Contes est une commune française située dans le département des Alpes-Maritimes, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Ses habitants sont appelés les Contois.
Commune historique de l'arrière-pays niçois et de l'ancien comté de Nice, elle est depuis toujours un bourg structurant pour la vallée où coule l'affluent du Paillon qui porte son nom, le Paillon de Contes. Contes est un village rural principalement agricole jusqu'à la fin du avec une population d'un peu moins de 2000 habitants. Contes gagne ensuite rapidement en taille et en influence, avec une phase d'industrialisation liée notamment à l'exploitation des gisements de chaux par une usine Lafarge. Contes s'affirme ainsi au comme la commune la plus peuplée de l'arrière-pays niçois avec environ 7500 habitants en 2020.
L'héritage industriel et populaire de la commune a marqué son histoire politique : Contes fait partie des communes dites de la "vallée rouge", communes des vallées du Paillon au fort vote communiste dans la seconde moitié du . Bien que le vote de la commune aux élections locales comme nationales soit aujourd'hui plus en faveur de l'extrême-droite, le vote pour la gauche, le parti communiste et ses alliés reste plus élevé que la moyenne départementale. La majorité des maires depuis 1945 sont communistes : entre 1945 et 1951, puis sans discontinuer depuis 1977.
La commune possède une offre culturelle variée : théâtre, médiathèque, musées, bibliothèque associative, école de musique, nombreuses associations et espaces culturels, sportifs et artistiques. L'important patrimoine naturel de la commune (plus de 50% d'espaces forestiers ou naturels) offre également de nombreux circuits de randonnée, partagés avec les autres communes de la vallée du Paillon. Parmi le patrimoine historique et religieux, on peut citer : l'église Sainte-Marie-Madeleine, qui abrite notamment un retable de François Bréa ; une forge hydraulique pré-industrielle, dite "moulin à fer" unique en France ; et plus généralement le Vieux-Village, témoin de l'architecture du , civile (fontaine classée, rues couvertes, maisons de village) et religieuse (anciennes chapelles de Pénitents). On peut ajouter, enfin, les ruines du château-fort, situées sur la commune voisine de Châteauneuf-Villevieille, fondé par les Contois au Moyen-Âge.
Toponymie La localité est dénommée Conte(s) en niçois et gavot, Conti en italien, nom officiel de la commune jusqu'en 1860.
Le site de la commune de Contes est occupé de manière continue depuis l'époque pré-romaine et son nom n'a que peu évolué. La forme actuelle "Contes" est à peu près fixée depuis le . L'origine du nom "Contes" reste cependant sujette à conjectures.
Quelques lectures controversées relient le nom de Contes à un nom propre romain, gaulois ou ligure, Comiten ou *Contio.
La lecture la plus courante relie le Contes actuel à la tribu des Cuntini. Elle-même viendrait d'une base pré-indo-européenne *Kun(t-) signifiant hauteur située à la rencontre, au coin de deux cours d'eau. Le vieux village (le castrum) est en effet placé sur une hauteur au confluent du ruisseau du Riou et du Paillon de Contes. Cette lecture se base sur une stèle dédicatoire du à un dieu (ou héros) local ligure, retrouvée dans l'église Saint-Pierre de l'Escarène.
Contre cette lecture, certains relient Contes à la fonction historique du village comme poste de péage. Contes viendrait de Computis, "(là où l'on fait) les comptes". Ils voient dans cette hypothèse une cohérence historique, une meilleure explication du pluriel Contes et une réponse aux défauts de l'hypothèse Cuntini. En effet, le village de Contes ne s'est établi définitivement sur une hauteur que depuis la crue catastrophique de 1530, qui a emporté l'agglomération historique située en fond de vallée. La hauteur sur laquelle le village a été déporté porte d'ailleurs un nom préexistant, lou Couorn, la Corne, et jouait le rôle de bastion défensif. Par ailleurs, les chartes médiévales font figurer dans les mêmes listes deux fois le nom de Contes, sous des formes variées Comitis, Comptes, Contenes... ce qui indique l'existence de deux villages aux noms presque identiques, l'un étant la commune de Contes actuelle, l'autre étant peut-être le lieu-dit de Comte d'Ongran, abandonné depuis le , sur la commune de Peille, dans la vallée du Paillon de l'Escarène.
Ce lien des Contois avec les métiers du commerce (malgré la pauvreté générale de la population), et avec les valeurs morales associées (vivacité d'esprit, mais aussi ruse, malice) est également attesté par la tradition des "surnoms" ironiques de villages, pratique courante et vivace jusqu'au début du . Le surnom des Contois est ainsi tremp'oli, mouilleur d'huile, c'est-à-dire vendeurs d'huile frelatée. Les habitants de Sclos de Contes, hameau lié à la commune, sont les superbi, les orgueilleux. Les proverbes disent aussi : Cau quatre Ginouès per enganà un Countès. Il faut quatre Génois (réputés marchands très rusés) pour tromper un Contois, ou encore An pilhat lou Diau au visc. Ils ont pris le Diable à la glue, légende partagée avec les habitants de Coaraze, originaires eux-aussi de la vallée du Paillon de Contes..
D'autres étymologies d'origine populaire existent également, qui bien que fausses, ont marqué l'histoire de la commune. Notamment, une tradition vivante aux reliait le nom de Contes au titre de noblesse de comte, et au fait qu'une famille aristocratique habitait le vieux village de longue date. C'est en raison de cette homophonie que le village a été renommé Pointe-Libre par les troupes d'occupation françaises lors de la Révolution. Cette origine est erronée. Au contraire, la commune s’enorgueillissait au contraire d'être "comtesse d'elle-même" depuis 1700, la dignité comtale étant exercée directement par le conseil municipal.
À cause de l'homophonie avec le mot comte, la commune prit le nom de Pointe-Libre durant la période révolutionnaire.
Concernant les hameaux de Contes : La Pointe (la Puncha) fait référence à la pointe de terre située entre le Paillon de Contes et le riou de la Garde, où les premiers bâtiments ont été construits ; La Vernéa (Vernea) signifie la vernaie, l'aulnaie ; Sclos (Sclos) est une déformation de leis cluots, les clos, champs cultivés fermés par des murets.
Géographie Localisation
Contes est située au centre de la vallée du Paillon de Contes, l'un des deux affluents principaux du Paillon avec le Paillon de l'Escarène.
Situé à une quinzaine de kilomètres de la côte méditerranéenne, le village fait partie de l'aire urbaine de Nice. De nombreux actifs de la commune travaillent dans les communes du littoral azuréen, et la question de l'amélioration de l'offre de transport (voies routières, train, bus) est un sujet majeur de la vie politique et des politiques d'aménagement de l'ensemble de la vallée, sur le long terme.
La commune est entourée par les hauteurs des Préalpes de Nice : au sud, le mont Macaron (800 m) ; au nord le Férion (1400 m), le Roccaillon (1150 m) et la cime de Rocca Sièra (1500 m), qui ferment la vallée et où se trouvent les sources du Paillon. La commune de Contes s'étend sur près de hectares, entre d'altitude pour la Pointe et pour Sclos. Son point culminant se situe à proximité de Berre, à 642 m.
Communes limitrophes La commune est environnée par les communes de Châteauneuf-Villevieille et, au-delà, le col de Châteauneuf à l'ouest, Cantaron et Blausasc au sud, Berre-les-Alpes à l'est et Bendejun puis Coaraze et le col Saint-Roch au nord.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat méditerranéen et est dans la région climatique Var, Alpes-Maritimes, caractérisée par une pluviométrie abondante en automne et en hiver (250 à en automne), un très bon ensoleillement en été (fraction d’insolation > 75 %), un hiver doux () et peu de brouillards. Elle est en outre dans la zone H3 au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Peille à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Histoire
Les origines et l'Antiquité ligures L'occupation du site de Contes remonte au moins à l'époque ligure, autour des - millénaires avant notre ère. Le village faisait alors partie de la tribu des Vediantes. dont le territoire s'étendait sur les vallées du Paillon et de la Roya, ainsi que sur la basse et moyenne vallée du Var. Leur capitale était Cemenelum, correspondant au quartier niçois actuel de Cimiez. Cette tribu, précocement en contact avec les grecs Massaliotes (Nikaia-Nice était un de leurs postes commerciaux) ainsi qu'avec les Romains, dès les s avant notre ère, a toujours été dans une relation de neutralité voire d'alliance avec ces puissances. Les Védiantes ne font ainsi pas partie de la liste des peuples soumis par les armées d'Auguste inscrite sur le trophée de la Turbie, et ils bénéficieront dès la création de la province des Alpes-Maritimes du droit latin, signe d'intégration dans l'empire romain.. Au début de l'empire, Contes comme la région niçoise font partie de l'Italie. District militaire dépendant de la région IX Ligurie sous Auguste, la région est érigée en province indépendante, les Alpes-Maritimes, sous Néron en 63. Ce n'est que vers la fin de l'empire, avec les réformes territoriales de Dioclétien à la fin du , que les Alpes-Maritimes sont rattachées au diocèse de Viennoise, c'est-à-dire pour la première fois à l'espace géographique des Gaules..
De cette période, il ne reste que peu de traces. Quelques pierres ou stèles gravées, un espace pavé en fond de vallée servant de forum, de lieu de commerce et de réunion pour le conseil des anciens (espace qui a donné son nom au lieu actuel : Empeyra, l'"empierré"). Une mention d'un vicus continus (village contois) au , qui pourrait tout aussi bien faire référence à un lieu-dit sur la commune actuelle de Peille (cf. ci-dessus section Toponymie)..
Comme aujourd'hui, le centre du village se répartissait déjà entre une ville-haute (le castrum), juchée sur un éperon rocheux, lou couorn, aride et escarpé mais permettant une défense efficace ; et une ville-basse (le villum), à l'emplacement changeant en fonction des siècles et des crues du Paillon, rive droite ou rive gauche. La répartition de la population entre les deux agglomérations (distantes de quelques centaines de mètres) fluctuait en fonction des troubles politiques et risques de maraudes et pillages.