La (en occitan : carrièra d'Alsacia-Lorena) est une voie de Toulouse, chef-lieu de la région Occitanie, dans le Midi de la France. C'est l'une des principales voies de Toulouse. Comme la rue Saint-Rome, c'est la principale voie commerçante de la ville. Elle est également, avec la rue de Metz et la rue Théodore-Ozenne, une des principales artères haussmanniennes de la Ville Rose.
Situation et accès Description La rue d'Alsace-Lorraine forme la limite entre les quartiers du Capitole et des Carmes, à l'ouest, et Saint-Étienne et Saint-Georges, à l'est. Véritable artère de type haussmanien, longue de 1000 mètres, elle est parfaitement rectiligne et orientée sud-nord.
Elle naît dans le prolongement de la rue du Languedoc à la hauteur de la place Rouaix, au carrefour de la rue Croix-Baragnon, au niveau de l'entrée du Palais consulaire. Elle reçoit à droite, après 112 mètres et à la hauteur du musée des Augustins, la rue de Metz, tandis qu'elle borde le côté est de la place Esquirol. Elle donne naissance sur son côté droit à la rue Antonin-Mercié et reçoit à gauche la rue Genty-Magre. Elle traverse perpendiculairement la rue du Fourbastard, avant de recevoir sur son côté gauche la rue Baour-Lormian, puis traverse la rue de la Pomme avant de donner naissance à droite à la rue du Lieutenant-Colonel-Pélissier, puis à la rue Lapeyrouse. Au niveau du square Charles-de-Gaulle, dont elle longe le côté est, elle traverse la rue du Poids-de-l'Huile, puis la rue Lafayette. Après avoir reçu la rue John-Fitzgerald-Kennedy sur son côté gauche, elle traverse la rue Rivals, puis la rue du Salé. Après avoir donné naissance à la rue de Bayard sur son côté droit, elle reçoit la rue Charles-de-Rémusat. Elle se termine enfin après avoir reçu à gauche la rue Bellegarde, au carrefour du boulevard de Strasbourg.
La chaussée compte, entre la place Rouaix et la rue de Metz, une voie de circulation automobile en sens unique, et une voie réservée aux transports en commun dans chaque sens. Elle appartient à une zone de rencontre et la vitesse y est limitée à 20 km/h. Au-delà, de la rue de Metz, elle ne compte plus qu'une seule voie de circulation en sens unique : elle appartient à une aire piétonne, où la circulation est réglementée et la vitesse est limitée à 6 km/h.
Voies rencontrées La rue d'Alsace-Lorraine rencontre les voies suivantes, dans l'ordre des numéros croissants (« g » indique que la rue se situe à gauche, « d » à droite) :
Place Rouaix (g) Rue Croix-Baragnon (d) Rue du Sac (g) Place Étienne-Esquirol (g) Rue de Metz (d) Rue Genty-Magre (g) Rue Antonin-Mercié (d) Rue du Fourbastard Rue Baour-Lormian (g) Rue de la Pomme Rue du Lieutenant-Colonel-Pélissier (d) Rue Lapeyrouse (g) Rue du Poids-de-l'Huile Square Charles-de-Gaulle (g) Rue Lafayette Rue John-Fitzgerald-Kennedy (g) Rue Rivals Rue du Salé Rue Charles-de-Rémusat (g) Rue de Bayard (d) Rue Bellegarde (g) Boulevard de Strasbourg
Transports La rue d'Alsace-Lorraine est largement desservie par le réseau de transports en commun Tisséo. Au sud, la place Rouaix et la rue Croix-Baragnon sont parcourues par la navette . À proximité immédiate, autour de la place Étienne-Esquirol, se trouvent la station du même nom, sur la ligne de métro , et les arrêts de la ligne de bus . Plus au nord, elle est directement accessible par la station Capitole, qui débouche au niveau du square Charles-de-Gaulle. Enfin, au nord, le boulevard de Strasbourg abrite la station Jeanne-d'Arc, sur la ligne de métro , ainsi que les arrêts des lignes de Linéo , de bus et des navettes .
Plusieurs stations de vélos en libre-service VélôToulouse se trouvent le long de rue d'Alsace-Lorraine ou dans les rues voisines : les stations (12 rue du Poids-de-l'Huile), (21 rue Lafayette), (62 rue de la Pomme), (6 rue du Rempart-Villeneuve), (15 place Étienne-Esquirol), (26 rue de Périgord), (32 boulevard de Strasbourg) et (1 rue des Tourneurs).
Odonymie vignette|gauche|Plaques de rue en français et en occitan. Dans les premiers projets d'aménagement d'Urbain Maguès, la rue est simplement désignée comme la rue Longitudinale – elle est la percée longitudinale, d'orientation nord-sud, par opposition à la percée Transversale, d'orientation est-ouest (actuelle rue de Metz). Mais cette appellation n'était que provisoire. Le , le conseil municipal d'Henri Ebelot décida de la nommer en l'honneur de l'Alsace-Lorraine, les deux provinces perdues à la suite de la guerre franco-allemande de 1870 et du désastreux traité de Francfort de 1871Salies 1989, vol. 1, ..
Histoire Moyen Âge et période moderne
Époque contemporaine La rue d'Alsace-Lorraine a été ouverte entre 1869 et 1873, dans le cadre de travaux proposés par Urbain Maguès et approuvés par le conseil municipal par une voix.
Sous le mandat du maire Jean Patras de Campaigno, en 1864, différents projets urbanistiques ont été proposés dans le but de restructurer le centre-ville, principalement par la création de nouvelles voies de circulation. Le , le projet de l'ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, Urbain Maguès, fut le dernier retenu par le Conseil Municipal. Ce dernier se basait sur les idées déjà proposées par les Capitouls en 1776. Il prévoyait la création de deux grandes rues larges de avec des immeubles ne dépassant pas de hauteur et pour le prolongement dans les rues adjacentes. Ces deux axes devaient constituer les nouveaux axes de circulation principaux de la ville. La première grande rue, d'abord connue sous la dénomination de rue Transversale, prendra ensuite le nom de rue de Metz. La deuxième rue qui lui est perpendiculaire, la rue Longitudinale, prendra par la suite le nom de rue Alsace-Lorraine le par décision du Conseil Municipal. Ce nom fait écho aux événements contemporains, puisqu'il fait référence à l'Alsace et la Lorraine, deux territoires qui ont été perdus par la France en 1871.
La mise en œuvre de ce projet entraîna de nombreuses expropriations, puisqu'il demanda de percer à travers les moulons (maisons voisines délimitées par des croisements de rues) en plein cœur d'un tissu urbain très dense.
Pour ce qui est du financement, le maire Campaigno reçu de l'aide du Crédit foncier Belge qui apporta les fonds nécessaires.
Malgré une forte opposition à ce projet, notamment de la part de la population, le projet fut quand même mis en œuvre et approuvé par décret Impérial le .
Le projet de percement s’amorça en 1868 avec les premiers achats de terrain et les expropriations. Les premières maisons furent élevées dès 1871 dans la rue Alsace-Lorraine, mais il faudra attendre 1878 pour que le immeuble de cette rue soit achevé. Les chaussées quant à elles furent terminées en 1873.
Tous ces immeubles, conçus avant tout pour le rapport, introduisaient à Toulouse la notion de la vie en appartements, peu répandue avant cette période. Des vastes magasins étaient prévus dans tous les rez-de-chaussée de ces bâtiments, ce qui eut pour effet d'attirer des commerces de luxe.
À noter aussi que le , le Conseil Municipal décida la mise en place de l'éclairage au gaz sur les de la nouvelle rue, entre la rue Lafayette et la place Rouaix.
Pendant l'Occupation, l'état-major principal de liaison HVS 564 allemand chargé d'administrer le territoire occupé loge au Grand Hôtel de la Poste situé au 38 de cette rue. Aujourd'hui, cet immeuble est le siège du Consulat de la République de Slovénie.
La rue d'Alsace-Lorraine subit des travaux d'urbanisme en 2007 en vue de l'accueil par Toulouse de la coupe du monde de rugby à XV 2007 puis à nouveau en 2012, pour devenir piétonne sur presque toute sa longueur, de la rue Bayard à la Place Esquirol.
Patrimoine et lieux d'intérêt Musée des Augustins vignette| : l'aile Darcy du musée des Augustins (1893-1903, Denis Darcy). , et ..
Le musée des Augustins est le musée municipal des beaux-arts. Il occupe les bâtiments de l'ancien couvent des Augustins..
Palais consulaire Un hôtel particulier est construit au milieu du pour Jean Baptiste de Ciron, seigneur de Carmaux et président au parlement de Toulouse. En 1742, il passe à deux membres de la famille Roux, mais dix ans plus tard, il est vendu au comte Joseph de Fumel, puis, en 1769, il est acheté par la municipalité et largement remanié pour devenir la résidence des premiers présidents du parlement. La Révolution française apporte des bouleversements : en 1790, le parlement est supprimé et la ville cède l'hôtel au Directoire du Département, qui le quitte en pour s'installer dans l'ancien archevêché. En conséquence, trois ans plus tard, à la suite du Concordat, l'hôtel est affecté au logement du nouvel archevêque. Mais un siècle plus tard, en , en vertu de la loi de séparation, l'hôtel de l'Archevêché est désaffecté, puis vendu à la Chambre de commerce de la ville qui en prend possession en 1913Chalande 1922, ..
Le palais consulaire se compose de plusieurs corps de bâtiment entre la rue d'Alsace-Lorraine (actuel ) et la rue Croix-Baragnon (actuel ), face à la place Rouaix. En 1921, les architectes Barthélémy Guitard et Jean Valette sont chargés de la construction d'un nouveau corps de bâtiment le long de la rue d'Alsace-Lorraine, afin d'y aménager des boutiques au rez-de-chaussée, deux appartements à l'entresol et un « musée commercial » à l'étage. En 1936, le bâtiment est prolongé au sud sur trois travées, venant recouvrir la façade de l'ancien hôtel Ciron-Fumel. La façade, de style néo-classique, est un pastiche de l'architecture toulousaine du , jouant sur la polychromie de la pierre de taille et de la brique. Elle se développe sur dix travées et s'élève sur trois niveaux – rez-de-chaussée, entresol et un étage. Le rez-de-chaussée est percé de grandes ouvertures de boutique qui alternent avec des ouvertures plus étroites. Les portes d'entrée sont aménagées dans les travées latérales. L'entresol et l'étage sont éclairés de fenêtres rectangulaires, mises en valeur par un encadrement en pierre de taille. Les fenêtres du ont des balcons à balustres, soutenus par de lourdes consoles sculptées. Elles sont surmontées de frises sculptées et l'encadrement à une agrafe chargée d'un large volute. L'élévation est couronnée d'une large corniche à denticules et modillons, surmontée par une balustradePapillault 2016, ...
Grands magasins 28 : grand magasin La Maison universelle..
37-39 : grand magasin Monoprix.L'enseigne Monoprix, créée à Rouen en 1932 par Max Heilbronn, ouvre en 1934 un grand magasin à Toulouse dans la rue de la Pomme (emplacements des actuels et 56). Progressivement, le magasin est agrandi par l'acquisition des bâtiments voisins rue d'Alsace-Lorraine (emplacements des actuels et 39) et rue de la Pomme (emplacements des actuels et 58 à 62). La construction d'un nouveau magasin est confiée en 1963 aux architectes Noël Le Maresquier et Paul de Noyers. Le bâtiment, de style moderne, s'élève au carrefour de la rue de la Pomme, formant un angle aigu. Les façades, presque aveugles, sont couvertes d'un parement de brique rouge. Le est ouvert par quatre petites fenêtres carrées. Le est éclairé par un bandeau continu de fenêtres, souligné par un encadrement saillant. Les et , enduits, sont traités en retrait par rapport à l'aplomb de la façade..
vignette| : le grand magasin Au Capitole (1904, Georges Debrie).