Le football américain ou simplement football, crée une culture spécifique avec ses codes, son vocabulaire, ses rites et ses traditions. Ce sport est vécu comme une religion aux États-Unis, quel que soit le championnat, du niveau High School jusqu'à la National Football League (NFL) en passant par le championnat universitaire NCAA.
La présente page tente de vous décrire ce qu'est la culture du football américain.
Origines
L'histoire du football américain est liée à l'histoire du rugby. Les deux jeux ont leur origine au Royaume-Uni. Le football américain résulte de plusieurs divergences majeures du rugby, notamment les changements de règles instituées par Walter Camp, considéré comme le « père du football américain ». La différence majeure est dans l'introduction de la passe en avant. Le sport voit sa popularité augmenter dans les universités américaines jusque dans les années 1920. À partir de cette époque, des ligues professionnelles se forment dont la NFL. Le succès se situe d'abord dans les villes industrielles du Midwest des États-Unis, puis dans le sud profond pour enfin devenir un phénomène national, qui relègue dès les années 1970 le baseball à la seconde place des sports favoris des américains.
La culture du jeu Au football américain on peut distinguer deux écoles : les professionnels à travers essentiellement la NFL et quelques autres ligues mineures ; les universitaires à travers les championnats de College Football de la NCAA.
Pourtant dans les deux cas, à quelques nuances près, ils pratiquent le même sport. Néanmoins, chaque branche possède son histoire, ses traditions et donc sa culture.
Le jeu universitaire est plus varié, les philosophies de jeu sont différentes et nombreuses en fonction des universités et de leurs histoires. De plus, les athlètes sont jeunes et donc en cours de développement. Les règles sont également plus souples, le tout favorisant un jeu créatif et spectaculaire. La NFL, elle, fait la part belle à la puissance physique et la vitesse. Le jeu développé y est plus classique, les jeux feintés plus rares. Le football américain y est donc plus conservateur, l'objectif premier étant la victoire.
Cela explique que les besoins, les rôles et les gabarits des joueurs soient différents. Les professionnels sont souvent plus lourds et plus grands. Il est courant qu'un universitaire change de poste en arrivant chez les pros. Les quarterbacks universitaires sont souvent également des coureurs, ce qui est plus rare en NFL où le jeu du quarterback est essentiellement orienté vers le jeu de passe. Un des meilleurs exemples est Tim Tebow lequel connut une grande carrière universitaire. En 2007, il remporte le Trophée Heisman, prix récompensant le meilleur joueur de la saison universitaire. Il remporte également les championnats NCAA 2007 et 2009 avec les Gators de la Floride. Cependant en NFL, son parcours est beaucoup plus chaotique du fait de son profil de quarterback coureur plutôt que passeur, n'étant désigné titulaire que pour (dont deux de phase finale) au cours de ses trois seules saisons.
Cependant, les différences majeures se trouvent dans l'organisation et le statut des joueurs. En NFL, les joueurs sont des salariés, les étudiants eux, en très grande majorité, bénéficient bourses sportives (scholarships en anglais, voir Scholarships en Division I NCAA) et leur rémunération était interdite par la NCAA jusqu'en 2021 (voir Les étudiants athlètes et le NIL). Pourtant, ils font un sport de haut niveau avec des entraînements et des matches toutes les semaines comme les pros (voir étudiants athlètes).
Enfin, dans le College Football, le nombre d'entraîneurs par équipe est plus limité et l'obligation d'avoir un étudiant intégré dans l'encadrement technique. Ainsi, le staff technique se compose d'une dizaine de personnes pour des effectifs pouvant atteindre un maximum 105 athlètes. Chez les pros, l'encadrement se situe entre quinze et vingt personnes pour un effectif de 70 athlètes en avant saison et de dès le début de la saison.
Des premiers pas à la High School Le football américain peut être pratiqué très tôt, dès l'âge de quatre ou cinq ans. Dans le langage courant, on parle de « Pee Wee Football » aussi bien au Canada qu'aux États-Unis pour faire référence aux catégories réservées aux plus petits. Évidemment, à cet âge le contact est presque absent et ces jeunes pratiquent le plus souvent une version moins dangereuse du football américain appelé flag football. Dans cette version, les plaquages sont interdits et le but du jeu consiste simplement à arracher un petit mouchoir (flag en anglais) pour arrêter les actions.
Pop Warner Little Scholars La plus importante organisation est la Pop Warner Little Scholars (également appelé Pop Warner ou Pop Warner Football). Il s'agit d'une association à but non lucratif qui offre la possibilité aux jeunes enfants de pratiquer ce sport. L'association gère également des programmes de cheerleading (pom pom girl) et de danse dans américains et à travers le monde.
À l'image des sports de combats, les catégories sont déterminées en fonction de l'âge et du poids des enfants. Au-delà d'un certain poids, l'enfant intègre la catégorie supérieur, mais il peut descendre de catégorie s'il est trop léger. Les équipes peuvent être mixtes jusqu'à un certain âge. Le respect de l'intégrité physique et des règles de sécurité sont fondamentales. La Pop Warner Little Scholars possède un système de catégories allant de 4 à et à . Une fois adolescent, les jeunes passent au niveau supérieur et jouent en High School.
High School Football En Amérique du Nord, le High School Football (parfois appelé prep football ou preps football) est équivalent à la catégorie d'âge des étudiants lycéens en France, de l'école secondaire de cycle supérieur en Belgique ou du degré secondaire II en Suisse. Les compétitions sont gérées par la aux États-Unis à l’exception des États du Texas et du Massachusetts. Les règles, le nombre et le format des matchs varient entre d'un État à l'autre. Il n’existe pas de titre national officiel, cependant des titres peuvent être décernés au niveau de l'État ou au niveau régional.
Recrutement universitaire Le recrutement s'étend sur les deux dernières années (junior et senior) de High School, la NCAA encadre strictement ce processus, avec des périodes de contact restreint entre les recruteurs et les lycéens. Les meilleurs espoirs sont alors observés et évalués par les recruteurs universitaires. Il existe des médias spécialisés comme Rivals ou encore ESPN qui donnent des notes à chaque athlète. Le système est basé sur une note de 1 à 5 étoiles pour chaque prospect. Certains camps et matchs sont organisés sur invitation et permettent aux meilleurs jeunes du pays de se rassembler offrant une grande exposition, comme lors du All-American Bowl.
Les universités ont toutes leurs propres recruteurs. Ils sont chargés de superviser et évaluer les prospects via des vidéos, des rapports de scouts ou en assistant à des matches en personne. Les jeunes athlètes peuvent alors être amener à faire des visites sur les campus des facs afin de rencontrer le staff ou des étudiants athlètes, seules les visites officielles sont financées par les universités. Un prospect peut alors donner un accord verbal à un programme à tout moment, mais cet engagement n'est pas définitif. Il faut également souligner qu'un prospect ne sera admis à l'université que sous certaines conditions, notamment académiques (voir Junior College).
La Letter of intent ou lettre d'intention était un moment important dans le recrutement, elle marquait la première étape de la signature d'un espoir, mais elle fut supprimée par la NCAA en 2024. Aujourd'hui, le National Signing Day, est dernière étape officielle d'engagement définitif des prospects envers leurs universités.
Le recrutement a connu une évolution importante depuis l'introduction du portail des transferts et du NIL (voir ci-contre « Portail des transferts » et « Les étudiants athlètes et le NIL »). Désormais, les universités courtisent les étudiants athlètes des autres universités lors de chaque fenêtre de transfert.
Organisations sportives universitaires Il existe en Amérique du Nord plusieurs associations universitaires, organisant des compétitions sportives masculines et féminines pour les étudiants athlètes dans de nombreux sports. Trois entités se démarquent dans le football américain.
La National Collegiate Athletic Association ou NCAA, la plus grande et plus puissante association. L'élite des grands universités américaines y sont affiliées. C'est par conséquent le réservoir des futurs athlètes qui se présenteront aux drafts des ligues professionnelles des États-Unis.
La National Association of Intercollegiate Athletics ou NAIA, regroupe des petits colleges et universités américaines et, depuis 1972, quelques institutions canadiennes. Aujourd'hui, la NAIA revendique plus de 65 000www.naia.org étudiants athlètes avec un cycle académique complet de quatre ans.
La National Junior College Athletic Association ou NJCAA, regroupe également des petits colleges (Junior College) et universités américaines, mais leur cycle académique n'est que de deux ans. Pour un futur athlète de haut niveau, c'est une première étape avant une grande université ou au contraire l'occasion de rebondir après un échec en NCAA.
L'élite du sport universitaire se situe clairement en NCAA, sur le plan sportif évidemment, mais également en terme académique, économique et médiatique. Pour ces raisons les conditions d'accès y sont beaucoup plus strictes notamment pour l'obtention d'une bourse d'études. La NAIA ou NJCAA sont plus accessibles en termes de critères académiques et boursiers.
Junior College Dans le cas où un étudiant n'a pas de résultats scolaires suffisants, il peut être refusé (non recruté) par les universités. Ces élèves doivent alors intégrer un Junior College (collège communautaire aux États-Unis). Ces institutions proposent des formations académiques mais également sportives d'un cycle de deux ans. Par la suite, les étudiants surnommés « Jucos » (contraction de Junior College) ont la possibilité de rejoindre une université ou un college.
Certains étudiants peuvent être écartés des grandes facultés pour des diverses raisons (problèmes judiciaires, disciplinaires, scolaires ou autres). Ils sont alors contraints de jouer en Junior College. Last Chance U, la série documentaire américaine produite par Netflix raconte comment d'anciens étudiants de grandes universités ont reçu une seconde chance dans les niveaux inférieurs.
Cam Newton en est un exemple. Après avoir été transféré des Gators de la Floride, il joue une saison pour le Blinn College en Junior College et remporte le championnat national NJCAA (National Junior College Athletic Association). Il retourne la saison suivante en NCAA chez les Tigers d'Auburn et remporte le championnat universitaire avant de rejoindre finalement la NFL.
Aaron Rodgers par manque de propositions des grandes universités après le lycée, joue une saison pour le Butte College d'Oroville avant d’être recruté par l'université de Californie à Berkeley.
Le passage par un Junior College ou « JuCo » a un impact sur le statut de l'étudiant athlète une fois qu'il rejoint la NCAA. (voir l'article sur les statuts des étudiants athlètes en NCAA). Le cycle complet de deux ans en « JuCo », implique qu'il ne reste à l'étudiant athlète que deux saisons d'éligibilité sur les quatre possibles et s'il n'y reste qu'une saison, alors il lui en restera trois.
Aujourd'hui, certains Junior Colleges sont perçus, essentiellement en basketball et en football américain, comme des incubateurs pour jeunes athlètes n'ayant pas le niveau scolaire nécessaire pour intégrer directement une grande Université ou un College.
College Football Avant le match
Dans les universités américaines
250px|thumb|Avant le match de football américain à l'Université Stanford