La Marne () est un département français, qui doit son nom à la Marne, rivière qui l'arrose. Il fait partie de la région Grand Est ; avant 2016, il appartenait à l'ancienne entité régionale de Champagne-Ardenne et relève de la Champagne historique. L'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) et La Poste lui attribuent le . Sa préfecture est Châlons-en-Champagne et sa plus grande ville est Reims.
Géographie
Situation vignette|gauche|Carte du département de la Marne.
La Marne est située en région Grand Est, après avoir fait partie de la région Champagne-Ardenne jusqu'en 2016.
Le département de la Marne doit son nom à la rivière Marne qui le traverse, du sud-est à l'ouest, et se jette dans la Seine.
La superficie du département est d'environ , soit , ce qui en fait le septième département métropolitain le plus vaste. La Marne mesure ainsi de longueur, de Villeneuve-la-Lionne (canton d'Esternay) à Trois-Fontaines-l'Abbaye (canton de Thiéblemont), et de largeur, de Cormicy (canton de Bourgogne) à Clesles (canton d'Anglure).
La Marne se divise géographiquement en trois parties principales. Au centre du département se trouve la « plaine champenoise » ou « Champagne crayeuse », essentiellement recouverte de champs céréaliers. L'ouest de la Marne est occupé par le vignoble de Champagne et les reliefs de la « Côte champenoise » et de la « Montagne de Reims », où se situe le point culminant du département, le Mont Sinaï, à d'altitude. À l'est, le paysage est composé de basses collines notamment dans les régions de l'Argonne et du Perthois.
Accès et transports
Le département est traversé par plusieurs autoroutes : l'autoroute A4, qui relie Paris à Strasbourg, via Reims, Châlons-en-Champagne et Metz ; l'autoroute A26, qui relie Calais à Troyes, via Saint-Quentin, Reims et Châlons-en-Champagne ; l'autoroute A34, qui relie Reims à Charleville-Mézières.
Il abrite également plusieurs gares ferroviaires dont les principales sont la gare de Champagne-Ardenne TGV sur la LGV Est européenne, les gares de Reims, de Châlons-en-Champagne et de Vitry-le-François.
Climat
Le climat de la Marne est mesuré depuis la station de Reims-Courcy, située à d'altitude. Le département se situe à l'est du bassin parisien ; son climat est océanique dégradé ; il est sous l'influence du climat continental, expliquant ses hivers frais, ses étés doux et ses pluies assez fréquentes mais souvent peu abondantes ( par mois en moyenne) et réparties tout au long de l'année ; il y a d'ensoleillement par an.
Histoire vignette|Carte de la Marne en 1790.
Le département a été créé à la Révolution française, le en application de la loi du , à partir d'une partie de la province de Champagne.
L'idée était que les habitants puissent rejoindre le chef-lieu et en revenir en deux jours (à cheval). Le département de la Marne est créé par découpage de la Champagne en quatre départements : les Ardennes, la Marne, l'Aube et la Haute-Marne.
Le (28 pluviôse an VIII), la fonction de préfet est créée. Claude-Laurent Bourgeois de Jessaint devient le premier préfet de la Marne et occupera ce poste pendant 38 années.
Préhistoire vignette|140px|Silex taillés selon la méthode Levallois.
Le département est habité depuis le Paléolithique. Des traces ont été trouvées lors de fouilles et d'hypogées dans la région du marais de Saint-Gond.
Époque romaine vignette|gauche|La porte de Mars de Reims, datant du .
Les Romains nommèrent « Belgica » la province qui s'étendait des Vosges à la mer du Nord et dont Reims, appelée à l'époque Durocortorum, chef-lieu des Rèmes, était la capitale. Jules César, dans ses Commentaires, dit d'eux « Gallorum omnium fortissimi Belgii », et Strabon ajoute « Inter istas gentes Remi sunt nobilissimi », ce qu'on peut traduire par « De tous les Gaulois, les Belges sont les plus braves, et parmi eux les Rèmes sont les plus illustres ».
Les Romains firent des Rèmes et des Catalaunes des alliés, et on ne trouve aucun signe de révolte contre la domination romaine. De nombreuses fouilles archéologiques ont été pratiquées dans le département et ont amené d'importantes découvertes d'objets gallo-romains, ainsi qu'une grande connaissance des modes de vie. C'est donc sans heurts ni persécutions que s'élevèrent des temples en l'honneur des dieux Jupiter, de Mars et d'Apollon. Le christianisme y apparaît à son tour dès le sans subir de répression.
Les barbares eux-mêmes semblent respecter ce territoire comme un terrain neutre et consacré à la paix. Lorsque Attila menace la capitale vers le milieu du , on voit s'unir pour sa défense les Francs de Mérovée, les Wisigoths de Théodoric et les légions d'Aetius.
De Clovis à Charlemagne L'Empire romain fut remplacé sans heurts par la monarchie de Clovis. Ce territoire fit alors partie du royaume d'Austrasie, et Reims en fut même un temps la capitale.
Sous Charlemagne, l'extension des limites de l'empire fit passer ce territoire dans la Neustrie. Mais l'autorité royale n'était que théorique ; en pratique le pouvoir était aux mains des évêques de Reims et de Châlons, qui avaient les pouvoirs d'un comte : tous deux étaient pairs de France, pouvaient réunir une armée de soixante mille vassaux, et l'évêque de Châlons pouvait battre monnaie.
La dynastie héréditaire des comtes de Champagne, fondée par Thibaut, dut se contenter de la reconnaissance de l'appartenance des deux évêchés au territoire de la Champagne, mais sans jamais pouvoir remettre en cause le pouvoir des évêques.
Moyen Âge Jeanne, unique héritière de Henri Ier, quatorzième comte de Champagne, épousa Philippe le Bel en 1284, ce qui rattacha la Champagne à la couronne de France.
La première attaque sur la Champagne de la guerre de Cent Ans fut dirigée par Robert Knolles et Eustache d'Abrichecourt et repoussée par Henri de Poitiers-Valentinois, évêque de Troyes. Il y eut ensuite plusieurs chevauchées entraînant des ravages et des destructions, mais aussi forçant des villes comme Reims à relever les murailles.
Époque moderne Lors des guerres de religion il y eut les mêmes divisions que dans le reste du pays. L'une des premières exactions eut lieu lors du massacre de Wassy. Reims était au parti des Guise et Châlons au parti du roi. Elle reçut de nouveaux droits en remerciements : une chambre du Parlement de Paris, le rattachement du bailliage et du présidial et le grenier à sel de Vitry, la monnaie de Troyes.
De la Révolution à Napoléon La bataille de Valmy, le , fut la première victoire de l'armée de la Révolution (même si elle fut obtenue par l'achat du duc de Brunswick). La Marne vit aussi se dérouler la Campagne de France de Napoléon en 1814.
Après la victoire des coalisés à la bataille de Waterloo (), le département est occupé par les troupes autrichiennes de à (voir occupation de la France à la fin du Premier Empire).
Guerre de 1870 Lors de la guerre de 1870, à la suite des défaites en Alsace et Lorraine, les Allemands arrivèrent dans la Marne, où s'était retranchée l'armée française. À Passavant-en-Argonne, le , quarante-neuf gardes mobiles furent massacrés et une centaine d'autres blessés ; les témoins de ce drame parlent de « scènes sauvages » de la part des Prussiens.. Patrice de Mac Mahon et ses troupes s'étaient repliés sur Châlons. Ils furent arrêtés à Beaumont-en-Argonne lors d'une offensive ; ils se réfugièrent ensuite avec l'empereur Napoléon III sur Sedan, dans les Ardennes, où ils se rendirent le ..
Première Guerre mondiale vignette|Colonne de soldats allemands entre Loivre et Brimont, en 1918.
Avant la Première Guerre mondiale, les ouvrages de défense militaire établis dans le département forment avec ceux de Dijon, Langres, Laon et La Fère une deuxième ligne de fortifications du côté nord-est de la France. Ce sont, premièrement, la place forte de Vitry-le-François et, deuxièmement, les ouvrages élevés autour de Reims. Ils font de cette ville, où se croisent de nombreuses lignes de chemin de fer, un vaste camp retranché : le réduit Ronzier ou de Chenay, le fort Berlier de Metz ou de Saint-Thierry, la batterie Saint-Pol ou de Loivre, le fort Drouet ou de Brimont, la batterie Baste ou cran de Brimont, le fort Souham ou de Fresne, le fort Lowendal ou de Witry-lès-Reims, l'ouvrage Dode ou vigie de Berru, les batteries Burcy ou de Berru, le fort Kellermann et la batterie annexe ou de Nogent, le fort Herbillon ou de la Pompelle, et le fort de Ségur ou de Montbré.
Le département a vu de nombreux passages de troupes, par les routes, pour voir les bornes de la Voie Sacrée, mais aussi par chemin de fer pour les déplacements nord-sud et est-ouest. Il héberge des camps de formation, comme à Mailly. Il est surtout le théâtre de plusieurs batailles : première bataille de la Marne (5 – ), première bataille de Champagne ( – ), seconde bataille de Champagne ( – ), troisième bataille de Champagne ( – ), quatrième bataille de Champagne (15 – ), deuxième bataille de la Marne (15 – )Voir le mémorial des batailles de la Marne à Dormans et Mondement et le chemin des Dames ( – ).
Séquelles de guerre Ce conflit a laissé dans la Marne des séquelles particulièrement importantes. La superficie totale de la zone rouge ne correspondait « qu'à » un septième de la superficie totale en zone rouge en France, mais les sols étaient si dégradés et pollués que la plupart de cette zone a dû être boisée et interdite aux autres activités. Sur de zone rouge dans la Marne, seuls pouvaient en 1921, selon le préfet de la Marne, être « remis en état de culture » (pour un coût estimé de x = (valeur 1921)). Le préfet a donc proposé le boisement pour 84 % de la zone rouge, estimant que la « remise en état de culture » ne pouvait être envisagée que pour les communes de : Cormicy, Loivre, Courcy, Berméricourt, Minaucourt, Massiges, Fontaine-en-Dormois, Gratreuil, Rouvroy, Cernay-en-Dormois, Servon, Ville-sur-Tourbe, et Vienne-le-Château. ( hectares de zones à fortes séquelles, pour un coût de × 150 = ). En 1921, devaient être conservés « en l'état actuel » comme « vestiges de guerre » et « emplacements de villages ». Cela va jusqu'à des villages qui disparaissent (sept dans la Marne) comme Perthes-lès-Hurlus.
Seconde Guerre mondiale Bibliographie
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Au , la région Champagne-Ardenne, à laquelle appartenait le département, fusionne avec les régions Alsace et Lorraine pour devenir la nouvelle région Grand Est.
En 2017, la commune de Gernicourt dans l'Aisne est rattachée depuis le au département de la Marne et dans la région Grand Est, en raison de la fusion avec la commune marnaise de Cormicy..
Emblèmes
Blason
Démographie
Les habitants de la Marne sont les « Marnais ».
Avant la réorganisation des régions de 2016, le département faisait partie de Champagne-Ardenne et rassemblait à lui seul plus de 40 % de la population champenoise. Contrairement à celle de l'ensemble de l'ancienne région (qui a été fusionnée avec d'autres pour former la région du Grand Est), qui était en constante diminution depuis des décennies, la population marnaise ne cesse d'augmenter depuis 1975 même si, ces dernières années, elle stagne autour de .
Avec habitants, l'aire urbaine de Reims regroupait plus de la moitié de la population de la Marne en 2015..
Communes les plus peuplées
Culture
Tourisme Le département accueille, sur chacun de ses deux grands pôles touristiques que sont la cathédrale Notre-Dame de Reims et le lac du Der-Chantecoq., plus d'un million de personnesComité départemental du Tourisme de la Marne.
vignette|150px|Vignoble à Verzenay.vignette|150px|Lac du Der.
Lieux naturels Le plus grand lac artificiel d'Europe : le lac du Der-Chantecoq. La Montagne de Reims et son parc naturel régional. Le vignoble champenois. La forêt d'Argonne. Les marais de Saint-Gond.
Lieux et monuments vignette|140px|La cathédrale de Reims. vignette|140px|Champagne De Castellane (Épernay). vignette|140px|Cloître Notre-Dame-en-Vaux, Châlons.