La famille de Scey-Montbéliard est une famille subsistante de la noblesse française, originaire de Franche-Comté.
Son origine varie selon les auteurs, les uns la disent d'extraction féodaleHenri Jougla de Morenas, Le Second ordre, Société du grand armorial de France, Editions du Palais Royal, 1973, .Jean-Baptiste-Pierre Jullien de Courcelles, Dictionnaire universel de la noblesse de France, Bureau Général de la Noblesse de France, 1820, page 317 (lire en ligne), d'autres d'ancienne extraction. Plusieurs auteurs donnent une filiation suivie de la famille de Scey jusqu'à Pierre, sire de Ceys, qui, par un acte de 1090, rendit une portion du fief de Montfaucon dont il s'était emparé de force à . Régis Valette indique la date de 1449 comme « principe de noblesse datée ». 1449 est la date de la première admission d'un membre de la famille de Scey dans l'ordre de Saint-Georges en Franche-Comté, qui demandait des preuves de noblesse de seize quartiers, et jusqu'à neuf degrés du côté paternel.
La famille de Scey tire son nom de la terre de Scey-en-Varais et ses premiers membres connus sont cités en 937 avec Attelle (ou Attella) nobilis matrone, veuve de N. de Scey (N. de Cey), châtelaine de Scey-en-Varais, bénéficiaire à titre précaire avec ses deux fils de la terre de Frontiniacum de la part de Gerfroi, archevêque de Besançon. Attelle est donnée par des historiens comme la fille d', vicomte, puis comte de Mâcon.
La famille de Scey ajouta à son nom celui de Montbéliard à la suite de l'alliance, avant 1154, de Pierre, seigneur de Ceys, avec Bonne de Montfaucon, de la famille des comtes de Montbéliard et petite-fille d'Agnès de Montbéliard.
De 1449 à 1816 la famille de Scey donna quinze chevaliers de l'ordre de Saint-Georges. Elle fut reçue trois fois aux Honneurs de la Cour en 1750, 1762 et 1786.
Origines La famille de Scey , tire son nom de la terre de Scey-en-Varais, autrefois Ceys en VaraixAbbé Jean-Baptiste Guillaume, Histoire Généalogique des Sires de Salins au Comté de Bourgogne, avec des notes historiques et généalogiques sur l'ancienne noblesse de cette province, J.A. Vieille, 1757, page 179 (lire en ligne)., près d'Ornans dans le Doubs dont le château est cité dès 1083 dans une donation de Gui « prince du château de Scey » à l'abbaye Saint-Pierre de Baume-les-MessieursNicolas-Antoine Labbey de Billy, Histoire de l'Université du Comté de Bourgogne, volume 2, 1815, page 68 (lire en ligne).Paul Delsalle, Laurence Delobette, La Franche-Comté à la charnière du Moyen Age et de la Renaissance, 1450-1550 : actes du colloque de Besançon, 10-11 octobre 2002, Presses universitaires de Franche-Comté, 2003, page 492 (lire en ligne)..
Selon les différents auteurs qui ont étudié et proposé une généalogie de la famille de Scey, l'origine de cette maison « se perd dans les temps les plus reculés » et on en trouve mention dès le Nicolas-Antoine Labbey de Billy Histoire de l'Université du Comté de Bourgogne, volume 2, 1815, page 60 (lire en ligne).. Claude-Isabelle Brelot, Grands notables du Premier Empire. 4, Jura, Haute-Saône, Doubs, Éditions du C.N.R.S, 1979, collection sous la direction de Louis Bergeron et Guy Chaussinand-Nogaret, Centre national de la recherche scientifique, ..
Les premiers membres de la famille de Scey dont on a connaissance remonteraient à 937, avec Attelle (ou Attella), nobilis matrone, veuve de N. de Scey (N. de Cey) et châtelaine de Scey-en-VaraisTablettes historiques généalogiques et chronologiques, Volume 6, Legras, 1753, page 56 (lire en ligne)., qui pour beaucoup d'historiens était la fille d'Albéric de Narbonne, comte de MâconAlexandre Gauthier, Germaine Gauthier Alésia: métropole disparue, X. Mappus, 1963, p 125 (lire en ligne).Bibliothèque française et romane : Manuels et études linguistiques, Colette Dondaine, les parlers comtois d'oïl, Klincksieck, 1972, page 60 (lire en ligne)., qui fut avec ses deux fils, bénéficiaire à titre précaire de la terre de Frontiniacum de la part de Gerfroi, archevêque de BesançonNicolas Antoine Labbey de Billy, Histoire de l'Université du Comté de Bourgogne, volume 2, 1815, page 66 (lire en ligne)... Mais la famille de Scey conserva la terre jusqu'en 1092, date à laquelle Hugues III, archevêque de Besançon obligea Otton de Scey, descendant et successeur d'Attelle, à rendre cette terre à l'archevêchéLoys Gollut, Emmanuel Bousson de Mairet, Les mémoires historiques de la République Séquanoise et des princes de la Franche-Comté de Bourgogne, Aug. Javel, 1846, page 1821 (lire en ligne)....
En 947, Guillène de Ceys échangea par contrat avec l'archevêque de Besançon l'église de Reugney qui faisait partie de la terre de Scey. Qualifié homme illustre et vassal du comte Hugues, il est supposé l'un des fils d'Attelle puisqu'il était seigneur de Scey à la même époque. Il est mentionné dans la charte comme père de Guy de SceyNicolas-Antoine Labbey de Billy, Histoire de l'Université du Comté de Bourgogne, volume 2, 1815, page 67 (lire en ligne)..
Hugues sire Ceys est nommé en 1037 dans une charte de donation de Renaud, comte de Bourgogne, à l'église de Flavigny et Henri sire de Ceys en 1060 nommé dans une charte du chapitre de Besançon.
Histoire vignette|upright=0.8|Château de Scey vignette|upright=1.4|Château de Buthiers
La filiation suivie de la famille de Scey remonterait au (Brelot, 1972)Claude-Isabelle Brelot, La Noblesse en Franche-Comté de 1789 à 1808, Les Belles Lettres, Paris, 1972, (lire en ligne).. Elle serait suivie jusqu'à 1090, avec Pierre de Ceys, alias de Scey, sire de Scey:
Pierre de Ceys est dit Abbé Jean-Baptiste Guillaume (1729-1802), Histoire généalogique des sires de Salins au comté de Bourgogne. Avec des notes historiques & généalogiques sur l'ancienne noblesse de cette province, Tome premier, à Besançon, chez Jean-Antoine Vieille, imprimeur-libraire, 1757, (lire en ligne). dans une charte de 1090 ou 1092 par laquelle Amédée, seigneur de Montaufon, rend ses successeurs vassaux de l'archevêque de Besançon en échange que ce dernier avait obtenu que Pierre de Ceys lui restitue une partie du fief de Montfaucon qu'il retenait (en 1815 cet acte subsistait dans les archives de l'église de Besançon)Nicolas Antoine Labbey de Billy, Histoire de l'Université du Comté de Bourgogne, volume 2, 1815, (lire en ligne)..
Son frère, .
Pierre II (ou Ponce), seigneur de Ceys (fils de Pierre I), épousa une fille de la maison de Traves, petite-fille d'Hugues seigneur de Traves et de Judith, fille du duc de LorraineNicolas-Antoine Labbey de Billy, Histoire de l'Université du Comté de Bourgogne, volume 2, 1815, (lire en ligne)..
Pierre III, seigneur de Ceys (fils de Pierre II), fit une donation en 1154 à l'abbaye Notre-Dame de Bellevaux de ce qu'il possédait à Foucherans. Il avait épousé avant 1154 Bonne de Montfaucon, donnée comme fille de Richard de Montfaucon, comte de Montbéliard, mais plus probablement fille d'Amédée II de Montfaucon comte de MontbéliardLéon Viellard, Documents et mémoires pour servir à l'histoire du territoire de Belfort, 1884, (lire en ligne)..
Pierre IV, seigneur de Ceys (fils de Pierre III) qualifié neveu de Richard comte de Montbéliard dans un accord avec un chanoine de Besançon. Il joignit le nom de Montbéliard au sien. . Il épousa Clémence de Neufchâtel. Dont trois filsNicolas-Antoine Labbey de Billy, Histoire de l'Université du Comté de Bourgogne, volume 2, 1815, (lire en ligne). : Pierre V, seigneur de Ceys. Il est présent en 1230 lors de la signature du contrat de mariage d'Alix, fille d'Othon, duc de Méranie, comte Palatin de Bourgogne, avec Hugues, fils de Jean, comte de Châlons et il est . Parti pour la Terre-Sainte en 1240, il fut l'auteur d'une branche ainée éteinte depuis longtemps (Labbey de Billy, 1815), Richard, seigneur de La Baume et en partie de Ceys, auteur d'une branche éteinte à la fin du , Othon de Ceys « sire de Ceys, en partie », auteur d'un troisième branche qui continua. Marié à N d'Arguel, il fut le père de Raald sire de Ceys qui était mort en 1300. Le . Il épousa Jeanne dame de Fertans, héritière de sa maison, qui apporta la terre de Fertans dans la maison de Scey, étant veuve, elle fit un .
Jusqu'au , la maison de Scey par ses occupa un rang important. Elle du comté de Bourgogne, ., dont les seigneurs de Neufchâtel, de Cicon, d'Eternoz, de Cléron, de Gonsans de Myon, etc.Nicolas-Antoine Labbey de Billy, Histoire de l'Université du Comté de Bourgogne, volume 2, 1815, page 64 (lire en ligne). Dans les anciennes chartes, ses membres sont et ils avaient droit de sépulture à côté des comtes de Bourgogne dans la basilique Saint-Étienne de Besançon.
À la fin du , le comte de Bourgogne Philippe V le Long, pour une raison inconnue, les força à se soumettre et ils durent se séparer d'un grand nombre de leurs possessions.
La famille de Scey, de noblesse chevaleresque, donna plusieurs chevaliers croisésAmbroise Tardieu, Le Livre d'or des Croisés à Clermont-Ferrand, Impr. Protat frères, 1895, page 147. (lire en ligne)., dont entre autres Etienne et Humbert de Scey, frères, chevaliers, qui participent en 1226 à la croisade contre les Albigeois; Pierre de Scey, neveu du comte de Montbéliard, qui partant en croisade fit en 1239 une donation à l'abbaye de Bullion et mourut sans doute en Terre Sainte et Etienne de Scey, chevalier, chef d'un régiment qu'il avait levé contre les Turcs, tué en Hongrie vers 1530Annuaire du conseil héraldique de France, 1895, pages 284-286 (lire en ligne)..
Deux membres de la famille de Scey furent gardiens du comté de BourgogneAndré Borel d'Hauterive, Annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines de l'Europe, 1867, page 401 (lire en ligne). : Thibaut de Ceys en 1349 et 1351François-Alexandre Aubert de La Chenaye-Desbois, Dictionnaire de la noblesse : contenant les généalogies, l'histoire et la chronologie des familles nobles de France, tome 4, Schlesinger frères , 1864, page 927 (liren en ligne). et Jean de Scey en 1363Paul Edmond Tuefferd, Histoire des comtes souverains de Montbéliard, H. Barbier, 1877, page 65 (lire en ligne)..
La maison de Scey perdit de sa puissance au milieu du sous Thibaut de Scey qui se ruina à guerroyer avec ses voisins et du fait de ses trop nombreuses branches : les branches ainées s'éteignirent et leurs principales terres passèrent dans d'autres familles, les branches cadettes divisant continuellement leurs biens entre leurs enfants « ne furent que l'ombre de ce qu'elles avaient été ».
Aux et , la famille de Scey-Montbéliard donna des lieutenants-généraux et des officiers au service du roi d'Espagne et du roi de France après le rattachement de la Franche-Comté à la France.
En 1811, le préfet du Doubs dans un rapport écrit que .
Au début du , le comte Pierre-Georges de Scey-Montbéliard, partisan d'un régionalisme franc-comtois et dont la femme Catherine de Reinach-Heidwiller était cousine du prince de Schwarzenberg, généralissime des armées autrichiennes et alliée aux Habsbourg, milita dès la défaite de l'armée impériale à Leipzig pour l'idée d'un Franche-Comté indépendante dans la mouvance de l'empire d'AutricheProvinces et États dans la France de l'Est : Le rattachement de la Franche-Comté à la France. Espaces régionaux et espaces nationaux. Colloque de Besançon, 3 et 4 oct. 1977, Presses Univ. de Franche-Comté, 1979, pages 110 et 122. Il fut ensuite préfet puis député du Doubs.