vignette|Les Sonnets luxurieux de Pierre l'Arétin, illustrés par une scène de rapport sexuel avec pénétration vaginale (illustration de Paul Avril), 1892. vignette|redresse|Une pratique sexuelle entre hommes : deux hommes pratiquant le frottage de leurs pénis l'un contre l'autre.
Un rapport sexuel est une activité sexuelle en vue de la reproduction, du plaisir sexuel, ou des deux, entre deux êtres humains ou plus. Il réside généralement dans la stimulation de l'appareil génital féminin ou masculin, et peut être pratiqué entre personnes de sexe opposé ou du même sexe.
Un rapport sexuel consiste en plusieurs phases, même si aucune n'est indispensable : le désir sexuel, l'excitation sexuelle, des pratiques sexuelles, l'orgasme et la résolution.
Les termes « copulation » et « fornication » ont également des sens proches, mais spécifique dans le cas du premier (terme de biologie, et plus particulièrement d'entomologie) et connoté, voire péjoratif dans le cas du second.
Définitions et étymologie Les expressions « rapport sexuel », « relation sexuelle » et « faire l'amour » sont couramment utilisées pour désigner, souvent de manière implicite et sous-entendue, la pénétration vaginale hétérosexuelleLangis P., Germain B., La sexualité humaine, De Boeck, 2010.Le nouveau petit Robert de la langue française, version électronique 2009. Par extension, ces expressions générales englobent les actes non pénétratifs (parfois appelés préliminaires) et désignent également la pénétration anale, homo- ou hétérosexuelle. Une variété de pratiques hétérosexuelles, de pratiques sexuelles entre femmes et de pratiques sexuelles entre hommes sont également présentes.
Le coït, du latin « aller ensemble » (de « avec » et « aller »), est l'accouplement du mâle avec la femelle. Bien que la signification première du mot coït soit la pénétration du pénis dans le vagin, il est également souvent utilisé pour désigner la pénétration dans d'autres orifices du corps comme l'anus ou la bouche.
La copulation, du latin « union », est l'accouplement du mâle avec la femelle chez les animaux à fécondation interne. Ce terme est parfois utilisé de manière humoristique ou péjorative pour désigner l'accouplement de la femme et de l'homme.
La définition de ce qui constitue un rapport sexuel varie selon les cultures, les époques et les individus ; elle est surtout liée aux normes sociales..
Pour le philosophe Norbert Campagna, le rapport sexuel se définit par l’intentionnalité : un attouchement ou un examen médical génital sans intention de procurer du plaisir sexuel n'est pas un acte sexuel. Un rapport sexuel inclut généralement les organes génitaux, mais pas nécessairement : il peut se faire avec d'autres parties du corps humain.
Historiographie du rapport sexuel humain vignette| La tombe des Taureaux (Tarquinia) montrant des accouplements (fresque peinte, époque étrusque, vers -540 à -530 av. notre ère commune).
Depuis que les humains ont appris à questionner le monde qui les entourait, et à partir du moment où ils ont formé société, ils ont cherché à représenter le rapport sexuel et leurs activités sexuelles, pas seulement sous l'angle reproductif, mais principalement, par des symboles et des mythes.
Les relations sexuelles chez les Grecs s'inscrivent dans un contexte social contraignant et sont très dépendantes du statut social des partenaires. Elles font l'objet de réflexions morales de la part des philosophes comme Aristote ou Platon. Ces derniers, selon Michel Foucault, les analysent, non sous l'angle de l'acte lui-même, du désir ou du plaisir, mais de la dynamique examinée selon deux grandes variables, qualitative (comportement sexuel) et quantitative (degré d'activité que traduisent le nombre et la fréquence des actes)..
Dès le haut Moyen Âge dans les pays de la chrétienté, les autorités religieuses codifient les positions sexuelles permises et définissent ..
Pratiques Il existe de très nombreuses possibilités de rapports sexuels, la frontière peut être sujette à d'innombrables débats. Au sens strict, le rapport sexuel doit tout de même faire intervenir les organes sexuels d'au moins un des partenaires.
Branlette espagnole, footjob
La branlette espagnole ou cravate de notaire est un acte sexuel pratiqué en couple, consistant à masturber le pénis d'un des partenaires entre les seins de l'autre.
Le ou branlette thaïlandaise, désigne une pratique sexuelle effectuée avec les pieds.
Rapports anaux
La sodomie est un rapport sexuel qui consiste en une pénétration de l'anus du ou de la partenaire, généralement avec le pénis ou à l'aide d'un objet, comme un godemichet.
Rapports buccaux vignette| Deux hommes pratiquant une fellation mutuelle en position 69. droite|vignette|Femme effectuant un cunnilingus à sa partenaire sexuelle. Le baiser, la succion et le léchage (soit avec la bouche et/ou la langue) portent des noms différents en fonction des parties du corps concernées : le cunnilingus pour la vulve, l'anulingus pour l’anus et la fellation pour le pénis. Ces activités sont généralement considérées comme des préliminaires, toutefois l'irrumation lors de la gorge profonde constitue une forme de coït dite coït buccal.
Rapports avec jouets
Outils qui peuvent être utilisés lors d'un rapport sexuel; pour stimuler des parties sensibles du corps (vagin, clitoris, gland du pénis, prostate, anus…) plus ou moins accessibles (point G), Les commerces spécialisés proposent de nombreux jouets et accessoires sexuels. Les plus célèbres sont les boules de geisha, les canards vibrants et les godemichets. Le gode ceinture ou harnais godemichet permet ainsi à une femme d'avoir des rapports évoquant très directement la pénétration masculine.
Rapport vaginal
Au sens strict, le coït vaginal consiste en la pénétration du pénis (en érection) dans le vagin. Le terme de pénétration induisant le caractère actif du partenaire qui l'effectue et la passivité de l'autre, le néologisme « circlusion », inventé en 2016 par l'autrice allemande Bini Adamczak et popularisé en France en 2019 par l’auteur Martin Page (sans être pour autant entré dans le langage courant), est utilisé pour décrire l'activité du ou de la partenaire qui effectue l'action en sens inverse, c'est-à-dire en faisant entrer le pénis dans son vagin ou son rectum...
Le coït en lui-même se caractérise par des mouvements entre le pénis et le vagin qui stimulent réciproquement les zones génitales des deux partenaires. Outre cette stimulation physique, le prolongement des actes de types préliminaires (cf. supra) ouvre sur un plaisir qui dépendra également de nombreux autres facteurs environnementaux. Si l'on peut souligner parfois l'idée d'habileté des partenaires, ce facteur n'est pas plus déterminant que certaines conditions psychologiques.
La pénétration peut être pénible et douloureuse pour les deux partenaires si les deux organes (vagin/pénis) sont trop étroit/large ou court/allongé ou tendu/mou l'un par rapport à l'autre ou si les organes sont insuffisamment lubrifiés. Le vagin, la vulve et le gland du pénis se lubrifient naturellement lorsqu'il y a excitation, mais cette lubrification peut être insuffisante. Chez la femme vierge, la pénétration est souvent inconfortable, voire douloureuse, en raison de l'appréhension de l'acte ou du déchirement de l'hymen. Chez la femme ménopausée, le vagin peut être atrophié et sec (ce phénomène est contrecarré par le traitement hormonal). Pour plus de confort, on peut utiliser des lubrifiants intimes artificiels, notamment des gels à base d'eau.
Le coït peut se pratiquer dans diverses positions ; le choix de la position dépend des anatomies, des goûts, des circonstances et des envies des partenaires. La plus habituelle est la position du missionnaire : la femme est allongée sur le dos et l'homme s'allonge entre ses cuisses écartées. La femme peut être active dans l'acte de pénétration, par exemple chevauchant l'homme allongé sur le dos.
Importance de l'orgasme
L'orgasme est généralement considéré comme le sommet du plaisir marquant la fin du rapport sexuel. Dans certaines formes de sexualités, comme le tantra, l'orgasme peut ne pas être recherché comme ultime but, afin de prolonger et approfondir culturellement la sensualité et le plaisir.
Phases physiologiques
Le gynécologue William Masters et la psychologue Virginia Johnson ont défini quatre phases de la réponse sexuelle humaine dans un ouvrage de référence intitulé Les réactions sexuelles . À ces phases, le docteur Helen Singer Kaplan a ajouté celle du désir sexuel.
D'après ces auteurs, les différentes phases sont, par ordre : le désir sexuel, l'excitation sexuelle, le plateau, l'orgasme et la résolution. Ces différentes phases, observables aussi bien chez l'homme que chez la femme, se manifestent par des variations physiologiques et humaines.
William Masters et Virginia Johnson ont observé et mesuré avec des appareils spécialisés plus de sexuelles auprès de et femmes. Ils ont montré que le pénis de l'homme et le clitoris de la femme étaient les principales régions du corps à l’origine du plaisir sexuel William Masters et Virginia Johnson, , 1980..
Variations physiologiques observées Phase de désir Léger gonflement des organes génitaux
Phase d'excitation Chez la femme : Lubrification des parois du vagin Augmentation du volume du clitoris Érection des mamelons Augmentation du volume des seins Chez l'homme : Érection du pénis Érection des mamelons
Phase du plateau Chez la femme : gonflement des mamelons augmentation de la respiration, de la fréquence cardiaque et de la pression sanguine disparition du gland du clitoris sous son capuchon (il se rétracte) gonflement et augmentation du volume des petites lèvres Chez l'homme : augmentation de la circonférence du pénis élargissement des testicules et poursuite de leur élévation tout près du muscle périnée
Il est également observé chez de nombreux hommes et de nombreuses femmes : une vasodilatation se traduisant par une rougeur du visage, un triangle rouge sur la poitrine, avec toutes les variations individuelles ; un rétrécissement du champ visuel et un rétrécissement du champ auditif ; un accroissement de la transpiration.
Orgasme Des contractions répétées au niveau du vagin ou du pénis toutes les . « Après les quatre à six premières, celles-ci diminueront en force et en fréquence ». L'orgasme chez certaines personnes s'accompagne de manifestations sonores plus ou moins intenses et plus ou moins discrètes (cris, soupirs, gémissements, couinement, râles).
L'orgasme est plus physiologiquement identifiable chez l'homme avec l'éjaculation. Il est parfois moins lisible chez la femme.
L'idée d'un orgasme féminin identique à celui de l'homme est très ancrée dans les comportements sexuels. L'orgasme s'identifie alors comme des spasmes du vagin, généralement accompagnés par une intense lubrification ; il est particulièrement remarquable dans le cas relativement rare des femmes dites fontaines pour lesquelles on parle d'éjaculation féminine (expulsion en jet surtout d'urine et de liquide provenant de la vessie, accompagnée d'une faible sécrétion des glandes de Skene Gary Schubach « Urethral expulsions during sensual arousal and bladder catheterization in seven human females ». Ed.D. thesis, Institute for Advanced Study of Human Sexuality, 1996.).
Phase de résolution Les organes génitaux reprennent leur apparence initiale peu à peu.
Normes et limites des rapports vignette|redresse| Si le met en place les normes des « bonnes mœurs », ce tableau de 1873 figurant des nymphes assaillant un faune de William Bouguereau prétend inverser de manière narquoise la distribution alors admise des rôlesCf. allégorie de William Bouguereau, ) ; source : analyse du tableau.