(La Pivoine) était une des chambres de rhétorique malinoises. La chambre avait pour devise (« Au commencement était la Parole » ; attestée pour la période 1561-1620). Son saint patron était Jean l'Évangéliste. La chambre comptait parmi ses membres des artistes tels que Michiel Coxcie, Hendrick Fayd'herbe et Hans Vredeman de Vries. La chambre fut reconstituée en 1858 et continue à exister sous la forme d'un théâtre contemporain.

Bref historique

Les Compagnons de la pivoine () apparaissent pour la première fois dans les comptes de la ville de 1471-1472 pour avoir contribué à la fête de l'Épiphanie en 1472. Van Autenboer croit pouvoir déduire, à partir d'un certain nombre de données, que la chambre avait été créée en 1471. Le , quelques personnes achetèrent une maison au profit de la compagnie ou confrérie des rhétoriciens néerlandais, appelée la Compagnie de la pivoine, érigée à Malines, cité de ..

La chambre participa au concours du à Louvain en 1478, était sans doute présente à la réunion à Malines en 1493 et participa probablement à l'organisation de celle-ci (dans les comptes de la ville ne sont citées que les compagnies venant d'en dehors de Malines)..

Le , Philippe le Beau et son entourage assistèrent à la représentation par , au marché de Malines, d'un jeu des Sept Douleurs. Le chanoine Hendrik Maes, mentionné dans la liste des membres de la comme « excellent facteur » (c'est-à-dire comme dramaturge ou poète en titre) était l'auteur du jeu. Selon le rapport de Jan van Coudenberge, le public raffolait du spectacle. Les gens pleuraient sur le sort de la Vierge ; personne ne devenait désagréable ou agressif - pas même le jeune Philippe - et personne ne désirait que le jeu finît. L'enthousiasme était tel que Philippe et les autres spectateurs allèrent jusqu'à supplier que la représentation fût reprise. Lorsque cela se produisit quelques jours plus tard, la ruée fut énorme..

prit part au d'Anvers en 1496.

Au , , en tant que chambre brabançonne, prit part au cycle des de Brabant. participa au de Herentals en 1510 et organisa le de 1515. Elle participa au de Louvain en 1518, à celui de Diest en 1521 et à celui de Bruxelles en 1532. Elle organisa le de 1535 et participa à celui d'Anvers en 1561, ainsi qu'au concours organisé par à Bruxelles en 1562. Bien qu'ayant perdu ses privilèges en 1572, la chambre resta active.

En , les chambres de rhétorique devaient mettre un terme à leurs activités et, peu après, devait vendre une maison qu'elle possédait au Grand Marché.. En 1593, les chambres et introduisirent une requête auprès du Conseil privé pour demander de pouvoir reprendre leurs activités. Dans la demande, elles se référaient à une ordonnance d', interdisant toute activité rhétoricienne à Malines. La demande fut transmise au Grand Conseil, qui alla consulter le vicariat de Malines. Celui-ci souligna que non seulement les activités publiques des chambres de rhétorique comportaient un risque, mais aussi celles, à l'intérieur, difficiles à contrôler.. Après l'avis négatif du Grand Conseil, la demande fut rejetée.

Toutefois, en 1617, la chambre fut refondée par les archiducs Albert et Isabelle, sous la condition qu'elle soumît aux censeurs officiels de livres une copie collationnée de chaque pièce à représenter et de chaque texte à réciter...

En 1620, la chambre organisa un concours auquel participèrent des chambres des Pays-Bas espagnols et des Provinces-Unies. L'organisateur du concours était Johannes Thieuillier, doyen de la chambre et orfèvre anversois, qui avait été un des « personnages », ou acteurs, de la chambre .. En 1621 sortit le livre commémoratif du concours, qui devait contribuer à la renommée et à l'honneur des villes de la région et des poètes individuels en particulier : .. Cet ouvrage, illustré d'images d'armoiries et intitulé (Le Trésor des philosophes et des poètes), était assez coûteux et avait été révisé avant la publication par le censeur, qui se plaignait du fait que tant d'auteurs préféraient les philosophes aux Docteurs de l'Église, cité de ., alors que ces écrivains païens ne devaient être cités que dans la mesure où ils ne contredisaient pas la foi véridique catholique et romaine, cité de . car, pour le reste, leurs errances étaient sans intérêt, cité de ..

À l'occasion du jubilé des neuf cents ans de saint Rombaut en 1680, s'occupa des spectacles dramatiques, qui comprenaient une tragi-comédie () sur sa vie et ses miracles, une pièce de Philippus Claudius Basuel, prêtre, organiste et membre de la chambre..

De l'année 1688 date (Tableau – ou théâtre - de l'amour débridé) de Joannes Elincx, considéré non seulement comme une pièce habilement versifiée, mais aussi comme remarquable dans la mesure où chaque ligne forme le chronogramme 1688 et parce que son auteur employa plus de chronographiques. En outre, le dramaturge réussit à éviter toutes les expressions indignes et ignobles..

Au , Adrianus Swartsen écrivit une tragi-comédie notable : , publiée en 1728..

En 1731, les membres de la chambre, bénéficiant de dispenses de service aux milices bourgeoises, furent obligés de participer, armés, au cortège devant accompagner le duc de Lorraine lors de sa visite à l'archevêque. Les privilèges de la chambre ainsi violés, le nombre de rhétoriciens diminua progressivementIl semble que Van Melckebeke confonde l'archevêque et le duc de Lorraine avec, respectivement, le cardinal Frankenberg et Charles-Alexandre de Lorraine... Dans de telles circonstances, et d'autres encore, la direction de se vit contrainte d'être moins sélective dans l'acceptation des membres, qui pouvaient dorénavant être toutes sortes de personnes de conduite irréprochable.

Comme d'autres chambres de rhétorique, se vit forcée de monter des opéras pour mettre fin au déclin progressif. Entre 1773 et 1783 eurent lieu une quinzaine de représentations de six divertissements théâtraux distincts, dans le genre du Singspiel. Dans cette dernière année, la chambre choisit un nouveau facteur : Neyts, qui, après l'effondrement de sa compagnie, s'était établi à Malines comme journaliste et commerçant. La chambre se rebaptisa (Nouvel opéra néerlandais), un nom choisi d'après celui de la première compagnie théâtrale de Neyts. Neyts exerça sa fonction seulement sept mois et pour en tout douze spectacles..

La chambre, déjà moribonde, fut abolie en 1795, après l'annexion des Belgiques à la France..

Le , la chambre fut reconstituée sous le nom de guilde de Saint-Jean. Celle-ci s'installa à l'auberge à l'enseigne de la Licorne (), où fut dévoilé, le , son blason, peint par Willem Geets. En 1862 fut publié un historique bien documenté de la chambre.

Après la fusion du (Le Soupir linguistique) et de la (L'Étoile du Matin), la chambre de rhétorique souveraine et suprême de Gand leur accorda, en 1966, le droit de porter de nouveau le nom de l'ancienne chambre comme . En 1981, décida de créer un théâtre de 49 places. Sous le nom , trouva un abri dans le café du même nom dans la à Malines. Après neuf ans, s'établit dans la , où elle disposait de plus de place pour recevoir les spectateurs et de plus d'espace de stockage pour les décors et les accessoiresVoorbij, Geschiedenis, page sur le site web du théâtre .. Ce théâtre se présente sur le site web du (Conseil culturel de Malines) : chaque saison, il produit quatre pièces, chacune jouée environ douze fois. Les metteurs en scène proviennent le plus souvent du circuit professionnel, page sur le site web du Cultuurraad Mechelen..

Annexes Quelques membres Frans de Costere (? – 1579). Michiel Coxcie. (1499 - 1592) Joannes Elincx (vers 1660 – ?) Hendrik Fayd'herbe (1574 – 1629) Philips Ghysemans (? () – ?) Peter Gijseleers – Thijs (? () – ?) Willem de Gortter (1585 – vers 1637 – 1656) Francois Guldepoort (? () – ?) Romein de Hooge (vers 1645/1646 – 1708)Le Répertoire numérique de Van Bruaene, sur le site web de la Bibliothèque numérique des lettres néerlandaises, mentionne cet auteur des Provinces-Unies, dont il semble toutefois peu probable qu'il ait été membre de la chambre malinoise. S'agit-il d'une erreur ? Jacob Neyts (1727 – 1794) Jan Thieuillier (? () – ?) Hans Vredeman de Vries (1527 – 1606)

Références

Sources

. , [En ligne], réf. du . [www.peoene.be]. « Theater De Peoene », Cultuurraad Mechelen, [En ligne], réf. du . [www.cultuurraadmechelen.be] ( ou Conseil municipal de la culture).

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Articles connexes Sur la littérature néerlandaise Littérature néerlandaise. Sur les chambres de rhétorique Chambre de rhétorique ; Landjuweel. Quelques chambres de rhétorique La chambre de rhétorique De Avonturiers (Warneton) ; La chambre de rhétorique De Baptisten (Bergues) ; La chambre de rhétorique Het Bloemken Jesse (Middelbourg) ; La chambre de rhétorique Den Boeck (Bruxelles) ; La chambre de rhétorique De Corenbloem (Bruxelles) ; Eerste Nederduytsche Academie (Amsterdam) ; La chambre de rhétorique De Egelantier (Amsterdam) ; La chambre de rhétorique De Fonteine (Gand) ; La chambre de rhétorique De Gheltshende (Bailleul) ; La chambre de rhétorique De Lelie (Bruxelles) ; La chambre de rhétorique 't Mariacransken (Bruxelles) ; La chambre de rhétorique De Olijftak (Anvers) ; La chambre de rhétorique De Ontsluiters van Vreugde (Steenvoorde) ; La chambre de rhétorique De Persetreders (Hondschoote) ; La chambre de rhétorique De Royaerts (Bergues) ; La chambre de rhétorique Sainte-Anne (Enghien) ; La chambre de rhétorique Saint-Michel (Dunkerque) ; La chambre de rhétorique De Violette (Bruxelles) ; La chambre de rhétorique De Violieren (Anvers) ; La chambre de rhétorique De Witte Angieren (Haarlem).

Liens externes Profil de la chambre de rhétorique dans la Bibliothèque numérique des lettres néerlandaises Le livre commémoratif du concours de 1620, de différents auteurs, publié en 1621 chez Hendrick Iaye à Malines : De Schadt-Kiste der philosophen ende poeten (Le Trésor des philosophes et des poètes)

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