La Roque-en-Provence, précédemment nommée Roquestéron-Grasse (jusqu'en 2015)Décret du 16 novembre 2015 portant changement du nom de communes, est une commune française située dans le département des Alpes-Maritimes, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Géographie thumb|left|Vue de la Roque-en-Provence (ex Roquestéron-Grasse) depuis le pont de France qui la relie à Roquestéron.|alt=vue de La Roque-en-Provence depuis le pont de France qui la relie à Roquesteron

Dans les Préalpes de Grasse, la commune se situe au nord de la chaine du Cheiron et au sud de la rivière Estéron qu'elle borde et qui forme une courbe où se jette le ruisseau Riou au goulet du Peïroulet.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat méditerranéen et est dans la région climatique Var, Alpes-Maritimes, caractérisée par une pluviométrie abondante en automne et en hiver (250 à en automne), un très bon ensoleillement en été (fraction d’insolation > 75 %), un hiver doux () et peu de brouillards. Elle est en outre dans la zone H3 au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune d'Ascros à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Urbanisme Typologie Au , La Roque-en-Provence est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Nice, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (99,2 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (99,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (95,6 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (3,5 %), zones agricoles hétérogènes (0,8 %)..

L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Appelé à l'origine Roccasterone, la Rocca ou Rocha, la Roccha de Sterono, Roca-Staroni3 ou Rocca Steronis, le village est nommé « la Roque-en-Provence » lors du partage de 1760 ou « Roque d'Estéron » « devenue française »..

À la fin du , il est fait mention dans les actes civils de la « Roque Estéron ». Le nom définitif passe en 1793 de « la Roque Stéron » à « la Roquestéron », l'article disparaissant l'année suivante, en l'an III de la République. Dénommé la Roque-Var au cours du , ou à nouveau Roque d'Éstéron, il devient Roquestéron-Grasse en 1860.

Il n'est pas rare de lire le vocable Roquesteron désigner ce village dans son histoire, ce qui peut entraîner des confusions mais n'est pas en contradiction avec son passé : il n'y a qu'un seul village jusqu'en 1760, de plus l'actuel Roquestéron porte officiellement le nom de Roccasterone sous l'administration sarde. Par ailleurs, les deux communautés portent le même gentilé. Un texte littéraire et historique parle de la période de la division de la communauté en deux..

Dans la langue occitane parlée des deux côtés de l'Estéron, le village s'appelle Sa Ròca en graphie occitane, Sa Roco en graphie mistralienne avec l'article "sa" typique de la région (ou La Ròca, La Roco avec l'article provençal commun)..

L'étymologie est assez claire : le rocher (fortifié) de/sur l'Estéron, selon une onomastique classique à préfixe oronymique roque-, avec les dérivés rochette, roquette... L'étymologie de la rivière demeure plus obscure. Celle du Peïroulet est rattachée selon Giauffret au sens de chaudron (peiroulet en niçois, pairol en occitan.), à moins que la notion de pierre, rocailleux, n'y soit présent comme pour les communes de Peyroules ou .

Un décret du , paru au Journal officiel du modifie le nom officiel de la commune, qui passe de Roquestéron-Grasse à La Roque-en-Provence.

Histoire La présence antique Si la présence humaine est attestée dans la vallée dès le Néolithique (pierres polies à Sigale), elle l'est éventuellement dès l'Age du Bronze sur le site même du village qui a révélé des objets de ce métal. Octobon y répertorie un site protohistorique, tandis de G. Bretaudeau y voit un « emplacement logique » de camp ligure avec enceinte « possible, sinon probable ». Peut-être la peuplade ligure des Velauni, mentionnée sur le Trophée des Alpes, a-t-elle habité le terroir.

La présence romaine est au moins assurée, comme en témoignent un cippeTrès altérée, elle ne présente plus qu'un glaive et un croissant de Lune. Elle est ainsi similaire à la stèle de Lucius Abricius Viato, conservée au Musée archéologique de Cimiez (voir aussi celle de Titus Annius Firmus). Il est donc possible que des terres du pagus Staroni aient été accordées à des auxiliaires vétérans de la cohorte des Gétules (peuplade africaine). Jean-Pierre Cassely, dans Côte d'Azur insolite et secrète, ed. JonGlez, mentionne de façon peu précise que la stèle porte, en sus, les sigles d'un centurion et d'un décurion. bordant probablement la route carrossable secondaire (dite de nos jours Voie romaine, rue de Roquestéron), en rive gauche, qui reliait Vence à Castellane (ou au moins une bifurcation secondaire menant à Glandèves), un mortarium découvert à Entrevignes, ainsi qu'un épigraphe encore visible sur une façade du village, en bordure de la route départementale. À présent quasiment illisible, Giauffret note que l'inscription lapidaire d'un certain Titus mentionne : Parsius Capitus paternus (son père), décurion âgé de 75 ans. L'auteur cite aussi une inscription trouvée dans les contreforts du Cheiron, après Gerbières : Caius, Secondus pasternus [sic], fils de Caius du hameau de Valocie, guéri d'une grave maladie s'est acquitté de son vœu en dédiant son offrande au dieu Hêtre.

Un siècle avant l'auteur roquérois, Edmond Blanc fit une description plus précise des deux gravures dans la Revue archéologique. Après le récit de sa découverte à Gerbières, il transcrit les lettres « peu soignées » FAGO DEO C SECVNDVS CF.PATERNVS EXPAG.STAR VIC.VEL GRAV.INF.[?] V S L M, interprétées ainsi : « Fago deo, Caius Secundus Caii filius paternus ex pago Star(oni), vico Vel(acio), gravi infirmitate liberatus, votum solvit libens merito ». À proximité est gravée une dédicace à une source : BIBE MVLTOS ANNOS BIBASL'auteur ajoute : « Au dieu Hêtre, Caius Secundus Paternus fils de Caius, du hameau de Velacie ou Velostino au canton de Staron, guéri d'une grave maladie, s'est acquitté selon son vœu. Cette curieuse inscription, contient, comme on le voit, deux noms géographiques, ce qui en fait une des plus précieuses de ce recueil. Je traduis star par staro dans lequel je vois Roque-Esteron et Vel par Velacie ou Velostine, qui sont deux localités, ou mieux, deux quartiers des environs de Roque-Esteron. On verra, par l'inscription qui va suivre, que cette ville a été habitée par les Romains. Cette inscription, dont l'importance n'échappera à personne, nous apprend que c'était un pagus ou bourg qui commandait à un certain nombre de rici, qui étaient des villages et des hameaux ; cela ne peut mieux se comparer qu'aux chefs-lieux de cantons de nos jours. [...] BIBE MVLTOS ANNOS BIBAS Bois, et puisses-tu boire de longues années. Cette curieuse inscription est gravée sur un mur de rochers, à côté de la précédente, au-dessus de la petite source qui sort de là. Cette inscription complète celle du Cheiron qui nous avait appris que la Roque-Esteron existait, comme ville, du temps des Romains ; elle nous apprend qu'il y avait un ordre de décurions, c'est-à-dire que la ville possédait une organisation municipale complète. [...] Cette pierre [le cippe], malheureusement hors d'état d'être lue complètement, est encore une preuve de l'importance de la Roque-Esteron sous les Romains. On y voit le sigle du duumvir à la quatrième ligne, et l'on peut lire à la dernière vivi posuerunt. C'est donc un monument funéraire élevé probablement à un soldat, un centurion peut-être (car il me semble reconnaître le sigle du centurion à la fin de la deuxième ligne), par quelques-uns de ses parents ["vici (?) posuerunt" : "(qu'ils) placèrent sur la voie", ou "(s')établirent en ce bourg"]. Je ne me hasarderai pas dans une lecture plus complète qui nécessairement ne serait qu'hypothétique ». L'auteur mentionne comment il transcrit le VEL en Valocie, « Velacie ou Velostine » (« quant au mot vel, il me semble pouvoir être appliqué indifféremment à deux quartiers qui se trouvent au nord-est de ce village, l'un se nomme Vélacié, l'autre Velostine »), qui n'évoquent aucun toponyme sur les cartes régionales actuelles de l'IGN (Pays du Cheiron, Val d'Estéron), en dehors du Végay proche. L'annuaire des Alpes-Maritimes de 1869 (-p.90) mentionne toutefois deux lieux-dits, Velaclé et Velostine, qui semblent donc avoir une onomastique très ancienne. Velaci semble aussi être un patronyme indigène (L'occupation militaire de Cemenelum, p.170 ; et sur une stèle - CIL V, 7897 - du château de Nice mentionnant les frères Maxsimus et Lucius Sucius, soldats de la cohorte des Ligures, fils de Velacus - VELACI.F). Par ailleurs, ce préfixe fait écho à la peuplade celto-ligure (Velauni) habitant probablement la vallée à l'Âge du Fer final. On trouve également un Velabus de la « cohorte des Alpins » au Broc..