Léglise Saint-Hermeland est une église paroissiale catholique située à Bagneux dans le département des Hauts-de-Seine. Elle était avant la Révolution rattachée à l'archidiaconé de Josas.
L'édifice, élevé en 1011 sur les restes d'un édifice antérieur qui était la plus ancienne église de la région et dont la crypte datait du , puis reconstruit au , fait l’objet d’un classement à l'inventaire des monuments historiques depuis 1862. Il est surnommé la « petite Notre-Dame ».
La paroisse Saint-Hermeland est l'une des du doyenné de la Pointe Sud, l'un des neuf doyennés du diocèse de Nanterre.
Édifice Localisation L'édifice est situé au 8, place de la République à Bagneux dans le département des Hauts-de-Seine.
Construction Le bâtiment actuel, dépourvu de crypte, a été construit sur les restes d'un édifice antérieur qui était la plus ancienne église de la région et dont la crypte datait du .. Il date de la première période du gothique (1175) sous le règne de Philippe-Auguste ; il est achevé sous celui de Louis IX, vers 1230-1240, à l'exception de la base du clocher qui est du début du . Des différences dans le profil des nervures et la qualité des sculptures permettent de dire que l'édifice fut réalisé en deux campagnes. Le chœur (1180) ayant précédé la nef (1230-1240). Il fut très remanié en 1845 et en 1870.
L'édifice fait l’objet d’un classement à l'inventaire des monuments historiques depuis 1862..
Nef et bas-côtés Datant de 1230-1240, la nef offre une certaine ressemblance avec celle de Notre-Dame de Paris dont elle dépendait du chapitre des chanoines. Elle mesure de long sur de large. Les clefs de voûte culminent à , ornées de feuilles et rosaces. Celle du bas-côté nord figure une main du Père bénissant et l'agneau mystique. Sur les trois premières travées de la nef, trois figures d'hommes ou d'anges, orientées vers le chœur, symbolisent les trois vertus théologales ; trois figures grotesques, symboles des vices, leur tournent le dos.
Les colonnes rondes sont surmontées de chapiteaux ornés de feuillages et de crochets. Les clés de voûte sont sculptées de feuilles et de rosaces, de têtes humaines sculptées ou de fantastiques. Le triforium est supporté par des colonnes rondes avec des baies, trois par travées chacune réunies sous un arc de décharge en plein cintre, surmontées d'oculi. Les voûtes des bas-côtés reposent sur des consoles.
On remarquait autrefois une belle grille qui fut volée au début de la Révolution françaiseJoseph Delort, Mes voyages aux environs de Paris, t.I, Paris, chez Picard-Dubois, 1821, ..
Chœur et collatéraux Bâti vers 1180, le chœur fut également construit en deux campagnes. Les parties hautes semblent avoir été achevées dans le premier quart du . On ignore les causes de l'interruption de ces campagnes mais les architectes Girard et Schœlter mentionnent qu'. Ce mur a probablement dû séparer le chœur de la nef ou fermer l'édifice quand le chœur formait toute l'église. Au niveau du triforium, entre le chœur et la nef, le mur plein existe encore et c'est par une très petite ouverture que l'on passe à travers le triforium de la nef à celui du chœur. Le poids de ce mur justifie le grossissement du pilier fort à cet endroit et la construction d'une arcade unique dans ce bas-côtéBulletin des Amis de Bagneux, , 1984, ..
Le triforium du chœur ne possède que deux arcades, différent du triforium en triplet qui orne la nef sur les deux côtés.
Le chœur possède des chapiteaux reposant sur des colonnettes en délit dont le nombre varie. Ils sont ornés de feuillages, les clés de voûte sont sculptées. Le chœur de même élévation, au chevet plat qui a remplacé l'abside circulaire, comporte de chaque côté une chapelle orientée de même élévation. Il est délimité par un arc doubleau et comprend deux voûtes. Celle proche de l'arc doubleau est barlongue et celle à proximité du chevet est sexpartite.
Chapelles latérales Chapelle du Saint-Sacrement À l'avant du bas-côté nord, l'autel comporte un tabernacle renfermant les hosties consacrées. Ce tabernacle en bois sculpté est l'œuvre de Pierre de Grauw (1921-2016), représentant le Buisson ardent où Dieu apparut à Moïse. Le vitrail contemporain, créé en 2019 par Gilles Audoux, évoque l'élévation de l'âme de saint Hermeland.
Chapelle de la Vierge La chapelle de la Vierge, à l'avant du bas-côté sud, comporte un autel retable de la seconde partie du , de plan rectangulaire à élévation droite et adossé. La moulure, ainsi que le décor central sont sculptés dans la masseSes dimensions sont de de haut sur une longueur de et une largeur de , le retable s’élève à pour de large.. L'ornementation de forme architecturale comprend une iconographie du Saint-Esprit sur gloire rayonnante au centre de la façade principale de l'autel et de part et d'autre de la niche centrale, avec des colonnes, chapiteaux et guirlandes de fleurs sur le retable.
Pierre-Eugène de Surbeck et son épouse furent inhumés devant l'autel. Leur dalle funéraire disparut durant la Révolution.
Extérieur Portail et tympan vignette|redresse|Le tympan.
Le portail occidental de la façade, restauré entre 1845 et 1847, est à six chapiteaux de style roman, historiés et date du quatrième quart du .
Au tympan mutilé lors de la Révolution française figure le Jugement dernier en calcaire taillé en haut-relief, thème fréquent du . Ces sculptures furent ensuite recouvertes d'une couche de plâtre avant d'être dégagées au cours des restaurations de la façade en 1844 par l'architecte Claude Naissant (1801-1879).
, telle est la description donnée par Jean Lebeuf entre (1754-1757)Jean Lebeuf, Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris, 5 vol., 1754-1757 ; nouvelle édition, Paris, Féchoz-Letouzey, 1883-1893, 7.vol, portraits et plans, In-8°.. En 1835, l'archéologue Ferdinand de Guilhermy étudie cet édifice et donne sa version des éléments qu'il y reconnaît : À cette époque, les traces de polychromie du tympan était encore visibles : . Les figures sont décapitées mais gardent beaucoup de majesté, écrivent Jacques Hillairet et Georges Poisson, dans leur Évocation du Grand Paris : La Banlieue sud, en 1956.
L'analyse précise des pigments retrouvés sur ce tympan, a permis leur restitution par projection vidéo, que le visiteur peut admirer à la tombée de la nuit, à partir de 20 heures, et pendant le premier quart de chaque heure, jusqu'à 23 heures.
Colonnettes et chapiteaux Les six chapiteaux des colonnettes du portail supportant le linteau et l'archivolte , furent déposées. Les deux colonnettes les plus proches de la porte étant plus courte furent allongées par le pied pour les égaliser avec les quatre autres lors des travaux de 1844-1848. Deux chapiteaux furent copiés sur les originaux déposés dans un coin de l'église. Les sculptures de ces chapiteaux des piédroits n'ont pas l'élégance et le style de celles du tympan ; Guilhermy les apparente dans ses notes à l'art roman dans la première moitié du . Elles étaient jadis polychromes. En se plaçant devant le portail, on peut y voir de droite (nord) à gauche (sud) : une corbeille de feuillages un peu rigides, recourbée au-dessus du tailloir, qui fait penser à un chapiteau de style corinthien, suivie d'une sirène-oiseau ou harpie visage de femme, le corps muni de longues ailes et aux pattes d'oiseau, avec une ébauche de queue, comparable à celles de Notre-Dame de Paris, de l'église Saint-Julien-le-Pauvre ou de l'église Saint-Séverin. Elle est de style roman ; un ange vêtu d'une longue tunique, les ailes ouvertes portant un linge sur lequel est représentée une âme ayant l'apparence d'un petit personnage aux maintes jointes. À son propos, Guilhermy note que . À côté, un homme debout, chaussé, portant aussi une robe et un grand manteau agrafé, imberbe et tête nue, cheveux ras taillés en couronne, représente saint ErblandNotes manuscrites de Ferdinand de Guilhermy citées in « Église Saint-Hermeland de Bagneux, monument historique », Les Amis de Bagneux, , 1984., le saint patron de l'église. Il porte une crosse comme signe de la dignité abbatiale. Dans la partie haute du chapiteau figurent plusieurs petits arcs où le mot « angel » était lisible en 1845 ; le troisième chapiteau est une copie représentant L'Enfer, avec deux personnages nus, vus à mi-corps, enchaînés, semblant brûler dans un chaudron posée sur des flammes, représentation de l'Enfer. Une tête de singe symbolisant le Malin figure au-dessus du récipient ; de l'autre côté du portail, le quatrième chapiteau représente deux oiseaux becquetant des fruits ou une grappe de sorbier posés dans une coupe. Ce chapiteau est également une copie représentant Le Paradis à droite du Christ ; le cinquième chapiteau représente un personnage qui tient par la main une figure nue, représentation traditionnelle de l'archange saint Michel qui a la charge de la pesée des bonnes et mauvaises actions des âmes qu'il présente à Dieu. Une inscription au-dessus de sa tête indique son nom « Michael angel » ; le sixième chapiteau montre deux figures, un ange et une femme. L'ange est semblable à celui du troisième chapiteau et la femme est vêtue d'une robe et d'un manteau, tête nue avec de longs cheveux. Elle lève la main droite, étonnée par la présence de l'ange. C'est le geste habituel de la Vierge dans les Annonciations médiévales.
Avant les modifications de 1845-1848, la façade de l'église avait une large fenêtre ogivale qui dut être bouchée lors de la mise en place du buffet d'orgue et de sa tribune à l'époque de la Renaissance. Une gravure d'Auguste Victor DeroyAuguste Victor Deroy, L'Église saint-Hermeland de Bagneux, avant 1835, gravure d'après un dessin d'Isidore Laurent Deroy. laisse paraître les éléments d'un réseau flamboyant. Au-dessus, un œil-de-bœuf retouché à une époque moderne était placé sous un pignon qui fut plâtré et modifiéNotes manuscrites de Guilhermy.. Au-dessus du portail, l'architecte restaurateur plaça une galerie d'arcades aveugles composées de sept petits arcs en plein cintre, copiés sur ceux du triforium de l'église. Les rampants de la façade furent enrichis d'une moulure à dents de scie, surmontée d'une croix.
Clocher La partie inférieure est de la première moitié du , vestige de l'église primitive de style roman. L'assise de pierres massives est constituée de deux arcades en plein cintre et d'un arc en tiers-point, ouvrant sur le chœur. La partie supérieure est du . Le clocher fut détruit en 1567Un jour de 1562, pendant les guerres de Religion, le prince de Condé, qui venait de quitter Orléans à la tête de , s’approcha de Paris. Il occupa le Bourg-la-Reine, Bagneux, Fontenay-aux-Roses, Châtillon, Arcueil et Gentilly. Catherine de Médicis vint l’y trouver afin de négocier une trêve avec lui. Frappé de l’augmentation qu’il remarqua dans l’armée royale, Condé, par prudence, se retira sur Palaiseau après avoir brûlé ses cantonnements. Cinq ans après, en 1567, ce prince revenait assiéger Paris et, sur sa route, il incendiait à Arcueil le château des Guise, au Bourg-la-Reine, l’église, tandis qu’à Bagneux, il faisait abattre la flèche en pierre du clocher (. et en partie recouvert en 1685. En 1695 eut lieu le baptême d'une cloche nommée Jean et MarieLe parrain en étant Jean-Jacques de Surbeck (1644-1714), capitaine des Gardes suisses et gendre d'Henry Chapelier, propriétaire du château de Garlande, et Marie Salomé Hessy, épouse de François de Reynold, lieutenant-colonel du régiment des Gardes suisses..