Le siège puis massacre de Nègrepelisse est un événement s'étant déroulé du 10 au , et réalisé par les troupes du roi Louis XIII, dans la petite cité de Nègrepelisse, lors de la première des trois rébellions huguenotes.
Préambule Après avoir pacifié le Poitou et la Saintonge, Louis XIII confie le blocus de La Rochelle à son cousin Louis, comte de Soissons, pendant qu'il marche en direction du Languedoc, afin d'y secourir le duc de Montmorency, gouverneur de la région. L'armée du roi part de Royan le et couche à Mortagne. Le 17 elle couche à Mirambeau, séjourne les 18 et 19 à Montlieu, arrive à Saint-Aulaye le 20, à Guitres le 21, à Saint-Émilion le 22, Castillon le 23 et Sainte-Foy-la-Grande le que Jacques Nompar de Caumont, duc de La Force, paraît vouloir défendre (la place se rend toutefois sans combat).
Continuant sa chevauchée, Louis XIII arrive le à Monségur et le 29 à Marmande, passe devant Tonneins que le duc d'Elbeuf et le maréchal de Thémines avaient pris le précédent et ruiné ras-terre. Le la troupe royale est à Aiguillon et le 1er juin à Agen puis remonte la Garonne par Valence-d'Agen jusqu'à Moissac.
S'approchant de Montauban, qu'il n'avait pas réussi à prendre l'année précédente, Louis XIII envoie le marquis de Valençay avec la gendarmerie de la Garde et les chevau-légers de Condé en reconnaissance jusqu'au glacis de la cité huguenote, afin de se protéger d'une attaque venue de la ville. Le il fait passer l'Aveyron, près de Piquecos, à son armée qui bivouaque, en bataille, devant Villemade, à 2 lieues de Montauban, espérant que ceux-ci viendraient lui offrir sa revanche. Ceux-ci, bien que renforcés par le duc de Rohan de 500 hommes, restèrent prudemment derrière leurs murs.
Le les troupes royales arrivent devant Nègrepelisse.
Ordre de bataille Régiment de Navarre Régiment de Picardie Régiment de Piémont Régiment des Gardes françaises Régiment des Gardes suisses Régiment de Vaillac 600 cavaliers (dont ceux de la Maison militaire du roi de France) Artillerie : 7 canons-couleuvrines pris à Soubise au siège de Saint-Jean-d'Angély
Siège Nègrepelisse était une petite place entourée d'une vieille muraille et dominée par un château situé sur la rive gauche de l'Aveyron. La place, qui avait été prise par les troupes royales en , avait été reprise par les huguenots montalbanais en décembrePrise de Nègrepelisse par les montalbanais en massacrant la garnison royale de 400 soldats du régiment de VaillacLouis Susane, Histoire de l'ancienne infanterie française, tome 8, page 82..
Louis XIII n'avait pas oublié l'offense. Une fois l'armée royale devant la ville, les habitants tirèrent sur le maréchal général des camps et armées du roi et les carabins qui l'escortaient.
Les troupes furent organisées pour lancer trois attaques en même temps : Picardie à gauche, appuyé à la rivière Aveyron. Les Gardes françaises et suisses au milieu, face au château. Navarre à droite. Les sept canons de l'armée royale furent mis en batterie devant la muraille qui reliait le château à la ville. 12 officiers et 20 suisses furent tués dans la batterie par les tireurs protestants.
Louis de Pontis, lieutenant de la compagnie de Picardie, envoyé auprès du Roi pour prendre ses instructions, le trouva .
Prise de la ville et massacre Le , les mouchoirs blancs furent mis aux chapeaux et l'assaut fut donné. Les défenseurs de Nègrepelisse se retirèrent dans un coin de la ville et demandèrent quartier ; le roi refusa. Nègrepelisse fut ensuite entièrement incendiée, le lendemain, après un pillage et saccage généralisé ; seuls quelques bâtiments échappèrent à la destructionHistoire de Nègrepelisse : la création de la bastide.. Selon un auteur anonyme du , seule une douzaine d'hommes auraient survécu à la prise de la ville ; Louis XIII les fit pendre, à leur demande, aux arbres de leurs jardins. Selon un témoin oculaire, le maréchal de Bassompierre, seuls les hommes qui n'avaient pu se réfugier dans le château furent tués au cours de l'assaut ; après la reddition de ce dernier le lendemain, 12 à 15 des meneurs auraient été alors pendusJournal de ma vie, . Selon Bassompierre, les dames et les demoiselles de la ville auraient eu par la suite des relations sexuelles (consenties ou non selon les cas) avec les soldats. L'un des valets de chambre du roi, par compassion, en racheta une quarantaine aux soldats qui les gardaient contre leur gré.
Devant cette barbarie, le cardinal Jean-François de Gondi, archevêque de Paris, aurait dit à Louis XIII :.
Suite de la campagne Après la prise de Nègrepelisse, Louis XIII se rend à Saint-Antonin-Noble-Val, prend la ville puis se dirige vers Montpellier afin de la prendre également.
Postérité Six pamphlets relatent peu après le sort de la ville, présenté comme un châtiment divin médié par une justice royale s'abattant comme la foudre sur les rebellesHélène Duccini, Faire voir, faire croire: L'opinion publique sous Louis XIII .
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
Le grand et juste chastiment des rebelles de Negrepelisse les 10 et 11 juin 1622 Sur BNF Gallica.
Liens externes
Histoire de Négrepelisse
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