L'École Khédiviale de droit du CaireCatherine Fillon, « L’enseignement du droit, instrument et enjeu de la diplomatie culturelle française. L’exemple de l’Égypte au début du xxe siècle », in La Belle Époque des juristes. Enseigner le droit dans la République, , 2011, pp. 123-144(jadis, appelée l'École d'administration et des langues) était une école de droit égyptienne où enseignaient des professeurs français.

Historique

L'École khédiviale de droit du Caire a été fondée en 1868 par Méhémet-Ali. Le juriste français Victor Vidal Pacha dirigea l’École Khédiviale de droit de 1886 à 1891. L'École Khédiviale joua un rôle important dans l'évolution sociale et politique de l'Égypte et constitua un enjeu primordial comme dernier bastion de l'influence française en Égypte, sous le protectorat anglais depuis les accords d'.

Charles Testoud, professeur à la Faculté de droit de Grenoble, fut directeur de cette école khédiviale de droit. Le grand comparatiste et professeur Édouard Lambert accepta le poste de directeur l'École khédiviale de droit et la dirigea à partir d' jusqu'à sa démission en face aux multiples pressions des autorités anglaises. Malgré cet état de fait, l'éminent Professeur ne manqua pas Marc Milet, La controverse de 1925 sur l'exception d'inconstitutionnalité. Genèse d'un débat : l'affaire Ratier, in Revue française de science politique , 1999, p. 791.

Selon Abécassis, . Dès les années 1920, F. Abécassis, « De la protection par l’école : la sédimentation des traditions d’enseignement du français en Égypte au », in B. Delpal, B. Hours, C. Prudhomme (dir.), France-Levant, de la fin du à la Première Guerre Mondiale, Paris, Geuthner, 2005, Actes du colloque de Lyon, 13-15 juin 2005.

En 1890, le directeur français de l'École khédiviale de droit étant mort, les Anglais manifestèrent l'intention de le remplacer par un des leurs. À la suite, plusieurs membres de la colonie française envisagèrent de créer une école toute française, qui préparerait les jeunes gens aux examens des facultés de droit. Le sénateur Boulanger soutint cette idée qui fut adoptée en 1890, date d'ouverture de l'école française de Droit. Louis Malosse, deuxième partie, chapitre III (« Les écoles françaises »), dans Impressions d'Égypte, Paris, A. Colin, 1896, p. 242-259.

En 1925, l'École khédiviale de droit du Caire devint faculté de droit de l'Université du Caire. L'École de droit eut deux langues officielles : le Français et l'Arabe. Le programme des cours fut sensiblement pareil à celui des facultés françaises. Les examens ont eu lieu au Caire. Le personnel enseignant se composa de quatre Français, un Belge, un Italien, quatre indigènes, plus deux cheiks de l'Université d'El Azhar pour le droit musulman et l'arabe littéraire. Le droit musulman y fut enseigné d'après le rite Hanafite, qui fut en vigueur en Égypte, le droit romain d'après les méthodes françaises.

L'Institut de Droit des Affaires Internationales (IDAI) de l'École de droit de la Sorbonne est aujourd'hui l’héritier direct de l'École Khédiviale. L'IDAI se situe au sein de la faculté de droit de l'université du Caire.

Personnalités

M. R. Maunier, Professeur à l'École khédiviale de Droit. M. Sésostris Sidarouss Bey, Professeur à l'École khédiviale de droit. M. Henri Lamba, Professeur de Droit Administratif et de Législation Financière à l’École khédiviale de droit du Caire. M. Ahmed Effendi Zéki, Professeur à l'École khédiviale de Droit. M. Rene Maunier, Professeur en droit pénal et économie politique à l’École khédiviale de droit du Caire (1911-1918). M. René Perret, Professeur à l'École khédiviale de Droit du Caire. M. J. Grandmoulin, Professeur à la Faculté de droit de Rennes et à l'école française de droit, ancien directeur de l'école khédiviale de droit M. Loutfi (Omar Effendi), sous-directeur de l'École de Droit

Diplômé célèbre Mohamed Kamel Moursey Pacha (1889-1957)

Notes et références

Catégorie:Enseignement au Caire Catégorie:Établissement scolaire fondé en 1868