Pierre de Longueil, né en 1398 à Paris et mort le au château de Varzy, est un prélat français, évêque d'Auxerre au ..

Famille Le père de Pierre est Jean de Longueil, président au parlement, d'une famille "d'origine auxerroise" selon Lebeuf ; mais plutôt de Normandie où son grand-père paternel, Guillaume III, est vicomte d'Auge et seigneur d'autre fiefs de la même région.. Sa mère est Jeanne de Bouju, dame du Rancher (nièce de Jehan de Chanteprime). Ses deux parents se sont mariés à Auxerre et sont inhumés à l'église des Cordeliers.

Un de ses frères est né sur la paroisse de Saint-Mamert à Auxerre. Lui, Pierre, est né en 1397L'historien de l'université de Paris le fait naître 7 ans plus tôt. Voir . sur la paroisse de Saint-Benoît à Paris.

D'après Lebeuf, la famille est alliée aux Chanteprime, dont Adam Chanteprime. Sources de l'auteur : BnF, Mss, Pièces originales 671, Dossiers bleus 168., trésorier de France et natif d'Auxerre. Cependant Jean de Chanteprime, père de cet Adam, semble natif de Sens - ou bien il s'y est marié. Il est aussi le neveu par son père. de Richard Olivier de Longueil, que Lebeuf appelle "cardinal d'Auge" car Olivier de Longueil est aussi vicomte d'Auge. après son propre père, et qui est parfois également surnommé cardinal de Coutances ou d'Eu car il a été évêque de Coutances.

Biographie

Pierre de Longueil passe maître ès-arts en 1413. Son testament indique qu'il a été chanoine de Notre-Dame de Paris et de Coutances. Il est peut-être le Pierre de Longueil cité comme trésorier de Beauvais dans un manuscrit dijonnais de 1435.

Jean de Corbie, évêque d'Auxerre (1426-1432), le nomme son vicaire-général en 1427 ; un poste où Pierre de Corbeil se montre assidu à faire respecter l'étendue de la juridiction épiscopale. Durant son vicariat, la ville d'Auxerre le députe parfois auprès du duc de Bourgogne Philippe le Bon, notamment en 1431, 1432 et 1433. Il devient ensuite chanoine, puis doyen d'Auxerre. Il est maintenu comme vicaire général par le nouvel évêque Laurent Pinon, nommé en 1433.

En 1443, il a le titre de conseiller et maître des requêtes de l'hôtel du duc de Bourgogne, et en 1448 il est conseiller au parlement de Paris.

Évêché d'Auxerre

Il n'a pas ambitionné la charge, puisqu'il fonde son obit alors qu'il est doyen d'Auxerre.. Mais une fois installé, il prend d'une main ferme l'administration du diocèse, exige l'application des devoirs féodaux par les seigneurs qui relèvent de son siège (à commencer par les hommages qui lui sont dus en tant qu'évêque-suzerain, voir plus bas). ; et instaure des règlements si sévères qu'il doit subséquemment revenir dessus pour les adoucir..

Nomination, installation En 1449 Pierre de Longueil est nommé évêque d'Auxerre à la suite de Laurent Pinon. Le il reçoit le serment de Louis Raguier (1401-1488), Doyen du chapitre de chanoines de la cathédrale d'Auxerre.

Le <ref name="datation" group="N">Lebeuf cite les dates dans le calendrier julien, pour lequel l'année commençait non le mais le jour de Pâques (date variable, voir les dates de Pâques sur 5ko.free.fr/fr). Ainsi il indique le comme date des mandements pour sa prise de possession, ce qui correspond au car Pâques en 1450 de notre calendrier grégorien est le . De même pour la date de prise de possession, qui est le 15 mars donc toujours avant la date de Pâques de cette année-là. Quant au 7 janvier 1460, Lebeuf donne pour année 1459.</ref> il donne quatre mandements à ses quatre plus importants vassaux pour la cérémonie de sa prise de possession : le comte d'Auxerre (qui reçoit son mandement au château de la ville), le duc de Bar (à Toucy), le seigneur de Saint-Vérain et celui de Donzy. Sa prise de possession se fait le .. Il reçoit le serment d'obéissance du nouveau doyen Louis RaguierLouis Raguier étant également conseiller au parlement et en service hors diocèse pour cette institution à cette époque, il délègue le trésorier Jean Mauvoisin qui prête serment en son nom. Voir . Raguier devient évêque de Troyes en 1450 (voir ..

Les hommages

Charles comte de Nevers et de Rethel ayant été le seul à suivre les règles concernant la prise de possession de l'évêque, son représentant venu pour rendre hommage pour Donzy est le seul représentant accepté, car chevalier ; tous les autres représentants venus rendre hommage, non chevaliers, sont rejetés.. Lorsque Charles de Nevers revient du service du roi en Normandie, Longueil va le voir pour le complimenter de sa correction - et en profite pour recevoir l'hommage pour Varzy (acte daté du ), faisant stipuler dans l'acte qu'il fait une faveur au comte car cet hommage aurait dû être rendu à Varzy, et pour ordonner que lui soit présenté un dénombrement de sa terre. Jean, frère de Charles et son successeur au comté de Nevers, fait le même hommage que son frère pour Varzy le ; il ne se désiste pas pour autant du procès commencé par son frère au sujet des châtellenies de Mez-le-Comte, Monceaux, Châteauneuf et Clamecy, que les comtes de Nevers revendiquent comme mouvantes de leur comté..

Il presse maintes fois Jean de Chalon seigneur de Vitteaux et de l'Isle-sous-Mont-real pour l'hommage de la terre de l'OrmePour l'Orme, voir . dans le Morvan. Mais ce dernier atermoie tant que le Longueil ordonne à Étienne le Muet seigneur de Corbelin et lieutenant du bailli de Varzy, ville où l'évêque réside à ce moment-là, de "faire mettre brandons ou autre enseignements sur la tour, chastel, ville, justice et seigneurie" de l'Orme et d'en faire gouverner les revenus par un commissaire.. Dans le même temps une affaire similaire le fait se confronter aux ducs de Nevers. Ces deux affaires durent jusqu'en 1471, année où Thomas de la Lande en est désigné comme rapporteur.

Il fait aussi saisir, toujours pour la même raison, des terres à Châtel-Censoir et aux environsLes terres confisquées à Pierre de Bauffremont, comte de Charny, "dans les environs de Châtel-Censoir" sont Montbutoy (Montputois, hameau d'Ouanne - cf. ), Pierrefitte (hameaux de Pierrefitte-le-Haut et Pierrefitte-le-Bas sur Ouanne), Arcy "près de Pierrefitte" (ferme-hameau sur Taingy, autrefois siège d'une justice seigneuriale - cf. ), un bois à Arcy, le moulin de Taingy, et les censives de Vérilly (Vrilly, hameau d'Ouanne - cf. ) qui appartenaient auparavant à Hugues de Charny et son épouse Mabille. Voir ., faute d'hommage de la part de Pierre de Beffroymont, comte de Charny et sénéchal de Bourgogne ; à la suite de quoi ce dernier obtempère, avec une procuration datée du pour Antoine de Montaignerot seigneur de Mont-Saint-Jean, et Guillaume Labbe son conseiller ; le premier rendant dûment foi et hommage en lieu et place du comte le - et pouvant ainsi récupérer les terres confisquées. Bauffremont vend en 1465 une partie de ces terres à Jean de Ferrière, écuyer et seigneur de Ferrières, Praëles et ChamplenatsFerrières : village sur les communes actuelles d'Andryes et Druyes-les-Belles-Fontaines - cf. . Praëles : château et hameau de Cussy-les-Forges - cf. . Champlenats : ?. Ce dernier, retenu ailleurs pour les affaires du duc de Bourbon dont il est le bailli pour le Beaujolais, mandate le Guillaume d'Orgières, Jean de Nuſillet et Jean Mathey, écuyers ; l'hommage pour ces terres est fait le .

Problèmes avec le chapitre (1450-1458)

De graves difficultés surgissent entre lui et son chapitreLe chapitre de la cathédrale d'Auxerre est à l'époque une institution riche et puissante, forte de 63 prébendes dont 58 à des dignitaires et chanoines et huit demi-prébendiers ; nombre d'entre eux sont issus de riches familles d'Auxerre ou de lieux proches, ce qui implique qu'en cas de conflit avec le chapitre l'opinion publique se porte en faveur de ce dernier. Voir ., si bien que le duc de Bourgogne et le comte d'Étampes sont obligés de s'en mêler.

Il est d'abord question en 1452 du serment du nouveau doyen Thomas La Plotte, une affaire qui secoue rudement non seulement le doyen mais tout le chapitre. Peu après, vient l'affaire des décimes : le duc de Bourgogne a obtenu du pape l'autorisation pour une levée de décimes sur le clergé afin de faire la guerre aux turcs. Le chapitre d'Auxerre paie donc 35 écus d'or aux commissaires, prenant la précaution d'obtenir par écrit la garantie que ce paiement serait le seul dans ce sens. Puis arrivent les commissaires du légat d'Avignon., Martin du Breuil chanoine de Bourges et Martin de Vaux (venant du Berry), qui demandent au chapitre la même somme mais cette fois au nom du roi. Le chapitre refuse. Le les envoyés du légat font excommunier le doyen Thomas La Plotte, le pénitencier, le sous-chantre et 18 autres chanoines. Les excommuniés, pensant que l'évêque est la cause de cette punition, rétorque à coups d'interdictions d'accepter de dîner avec l'évêque, de le servir pendant la messe, de lui préparer un siège dans l'église, de lui prêter les ornements épiscopaux et autres sanctions.. Un procès est mené à Dijon. Le dernier jour d'aout, le chapitre enjoint au chanoine grand-chambrier Guillaume de Cray de reprendre de l'évêque la crosse et autres ornements épiscopaux prêtés et de lui demander ceux que l'évêque doit au chapitre... L'interdit de l’Église est levé avant la mi-octobre : les chanoines célèbrent le l'anniversaire de la dédicace de l'église, dû en juillet mais repoussé pour cause d'excommunication.

Viennent également plusieurs affaires touchant les juridictions respectives de l'évêque et du chapitre.

Longueil fait emprisonner au monastère Saint-Germain le chanoine Guillaume Chevalier pour délit commis sur la justice du monastère, l'évêque revendiquant Chevalier comme son domestique et familier. Mais le chapitre exige que Chevalier soit rendu à ses officiers..

Il y a aussi la question de l'héritage du curé de Lindry, mort récemment sans héritiers, et de qui, chapitre ou évêque, doit récupérer la succession pour son compte.

En été 1458, Longueil (qui a eu un grand nombre de procès depuis son arrivée à Auxerre, pas seulement avec le chapitre) déclare n'avoir plus aucun procès avec ce dernier et que tout est accordé. Il choisit cependant une période d'absence du doyen, début novembre, pour visiter le chapitre et lui demander de modérer pendant sa vie la redevance annuelle due par l'évêque au chapitre, car ses revenus à lui aussi ont beaucoup diminué avec les guerres récentes. En retour il promet de ne pas demander de droit de procuration pour la visite des cures possédées par les chanoines ; le chapitre lui accorde une baisse de redevance, qui passe de 114 livres à 95 livres. La question de juridiction sur Guillaume Chevalier est résolue à la même occasion, les deux parties déclarant que les réquisitoires à ce sujet sont nuls et non avenus. Longueil abandonne aussi sa revendication de l'héritage du curé de Lindry, et l'accord sur ces points est passé le . Le chapitre touche 20 livres de la vente des biens du curé de Lindry.

Subséquemment, la même annéeQuand Lebeuf dit "La même année (que celle de l'accord du 8 novembre 1458)", il peut aussi bien s'agir du début 1459, jusqu'à Pâques. le doyen Thomas La Plotte accepte de prêter serment à l'évêque ; le serment est confirmé au parlement.

Problèmes avec le chapitre (1462-1465)

Le chanoine Guy le Cuiotier, propriétaire d'une maison claustrale, y fait emprisonner en Albert Dauvron, prêtre et notaire de la cour spirituelle de l'évêché, qui y reçoit le testament d'un clerc habitant le même maison. Longueil attaque le chapitre sur l'étendue de leur juridiction. Mais le chapitre produit des exemples récents de l'exercice de cette juridiction et des sentences obtenues du temps de Michel de Creney (1390-1409) et de Philippe des Essarts (1410-1426), prouvant que les notaires de l'évêque ne peuvent exercer dans les maisons canoniales, et obtient gain de cause à la cour des requêtes du palais le ..