La Fête des Lumières est une manifestation populaire, devenue événement médiatique et touristique, lancée par la ville de Lyon (France) en 1999, et qui se tient chaque année pendant quatre jours autour du , date traditionnelle de l'événement.

Elle s'appuie sur une fête religieuse traditionnelle, tantôt appelée fête du , illuminations, fête de la Vierge Marie ou encore fête de l'Immaculée Conception, dont les origines remontent à 1852, et consistant en la pose de « lumignons » (bougies) aux fenêtres et en une procession vers la colline de Fourvière.

Sa forme contemporaine, composée de scénographies et de projections, trouve ses prémices en 1989, avant de prendre officiellement le nom de « Fête des Lumières » et de s'étendre sur quatre jours entre 1999 et 2001.

Jadis étendue à l'ensemble de Lyon, elle est essentiellement restreinte au seul centre-ville depuis les attentats du 13 novembre 2015 pour permettre la mise en place d'un périmètre de sécurité.

L'événement est cette année-là annulé, tout comme en 2020, face à la pandémie de Covid-19.

Histoire

Origines de la vénération de la Sainte Vierge Marie vignette|Inscription lumineuse « Merci Marie » à côté de la basilique Notre-Dame de Fourvière ; la représentation de la bougie cannelée, caractéristique du lumignon, a été ajoutée au message en 2020..|centré La ville de Lyon vénère la Vierge Marie depuis le Moyen Âge et s'est mise sous sa protection en 1643, année où le sud de la France était touché par la peste : les échevins de Lyon, le prévôt des marchands et les notables firent alors vœu de rendre hommage chaque année à la Vierge si l'épidémie de peste cessait. Comme l'épidémie cessa, le peuple tint sa promesse et rendit hommage à la Vierge, chaque année.

Depuis cette date, un cortège solennel municipal se rend depuis la cathédrale Saint-Jean au sanctuaire de la Vierge sur la colline de Fourvière (à la chapelle Saint-Thomas de Lyon puis la basilique Notre-Dame de Fourvière après sa construction) chaque (et non le ), jour de consécration de la ville à la Vierge, le jour de la fête de sa Nativité, pour lui offrir cierges et écus d'or : il s'agit du Vœu des Échevins.

Le , jour de la fête de l'Immaculée Conception, fut choisi, en 1852, pour inaugurer la statue de la Sainte Vierge posée sur le clocher de l'ancienne chapelle de Fourvière, inauguration qui aurait dû avoir lieu le précédent, mais qui fut reportée pour des raisons météorologiques. La pluie intervient une nouvelle fois ; cependant, les Lyonnais, ayant attendu trois mois, ne voulurent pas annuler la fête et allumèrent les lumignons qu'ils avaient préparés.

Premières illuminations du 8 décembre Les autorités lancent en 1850 un concours pour la réalisation d'une statue de Marie qui sera positionnée sur le clocher de la chapelle Saint-Thomas de Fourvière. L'ancienne église est rénovée par l'architecte Alphonse-Constance Duboys, qui a construit la tour clocher. Le projet de Joseph-Hugues Fabisch, présenté par quelques notables lyonnais et fervents catholiques, puis accepté par le cardinal de Bonald en 1850, remporte le concoursHistoire de la Fête..

En 1852, est inaugurée la statue de la Vierge Marie érigée sur la chapelle de la colline de Fourvière. L'inauguration devait avoir lieu le , jour de la fête de la Nativité de la Vierge et date anniversaire du vœu des échevins de 1643. Mais, une crue de la Saône aurait empêché qu'elle fût prête ce jour-là et que la cérémonie s'effectuât. L'archevêché, en accord avec la commission des laïcs, choisit alors de reporter l'inauguration à la date du ..

Or, le est la date de la fête de l'Immaculée Conception de la Vierge, fête célébrée depuis le Immaculée Conception., bien que la proclamation du dogme ne date que de 1854La fête de l'Immaculée Conception.. Les jours qui précèdent l'inauguration, tout est en place pour les festivités : la statue doit être illuminée par des feux de Bengale, on prévoit des feux d'artifice depuis le haut de la colline et des fanfares vont jouer dans les rues. Les notables catholiques lyonnais proposent d'illuminer les façades de leurs maisons comme cela se fait traditionnellement pour les grands événements (entrées royales, victoires militaires...).

Mais le au matin, un violent orage s'abat sur Lyon. Le maître des cérémonies décide aussitôt de tout annuler et de reporter les réjouissances nocturnes au dimanche suivant. Puis, finalement, le ciel se dégage, et la population lyonnaise qui avait tant attendu cette cérémonie, d'un geste spontané, illumine ses fenêtres, descend dans les rues et quelques feux de Bengale allumés à la hâte éclairent la statue et la chapelle de Notre-Dame-de-Fourvière (la basilique n'existe pas encore). Les Lyonnais chantent des cantiques et crient « Vive Marie ! » jusque tard dans la nuitLa Fête des Lumières (Lyon)..

Poursuite de la tradition

vignette|Lumignons sur le bord d'une fenêtre.

Depuis 1852, la fête a été reconduite chaque année.. La tradition veut que chaque famille habitant la partie de Lyon illuminée le conserve avec ses décorations de Noël, son assortiment de verres du , épais et parfois colorés. On appelle ces verres garnis d'une bougie des « lumignons » ou « lampions ».

Dès le mois de novembre, on trouve dans les magasins des sacs de ces fameuses bougies courtes et cannelées comme des gâteaux, ainsi que des assortiments de verres. Le soir du , les bougies sont allumées et placées dans les verres déposés sur le bord des fenêtres.

Création de la Fête des Lumières contemporaine (1989-2001)

Avec Michel Noir (1989) Avec la municipalité de Michel Noir, en 1989, la fête spontanée est accompagnée par un premier dispositif artistique municipal.

En effet, l'opération Traboules Blues, organisée par la mairie du 1er arrondissement, consiste alors en un déploiement de jazzistes et de projecteurs lumineux bleus dans les pentes de la Croix-Rousse..

D'autres opérations artistiques sont organisées dans différents secteurs de la ville les années suivantes..

Avec Raymond Barre (1999-2000) Dix ans plus tard, sous la municipalité de Raymond Barre, en 1999, l'événement est étendu sur 5 jours, et s'appelle « Festival Lyon Lumières »..

Les animations lumineuses sont alors étendues à toute la ville. Elles se constituent toujours de scénographies, mais aussi de projections sur les façades de certains monuments.

La durée de l'événement est ramenée de 5 à 4 jours lors de l'édition suivante, en 2000..

Avec Gérard Collomb (2001) Un an plus tard, sous la municipalité de Gérard Collomb, en 2001, l'événement prend le nom de « Lyon 8 Décembre - Fête des Lumières », nom dont la deuxième portion s'impose dans le langage courant pour désigner le festival..

L'extension du nouveau festival (2005-2014) et son contenu (depuis 2005)

Après l'échec de 2004, un événement « spectaculaire » et d'ampleur (2005) Après une édition 2004 placée sous le signe de la conscience écologique et considérée comme un échec de par des projets jugés trop intimistes., l'événement prend de l'ampleur en augmentant la taille et le nombre de projets à partir de l'édition suivante, en 2005, sous la direction de Jean-François Zurawik..

L'événement offre depuis des scénographies et des projections innovantes ou traditionnelles, pensées comme « spectaculaires »..

Lieux (depuis 2005) vignette|La colline de Fourvière illuminée pour la Fête des Lumières 2019, avant que les projets de ce lieu ne soient cantonnés aux seules façades du quai Romain-Rolland. L'événement investit fréquemment des lieux majeurs de la ville, notamment dans son centre ; les 12 les plus importants peuvent être définis comme ceux de cette liste :

la place Bellecour, la place Antonin-Poncet, la place des Terreaux, la place Louis-Pradel, la colline de Fourvière (cantonnée aux façades du quai Romain-Rolland depuis 2021 pour éviter les mouvements de foule.), la place des Jacobins, la place de la République, la rue de la République, la place des Célestins, la cathédrale Saint-Jean, la gare Saint-Paul, le parc de la Tête-d'Or.

Hommage à la culture chinoise (2013-2018) La mise en relation de Lyon avec la Chine, justifiée par leur historique commun de production de la soie, est exprimée lors de l'édition 2013 au parc de la Tête-d'Or, par des bougies et des éclairages orientaux traditionnels, mais aussi rue de la République durant les éditions 2015 et 2016, avec « Les lanternes de Zigong »., ou encore en 2018 à l'odéon antique (Yu Da Ba Jiao).

Notoriété et fréquentation (2007-2014) En 2007, Heavent Sud, le salon des professionnels de l'événement, organise, au palais des festivals et des congrès de Cannes, la première édition des trophées de l'événement : la Fête des Lumières y est récompensée par le trophée du « meilleur événement grand public 2006 »article sur le site d'Aderly..

Durant l'édition 2010, de personnes déambulent dans les rues de Lyon pour la Fête des LumièresLyon Capitale de , ..

En 2012, de visiteurs se rendent à Lyon pour l'événement selon le maire de l'époque, Gérard Collomb, chiffre depuis remis en cause car considéré comme une sur-estimation de la fréquentation réelle, le chiffre de 3 millions étant perçu comme plus réaliste..

Devenant de plus en plus un événement touristique, la Fête des Lumières draine chaque année des millions de visiteurs venus de tous les pays, ce qui en fait vraisemblablement l'un des quatre plus grands rassemblements festifs au monde, en termes de fréquentation, après le Kumbh Mela, le Carnaval de Rio et l'Oktoberfest de Munich.. Cette fête s'y distingue par son aspect populaire associé à une envergure artistique pour les arts contemporains, arts plastiques et musique. En 2014, la Fête des Lumières atteint son apogée : près de , avec un record d'œuvres interactives et insolites, de visiteurs et tous les arrondissements de la ville investis..

La Fête face aux crises (2015-2020)

Première annulation en 2015 vignette|Les marches de l'hôtel de ville recouvertes de lumignons le , en hommage aux victimes des attentats du 13 novembre de la même année. En 2015, pour la première fois de son histoire, la Fête des Lumières est annulée pour des raisons de sécurité liées aux attentats survenus le 13 novembre en Île-de-France.

Cette annulation, évoquée dès le lendemain des attentats., est confirmée le lors d'une conférence de presse réunissant le maire de Lyon Gérard Collomb et le préfet du Rhône Michel Delpuech ; les festivités sont remplacées par plusieurs manifestations, autorisées par le préfet, rendant hommage aux victimes de ces événements tragiques, à travers la pose traditionnelle de lumignons sur les fenêtres.... La procession et montée aux flambeaux vers la basilique Notre-Dame de Fourvière, qui a lieu chaque année, est par ailleurs maintenue..

Si la tradition se perdait depuis plusieurs années à cause du départ de nombreux lyonnais et du fait des nombreux touristes venant assister à cet événement, cette « édition spéciale » permit de revoir de nombreuses fenêtres illuminées, l'éclairage public du centre-ville étant éteint afin d'améliorer leur visibilité.

Le diocèse lance également pour les 7 et l'opération « Merci Marie »..

Retour en format réduit (2016) L'année suivante, en 2016, la Fête des Lumières signe un retour réussi. Un dispositif de sécurité d'une ampleur exceptionnelle est déployé par les autorités. afin de garantir le bon déroulement des festivités. Les animations sont limitées à la Presqu'île, au Vieux Lyon et à la colline de Fourvière ; elles sont par ailleurs réparties sur (au lieu de 4, du jeudi au samedi), et sur une plage horaire de (au lieu de ) par soir, de à minuit.

En dépit de ces contraintes, de visiteurs assistent aux différentes œuvres, ce que la municipalité considère comme un bilan positif, laissant entrevoir un retour « à la normale » pour les années suivantes (qui ne se confirme toutefois que partiellement)..

Virage artistique intimiste (2017-2018)