Asma bint Marwan (en , « Asma, fille de Marwan ») est une poétesse qui a vécu à Médine, dans le Hedjaz, en Arabie médiévaleEsat Ayyıldız, Asmâ Bint Mervân: Arap-Yahudi Bir Kadın Şair, Edebiyat Kazıları, Ankara: İKSAD Publishing House, 2020. p. 13 -42.. . Elle a été leur porte-paroleHichem Djaït, "La vie de Muhammad", Tome III, éd.Cérès, 2012,. Elle aurait été exécutée en 642 pour des critiques envers Mahomet.
Vie et mort dans les sources musulmanes Ibn Ishaq Selon Ibn Ishaq, dans sa Sira Rasul-Allah, qui constitue le premier corps biographique ancien sur Mahomet, Asmaa, émue de l'assassinat du vieux Abou Afak à Médine, écrivit des poèmes pour dénigrer l'islam et Mahomet, reprochant aux Médinois d'obéir à un chef qui n’est pas de leur lignée. Après avoir entendu les poèmes, Mahomet aurait dit : Umair ibn Ada Al-Khatami entendit ces paroles et dit : Mahomet aurait alors répondu :
Ibn Saad Selon Ibn Saad, Asma était l'épouse de Yazid ibn Zaid ibn Hisn al-Khatami. Elle avait l'habitude d'insulter l'islam, de mettre en colère Mahomet et de pousser les gens contre lui, par la composition de vers. Umair ibn Uday est venue chez elle la nuit, ses enfants dormaient à côté d'elle, tandis qu'elle allaitait l'un d'eux. Il la poignarda à la poitrine avec son épée, puis il revint à Médine. Le prophète des musulmans lui dit: , et il répondit que cela fut fait.
Authenticité de l'événement Du point de vue des érudits musulmans
En effet, Hind avait été encore plus active dans la haine contre l'islam en poussant les Mecquois à la guerre ouverte contre les musulmans à la bataille d'Uhud, en 625. Hind bint Utba aurait même mutilé les cadavres des musulmans, dont le cadavre de Hamza, oncle de Mahomet. Mahomet pardonna ses crimes à Hind et lui laissa la vie, en 630.
Les mouhaddithun (spécialistes des hadiths) comme Boukhari, Ibn Maīn, An-Nassa'i, Ibn al-Jawzi, Majdi, Ibn ‘Adiyy, Ad-Daaraqutni ainsi qu'Al-Albani ont rejeté le hadith, déclarant qu’il s’agit d’une invention (hadith mawdhou), puisque le rapporteur Muhammad ibn al-Hajjaaj est considéré comme "menteur avéré" par tous les savants spécialistes de hadith et que donc les chaînes de témoins par lesquelles l’histoire fut transmise étaient mauvaises. : : : : Moulana Qamruz Zaman, "Asma bint Marwan", 24 juillet 2006, MuftiSays.com..
Il y aurait également un problème avec son contenu (matn) puisqu’il est rapporté dans de nombreux hadiths, comme celui rapporté par Abou Dawoud, que Mahomet a dit « de ne pas tuer de femmesSunan Abi Dawood, ».
Du point de vue des historiens critiques Le savant islamologue d'origine iranienne Ali Dachti considère important l'assassinat d'Asma bint Marwan, dans son analyse biographique de Mahomet, ainsi que le Alfred Guillaume, spécialiste en islamologie et théologie islamique et traducteur de la Sira d'Ibn Ishaq, dans son célèbre étude sur le sujet.
Jane Smith, dans son ouvrage "Women, Religion and Social Change in Early Islam" ("Femmes, religion et changement social dans l'Islam des origines", non traduit) insiste quant à elle sur l’importance des poètes à l'époque et suggère que Mahomet ordonna l’exécution de poètes comme bint Marwan et Abu Afak parce qu’il s’inquiétait de leur influenceWomen, Religion and Social Change - Éditions Yvonne Yazbeck Haddad et Ellison Banks Findly, 1985..
Notes et références
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