Jean Laune, né le sofoot.com à Montpellier dans l'Hérault, est un footballeur international et entraîneur de football français. Il est décédé le à Montpellier à l'âge de 80 ans. Il fait partie de ces joueurs dont la grande carrière a été gâchée et amputée par le deuxième conflit mondial. Il est sûr qu'en des temps moins troublés, Jean Laune aurait davantage marqué l'histoire du football français en club mais surtout au niveau international avec l'équipe de France où il serait sans doute devenu un titulaire indiscutable. Il a d'ailleurs joué avec les plus grands noms de l'époque. Il commence le football au CA Montpellier à 13 ans en 1929-1930, avant de rejoindre rapidement le SO Montpellier à 14 ans et de s'y imposer pour jouer son premier match professionnel en 1934 à 18 ans. À la suite d'une blessure en 1949 au CA Paris, il met un terme à sa carrière professionnelle et devient entraîneur-joueur puis il commence sa carrière d'entraîneur. Il est l'un des joueurs emblématiques du SO Montpellier et ancien capitaine de l'équipe. Si des informations sur Jean Laune ont pu être collectées jusqu'en 1944, il est plus difficile de tracer sa carrière à partir de cette date et lors de la période d'après-guerre, les archives de la presse n'étant pas disponibles en accès libre après 1944-1945.
Il est le beau-frère de Pierre Dosséna, joueur professionnel au SO Montpellier (SOM) lui aussi. Les deux hommes joueront ensemble de 1940 à 1942 et lors de la saison 1947-1948.
Biographie
Carrière de joueur gauche|vignette|Jean Laune dans le Miroir des Sports le . Il est jeune inter en 1934, lorsqu'il fait son apparition pour la première fois dans l'équipe première du Stade Olympique Montpelliérain (SOM) aujourd'hui Montpellier Hérault Sport Club (MHSC). Ses amis, autour des touches, l'encouragent vivement aux cris de "Allez Pinson". Il s'appelle Jean Laune, mais ledit Pinson n'a pas usurpé son surnom : une voix bien timbrée, une bonne aisance scénique, des dons incontestables d'imitateur pouvaient d'ailleurs l'orienter, avec de sérieuses chances de succès, vers une carrière de music-hall. Mais c'est la balle ronde qui lui "tient aux tripes", et c'est à elle qu'il va consacrer 36 ans de son existence, successivement comme joueur, entraîneur-joueur et entraîneur.
C'est au poste de demi-aile que cet authentique Montpelliérain, baron de Caravette, trouve rapidement sa voie. Mince et filiforme, il est physiquement l'antithèse totale de l'un de ses plus célèbres prédécesseurs au même poste, le rondouillard Mistral, cinq fois international. Malgré son aspect "poids plume", Laune est solide, résistant, hargneux même à l'occasion. Balle au pied, il étale une technique de maestro, un remarquable talent de pourvoyeur et l'art suprême d'éclaircir le jeuAllez SOM, Roger Rabier, 1985.
Le , il est l'un des principaux artisans de la victoire du SO Montpellier face à Toulouse 5 buts à 0. , résume Ducos dans La Dépêche du .
Le SO Montpellier est à l'époque réputée comme une équipe de Coupe. En effet, tous les ans, ses joueurs réalisent quelques beaux exploits et ne s'inclinent devant meilleurs qu'eux qu'après avoir épuisé toutes leurs forces. On se souvient de leur belle tenue devant Sète, à Alès en , et nul n'a oublié que les S.O.M ont enlevé le trophée en 1929 et ont joué la finale en 1931. Le , Jean Laune est titulaire lorsque le SO Montpellier réalise l'un des plus beaux exploits de l'histoire du club. L'équipe élimine le grand FC Sochaux-Montbéliard en 1/32es de finale de la Coupe de France sur le score de 4 buts à 0 alors qu'il est en tête du championnat de France avec cinq points d'avance, tenant du titre et tandis que le SO Montpellier occupe la place de deuxième division. Le Paris Soir du rapporte : "L'étincelante production des Montpelliérains, ardents et volontaires, au cœur admirable, au jeu souple et lié, et voilà le géant terrassé. On épiloguera longtemps sur ce match qui a vu le tenant de la Coupe de France, leader incontesté du championnat professionnel, une seule fois battu cette saison par Marseille, succomber très régulièrement malgré sa classe devant un onze assez terne, aux résultats inconstants et bizarres, qui n'a pas réussi à se qualifier pour la poule unique du championnat de seconde division. Les quelque dix mille sportifs qui ont assisté à cette mémorable rencontre n'oublieront pas de sitôt le spectacle ahurissant qu'ils vécurent intensément pendant 90 minutes. On attendait un match plein de brio, de technique des Sochaliens et une bonne résistance des locaux sur lesquels nul ne comptait et ce fut le véritable match de coupe dans toute sa splendeur avec ses phases enthousiasmantes, ses renversements subits de situations, où la fougue, le cran, l'audace, la vitesse furent une fois encore, devant la précision, la technique poussée à l'excès et le fignolage, les reines de cette ardente mais courtoise bataille." Jean Laune, grand artisan de la victoire réagit à la fin du match dans le journal et déclare :
Sa classe ne manque pas d'attirer l'attention au-delà du Clapas (Montpellier), et Fives-Lille, l'une des meilleures équipes françaises des années 1930, l'enrôle en 1938. Il joue aux côtés de Novicki, Debruyckère, , Van Caeneghem, Waggi, Prouff, Bourbotte, , Cros, Gyselynck, Dutilleul et est entraîné par Berry. Son séjour y est très court, car la guerre survient une année plus tard. Malgré cela, il marque le club nordiste par son style et sa personne. Le , le journal Paris Soir présente le joueur Jean Laune en titrant : "Le fivois Laune a appris le football à l'école du Clapas [Montpellier]". Le quotidien écrit ceci : "Jean Laune, le demi-gauche du S.C. Fives, que Gaston Barreau a essayé pour l'équipe de France B, est un jeune méridional de 22 ans qui a fait ses débuts de footballeur à Montpellier. À quatorze ans, ce joueur fit ses premiers pas dans ce sport au C.A. Montpellier, puis il entra bien vite dans le grand club de la ville : le S.O.M. Laune, junior, profita si vite et si bien des leçons à l'école du Clapas, qu'il passa, à dix-huit ans, en équipe première. Montpellier était encore, en ce temps-là, une grande équipe qui avait sa place parmi les blucs vedettes. Jean Laune, surnommé "Pinson" par ses camarades, car il a, en plus de sa valeur certaine de footballeur, un certain talent pour la chansonnette, fit partie, l'an passé, de cette fameuse équipe des Sports Olympiques Montpelliérains qui élimina Sochaux, tenant de la Coupe. Jean Laune passe cette année à Fives, et les dirigeants nordistes sont fort heureux de leur acquisition. Le nouveau Fivois joua plusieurs matches comme inter - car il a occupé maintes fois ce poste, - puis devint demi-aile, lorsque Méresse passa arrière. Ses belles qualités, la précision de son service, l'ont fait remarquer par le sélectionneur français qui a songé à lui pour l'équipe de France B, qui va rencontrer le Luxembourg."
Le , il est l'un des meilleurs joueurs du match lorsque l'équipe de France B bat le Luxembourg 4 buts à 2 au stade de Paris à Saint-Ouen. "Heiss, Buge, Laune et Sintès ont joué une partie excellente", écrit Lucien Gamblin en Une du journal L'Auto du . spectateurs sont présents à cette occasion pour voir évoluer les cadets de l'équipe de France. "Laune fut le meilleur demi des deux équipes en deuxième mi-temps", précise-t-il. Puis il ajoute : "Des joueurs comme Heiss, Buge et Laune, Franquès et Sintès ont démontré hier, à Saint-Ouen, qu'ils possédaient de très belles qualités de footballeurs. Mais Heiss et Buge, comme Franquès, ne sont plus de jeunes joueurs ! Par contre, il faut retenir Laune, Sintès, Darui, qui a confirmé sa classe déjà déclarée à différentes reprises." Le match se déroule la veille de la rencontre de l'équipe de France face à la Pologne. Ainsi, les joueurs de l'équipe de France étaient présents pour voir évoluer leurs cadets. L'homologue de Jean Laune, Schmitt, qui évolue donc au même poste que lui en équipe de France déclare à son propos : "Je voudrais bien jouer comme lui demain !" Le Miroir des Sports par Gabriel Hanot confirme cette impression dégagée par Jean Laune et dans son résumé de match du , il rapporte : "Les trois hommes les plus réguliers furent Laune, Franquès et Franceschetti. Le demi gauche fivois fut le plus satisfaisant à cet égard ; il ne se hissa pas aux sommets, comme Heiss, Buge et Sintès, mais il ne tomba pas non plus dans les crevasses ; il fut égal à lui-même du début à la fin, en dépit d'une petite crise de dribble en première mi-temps et j'entendais un voisin de la tribune de presse déclarer que Laune était mûr pour l'équipe nationale." Peut-être que ce voisin de la tribune presse était Lucien Gamblin qui écrit dans le journal L'Auto du même jour : "Nos Heiss, Buge, Sintès, Laune, Snella, Darui ont affirmé indiscutablement qu'ils étaient tout près des titulaires de l'équipe A, dont la porte peut leur être ouverte d'ici peu. N'est-ce pas là un fait à signaler, et à retenir, car jusqu'ici les équipes de France B n'avaient fait que de donner un aperçu des qualités naissantes de ceux qui en faisaient partie, sans que ces qualités n'aient jamais dépassé le stade des promesses sans lendemain. Aujourd'hui, il en est tout autrement. Les Heiss, Darui, Laune, Sintès, Snella peuvent être appelés demain à prendre place en équipe A, celle-ci n'en sera pas amoindrie."
Un mois plus tard, le , il est sélectionné dans l'équipe du Nord et s'impose 2 buts à 1 avec celle-ci face à l'équipe de Budapest, composée de finalistes de la coupe du monde 1938, à Lille. La composition est la suivante : Darui - Vandooren - Beaucourt - Bourbotte - Moré - Laune - Stanis - Siklo - Arbizza - Hiltl et Kalocsaï. Jean Laune livre une bonne prestation et Lucien Gamblin écrit dans le journal L'Auto du : "Les attaquants du Nord avaient derrière eux une ligne de demis qui fut constamment maitresse du terrain, qui se dépensa si généreusement que l'on peut dire qu'elle se sacrifia pendant une heure et demie pour alimenter ses propres avants. L'on vit même Bourbotte et Laune shooter à plusieurs reprises aux buts hongrois avec chance de marquer. [...] Bourbotte, Moré et Laune ont été les plus brillants tant par leur sûreté dans le placement que par la façon efficace dont ils réduisent à néant les travaux d'approche de la ligne d'attaque hongroises." Pour le journaliste Victor Denis, dans Le Miroir des Sports du : "Ce Nord-Budapest de 1939 fera époque dans les annales du football nordiste."