La maison de Neufchâtel, parfois sous les formes Neuchâtel (en latin Novo Castro), ou Neufchâtel en Bourgogne et Neufchâtel-Bourgogne, est une lignage médiéval de haute noblesse franc-comtoise, originaire de la commune Neuchâtel-Urtière, dans l'actuel département du Doubs.

Les historiens ont pris l'habitude de retenir pour cette famille en Comté la graphie Neufchâtel, avec un F, afin de la distinguer de la famille comtale suisse de Neuchâtel, sans F. La forme médiévale pour les seigneurs étaient Neufchastel ou Neuf-Chastel (en latin Novo Castro).

Historique

Origines Les origines du lignage restent, en l'état actuel des sources, incertaines. Certains auteurs anciens, comme le rappelait Dunod de Charnage (Mémoire pour servir à l'histoire du comté de Bourgogne, 1740), ont cherché une origine commune avec la famille comtale Suisse., toutefois ces hypothèses ont été jugées erronées. à la suite des travaux de Faget de Casteljau (1977), Debry (1975) et Birquy (2008, 2010, 2012)

Le surnom toponymique Neufchâtel , issu de l'actuelle commune de Neuchâtel-Urtière, apparait pour la première fois dans un acte de donation pour la fondation de l'abbaye de Lucelle, en 1136. Trois seigneurs sont à l'origine de cette fondation : Hugues/Hugo, Amédée et Richard de Montfaucon (Hugone et Amedeo et Ricardo de Montefalconis).. Le toponyme Nouo castro apparait quatre fois dans cet acte, associé aux noms : Walone, Petrus, Walo, et Gerardus. Selon Vieillard (1884), Hugues/Hugo, Amédée et Richard , car trois ans plus tard, en 1139, ils apparaissent à nouveau dans un acte où ils sont qualifiés de nobles (nobilis viri) et ils sont associés à des surnoms toponymiques suivants : Amédée de Neuchâtel (Amideo de Novo Castro), Hugues de Charmoilles (Hugonis de Calmillis), et Richard de Montfaucon (Ricardo de Montefalconis). Au cours des décennies suivantes, apparaissent dans le Cartulaire de Lieucroissant. Plusieurs auteurs en ont fait trois frères. Vieillard (1884) concluait, à partir des travaux de Jules Gauthier, archiviste du Doubs, , précisant par la suite Selon Gauthier, les trois maisons (Azuel, Neufchâtel et Montfaucon) ont toutes portées de gueules à la brande d'argent. Dodivers (1975) et Muller (2015) soulignent que cette parenté n'est pas attestée, (Muller). Dodivers (1975) avance que les trois seigneurs de Montfaucon étaient vraisemblablement cousins et que Amédée de Montfaucon, seigneur de Neuchâtel, serait à l'origine du Neuchâtel .

Faget de Casteljau avancent, dans les années 1970, une autre hypothèse sur l'origine de la famille de Neufchâtel, qui est présentée notamment par Dodivers (1975) et Muller (2015). Selon lui, les Neufchâtel trouvent leur origine dans la famille comtoise de Dramelay (ou Tramelay). Il indique que la seigneurie de Neufchâtel passe des Montfaucon aux Dramelay, d’Amédée de Montfaucon, seigneur de Neufchâtel, précédemment cité, à Humbert de Dramelay, vivant au cours du dernier tiers du . À partir de ces personnages une filiation est établie. Humbert de Dramelay (ou Tramelay), a trois fils : Guillaume, seigneur de Châtillon(-sous-Maîche) et dont le fils, Eudes, est auteur de la seconde famille de La Roche, Fromond [], seigneur de Neufchâtel et de Frasne, et Amédée, archevêque de Besançon (1193-1220).

Fromond [] a deux fils, Thiébaut [], qui hérite de la terre de Neufchâtel et souche de cette famille, et Amédée, celle de Frasne, et souche des connétables du Comté de Bourgogne. Les deux fils sont mentionnés pour la première fois dans un acte de leur père en 1210. Muller (2015) relève l’hypothèse que le prénom Thiébaut (Thiébaud), qui fait office de ou nom de lignée, semble provenir de la famille de Rougemont.

La filiation de la maison de Neufchâtel débute avec Thiébaut (Theobaldo de Castello novo), mentionné à partir de 1210.

Thiébaut , seigneur de Neuchâtel () Au début du , Thiébaut hérite de son père, Fromond [], de la seigneurie de Neuchâtel correspondant à quelques villages des environs, ainsi que de possessions situés dans l'est, entre le Doubs et l'Ognon, dans le val de Montmartin et à Uzelle. Thiébaut (Theobaldus de Casttelo Novo) possède également Silley, possession pour laquelle il se reconnait homme-lige du comte de Champagne, Thibaud , en .. Il réserve toutefois sa fidélité qu’il doit au comte de Bourgogne à son oncle Guillaume de la Roche, et aussi les droits d'Hugues de Rougemont.

Il obtient en alleu du monastère de Lieu-Croissant une île sur un méandre du Doubs.. Il fait édifier un château, dans la première moitié du , à l'origine de la seigneurie de L'Isle-sur-le-Doubs..

Au cours du conflit issu de la succession du comté de Bourgogne, les Neufchâtel soutiennent le comte de Bourgogne, .

Le prestige des Neufchâtel semble plutôt important quant au rôle joué par Thiébaut alors que son domaine est modeste. Ainsi en 1227, il obtient la garde du château de Poligny, situé dans le Jura.. Peu après, il semble occuper d'une situation proche avec la forteresse de Châtillon-le-Duc. Il est l'un des dix chevaliers garants lors de la signature du contrat de mariage, en 1231, entre la fille d', duc de Méranie et comte de Bourgogne, et le fils de .

Il épouse en premières noces Perrette de Dampierre, veuve de Géraud/Gérard de Mâcon-Vienne, seigneur de Vadans. Ce mariage n'est pas mentionné dans les généalogies anciennes, mais attesté par plusieurs actes. Elle semble apporter en douaire La Ferté-sous-Vadans. Le couple semble avoir cinq enfants. En 1232, il obtient de la « villam de Montbarrey », située non loin de La Ferté. Les Neufchâtel devront désormais rendre hommage aux Chalon. Muller observe qu' . Thiébaut contracte un second mariage avec Elisabeth de Jonvelle, vers la fin des années 1230. Thiébaut ne semble obtenir aucune terre de cette union, ni d'enfant.

En 1244, Thiébaut semble détenir, en fief ou en garde, le château de Baume(-les-Dames). Au cours de ce siècle, le seigneur de Neuchâtel est mentionné comme « Vycuens de Balme», traduit par plusieurs auteurs sous la forme vicomte de Baume. Thiébaut fait plusieurs dons à l'abbaye de Baume-les-Dames, où sa fille est moniale. Le monastère devient (Muller).

Seigneurs en Comté La puissance acquise permet l'implantation de la famille dans le comté de Bourgogne entre les cités de Besançon et de Montbéliard au cours des .

Thiébaut accorde en une charte de franchises à L'Isle-sur-le-Doubs. Celle-ci sert de modèle pour les chartes accordés à d'autres possessions, notamment Blamont (), Neuchâtel-Urtière (1311), Clémont (1338), puis plus tardivement à Fontenoy-le-Château (1395).

Expansion régionale () L'aire d'influence des Neufchâtel s'étend dans les régions voisines tant dans le duché de Bourgogne, qu'en Lorraine et en Barrois, mais aussi jusqu'au Luxembourg.

Branches Branche aînée

Richard de NeuchâtelJean François Richard, dans son ouvrage Recherches historiques et statistiques sur l'ancienne seigneurie de neuchâtel, au comté de bourgogne, le nomme Thiébaud [III]. (? - /), dit « le grand sire », seigneur de Neuchâtel-Urtière, de Clémont et de Montbarrey. Par son mariage il se voyait doté des seigneuries d'Héricourt, de Blamont, de Clémont, du Châtelot, de Bermont et de Cusance.

Mariage et succession :Il épouse MargueriteLe testament de Richard de Neuchâtel nomme "son épouse Marguerite, son père Thiébaut, seigneur de Neufchâtel et son frère... Thiébaut" (charte sans date)(Médiéval Généalogie, « Seigneurs de Neuchâtel [en Bourgogne] » lire en ligne)de Montfaucon-Montbéliard (fille de ), dont notamment :

Thiébaud de Neuchâtel (? - vers 1304), sire du Châtelot. À la mort de son père il reçoit la seigneurie de Neuchâtel-Urtière, le fief de L'Isle-sur-le-Doubs et les terres situées près de Longevelle, de Lanthenans, d'Uzelles, de Mont-Martin et la « grange Corcelles » (qui était un hameau d'une douzaine de maisons à quelque distance de l'Isle-sur-le-Doubs et qui existait dès 1136). En 1263, il fonde Yla, qui deviendra bien plus tard L'Isle-sur-le-Doubs, la nouvelle ville était composée de trois parties : le Magny, la Rue (qui existait dès avant 1187) et l'Isle proprement dite. Il fait tout d'abord bâtir une enceinte pour fortifier « la Rue » puis construire le pont de « Magny » ainsi qu'une porte, ceci fait il érige deux tours avec pont-levis et jette les fondations du château de l'Isle pour remplacer la maison que sa famille y possédait. Afin de peupler au plus vite sa nouvelle ville il accorde des franchises et développe le commerce. Durant sa vie il s'applique à étendre la suzeraineté de sa maison sur un grand nombre de fiefs du comté de Bourgogne dont celui de Dampierre, de Blamont, de Clémont, de la forteresse de Bermont, de La prévôté de Mathay, il obtient la garde de l'abbaye Sainte-Odile et le titre de vicomte et prévôt de Baume-les-Dames.

Mariage et succession :Il épouse Jeanne-Agnès"Bietrix dame de Roiffey a déclaré son père seigneur de Roiffey" a confirmé la dot donnée par "ses... frères messires Walchier de Commercy senneurs de Montrivel" à "Agnès dame de Nuefchastel sa fille... de Thiebaut seignour de Nuefchastel Marie de la dicte dame Agnès" (charte non datée)(Médiéval Généalogie,« Seigneurs de Neuchâtel [en Bourgogne] » lire en ligne) (vers 1250 - avant 1324), dame de Vers, de Lemuy et de L'Isle-sur-le-Doubs (son douaire), petite-fille de "Damoisel Richart de Neufchastel fils de Thiebaut de Neufchastel" (charte datée du 12 janvier 1296), "Agnès de Chatelvilain, dame de L'Isle et... Thiébaut sui fils chevaliers sires de Nuefchastel" a confirmé les privilèges accordés à L'Isle-sur-le-Doubs par "de bonne mémoire Messire Thiébaut jadis grans sires du devandit Nuefchastel" (charte de mai 1308), Le testament d'Erard de Neuchâtel, daté de 1308, a légué sa propriété à "mon sieur Thiebaut no frère seigneur de Neufchastel, Margueritte ma soeur de la Roche et dame Catherine ma soeur de Faucoigneis" (Médiéval Généalogie,« Seigneurs de Neuchâtel [en Bourgogne] » lire en ligne), dont notamment :

Thiébaud de Neuchâtel, (après 1270 - 1336/37), seigneur de Neuchâtel-Urtière et de Blamont, vicomte de Baume-les-Dames. Avec le consentement de sa mère il ratifie les franchises de L'Isle-sur-le-Doubs, puis il les accorde à Blamont en 1308, dont son fils fera construire l'hôpital en 1351, et à Clémont, le il se voit confier la garde de l'abbaye de Lieu-Croissant et du prieuré de Lanthenans et en 1325 il s'empare du château de Bermont. Entre 1309 et 1337, un grand nombre de seigneurs se déclarèrent vassaux de Thiébaud.

Thiébaud de Neuchâtel, (vers 1317 - 1366), seigneur de Neuchâtel et de Blamont. le nomme vicomte de Baume-les-Dames, gardien de l'abbaye de Lieu-Croissant et du prieuré de Lanthenans et lui confie en fief un grand nombre de seigneuries. Dès 1366, il est nommé gardien du Comté de Bourgogne et quelques années plus tard il affranchit d'anciens serviteurs de sa maison, créant ainsi les premiers droits de propriété du comté de Neuchâtel.

Mariages et succession :Il épouse en premières noces en 1335 JeanneSa charte et son mariage sont confirmés par des chartes datées de 1337 et 1339 qui indiquent que "son fils Thiébaud de Neuchâtel" avait donné à "Jean de Chalon comte d'Auxerre" la dot de "Jeanne de Chalon-Auxerre sa femme"(Médiéval Généalogie, « Seigneurs de Neuchâtel [en Bourgogne] » lire en ligne), fille de et d'Alix de Bourgogne-Comté, puis en secondes noces le Catherine (), fille de et d'Alix de Clermont-Nesle.

(1) Thiébaud qui suit, (2) Jean (), nommé cardinal de Neuchâtel en 1385 par le pape , évêque de Nevers (de 1371 à 1372) puis de Toul (1373-1384),

Thiébaud de Neuchâtel (vers 1337 - entre le et le ), seigneur de Neuchâtel.