La relation entre les notions de race et d'intelligence a été l'objet de recherches et de débats dans la recherche scientifique et la vulgarisation depuis le début du et l'invention des tests de quotient intellectuel.. À l'époque des grandes explorations, l'idée de différences naturelles d’intelligence entre les groupes humains était répandue.

De nos jours, l'interprétation de ce que mesure le QI est controversé, et il n'y a pas de définition acceptée de ce que serait une race ; le sujet du lien entre les deux est idéologique : il ne s'appuie sur aucune base scientifique, et est donc extrêmement polémique.

L'étude de ce sujet s'inscrit dans différents champs disciplinaires, notamment la psychologie, l'anthropologie, la biologie et la sociologie.

Controverse sur les frontières génétiques entre groupes humains

Dans les faits, il n’existe pas de rupture génétique complète entre les groupes biologiques humains actuellement présents sur Terre. La génétique permet de distinguer des groupes biologiques, cependant, la notion de « races humaines » est rejetée par la communauté scientifique, le problème taxinomique de l’existence ou de la non-existence de races au sein de l'humanité est un sujet de polémique scientifique. Le discours universitaire sur les différences biologiques au sein de l’humanité a évolué. Pendant les décennies qui ont suivi la seconde guerre mondiale, en réaction à l’exacerbation de la notion de race par les nazis, l’existence de races ou de groupes biologiques au sein de l'humanité a été fortement remise en question. Les travaux de l'ethnologue Claude Lévi-Strauss, par exemple, insistaient beaucoup sur l'idée que les ethnies humaines se distinguaient par la culture et non par la biologie. Le biologiste moléculaire et généticien Bertrand Jordan considère que la notion de race est une construction sociale, et non un état de fait biologique.

Actuellement, l'existence de « races » est un concept largement réfuté en anthropologie et en biologie en Europe de l'Ouest et aux États-Unis. Les principales explications de ces réfutations à l'heure actuelle dans ces domaines proviennent de raisons historiques, politiques. Le concept est toujours majoritairement accepté et employé en Chine ainsi qu'en Europe de l'Est.

Défense du concept En , une analyse des données issues des génomes SNP de l'International HapMap Project a été publiée qui porte sur l'étude de . Selon cette étude, les populations comprenaient trois groupes génétiques fortement distincts : les Africains, les Eurasiens, et les Asiatiques de l'est..

Depuis les années 2000 et 2010, tout en prévenant qu'elles ne rendent pas compte de manière convenable de la diversité de l'espèce humaine, des études sur la génétique humaine affirment qu'il est possible de distinguer des groupes biologiques au sein de l'humanité. L'introduction d'un article du magazine La Recherche, de 2004 résume ainsi la situation dans l'introduction d'un article traduit de « Race: a genetic melting-pot », paru originellement en 2003 dans Nature : « Contrairement à l'idée défendue depuis le milieu du , on peut définir scientifiquement des races dans l’espèce humaine. La connaissance du génome humain permet en effet de regrouper les personnes selon les zones géographiques d’où elles sont issues. En revanche, les usages que l’on prétend faire en médecine d’une classification raciale sont sujets à caution ».Bruce Lahn, un généticien de l'université de Chicago qui a effectué des recherches dans le domaine de la génétique humaine a publié dans la revue scientifique Nature une demande de reconnaissance de la diversité génétique qui existe au sein de l'espèce humaine, à l'intérieur des groupes et entre les groupes, selon lui l'affirmation de l’homogénéité génétique de tous les humains est une erreur scientifique.

Des milliers de variants génétiques ont été démontrées comme étant associées à l'intelligence. Différents groupes raciaux ont des scores polygéniques différents pour ces variantshttps://www.mdpi.com/2624-8611/1/1/5https://psycnet.apa.org/record/2019-03287-001https://gwern.net/doc/iq/2021-warne-2.pdf. Cependant, il n'est pas clair que ces différences ont émergé en raison de la sélection naturellehttps://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1002/ajpa.24216.

Réfutation du concept Cependant, la pertinence du concept est remise en cause en biologie, au profit d'autres outils comme la variabilité génétique ou l’analyse génomique individuelle.

Également, la notion de « race » définie comme « population génétiquement distincte » de par la présence de « barrières nettes » entre ces populations, une des définitions du concept usée par Templeton, ne semble pas correctement représenter la diversité génétique humaine. En effet, il est, selon lui :« essentiel de noter que la différenciation génétique seule est insuffisante pour définir une sous-espèce ou une race sous l'une ou l'autre de ces définitions de la race. Les deux définitions exigent que la différenciation génétique existe à travers des limites précises et non pas comme des changements progressifs, avec des frontières reflétant les divisions historiques. [...] Par conséquent, la différenciation génétique est nécessaire mais pas suffisante pour déduire une race. Les populations humaines montrent certainement des différences génétiques à travers l'espace géographique, mais cela ne signifie pas nécessairement que les races existent chez les humains ».Or, même en usant de plus de locus, la classification des populations humaines (Africains sub-saharien, Européens, et Asiatiques d’Extrême-Orient) qui atteint une précision proche de 100 %, devient après l'ajout de populations intermédiaires alors plus arbitraire, la diversité génétique humaine décrivant plus un continuum que des groupes séparés clairement identifiables. Selon Rosenberg et son équipe de chercheurs, ce continuum n'est cependant pas ininterrompu et présente des brisures de la distance génétique en corrélation avec les frontières géographiques comme les océans, l'Himalaya et le Sahara, qui peuvent servir de base pour identifier des « noyaux » correspondant aux régions géographiques. La notion, lorsqu'elle se base sur l'identification de « populations génétiquement distinctes » de par la présences de « barrières nettes » entre ces mêmes populations, rend alors peu compte d'une réelle représentation de la diversité génétique humaine. « Les études d'ADN n'indiquent pas qu'il existe des sous-espèces classifiables distinctes (races) chez les humains modernes. Alors que différents gènes pour les traits physiques tels que la couleur de la peau et des cheveux peuvent être identifiés entre les individus, aucun modèle cohérent de gènes à travers le génome humain n'existe pour distinguer une race d'une autre. Il n'y a pas non plus de base génétique pour les divisions de l'ethnicité humaine. » - Human Genome Project, affirmation possiblement véritable pour la notion de « race » lorsqu'elle correspond à des « populations génétiquement distinctes, séparées par des barrières nettes »..

Histoire de la polémique à propos du quotient intellectuel et des groupes ethniques

Les premiers tests montrant des différences de quotient intellectuel entre les différents groupes ethniques aux États-Unis ont été les tests des recrutements de l'armée américaine au cours de la Première Guerre mondiale. Dans les années 1920, des groupes de lobbyistes eugénistes ont soutenu que ces résultats démontraient que les Afro-Américains et certains groupes d'immigrants étaient intellectuellement inférieurs aux Européens anglo-saxons en raison de différences biologiques qui auraient été innées ; les résultats des tests d'intelligence ont donc été utilisés comme un argument pour les politiques de ségrégation raciale. Par la suite, d'autres études ont paru, contestant ces conclusions et arguant plutôt que les tests de l'armée n'avaient pas été correctement contrôlés des effets de biais statistiques liés à des facteurs environnementaux tels que les différences socioéconomiques et éducatives entre les Afro-Américains et les Euro-américains.

Le débat reprit en 1969, lorsque Arthur Jensen affirma que pour des raisons génétiques, les Afro-américains étaient moins intelligents que les Blancs et que les tentatives d'amélioration des conditions socio-économiques des Noirs grâce à l'éducation des enfants afro-américains était donc vouées à être inefficaces. Ces affirmations provoquèrent un tollé non seulement en raison de leurs implications racialistes, mais aussi parce que pour les produire, Jensen avait entre autres transposé à l'être humain un outil statistique utilisé en sélection génétique, l'héritabilité, sans en comprendre le sens, ni les limites de son emploi, puisque cet outil ne permet pas des comparaisons entre deux populations ayant des environnements différents.

Les études sur les différences de QI entre les groupes humains font l'objet de débats virulents en raison notamment du risque qu'elles peuvent représenter en donnant une base scientifique au racisme.

Le QI a en effet été instrumentalisé pour étayer des propositions élitistes, eugénistes. Au cours du , des groupes de personnes ont par exemple été soumis à un programme de stérilisations contraintes à la suite de mauvais résultats à des tests de QI. Par exemple au Canada consécutivement à la loi (1928).

Médiatisation du sujet et point de vue des spécialistes Une enquête d'opinion sur le sujet a été réalisée en 2016 auprès de spécialistes du quotient intellectuel et des capacités cognitives. Les scientifiques ont répondu à plusieurs questions concernant les causes des écarts de quotient intellectuel mesuré dans le monde. Les résultats de cette enquête montrent que 21,64 % des spécialistes pensaient que l'éducation était la cause principale des différences de quotient intellectuel moyen à travers le monde, tandis que 17 % des interrogés considéraient que la génétique était le facteur principal expliquant ces différences, et 10,88 % pensaient que c'était la santé. Cependant, même parmi les scientifiques qui considéraient que l'éducation ou la santé étaient les causes principales des écarts mesurés, très peu considéraient que la génétique n'avait aucune influence, seulement 5 des 71 experts (7 %) qui ont répondu pensaient que les gènes ne jouaient pas de rôle dans ces écarts. Environ 90 % des experts interrogés croyaient que les gènes avaient au moins une certaine influence sur les différences internationales de quotient intellectuel, même si, d'après cette enquête, l'importance du facteur environnemental est également importante, notamment l'influence de l'éducation ou de la santé.

Dans une tribune en l'honneur de Darwin parue dans Nature, deux chercheurs (en réponse à un papier plaidant l'inanité des recherches sur des liens entre intelligence, sexe et QI) argue de l'importance prise par les perceptions subjectives de l'intention des scientifiques qui semblent déterminer l'acceptabilité d'une étude en dépit de son intérêt strictement scientifique. Ainsi le travail est selon eux célébré s'il promeut et donne une image positive de groupes sous-représentés (comme les femmes ou les minorités dans le cadre de la recherche en médecine personnalisée), mais les travaux sont rejetés et les auteurs injuriés si les travaux sont perçus comme donnant une base scientifique à des discriminations sexistes ou racistes notamment dans le domaine de l'intelligence. Les auteurs concluent en rappelant que .

Déterminisme supposé et différences

Différences de réussite scolaire entre groupes ethniques aux États-Unis