La bataille de Gyeongju est un engagement entre les forces des Nations unies (ONU) et de la Corée du Nord au début de la guerre de Corée qui se déroule du au , dans les environs de Gyeongju en Corée du Sud. Cette bataille fait partie de la bataille du périmètre de Busan lors de la grande offensive nord-coréenne et se déroule simultanément à plusieurs autres batailles le long du périmètre. La bataille se termine par une victoire des Nations unies, après qu'un grand nombre de troupes américaines et sud-coréennes a repoussé l'attaque nord-coréenne.

Tenant une ligne au nord de P'ohang-dong, An'gang-ni et Gyeongju, connue comme le corridor Gyeongju, le d’armée sud-coréen est frappé par surprise par le d'armée nord-coréen, dans le cadre de la Grande offensive du Nakdong. Les troupes sud-coréennes, déjà démoralisées et luttant pour maintenir une ligne défensive forte, sont facilement repoussées de leurs positions. Les unités de l'armée américaine sont appelées pour soutenir les Sud-Coréens et repousser l'attaque.

Les combats sont durs et les deux camps se battent pour capturer ou reprendre P'ohang-dong et An'gang-ni, alors que les Nord-Coréens cherchent à percer à travers le corridor Gyeongju afin d'attaquer la base de l'ONU à Busan. Cependant, grâce à un fort soutien aérien et naval, les États-Unis et les forces terrestres sud-coréens mettent en déroute et refoulent les troupes nord-coréennes après deux semaines de combats.

Contexte historique L'offensive nord-coréenne

Dans les heures précédant l'aube du , sous la protection d'un formidable barrage d'artillerie, Nord-Coréens franchirent la frontière entre les deux Corées. Le gouvernement nord-coréen annonça que des troupes commandées par le « traître et bandit » Syngman Rhee avaient traversé le , et que par conséquent le Nord avait été obligé de riposter « à une grave provocation des fantoches de Washington », selon L'Humanité du lendemain. Conseillée et équipée par les Soviétiques, qui ne s'engageront toutefois jamais ouvertement, l'armée nord-coréenne mit en ligne 7 divisions, 150 T-34, d'artillerie, 200 avions de combat et d'importantes réserves.

L'attaque nordiste fut dévastatrice. Au moins les deux tiers de la petite armée sud-coréenne (à peine répartis sur 4 divisions d'infanterie) étaient alors en permission, laissant le pays largement désarmé. Les Nord-Coréens attaquèrent en plusieurs endroits stratégiques, parmi lesquels Kaesong, Chunchon, Uijongbu, et Ongjin. En quelques jours, les forces sudistes, surclassées en nombre et en puissance de feu, furent mises en déroute et durent battre en retraite. Tandis que l'attaque au sol progressait, l'armée de l'air nordiste bombarda l'aéroport de Gimpo à Séoul où se trouvaient les 22 avions de liaison et d'entraînement de l'aviation du sud. Séoul fut prise dans l'après-midi du et Osan, Pyongtaek, Cheonan et Daejeon défendus par les Américains tombent début juillet.

Le périmètre de Busan

thumb|left|upright|Les troupes américaines en cours de débarquement en Corée, le 6 août 1950.|alt= Dès le début de la guerre de Corée et l'invasion de la Corée du Sud par le Nord, l'Armée populaire de Corée bénéficie d'une supériorité en homme et en équipement tant sur l'armée de terre de la République de Corée que sur les premières forces expédiées par l'Organisation des Nations unies afin d'empêcher l'effondrement de la Corée du Sud. La stratégie nord-coréenne est de poursuivre agressivement les forces des Nations unies et les forces sud-coréennes sur toutes les voies d'approche en direction du sud, attaquant de front et amorçant simultanément un mouvement en tenaille. Cela doit permettre aux Nord-Coréens d’encercler et de couper la retraite de l’ennemi, qui est alors forcé de se retirer en désordre, laissant derrière lui une grande partie de son matériel. De l'offensive initiale du aux combats en juillet et début août, les Nord-Coréens utilisent cette stratégie pour vaincre efficacement toutes les forces de l'ONU qui doivent battre en retraite vers le Sud. Cependant, à partir de l’établissement du périmètre de Busan sous la responsabilité de la des États-Unis en août, les troupes de l'ONU tiennent efficacement une ligne de défense continue que les troupes nord-coréennes ne peuvent percer ou contourner. La logistique nord coréenne plus faible et éloignée de ses bases ne peut suivre le et leur avantage diminue chaque jour devant le nombre d'hommes et de matériel qui débarque sur le périmètre.

Quand les Nord-Coréens approchent du périmètre de Busan, le , ils tentent la même technique d'assaut frontal sur les quatre principales voies d'approche vers le périmètre. Tout au long du mois d'août, la nord-coréenne, et plus tard la engagent la d'infanterie américaine durant la bataille de Masan, repoussant d'abord une contre-offensive de l'ONU avant d'attaquer à Komam-ni et à Battle Mountain. La poussée bloque devant les forces de l'ONU, bien équipées et disposant de grandes réserves qui repoussent à plusieurs reprises les forces nord-coréennes. Au nord de Masan, la nord-coréenne et la d'Infanterie américaine s'affrontent dans la zone du Nakdong Bulge. Lors de la première bataille du Nakdong, la division nord-coréenne est incapable de tenir sa tête de pont sur la rivière face au grand nombre de troupes de réserve américaines qui tiennent bon et les repoussent, et le , la nord-coréenne est refoulée à travers le fleuve avec 50 pour cent de pertes. Dans la région de Daegu, cinq divisions nord-coréennes qui tentent de prendre la ville sont repoussées par trois divisions de l'ONU à plusieurs reprises au cours de la bataille de Daegu. Les combats sont violents en particulier dans la Bowling Alley où la nord-coréenne est presque anéantie. Sur la côte Est, trois autres divisions nord-coréennes sont repoussées par les Sud-Coréens à P'ohang-dong lors de la bataille de P'ohang-dong. Sur l’ensemble du front, les troupes nord-coréennes sont ébranlées par les défaites. Pour la première fois depuis le début du conflit leur stratégie ne fonctionne plus.

La grande offensive du Nakdong

Lors de la planification de la grande offensive, les commandants nord-coréens se rendent compte que toute tentative d'attaque par les flancs des forces de l'ONU est impossible de par l'appui de la marine américaine. Au lieu de cela, comme seul espoir de réussite, ils choisissent de frapper frontalement le périmètre afin de le réduire. Avertis par le renseignement soviétique, les Nord-Coréens sont conscients que les forces de l'ONU se renforcent le long du périmètre de Busan et qu'ils doivent mener une offensive rapidement, ou renoncer à la bataille. L’objectif secondaire est d’encercler Daegu et de détruire les unités américaines et sud-coréennes présentes dans la ville. À cette fin, les unités nord-coréennes prévoient d'abord de couper les lignes d'approvisionnement vers Daegu.

Le , le commandement nord-coréen distribue les ordres opérationnels à leurs unités subordonnées. Ces ordres appellent à une attaque simultanée contre les lignes de l'ONU sur cinq zones différentes afin de submerger les défenseurs de l'ONU et de permettre aux Nord-Coréens de percer les lignes et de repousser les forces de l'ONU sur au moins une des zones. Cinq groupes de combat sont constitués. Le plus oriental de ces groupes est formé par les 12 et nord-coréennes que l’on charge de percer la d'infanterie sud-coréenne à P'ohang-dong et Gyeongju.

Déroulement de la bataille thumb|right|upright|alt=|La carte de la ligne défensive de Périmètre Busan en septembre 1950. Le couloir de Gyeongju est le secteur le plus au Nord-Est.

La grande offensive nord-coréenne frappe d’abord le flanc droit de l'ONU sur la côte Est de la Corée. Bien que l'attaque générale du dans le Nord et l'Est soit initialement prévue pour le , la nord-coréenne, maintenant forte de 5000 hommes, commence à manœuvrer plus tôt que prévu depuis les montagnes d'où elle s’était réorganisée après sa défaite à Kigye et P'ohang-dong. La division ne dispose que d’un faible approvisionnement alimentaire, en munitions et en armes, et le moral des hommes est faible. Le , après leur victoire à P'ohang-dong, les officiers américains et sud-coréens en poste dans la zone P'ohang-dong et Kigye sont optimistes et se félicitent d'avoir repoussé ce qu'ils pensent être la dernière menace sérieuse pour le périmètre de Busan.

Échec sud-coréen Attaque initiale Face à la nord-coréenne, la Corée du Sud oppose la division Capitale. À 04h00, le une attaque nord-coréenne déborde une compagnie du de la division Capitale, au nord de Kigye. L’ensemble du régiment doit battre en retraite. Ensuite, le à l'Est doit à son tour reculer en raison de l’exposition de son flanc. Le perd la ville de Kigye en se repliant, et l’ensemble de la division recule de près de sur le côté sud de la vallée de Kigye.

Lors d'un briefing à Daegu, le , le commandant de la le lieutenant-général Walton Walker fait part de sa préoccupation face à ces développements. À la fin de la réunion, Walker ordonne au major-général John B. Coulter, arrivé en Corée un mois plus tôt, d'aller observer les troupes sud-coréennes positionnées à l'Est. Coulter s’envole pour Gyeongju et atterri à 12h ce même jour. Dans l’intervalle, Walker nomme officiellement Coulter commandant en seconde de la , le place à la tête du sud-coréen qui contrôle la division Capitale et la sud-coréennes, et la d’infanterie, le Bataillon, d’infanterie, et le de char moyen américain, auquel on a soustrait la compagnie C. Coulter désigne ces unités sous l’appellation Task Force Jackson et établi son quartier général à Gyeongju dans le même bâtiment où le commandant du et les officiers du Korean Military Advisory Group (KMAG) avaient leur poste de commandement.

Quand il arrive à Gyeongju ce jour-là, Coulter trouve le en cours de désintégration rapide, le moral bas. Walker lui a demandé de transmettre ses ordres au commandant du comme des conseils, ce que fait Coulter. Coulter a pour mission d’arrêter la pénétration nord-coréenne dans la zone Kigye et de saisir et d'organiser les hauteurs s’étendant depuis le nord de Yongch'on vers la côte à Wolp'o-ri, à environ au nord de P'ohang-dong. Cette ligne passe à au nord de Kigye et Coulter veut attaquer dès que possible avec la Task Force Jackson pour gagner les hauteurs au nord de Kigye. Le d'infanterie américain se déplace vers une position au nord de Daegu, le matin du , quand Walker révoque ses ordres initiaux et le charge de gagner aussi rapidement que possible Gyeongju afin de faire rapport à Coulter. Le régiment quitte Daegu à 10h00 et arrive à Gyeongju dans l’après-midi. Coulter envoie rapidement le au nord d’An'gang-ni où il se positionne derrière la division Capitale sud-coréenne.

Contre-attaque de l'ONU