Le sandjak d'Alacahisar était une subdivision administrative de l'empire ottoman, située dans l'eyalet de Roumélie ; son chef-lieu était Alacahisar, actuellement Kruševac en Serbie. En 1833, il est rattaché à la principauté de Serbie et la ville reprend son ancien nom slave, Kruševac.
Historique
Après leur victoire sur le despotat de Serbie au , les Ottomans établissent une garnison à Kruševac et lui donnent le nom d'Alacahisar qui signifie « ville colorée », à cause de ses constructions en pierre polychromeRajko Bobot, Kosta Rakić, Socialist Republic of Serbia, 1985, p. 187.. Alacahisar, située à 150 km au sud-sud-est de Semendria (Smederevo), à peu de distance du confluent de la Zapadna Morava et de la Južna Morava, a été la résidence de plusieurs souverains de Serbie. Užice, un peu plus à l'ouest, était réputée pour ses cerisiersConrad Malte-Brun, Géographie complète et universelle, tome 6, 1856, p. 297 .
En 1455, le sandjak d'Alacahisar compte 170 timars (lots de terre destinés à l'entretien des soldats) dont 27 tenus par des chrétiensYusuf Hamzaoğlu, Osmanlı dönemi Sırbistan Türklüğü, Logosa, 2004, p. 62.. Entre 1455 et 1541, il fait partie de l'eyalet de Roumélie ; en 1541, il est rattaché à celui de Budin (aujourd'hui Buda en Hongrie) et en 1558 à celui de Temeşvar (Timișoara)Radovan Samardžić, Istorija srpskog naroda, 1981, p. 51.. Au début du , il est de nouveau rattaché à l'eyalet de RoumélieAnnuaire de la Société historique de Bosnie et Herzégovine/Istorisko društvo Bosne i Hercegovine, 1952. p. 194..
Le voyageur ottoman Evliya Çelebi, qui parcourt les Balkans vers 1660-1670, note que le sandjakbey d'Alacahisar, dépendant du pacha de Roumélie, a un revenu relativement modeste de aspresEvliya Çelebi, Narrative of Travels in Europe, Asia, and Africa, in the Seventeenth Century, vol. 1, p.98, Project Gutenberg. Le sandjak compte 509 timars et 27 s (domaines plus vastes destinés à l'entretien des officiers)Evliya Çelebi, Narrative of Travels in Europe, Asia, and Africa, in the Seventeenth Century, vol. 1, p. 102, Project Gutenberg.
Mahmud Pacha Angelović, grand vizir ottoman sous Mehmed II et poète en turc et persan sous le nom d'Adni, exécuté en 1474, était peut-être originaire d'Alacahisar bien que le fait soit contestéAlexandre Popovic, Cultures musulmanes balkaniques, XV.2. 'ADNI Mahmud Paša in: École pratique des hautes études. 4e section, Sciences historiques et philologiques. Annuaire 1976-1977. 1977. pp. 465-474..
En 1833, par le traité d'Unkiar-Skelessi, la Russie oblige l'empire ottoman à restituer à la principauté de Serbie six districts qui en avaient été détachés en 1813 : Krajna, Ceaceak, Alacahisar, Timok, Crna Reka et UžiceFrederick C. Schneid, European Politics 1815–1848, Routledge, 2017. Alacahisar reprend son nom slave de Kruševac. Par une lettre du , les chefs de district serbes, réunis au tribunal de Kruševac, annoncent au prince Miloš Obrenović qu'ils ont entrepris la restauration des églises chrétiennes, tombées à l'abandon sous la domination turqueVladislav Ristić, L'église Lazarica et la place forte de Kruševac, Institut pour la Protection des Monuments Historiques de la République Socialiste de Serbie, 1989, p. 10-21..
Démographie Au recensement ottoman de 1516, s (chrétiens exempts de taxes et astreints au service militaire) sont dénombrés dans le sandjakÖsterreichische Osthefte. LIT, Münster. 2005. p. 148..
À la fin du , les musulmans représentent 85% de la population urbaine à Kruševac/Alacahisar, Prokuplje et LeskovacDragana Amedoski, Vladeta Petrović, Urban settlements of the Sanjak of Kruševac(15th–16th centuries), Historical Institute Belgrade, 2018, p. 251..
Références
Alacahisar Alacahisar