La (kanji : , hiragana : ) () est un mouvement bouddhiste moderne fondé en 1930 au Japon par Tsunesaburō Makiguchi et Jōsei Toda.
Mouvement pédagogique à l'origine, l'organisation s'est transformée après la Seconde Guerre mondiale pour devenir une branche laïque de l'école bouddhiste Nichiren Shōshū.. Elle est classée au Japon parmi les (shinshūkyō). La Sōka Gakkai dispose, principalement au Japon, d'un poids financier important, d'un groupe de presse et d'édition. Elle est à l'origine d'un parti politique, le Kōmeitō, fondé en 1964 par Daisaku Ikeda.
La Soka Gakkai s'est développée à l'international entre 1960 et aujourd'hui, jusqu'à rassembler 12 millions de fidèles, dont 8 millions au Japon, dans 192 pays. Cependant, ces chiffres ne sont accrédités par aucun décompte indépendant. D'après des travaux d'universitaires, le nombre d'adhérents au Japon serait plus proche de 2 à 3 % de la population du pays, soit entre 2,4 et 4 millions de personnes.
Le mouvement s'est fait connaître dans le monde, non sans susciter des controverses, en particulier du fait de son prosélytisme soutenu, voire agressif, se basant sur la pratique du shakubuku, mais qui assure l'avoir ensuite adouci. La Sōka Gakkai a été soupçonnée de au Japon., mais aussi en France, au Canada et aux États-Unis.
Historique
Fondation vignette|Tsunesaburō Makiguchi. thumb|Jōsei Toda. vignette|Daisaku Ikeda en 2010.|alt=|200x200px
Le mouvement est fondé en sous le nom de , littéralement « Société pour une éducation créatrice de valeurs » par , éducateur et directeur d’école primaire et son disciple Josei Toda. L'association a d'abord pour but d'aider à la réforme de Makiguchi dans le domaine éducatif et elle se développe au début parallèlement à la sortie des volumes de la Pédagogie de la Création des Valeurs..
Influencé par des auteurs japonais ou occidentaux tels Yanagida, Shiga, Dewey, Ward., Durckheim, Fabre, Tsunesaburo Makiguchi développe une méthode pédagogique empirique, respectueuse de l'enfant et de son développement et une philosophie créatrice de valeurs que soutiendront ses successeurs.. Dans une quête spirituelle il choisit de se convertir au bouddhisme de la Nichiren Shōshū, et rapproche ses théories pédagogiques des enseignements de Nichiren, élargit son auditoire et transmet à son tour sa vision du bouddhisme lors de premières « réunions de discussion ». En 1936 les premiers adeptes tiennent leur premier cours d'été au Temple Principal de la Nichiren Shōshū. L'association formalise son existence en ..
Seconde Guerre mondiale Sous surveillance du gouvernement japonais pendant la Seconde Guerre mondiale, les organisations religieuses sont sommées d'accepter le talisman d'Ise, symbole du shintoïsme d'État. La plupart acceptent cet ordre impérial, mais Tsunesaburō Makiguchi et , son disciple, refusent et sont incarcérés avec les principaux responsables. de la Sōka Kyōiku Gakkai. L'association est dissoute en . En , à l’âge de 74 ans, Makiguchi meurt pendant son incarcération.
En , les États-Unis occupent le Japon et instaurent la liberté religieuse dans laquelle s'engouffreront les “nouvelles religions” (shinshūkyōLe terme s'applique à tous mouvements apparus deux siècles avant 1945: Reiyukai, Risshō Kōsei Kai, etc.). J. Toda crée alors la « Société pour la création de valeurs » (Sôka Gakkai) dont la mission est de réaliser kōsen-rufu (et qui deviendra en un mouvement religieux laïqueRichard H. Seager, , , 2006.).
Activités politiques En , le mouvement fait élire à la Chambre Haute du Parlement japonais trois de ses candidats.
En , les 6 candidats du mouvement récoltent ensemble de voix.
Après l'arrivée, le , de , proche disciple de Jōsei Toda, à la présidence, la Soka Gakkai annonce que le nombre de familles pratiquantes passe à 6 millions dès , puis à 7,5 millions en . Le nombre de foyers se stabilisera aux alentours de 8 millions au Japon., d'après des chiffres internes et contestés.
Dès , Daisaku Ikeda entreprend une série de voyages (États-Unis, Brésil, Europe) pour rencontrer les pratiquant(e)s qui se sont expatrié(e)s dès les années 1950, dynamiser une organisation naissante et nommer de nouveaux responsables.
En , le mouvement dispose de 15 élus à la Chambre Haute et de .
Le parti est rebaptisé Komeito en 1964, et fait son entrée en à la Chambre basse (Chambre des représentants, qui élit le Premier ministre) avec 25 élus. La Sōka Gakkai et le Kōmeitō, se séparent officiellement en , en particulier , après que des responsables du parti ont été accusés d'avoir saboté la publication d'un livre critique envers le Komeito et la Soka Gakkaï.
Malgré une séparation officielle en 1974, le Komeito est toujours soutenu et contrôlé par la Soka Gakkai.
En 1975 Daisaku Ikeda crée la Soka Gakkai internationale () (SGI) qui fédère à l'époque les 51 organisations nationales. La SGI annonce regrouper 192 organisations nationales actives et de membres à partir des années 1990. Mais le chiffre est soumis à caution. D'après les travaux de l'universitaire américain Levi McLaughlin, le nombre d'adhérents au Japon serait plus proche de 2 à 3 % de la population du pays, soit entre 2,4 et 4 millions de personnes.
Schisme avec la Nichiren Shoshu en 1991
Médias La Sôka gakkai édite un journal depuis 1951, le Seikyô Shimbun. En 1997, il revendiquait un tirage de ., mais ce chiffre est contesté. Contrairement aux autres grands quotidiens japonais, le journal n'est ni membre du . ni du . qui compilent officiellement chaque année les nombres de tirages.
Croyance
Idéologie La Sōka Gakkai se fonde sur les enseignements du moine japonais Nichiren (1222-1282). Sensible “aux fléaux naturels et sociaux que subissait son pays”. Nichiren, après avoir étudié les enseignements (sutras) de Shakyamuni (Siddharta Gautama), déduira qu'ils étaient la conséquence de la disparition du bouddhisme véritable.
ll concentre sa pratique sur l'enseignement de Shakyamuni du Sūtra du Lotus : tout être humain possède l'état de bouddha et peut l'activer en récitant Nam-myōhō-renge-kyō (le titre du Sūtra, daïmoku). Pour Nichiren, ni Shakyamuni ni Tiantai n’ont transmis cette pratique bien qu'elle soit au cœur de ses enseignements du bouddhisme mahayana, parce qu'à chaque époque correspond un mode de transmission. Nichiren retranscrit ensuite son illumination dans un mandala, le Gohonzon de Nichiren. Ce mandala représente graphiquement "la cérémonie dans les airs", décrite par Shakyamuni, tenue au Pic de l'Aigle, le cœur du Sūtra du Lotus, qui rassemble autour de Nam-Myōhō-Renge-Kyō (la « tour aux trésors »), des noms de personnages historiques, de figures mythiques, de bouddhas, bodhisattvas et de divinités bouddhiques.. L’ensemble de ces archétypes permet aux fidèles (ou pratiquants) de méditer sur eux-mêmes, sur la présence constante des dix états de vie en chacune et chacun ; ainsi l’observation de son esprit, de son cœur, conduit à révéler la bouddhéité inhérente à sa vie.
Le principe de base du bouddhisme de Nichiren est simple : réciter ce mantra permet de développer sa bouddhéité. Nichiren a développé plusieurs concepts pour soutenir son enseignement qu'il tenait de sa formation dans l'école Tendaï, de l'étude du Sūtra du Lotus et d’autres enseignements qu'il transmettra dans les lettres écrites.. à ses disciples, les "traités" clarifiant son enseignement en citant ses sources, parfois pour admonester les autorités (Rissho Ankokuron.) parfois, à la fin de sa vie, oralement (dans le Recueil des Eneignements oraux, Ongi Kuden. retranscrits par , le disciple à l'origine de la lignée de la Nichiren Shōshū.
Tous ces écrits seront rassemblés par Joseï Toda dans le Gosho Zenshu, Œuvres complètes des écrits de Nichiren en . La lecture de ces écrits et de leurs commentaires par son disciple forment l’étude, soit l'un des trois principes de base (foi, pratique, étude) du bouddhisme Nichiren.
Principaux concepts : “Foi, pratique, étude”. Un triptyque qui doit permettre au pratiquant de se soutenir dans son chemin vers la bouddhéité. La croyance se prouve par les effets de la pratique, soutenue par l'étude des textes. “La foi équivaut à la vie quotidienne”, soit la préoccupation des défis du quotidien.. “Ichinen Sanzen”, « trois mille mondes en un instant de vie » définis par : les “Dix mondes (ou états de vie)” et leur inclusion mutuelle, combinant les “Dix facteurs (ou modalités de vie)”, dans les “Trois niveaux d’existence (ou domaines de l’existence) (10x10x10x3), est le principe énoncé par le grand maître Tiantai (Tendaï Chih-I. ou Zhiyi) dans Grande concentration et intuition (Maka Shikan) et que Nichiren concrétise avec le Gohonzon, concrétisation de Nam-Myoho-Renge-Kyo, essence du Sūtra du Lotus. “Les désirs mènent à l'illumination”. Apprendre ainsi à « changer les turbulences négatives de la vie en vagues qui nous poussent vers la bonté. ».. La “non-dualité du corps et de l'esprit” et la “non-dualité des êtres et de leur environnement” : non-dualités ou unité. “L’unité du maître et du disciple”., un des principes fondateurs de la Soka Gakkaï, qui relient les membres du monde entier au président de l'organisation.
Pratique religieuse L'étude de cet enseignement du bouddhisme mahayana est basée sur la lecture et la compréhension des écrits de Nichiren., le maître fondamental. Nichiren Daishonin explique le Sūtra du Lotus en 28 chapitres enseigné en Inde par Shakyamuni au cours des dernières années de sa vie ; dans ses écrits (lettres et traités) il utilise comme référence les commentaires de Tiantai en Chine et de son école Tendaï introduite au Japon par Saichō appelé aussi Dengyō. L’atteinte de la bouddhéité est rendue accessible aux gens du commun par la foi, la pratique et l’étude : .., (voir aussi la pratique de shakubuku et shōju).
En plus d'une pratique religieuse révisée de celle instituée par la Nichiren Shōshū, la Soka Gakkaï va modifier l'objet de culte (honmon no gohonzon) : elle ne distribuera plus le gohonzon des Grands Patriarches de la Nichiren Shoshu mais celui de Nichikan Shonin (moine réformiste et administrateur de l'école Fuji 1665-1726), ce qui lui permet de se démarquer un peu plus de la Nichiren Shoshu..
Le rôle de l'ordre monastique dans la pratique et la référence au Grand Patriarche sont supprimés, et organisent avec leurs ministres du culte la réception de l'objet de culte, le Gohonzon, les offices et cérémonies religieuses (mariages, cérémonies funéraires) (art. 15 et 22 Constitution Soka). La foi des pratiquants continue à s'articuler autour du Gohonzon de Nichiren, du Daimoku (Nam-myōhō-renge-kyō) et de l'étude des écrits de Nichiren. Avec les “Trois Grandes Lois ésotériques (ou cachées)” devenues “Trois Lois sacrées et révélées”, la troisième Loi (Honmon no Kaidan) redéfinit le lieu de pratique en tant que lieu sacré : “L’autel bouddhique où est enchâssé le Gohonzon, (domicile du pratiquant, lieu de culte) est le lieu de pratique de Gongyo et Daimoku” (art.13 constitution Soka)..
Dans le monde
France Le mouvement est installé en France depuis . Il publie des périodiques en français.. En , il disposait de .
Histoire Le consistoire Soka du bouddhisme Nichiren est “le garant des intérêts supérieurs du culte dans le pays” (art. 21 constitution Soka). Les trois associations sont dirigées par des Français. mais leurs noms demeurent confidentiels. Les fidèles ne sont pas membres de l'association
Organisation Depuis les années 1960, selon le modèle japonais., le mouvement s'est organisé autour de réunions de discussions tenues par les fidèles à domicile. Ces "réunions de discussion ou d´étude", libres d'accès, se tiennent une à deux fois par mois et rassemblent les pratiquants autour d'un sujet d'ordre général ou d'une thématique d'étude. Mais le déroulement des réunions a pu être perçu comme coercitif, déclenchant plusieurs polémiques et controverses en France.