Le marché de Carpentras est un marché hebdomadaire qui se tient tous les vendredis dans le centre historique de Carpentras. Ses origines remontent à l'antiquité puisqu'au , la cité était connue sous le nom de Forum Neronis (Marché de Néron). C'est le plus ancien et l'un des plus animés marchés de Provence. Il a été l'objet d'une étude anthropologique en 1996.
Historique du marché
Les formes les plus anciennes sont Carpentoracte Meminorum au .. Carpentoracte (nom d’origine celte) fut une place importante de commerce grâce à sa position géographique qui en faisait le centre d'axes routiers.. Puis Forum Neronis (Marché de Néron) sous Tiberius Claudius Nero, l'arc romain porte toujours l’inscription Forum Néronis.
En 1155, Raymond V de Toulouse, marquis de Provence, envoya son chancelier Raous à Raymond , l'évêque de Carpentras pour confirmer les privilèges du marché qui se tient à Carpentras.. Au Moyen Âge, le marché se tient tous les vendredis dans le cimetière de Saint-Siffrein. Il y avait alors 200 marchands forains. Au début de la papauté d'Avignon, l'évêque Bérenger Forneri voulut, sans succès, interdire l'accès du cimetière au marché. Celui-ci s'étendit, en 1385, sur la place de la Fusterie, actuelle place des Pénitents Noirs. Au cours du , il gagna tout le centre-ville. Ce fut alors que chaque production eut son lieu réservé : place aux fers, aux bènes, aux fruits, aux herbes, aux graines, aux truffes, aux bœufs, aux chevaux, agneaux, cochons, rues de l’épicerie, de la triperie, de la boucherie, de la mercerie, de la séraillerie, tanneurs etc. À chaque marchandise correspondait une taxe due à la ville. L'évêque, quant à lui, prélevait en nature la rève sur les meilleures pièces du poisson et de la viande.
Le canal de Carpentras, mit en fonction en 1857, permit aux agriculteurs d'irriguer leurs terres et de se lancer dans la culture maraîchère et fruitière. Cette production, grâce au chemin de fer, put bénéficier de débouchés dans le Nord de la France. Actuellement, chaque vendredi, plus de 350 commerçants forains occupent tout le centre-ville et s'étendent jusqu'au allées des Platanes. Les produits alimentaires, poissons, poulets rôtis, salaisons, pâtes fraîches, olives, huile, etc., occupent le pourtour de la mairie et la place de l'horloge. Les Platanes et la place du sont réservés aux autres productions et marchandises : mercerie, quincaillerie, outillage, tissus provençaux, chapellerie, fleurs fraîches ou séchées, habillement, etc..
Depuis la fin du , tous les mardis, un marché de producteurs, en vente direct, est organisé hebdomadairement, du mois d'avril au mois de septembre, au sud du centre historique.
Anthropologie du marché
L'anthropologue Michèle de La Pradelle a décrit de la façon la plus précise ce marché provençal, mettant en exergue les relations particulières liées sur place entre forains et acheteurs. Elle explique : ..
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Le marché forain de Carpentras peut même fonctionner comme un exemple dans sa singularité. Carpentras n'est pas économiquement dépendante de son marché du vendredi, mais pourtant il tient une grande importance dans la vie de la cité. Marché forain et commerce sédentaire semblent deux formes de vente plus complémentaires que rivales. . Tous collaborent à l'entreprise : ..
Pour que vendeur et acheteur s'y retrouvent, le marché forain dépend de la mise en place d'une «économie de la séduction». Deux principes régissent ce type de marché en Provence le prix des marchandises est secondaire, et tout doit rappeler le divertissement. Ici, il n'est pas question .
La signification de ce marché se comprend mieux par comparaison avec un supermarché. Dans ce dernier, conçu pour concilier la rationalité de la distribution et la socialité du marché, chacun reste cantonné dans son groupe, le plus souvent familial. L'acheteur, dans un centre commercial, est simple consommateur, sur le marché il change de statut puisqu'il devient . Il joue ce rôle avec le marchand forain sur un terrain d'égalité. Le marché devient alors un simulacre d'agora, une éphémère communauté où l'on refait un monde. Pour Michèle de La Pradelle, . Pour tout un chacun, faire le marché, .
C'est dans ce cadre que le marché de Carpentras est exemplaire, et devient un des symboles contemporains du marché en Provence. Le but de ceux-ci, en mettant en scène une communauté créée de toutes pièces est tout d'abord de , mais c'est aussi jouer à être d'un autre temps . Logique utopique où les barrières sociales doivent s'estomper et où la lutte pour la reconnaissance se doit de faire une pause. Ce qui permet à Michèle de La Pradelle de conclure .
Facilité d'accès Afin de faciliter les déplacements et stationnements en centre-ville de Carpentras, les jours de marché, la communauté de communes mis en place un parking gratuit excentré, accompagné d'une navette, gratuite elle aussi, à disposition de la population et des touristes (page accessible par "Archive.is")..
Notes et références Notes
Références
Voir aussi
Bibliographie Robert Caillet, Foires et marchés de Carpentras : du Moyen âge au début du siècle, Éd. Batailler, Carpentras, 1953. Louis Stouff, La table provençale. Boire et manger en Provence à la fin du Moyen Âge, Avignon, 1997. (Prix Louis Castex de l’Académie française).
Articles connexes Marché aux truffes de Carpentras Marché de Provence Tradition provençale
Liens externes Louis Stouff, ''La viande. Ravitaillement et consommation à Carpentras au , Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, Année 1969, Volume 24, Numéro 6, pp. 1431-1448
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