Jean-Marie Calès, né le à Cessales (Haute-Garonne) et mort le à Liège, est un médecin et homme politique français, dont l'activité s'exerce principalement pendant la période de la Révolution française.

Biographie Jean-Marie Calès est député de la Haute-Garonne à la Convention nationale de 1792 à 1795, puis au Conseil des Cinq-Cents de 1795 à 1798. Il est également membre du Comité de sûreté générale en 1795. et Représentant en mission dans les Ardennes, la Côte-d’Or et le Doubs entre 1793 et 1795. Il se retire de la vie politique en 1798, avant d’être banni du territoire français comme régicide sous la Restauration en 1816.

Bien qu'ayant voté la mort du roi Louis XVI, le représentant montagnard Calès est cependant un révolutionnaire modéré. Nourri des idées rénovatrices caractérisant la période pré-révolutionnaire des lumières, il n’appuie aucune des mesures radicales du régime de la Terreur et se prononce même contre Robespierre lors des événements du 9 thermidor. Son activité parlementaire se caractérise par une vision réformatrice de la société et des institutions, se manifestant notamment dans ses propositions novatrices sur les futures constitutions (Constitution de l'an I et Constitution de l'an III), sur l'instruction publique et sur la place des femmes dans la nouvelle société. Comme Représentant en mission, il assure également avec efficacité un travail administratif d'organisation, de logistique, de maintien de l'ordre et de développement industriel dans les régions. Jusqu’à la fin de sa vieVoir plus loin sa lettre à son neveu envoyée en 1833 depuis l'exil à Liège, un an seulement avant sa mort., il conserve ses convictions républicaines et humanistes et exprime son opposition à l'égard de la noblesse et du clergé« Le Conventionnel Jean-Marie Calès (1757- 1834): du Lauragais à Liège. » par Pierre Arches, Actes des et Congrès nationaux des Soc. savantes, Avignon, 1990 et Chambéry, 1991, Section d'H. moderne et cont., T. II, (1992), pp. 225-232.. Son héritage républicain perdure tout au long du dans la Haute-Garonne à travers l'œuvre politique de son neveu Godefroy Calès, puis de son petit-neveu Jean-Jules-Godefroy Calès, tous deux députés Républicains aux Assemblées nationales de 1848 et de 1885Madame Edgar Quinet écrira par la suite : « C'est une famille adorée dans le pays, respectée des adversaires : depuis 89, chefs de la démocratie du Lauragais de père en fils. Depuis le conventionnel (Jean-Marie Calès), jusqu'au représentant de la Constituante (Godefroy Calès), tous républicains, hommes de cœur. Jules Calès, notre ami, est bien le digne fils d'un digne père ». Hermione Quinet (préf. Edgar Quinet), dans « Sentiers de France », (1875), Paris, E. Dentu, IV, p. 278., Lire en ligne.

Calès se marie, en , à Marie-Sylphide Anne PoupardinUne reproduction du portrait de Madame Calès au milieu de ses plantes, d'un livre de botanique de Carl von Linné et d'une représentation de Jean-Marie Calès, Toile - sur ), peut être observée à la page 44 du « Le Musée d'Orléans » (1922), Vitry, Paul, 1872-1941, Musée des beaux-arts d'Orléans, Lire en ligne. (veuve du négociant Gabriel-Étienne Poupardin du Rivage d'Orléans), née ChardronArchives Départementales des Ardennes, Sedan, Collection communale (GG173) - Table annuelle des baptêmes (1762-1793) - Année 1769 (page 21). Lien internet: https://archives.cd08.fr/arkotheque/consult_fonds/fonds_seriel_resu_rech.php?ref_fonds=4 à Sedan en 1768 et décédée en 1828 à Liège, en exil aux côtés de son époux Calès, avec lequel elle n'a pas d'enfant. vignette|Portrait de Marie-Sylphide Calès par Julie Philipault, années 1800, musée des beaux-arts d'Orléans Calès meurt également à Liège en exil, six ans plus tard, le , à l'âge de 76 ans.

Jeunesse Jean-Marie Calès, fils de , naît le à Cessales, un petit village de la région du Lauragais près de Toulouse. Jean-Marie est l'aîné d'une fratrie de 10 enfantsLa fratrie Calès était composée de :

1) Jean-Marie (16/10/1757-Cessales, † 13/04/1834-Liège), médecin et député. Sans descendance.

2) Jean (08/11/1764-Caraman, † 11/10/1840-Mazamet), médecin et inspecteur général des hôpitaux militaires, marié à Marianne Louise Victorine Fournier († 09/02/1744-Villefranche). Père de Godefroy Calès (1799-1868) et de Louis Denis Godefroy Calès (1800-?)

3) Jean-Louis, dit Figeac (19/12/1766, † 14/01/1850-Cessales), médecin, marié (en 1839, à 73 ans) à Paule Bonnet (née le 16/05/1783-Renneville). Sans descendance.

4) Jean-Chrysostôme (27/01/1769-Caraman, † 21/08/1853-Cessales), colonel et baron d’Empire. Sans descendance.

5) Jean Joseph Etienne Victorin (26/04/1772, † 16/06/1853-Cessales), officier militaire. Sans descendance.

6) Jean Joseph

7) Etienne, dit Petit (21/08/1773, † 22/01/1855-Cessales), célibataire sans profession. Sans descendance.

8) Jean

9) Marie Etiennette (?-Caraman, † 08/01/1849-Villefranche), mariée à Jean-Paul Pujol, notaire à Villefranche († 01/02/1840-Villefranche). Mère de Constantin Pujol († 1861) et de Marie Justine Pujol (1796-1894).

10) Marie Justine (?-Toulouse, † 05/09/1873-Villefranche), mariée à Constantin Pujol († 10/06/1844-Villefranche). Sans descendance., comprenant deux sœurs et huit frères. Parmi ceux-ci figurent Jean Calès (1764-1840), inspecteur général des hôpitaux militaires, Jean-Chrysostôme Calès (1769-1853), colonel de la Grande-Armée et baron d'Empire (ainsi qu'un élu de l'éphémère Chambre des représentants mise en place lors des Cent-Jours par Napoléon en 1815), et Jean Joseph Etienne Victorin Calès (1772-1853), officier militaire. Leurs parents sont des propriétaires terriens du Lauragais, issus tous deux de vieilles familles protestantes enracinées dans la région et converties au catholicisme après la révocation de l'édit de Nantes par le roi Louis XIV en 1685Le Conventionnel Jean-Marie Calés (1757- 1834): du Lauragais à Liège, par Pierre Arches, Actes des et Congrès nationaux des Soc. savantes, Avignon, 1990 et Chambéry, 1991, Section d'H. moderne et cont., T. II, (1992), pp. 225-232..

Au décès de son père en 1785, Jean-Marie, âgé de 28 ans, s'inscrit à la faculté de médecine de l’université de Toulouse. Sorti docteur, il s'installe et pratique la médecine dans la ville de Revel (Haute-Garonne). Il devient rapidement correspondant de l’académie d’Arras et rédige un Art de guérirArchives départementales de la Haute-Garonne, L 4157, séance du 27 octobre 1791. in Pierre Arches (1992), op. cit.. Il devient à cette époque un fervent partisan de la révolution et est chargé de remplir certaines fonctions administratives, notamment celle de Procureur-syndic du district de Revel, avant d’être élu le , administrateur du département de la Haute-GaronneArchives départementales de la Haute-Garonne, L 4157 et 1 L 551, p. 15. in Pierre Arches (1992), op. cit.. Mais il refuse ce dernier poste et les électeurs choisissent à sa place son frère cadet Jean Calès (1764-1840). Jean-Marie est également membre de la société des Amis de la Constitution (ou club des Jacobins) de Revel entre 1791 et 1792Archives départementales de la Haute-Garonne, 2 E 686. in Pierre Arches (1992), op. cit..

Sous la Convention nationale

Installation de la République Jean-Marie Calès se présente aux élections législatives du 6 septembre 1792 et est élu députéélu avec 348 voix sur 690 votants à la Convention nationale par le département de la Haute-Garonne. A 34 ans, il est le plus jeune des douze députés du département élusLes résultats de cette élection dans La Révolution française dans le Midi toulousain, J. Godechot, Toulouse, 1986, p. 160-163 ; in Pierre Arches (1992), Op. cit.. Ces élections législatives, première expérience du suffrage universel dans l'histoire de France, sont tenues dans un contexte national extrêmement tendu, moins d'un mois seulement après la journée insurrectionnelle du 10 août 1792 (prise du palais royal des Tuileries par la Commune insurrectionnelle de Paris ou « Seconde Révolution ») et sous la menace imminente des troupes autrichiennes et prussiennes menées par le duc de Brunswick, qui marchent sur Paris pour libérer le roi Louis XVI, arrêté et suspendu lors des journées du 10 août, et pour restaurer la monarchie absolue.

Lors de sa première séance, tenue dans la salle du Manège le (le lendemain de la victoire des troupes françaises à la bataille de Valmy), la Convention nationale proclame l'abolition de la royauté. Le lendemain, le , elle proclame par décret la Première République française. Les actes publics sont désormais datés à partir de l'« An I » de la République.

Favorable à la république, Calès se range dans le groupe des députés de la « Montagne » (appelée ainsi parce qu'ils siègent sur les plus hauts bancs de l'assemblée), considéré comme le plus radical de l'assemblée et dominé par des personnalités telles que Georges Danton, Jean-Paul Marat et Maximilien de Robespierre. Ce groupe s'oppose notamment au groupe des députés Girondins.

Procès du roi Louis XVI et de la reine Marie-Antoinette gauche|vignette|319x319px|Opinion du citoyen Jean-Marie Calès, député du département de la Haute-Garonne, sur le jugement de Louis XVI. Imprimée par ordre de la Convention Nationale (1792) Lorsque la Convention organise le procès de Louis XVI, qui se tient entre les 10 et , Calès fait publier son Opinion sur le jugement du roiOpinion du citoyen Jean-Marie Calès, député du département de la Haute-Garonne, sur le jugement de Louis XVI. Imprimée par ordre de la Convention Nationale, 1792., puis vote le « pour »Détails du vote du citoyen Jean-Marie Calès consultable sur la page Wikipédia: Votes sur la mort de Louis XVI. 1° "OUI" à « Louis Capet est-il coupable de conspiration contre la liberté publique et d'attentats contre la sûreté générale de l'État, oui ou non ? » 2° "NON" à « Le jugement de la Convention nationale contre Louis Capet sera-t-il soumis à la ratification du peuple, oui ou non ? » 3° "LA MORT" à « Quelle peine sera infligée à Louis ? » 4° "NON" à « Y aura-t-il un sursis à l'exécution du jugement de Louis Capet ? » la mort du roi, « sans ratification par le peuple » et « sans sursis ». Il déclare notamment devant l'assemblée : au appel nominal, à la question: « Quelle peine sera infligée à Louis ? ». Ce vote de Calès est relaté plus tard dans Quatrevingt-treize, le dernier roman de Victor HugoQuatrevingt-treize, Partie: à Paris, Livre 3ème: la Convention, Chapitre VII, Victor Hugo (1874), Editions Michel Lévy frères. Disponible sur Wikisource: https://fr.m.wikisource.org/wiki/Quatrevingt-treize/II,_3 :

Le roi est condamné à mort par une majorité extrêmement étroite, de 365 voix contre 356, puis après recomptage des voix le lendemain, de 361 contre 360. Il est guillotiné le , place de la Révolution.