs réagissent aux stratégies d'influence pilotées par l'IA, comparativement à leurs réactions face aux influenceurs humains (dans le contexte d'Instagram). Ils ne trouvent . Les auteurs concluent qu' et notent qu'il peut exister . Dans le contexte d'Instagram, ces chercheurs ont , ces derniers étant donc, à ce jour (2022), plus susceptibles de susciter l'empathie et la propagation de messages par le « bouche à oreille »). Les auteur notent que l'absence d'une agence d'influence a un effet néfaste sur les résultats et ils invitent donc les marques à ne pas se précipiter pour remplacer les influenceurs humains par leurs homologues de l'IA, tout en expliquant que des études plus larges sont nécessaire pour étudier le sujet sur d'autres plateformes de médias sociaux et pour une variété de types de produit promus.
En 2021 deux universitaire américaines spécialisées dans le marketing d'influence (Veronica L. Thomas et Kendra Fowler) ont publié un article sur l'utilisation d'IA influenceuses comme nouvelles alternatives non humaines aux célébrités traditionnelles promouvant des marques. Selon ces chercheuses, de telles entités virtuelles, encore émergentes, peuvent concurrencer les influenceurs humains en termes de capacité de fascination, et de nombre de .
Parmi les premiers influenceurs véritablement numériques et humanoïde figurent par exemple (en 2023) Lil Miquela (générée à partir de 2016 sur les réseaux sociaux), FN Meka (robot rappeur créé par Vydia) ; Kizuna Ai (première YouTubeuse virtuelle, crée en 2016) ou Yatterman. L'un des premiers a été Hatsune Miku (crée en 2007 par Yamaha Co. pour représenter commercialement la marque Vocaloid.
En 2023, Sam Altman (PDG et cofondateur avec Elon Musk d’OpenAI qui a développé le logiciel créatif Dall-E et l'agent conversationnel ChatGPT) a confirmé aussi travailler sur la génération de contenus vidéo entièrement générés par IA.
. Selon Thomas et Fowler, à l'image de leurs homologues humains, ces IA influenceuses peuvent cependant aussi commettre des erreurs ou des « transgressions » risquant de dégrader l'image de la marque qu'elles sont censées promouvoir ; une étude pilote a montré que les consommateurs sont actuellement moins susceptibles de les considérer comme des entités uniques et crédibles (ils seraient
Van Doorn et al. en 2017, puis Novak et Hoffman en 2019, Schweitzer et al. en 2019 ; Steinhoff et al. en 2019, pressentent, puis montrent, que les concepteurs d'agents conversationnels dits « intelligents » cherchent, comme pour certains robots, à les humaniser et à donner l'impression qu'elles ont une vie sentiente et une identité personnelle. Ils le font d'abord en leur donnant une prénom, une voix, un ton chaleureux, puis éventuellement en leur donnant une caractéristique plus humanoïde (attitudes et visage capables de communication non verbale grâce aux traits mobiles simulant une grande variété d'expressions), afin d'encourager l'utilisateur à converser et tisser des liens (confiance) avec ces agents, selon Bianca Kronemann & al. (2023).
L'intelligence artificielle (IA) mise au service de l'influence, peut en outre désormais s'anthropomorphiser et personnaliser ses messages (des logiciels permettent en outre aujourd'hui de potentiellement générer n'importe quel type de voix et tons, dans un grand nombre de langues, y compris en imitant la voix de personnes décédées si l'on dispose d'enregistrements).
La littérature récente du Marketing suppose puis montre que l'IA, quand elle imite l'humain, en simulant certaines de ses caractéristiques, motivations, d'intentions ou émotions, peut fortement influencer les attitudes des consommateurs ; elle peut notamment simuler et susciter l'empathie, et alors encourager la divulgation d'informations privées voire intimes, en particulier de la part de personnes vulnérables, y compris via un simple agent conversationnel ou un assistant personnel intelligent.
Ces faits, et les progrès d'agents conversationnels tels que ChatGPT, suscitent de fortes préoccupations en matière d'éthique, de risque de manipulation des consciences, et de protection de la confidentialité. En 2020, F. Thomaz & al. publient dans le , un article de intitulé Apprendre du dark web : tirer parti des agents conversationnels à l'ère de l'hyper-confidentialité pour améliorer le marketing.