Sevinfuori est une ancienne piève de Corse. Située dans l'ouest de l'île, elle relevait de la province de Vico sur le plan civil et du diocèse de Sagone sur le plan religieux. vignette|300 px|Tour génoise de Porto
Géographie La piève de Sevinfuori correspond au territoire des actuelles communes de : Ota ; Piana ; Cargèse.
Sevinfuori était une pieve du diocèse de SagoneEn 1790, l’Assemblée nationale décide que la Corse n’aura qu’un seul évêque comme les autres départements. Le siège est fixé à Bastia, dans le « Delà des Monts » (Di la da Monti)Le Di la da Monti est porté sur la Carte de l'Isle de Corse apartenante a la Republique de Genes, presentement divisée et soulevée, sous les ordres du baron de Neuhoff, élu roy sous le nom de Theodore Premier (1737) levée sur les lieux par le capitaine I. Vogt.
Son territoire correspondait à ceux réunis des anciennes pièves de Sia, Salogna et Paomia réunis sous le noms de Siasalogna au . Ces trois pièves correspondaient aux actuelles communes d'Ota, Piana et Cargèse.
Les pièves limitrophes de Sevinfuori sont :
Histoire vignette|Tour de Turghju à Capo Rosso
Au , mettant en œuvre une réforme ecclésiastique impulsée par Landolfe de Pise et ses successeurs métropolitains, les Pisans instaurent les pièves comme divisions administratives sur l'île. Les pièves de Sia et Salogna sont créées. Durant des siècles, toutes deux font partie d'un fief dominé par les seigneurs de Leca, dont le domaine s’étendait du sud de Calvi jusqu'au nord d'Ajaccio. Le Vicolais était allié à des chefs rebelles comme Giovan Paolo di Leca (fin du , début du ), qui étaient en résistance contre Gênes. Les pièves de la région seront dévastées par les Génois et les incursions turques.
1412 - Rinuccio de Leca seigneur de Vico de 1378 à 1445, ambitionne de reconquérir le pouvoir. 1413 - Il fait bâtir le castello di Rocche di Sia sur le rocher de Spelonca, un éperon rocheux stratégiquement bien placéLe rocher de Spelonca () est « à cheval » sur Évisa et Ota, dominant les remarquables gorges de Spelunca et le pont génois de Pianella en aval de la confluence des ruisseaux de Tavulella et de Lonca, commandant la basse vallée du Porto. Il établit son autorité sur les habitants des pièves de Salogna, Sevenentro et Sia, avec le concours des notables des lieux ou Principali. 1414 - Il est vaincu par Vincentello d'Istria qui l'emprisonne en 1426 et établit une garnison aux Rocche di Sia. 1433 - Rinuccio participe aux soulèvements des féodaux et caporaux du nord de l'île contre Vincentello d'Istria. À la faveur des troubles, il reprend possession du château et étend sa seigneurie aux pièves du Vicolais. 1440 - Les Génois l'investissent de la forteresse de Cinarca après qu'il leur a prêté serment de fidélité. 1460 - La Banque de Saint-Georges ordonne le dépeuplement des pièves de Sia et de Sevendentro, partisanes des seigneurs rebelles, mais pas celle de Salogna. 1461 - Faute de moyens pour l'entretenir, la Banque de Saint-Georges fait démanteler les défenses de la forteresse des Rocche di Sia qui était occupée depuis 1457 par une garnison génoise. Elles seront reconstruites en 1462 par Giocante de Leca. 1464 - Les ducs de Milan dominent l'île, une domination qui prendra fin en 1478. De 1464 à 1468, les castelli de Ghjineparu et de Rocche di Sia sont tenus par une garnison milanaise. Après prestation d'un serment de fidélité à la Famille SforzaFilippo Maria (1448-1492), comte de Corse, est un descendant de Francesco Sforza. Celui-ci eut sept enfants connus avec Blanche Marie Visconti (1425-1468), sa seconde épouse, Giocante de Leca les recouvre. Il confie les deux places-fortes à ses neveux : Ghjineparu aux fils de Mannone de Leca, Rocche di Sia à Giudicello et Giovan Paolo di Leca. Rocche di Sia servit de refuge à Giovan Paolo di Leca entre 1475 et 1476, alors qu'il subit des revers dans les guerres privées qui l'opposent à son cousin Rinuccio, fils de Giocante de Leca. La forteresse constitue l'un de ses principaux points d'appui, notamment à l’expédition militaire menée avec succès en 1483 contre les troupes du seigneur de Piombino dont l'intervention en Corse avait été sollicitée par Rinuccio et ses alliés. Giovan Paolo de Leca fera allégeance à l'Office qui, en retour, l'investira du vaste fief de ses ancêtres, s'étendant des plaines d'Ajaccio aux confins de la Balagne. 1485 - Un document de 1485 témoigne de l'occupation de l'espace ; cinq villæ appartiennent à la piève de Salogna : Campo, la Piana, la Rimollaccia, Vistale et Revinda. 1489 - Le , la prise du fortin de Foce d'Orto de Giovan Paolo di Leca (les vestiges sont encore visibles), mit fin à la domination de la Maison de Leca sur le fief. Le château se dressait à à l'est du village, sur la Spija dei conti (Crêtes des Conti), juste au-dessous du Monte Vittulu. La Banque de Saint-Georges exerce alors une répression sévère sur la région. Elle confisque les biens seigneuriaux et de ceux des rebelles alliés des Leca après les avoir bannis. Elle met en œuvre une véritable politique de désertification, faisant dévaster toute la contrée, détruire maisons et cultures. 1492 - Pour mettre un terme aux liens constants des habitants et des seigneurs de Leca, La Banque de Saint-Georges ordonne la destruction des forteresses de Foce d'Orto, Ghjineparu et Rocche di Sia, derniers symboles du pouvoir seigneurial, ainsi que des hameaux de la piève de Sia. La population est expulsée, avec interdiction de s'y établir sous peine de mort. 1516 - L'Office de Saint-Georges fait droit à leur requête et les autorise à se réinstaller à Curzo, Pinito, Astica et Ota, après prestation d'un serment de fidélité et engagement pris de ne pas contracter mariage ou nouer d'alliances avec des Niolins, constants ennemis de Gênes, sans accord préalable.
Vers 1520, la piève de Salogna comptait environ habitantsCorse : Éléments pour un dictionnaire des noms propres. Ses lieux habités étaient : la Piana, Piana, Iustalli, Vistale, de nos jours hameau de Piana le Munilachie, Rimollaccia San Marcello, Saint-Marcel, Piève du Salognu, où avait été bâti au l'église romane dédiée à saint Jean-Baptiste Sa’ Justo, Campo, Li Monti Grossi, et Raionda, Revinda aujourd'hui hameau de Marignana. Celle de Paomia comptait un seul lieu habité : Paomia, qui comptait environ 750 habitants.
Des travaux historiques mentionnent l'existence de la piève de Revinda, .
thumb|Tour d'Omigna Au , conséquence de la prise de Constantinople par les Turcs en 1453, les Barbaresques commencent à razzier les côtes (ils le feront durant environ 3 siècles). Pour rassurer les populations, la république de Gênes impose la construction de tours littorales aux frais des pièves et communautés. Plusieurs tours sont érigées sur les pointes côtières : tour de Turghiu, tour d'Orchinu, tour d'Omigna, tour de Paomia, tour de Sagone, etc.
Au , la région est ravagée par Antoine Spinola lorsqu'il faisait la guerre aux seigneurs de Leca. La plus grande partie des habitants s'étaient, à cette époque, retirés dans les pièves voisines.
Au , le littoral de la Corse continue d'être razzié. Toute la côte entre Calvi et Ajaccio subit de fréquentes attaques des Turcs ottomansEn 1540, les Génois capturent Dragut, amiral turc et l'un des corsaires les plus célèbres de l'Empire ottoman qui se trouvait dans le golfe de Girolata. Paomia est ravagée, les habitations et édifices religieux sont détruits.
1530 - Les gens fuient le littoral et se replient vers des villages de hauteur à cause d'une insécurité croissante provoquée par les incursions des pirates barbaresques. Au milieu du , la Banque de Saint-Georges décide de faire fortifier le golfe de Porto par l'érection du fortin de Girolata et de la tour de Sia, dite actuellement de Porto, en concédant des terres du Sia à des patriciens génois. Durant la seconde moitié du , le dispositif défensif s'avère peu dissuasif, les barbaresques intensifient leurs incursions dévastatrices. Ils profitent des désordres provoqués dans l'île par la "guerre des Français" ou "expédition de Corse" (1553-1559) puis des luttes de Sampiero Corso et de son fils Alphonse d'Ornano contre l'autorité génoise (1564-1567). Vers la fin du , les basses terres du Salognu, ruinées, sont définitivement abandonnées, tout comme ses voisines Sia et Paomia.
En 1540 les pièves du littoral de l'île subissent les raids dévastateurs du pirate et amiral ottoman Dragut. Salogna et Sia sont ravagées. Le pirate, pourchassé par la flotte de Giannetino Doria, neveu de l'amiral Andrea Doria, est capturé dans le golfe de Girolata.
Entre 1605 et 1611, Gênes fait édifier aux frais des communautés rurales six tours nouvelles : Omigna, Cargèse, Orchino, Cavi Rossi, Gargalo et Imbuto. En fin du , les barbaresques desserrent leur étreinte ; l'habitat se recompose.
vignette|Province de Vico en 1769Carta dell'isola di Corsica, dedicata a sua eccelenza il signor Giuseppe Rocco Boyer de Fonscolombe commendatore, e gran croce dell'ordine di San Michele di Baviera, governatore della citta d'Hieres in Provenza / Domenico Policardi capitano ingegniere.
Au début du , la piève de Salogna se trouvait dans la province (ou juridiction) de Vico. Elle absorbera en grande partie le Sia, le restant l'étant par le Sevidentro. La nouvelle piève prend le nom de Siasalogna (ou encore Sia-Salogna).
Sur la Carte nouvelle de l'isle de Corse dressée par le Sr Robert de Vaugondy Gilles, cartographe, et éditée en 1756, elle occupe la partie septentrionale de la juridiction de Vico qui démarre au nord de Porto, Girolata se trouvant dans la juridiction de Calvi.
Dans son rapport dressé à la demande des Génois, l'abbé Accinelli narre que la Siasalogna était presque détruite. .
1768 - Le , par le traité de Versailles, Gênes cède la Corse à la France. Louis XV envoie son armée en prendre possession. L'île passe sous administration française. 1771 - Les communautés d'Ota et de Piana sont regroupées au sein d'une même piève dite de Sevinfuori. 1778 - La communauté de Cargèse est érigée en marquisat du comte de Marbeuf et devient une piève à part entière. 1789 - Avril, la Corse compte 11 juridictions royales (Aiacciu, Aleria, Bastia, Bonifaziu, Calvi et Balagna, Capicorsu, Corti, A Porta d’Ampugnani, Nebbiu, Sartè, Vicu) et 65 pievi. , la France est divisée en 83 départements. 1790 - Le , un décret supprime les onze juridictions royales de l'île (Aiacciu, Aleria, Bastia, Bonifaziu, Calvi et Balagna, Capicorsu, Corti, A Porta d’Ampugnani, Nebbiu, Sartè et Vicu). La Corse est partagée en neuf districts (ex-provinces ou juridictions) : Bastia, Oletta, A Porta, Cervioni, Corti, l’Isula Rossa, Aiacciu, Tallà et Vicu. Le district est partagé en cantons (ex-pievi), le canton en communes. La piève de Sevinfuori prend le nom de canton de Sevinfuori. La piève de Marbeuf devient le canton de Cargèse. Le , l’Assemblée nationale décide que la Corse n’aura qu’un seul évêque comme les autres départements. Le siège est fixé à Bastia. La Corse comptait auparavant cinq diocèses : Aiacciu, Aleria, Bastia, Mariana et Nebbiu. Disparait ainsi le diocèse de Sagone. 1791 - , en vertu du décret de la Constitution du , l’assemblée fixe le chef-lieu du département à Corte et le siège de l’évêché à Ajaccio. 1793 - Le , la Corse est séparée en deux départements, le Liamone (chef-lieu : Aiacciu, districts : Aiacciu, Vicu et Sartè), et le Golo (chef-lieu : Bastia, districts : Bastia, Calvi et Corti). Cargèse intègre le canton de Sevinfuori.
L'installation des Grecs en Corse
thumb|Ancienne église Sainte-Barbe devenue église Saint-Élie avec les Grecs